L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
Accueil du siteLa situationPaysagesDynamique et enjeux
La situation
Paysages
Dynamique et enjeux

Typologie des dynamiques et enjeux en Poitou-Charentes

Dernière mise à jour : 08/09/2004

Par grands types de paysages

Dans les plaines de champs ouverts

Ces paysages qui prennent une place importante dans notre région sont marqués en terme de dynamique par deux phénomènes actuellement parmi les plus porteurs de transformation, les évolutions de l’agriculture d’une part et le développement urbain et péri urbain d’autre part.

Les plaines, espaces principalement voués aux productions céréalières et oléagineuses, ont particulièrement été transformées par les évolutions de l’agriculture depuis les années 50 - 60 et continuent à l’être au gré des modifications de la Politique Agricole Commune et de l’Organisation Mondiale du Commerce. Ces évolutions, récemment accentuées par la réforme de la PAC, ont entraîné un accroissement de la taille des exploitations dont la principale conséquence en terme paysager est l’agrandissement et le regroupement des parcelles (avec ou sans procédures d’aménagement foncier) et donc une élimination des effets de mosaïque et de maillage. S’il n’est pas possible de prévoir avec précision les effets des modifications de la PAC (modulation des primes), il est certain qu’il y a là une dynamique en cours et un enjeu majeur pour la qualité des paysages régionaux. Il y a peut être également l’occasion, pour les agriculteurs soucieux de la qualité de leur environnement et de la vitalité des territoires, d’inscrire la qualité des paysages dans leurs projets de développement.

Un certain nombre de secteurs de plaine sont situés dans ou à proximité de bassins de développement économique et démographique important. Dans ces paysages d’habitats groupés, le développement des grandes agglomérations et bourgs mais également des villages (habitations, zones artisanales ou commerciales) se fait hors des limites anciennes inscrites dans le paysage, et bien souvent sans cohérence ni continuité. Cette évolution bouleverse les compositions, souvent de qualité, des espaces de transition et des dégagements visuels et constitue à ce titre un facteur important de modification de nos paysages régionaux.

Dans les plaines vallonnées – boisées

Les évolutions les plus marquantes à l’heure actuelle dans les plaines vallonnées – boisées sont variables à l’échelle régionale. En effet, un abandon progressif des motifs mineurs de la végétation, voire des "corridors" biologiques malgré des taux de boisements importants, est sensible dans la région du tuffeau avec notamment l’effacement des alignements d’entrée de fermes. En terres rouges à taillis, l’économie rurale a longtemps associé cultures et arboriculture, les châtaigniers prenant une part importante dans les modes de vie. L’évolution des systèmes de production agricole ont considérablement modifié ces modalités et le paysage : disparition du système de haies lors des remembrements des années 1970 et des sujets isolés, entretien très différent des taillis. Ainsi, depuis ces années, de tels motifs de végétation semblent "flotter" dans une incertitude de projet paysager. La disparition lente des arbres isolés, l’entretien sans conviction des haies routières indiquent une absence d’image mentale de ce que "devrait" être ce pays depuis qu’il a été transformé, ce qui se traduit dans la sensation relative de paysage ingrat qui se dégage aujourd’hui.

Dans ces plaines où l’occupation du sol était, il y a encore peu, assez diversifiée, la tendance actuelle est à l’augmentation des surfaces céréalières, oléagineuses et protéagineuses entraînant de ce fait une simplification du couvert végétal.

Autre phénomène important dans la dynamique et les enjeux des plaines - vallonnées – boisée : le déclin démographique et caractère rural marqués pour certains. Par exemple, en terres de brandes, la zone d’emploi de Montmorillon est la moins peuplée de la région Poitou-Charentes avec 43 000 habitants. Les villes de Chauvigny et Montmorillon sont les seuls espaces du secteur à connaître une évolution démographique positive car le montmorillonnais entre, quant à lui, dans la catégorie des territoires ruraux dévitalisés. L’activité agricole est relativement importante, Montmorillon est la quatrième zone agricole de la région pour la part des emplois dans ce secteur, mais particulièrement fragile. Dépeuplement des villages et déprise agricole sont ici les principaux facteurs d’évolution des paysages.

Toutefois, il est à noter qu’une dynamique majeure, le tourisme "vert", liée à la diversification des centres d’intérêt touristique permet la découverte du patrimoine au sens large, en s’appuyant sur le potentiel naturel des pays à travers randonnées pédestres, VTT… et vers la promotion des produits locaux. Il s’accompagne du développement de l’accueil chez les habitants (camping à la ferme, chambres d’hôtes et gîtes ruraux). Ces plaines, vallonnées et boisées, qui renvoient facilement à l’image des campagnes françaises bénéficient de ces nouvelles formes de tourisme.

Dans les bocages

Les paysages de bocage sont parmi ceux qui, en Poitou-Charentes, comme en France en général, ont eu le plus à souffrir des évolutions de l’agriculture. Les aménagements nécessaires pour adapter les structures foncières à l’agrandissement et à la modernisation des exploitations agricoles ont souvent été synonymes d’un fort amoindrissement - voire d’une disparition - du caractère bocager.

Cette évolution est en grande partie à l’origine de l’important mouvement de mobilisation qui s’est fait jour depuis peu, autour de la préservation (notamment en terme de re-plantation) des haies, dont on redécouvre la multiplicité des fonctions paysagères, écologiques, hydrauliques, économiques…

Les bocages, principalement concentrés sur les massifs anciens aux sols pauvres, sont voués à l’élevage, et le plus souvent l’élevage extensif (bovin, ovin). L’évolution du bocage comme système de paysage tient donc essentiellement à la dynamique de ces systèmes de production dont le devenir est incertain du fait de la situation des marchés de la viande et des évolutions de la Politique Agricole Commune.

Les logiques contradictoires, de transformation du milieu pour permettre une intensification des productions d’une part ou d’abandon et de boisement d’autre part, continueront probablement à être à l’œuvre dans les bocages.

Il est toutefois important de souligner qu’existent dans ces régions de nombreuses initiatives d’agriculteurs et/ou de collectivités (exemple : Mouton Village à Vasles) pour valoriser des productions de qualité issues de paysage de qualité, voire pour trouver les voies d’une agriculture durable en bocage.

Dans les terres viticoles

Les dynamiques démographiques jouent un rôle majeur dans l’évolution de ces paysages. Dans les secteurs de décroissance démographique la plus prononcée, les paysages viticoles évoluent vers des paysages de terres boisées.

Le canton des Trois Monts dans les coteaux du Lary se désertifie, les terres sont abandonnées et des piniers apparaissent spontanément. Ceci est en partie dû à un sol pauvre et un accès aux parcelles difficile. Par contre, la population de la Champagne charentaise est dans l’ensemble stable. Quelques communes même de la Petite Champagne sont en développement : Salles-de-Barbezieux (limitrophe de Barbezieux), Gimeux et Ars (à proximité de Cognac et de la vallée de la Charente), Germignac (au Sud de Cognac et à proximité de la RD731). L’essentiel du territoire étant utilisé pour les vignes et les cultures - à l’exception de quelques boisements continus de plus de 300 hectares en partie sud - l’évolution des paysages y est nettement moins sensible. La majorité de ces secteurs conserve un caractère viticole marqué. Cependant, il n’est pas possible aujourd’hui de prévoir les conséquences exactes que la " crise du Cognac " pourrait avoir sur le paysage. Il faut signaler que la polyculture se tient en bonne place voir en place croissante dans ce secteur. Il y a là un enjeu majeur en terme de paysage et d’image pour le Poitou-Charentes qu’il conviendrait de savoir maîtriser.

Dans les terres boisées

En plus des dynamiques lourdes qui touchent à peu prés l’ensemble des paysages, à savoir les évolutions de l’agriculture et le développement périurbain, les terres boisées, de par leur nature, sont marquées par les évolutions propres à la forêt, son développement, son exploitation et ses usages.

En Poitou-Charentes, ces évolutions tiennent moins à la capacité d’intervention de l’Office National des Forêts qu’à la multiplicité des décisions individuelles des propriétaires privés (décisions d’exploitation, mode de gestion, fermeture au public…).

Dans les paysages littoraux

Les zones littorales sont probablement, dans l’ensemble régional, celles qui présentent, au regard de leur évolution et des modifications paysagères, les situations les plus complexes.

Cette complexité est due à une double accumulation.

Accumulation des paysages concernés d’une part. Le littoral charentais forme, en effet, une véritable mosaïque de paysages qui se côtoient et s’entremêlent, mais qui, de par leurs spécificités et leurs caractères propres, ont des logiques distinctes.

Accumulation des forces de développement à l’œuvre d’autre part. Sur ce littoral, comme sur de nombreuses côtes françaises, les dynamiques du développement urbain, du développement touristique et du développement agricole sont fortement et simultanément en jeu. De plus, aujourd’hui ces dynamiques à fort impact sur les territoires et leurs paysages doivent composer avec une exigence accrue de prise en compte des richesses environnementales que représentent ces secteurs à l’échelle nationale ou européenne.

La complexité de la situation qui en découle, rend l’analyse et la prospective difficile notamment en terme d’impact sur le paysage. Un travail exploratoire plus détaillé serait nécessaire sur cette question. Nous ne tracerons ici que les traits les plus généraux et les plus marquants.

Le développement urbain du pôle rochelais

Il entraîne dans son sillage une large partie du secteur. Avec près de 200 000 habitants cette zone est la plus urbanisée de la région. La population, jeune, y est en forte croissance. L’activité y est essentiellement tertiaire.

Cet espace se structure autour de l’unique grand pôle d’emploi de la zone : l’agglomération de La Rochelle qui rassemble les plus grands établissements employeurs de la zone. Les déplacements domicile-lieu de travail sont donc nombreux entre La Rochelle et les communes limitrophes, mais aussi des cantons plus éloignés de Courçon et d’Aigrefeuille d’Aunis (voir également Paysages urbains et Plaines de champs ouverts).

L’extension des espaces résidentiels périurbains se pose de façon sensible sur les franges de l’agglomération : la ceinture périurbaine concentre la croissance démographique au détriment de la ville-centre qui perd des habitants. Les implications tant au niveau de l’évolution du paysage que du fonctionnement de l’espace sont fortes, en particulier aux sorties de ville, le long de la RN137 vers Rochefort au sud et de RN11 vers Niort, où l’éparpillement des établissements industriels ou commerciaux est de plus en plus sensible.

Au delà de la zone directement sous l’influence du pôle rochelais, c’est l’ensemble du littoral qui connaît une progression démographique importante.

Le littoral forme de ce fait un grand ensemble qui en terme de croissance et de densité de la population est comparable aux grandes agglomérations de la région.

En dehors du dynamisme économique endogène, la fonction d’accueil et de villégiature des communes du littoral est importante notamment pour les îles de Ré et d’Oléron, la côte de beauté et la presqu’île d’Arvert (croissance démographique liée au solde migratoire et proportion de personnes âgées supérieurs à la moyenne). Comme sur de nombreuses côtes bénéficiant d’un cadre naturel et d’un climat agréable, le phénomène de développement touristique ne doit pas être appréhendé uniquement comme une fréquentation momentanée en période estivale, mais également comme un phénomène de développement résidentiel à vocation plus ou moins permanente ou secondaire. Cette tendance constitue donc un effet multiplicateur par rapport au développement urbain traditionnel. Par rapport aux paysages, ce développement a la particularité de toucher, par principe, les lieux de qualité reconnus pour leur ambiance, leur pittoresque, leur douceur de vivre. Il ne pourra d’ailleurs s’y poursuivre que dans la mesure ou ces critères d’attractivité perdureront. Il est important de noter que cette fonction de villégiature a parfois contribué à forger une image de qualité de certains sites et de leur architecture (villes d’hivers de Royan et de Châtelaillon par exemple).

La fréquentation touristique

En tant que fréquentation estivale, elle constitue un facteur puissant de transformation du paysage. Qu’il s’agisse du développement des secteurs d’hébergement (hôtellerie de plein air, centres de vacance, zones résidentielles), des infrastructures (routes, parking…), des zones de loisirs ou des perturbations et dégradation subies par les milieux les plus fragiles (dunes, forêts…) les occasions de modification du paysage sont nombreuses. A contrario, les aménagements réalisés pour mieux répondre à ces besoins et trouver des solutions adaptées à la qualité des lieux peuvent conduire à l’amélioration des paysages et à leur image de marque. Il en est ainsi des réalisations de pistes cyclables (Ile de Ré, presqu’île d’Arvert) et du traitement des problèmes de stationnement et de cheminements sur les plages

Les facteurs de transformation du paysage

Le développement de l’agriculture (plus généralement des activités primaires), le changement plus ou moins rapide des spécialisations économiques et des systèmes d’exploitation constituent les premiers facteurs de transformation du paysage.

Dans les paysages littoraux, ce phénomène est particulièrement marquant dans les marais qui ont connu au cours de ces dernières décennies les effets d’une profonde et rapide transformation de l’agriculture.

Tous les marais charentais sont issus d’aménagements successifs ayant permis la mise en valeur agricole de territoires conquis sur la mer. A la fin des années 50, ils présentaient le visage de zone d’élevage "extensif" où la prairie permanente dominait.

Le soutien accordé depuis 1962 par la Politique Agricole Commune aux grandes cultures et aux élevages "intensifs", allié aux progrès des techniques agronomiques obtenus dans les années 70 - 80 (drainage par planche puis par drains enterrés) ont entraîné notamment dans le marais de Rochefort et le Marais Poitevin, le développement des cultures (céréalières et fourragères) au détriment des prairies naturelles, mais aussi, avec elles, d’autres éléments du paysage (fossés, haies).

Les mesures agri environnementales, progressivement mises en œuvre à partir de 1990 sur les marais charentais (six opérations locales en cours), ont fortement contribué à maintenir les prairies naturelles restantes. Si ces mesures de soutien perdurent elles devraient permettre de maintenir le statu quo. Il serait néanmoins nécessaire dans le cadre des Contrats Territoriaux d’Exploitation de dépasser le seul soutien aux surfaces en herbe pour mieux prendre en compte les systèmes d’élevage dans leur globalité économique et dans leur contribution au paysage.

Dans les paysages de vallées

Les modifications paysagères des vallées ont trait en premier lieu à la gestion de l’eau elle-même : multiplication des retenues collinaires, rectification et recalibrage des cours d’eau, abandon d’entretien des berges par les riverains qui n’en ont plus le temps (ou les moyens), drainage des terres… Mais c’est aussi l’urbanisation sans composition spatiale, (mitage, dissémination linéaire d’éléments bâtis auprès des infrastructures…) qui constitue l’une des évolutions les plus marquantes de la plupart des paysages de vallées.

L’évolution des spéculations agricoles vers l’élevage intensif ou la céréaliculture (culture du maïs fourrager ou grain) se substituant aux prairies, ou des plantations de peupliers, sont autant de caractères évolutifs communs à ces paysages. De même que l’abandon ou la destruction des réseaux de chemins en continu, et la mono spécificité d’usages : privatisation des berges pour la pêche ou le loisir ou autres pratiques récréatives (pêche, escalade, canoë).

À ces éléments, pour le Thouet par exemple, s’ajoutent des dynamiques d’enfrichement dues à l’abandon des terres de coteaux, des prairies des flancs et des fonds de vallées.

Sur les vallées du Clain et la Boivre, le développement de l’urbanisation de l’agglomération de Poitiers représente le point le plus marquant. L’ensemble des communes de l’agglomération est en progression démographique. Le secteur ouest de Poitiers est particulièrement touché, ainsi que la vallée amont du Clain et la rive droite de la vallée aval qui avait su jusque là garder des ambiances de campagne. Le phénomène moins marqué sur la Vienne est cependant sensible sur des communes au taux de progression démographique positif. Le développement urbain autour de Châtellerault déjà très engagé sur un important linéaire est aussi préoccupant.

La pression urbaine est (ou a été) manifeste dans certains secteurs de la vallée de la Charente : à La Peruse et Roumazières en relation avec les exploitations de carrières et l’activité industrielle de ces deux bourgs ; dans ou à proximité des communes importantes : à Civray, avec l’extension d’une urbanisation de fond de vallée, à Condac (proximité de Ruffec), à Fonclaireau et Puyreaux (proximité de Mansle et de la RN10). Les conséquences en sont une tendance au développement d’un habitat périurbain dispersé, au mitage des bords de Charente et à la privatisation des berges. Quant au tourisme autour du fleuve Charente, il est principalement orienté sur la découverte du patrimoine architectural et s’appuie sur le potentiel naturel du pays (tourisme vert) : pêche, canoë, randonnées pédestres, VTT. Il s’accompagne du développement de l’accueil chez les habitants (camping à la ferme, chambres d’hôtes et gîtes ruraux).

Dans les paysages urbains et les espaces d’influence urbaine

L’histoire de l’urbanisation serait à détailler pour chacune des principales villes de la région. L’explosion de la construction et du logement, depuis le dernière guerre a abouti à la quasi-continuité urbaine de chacune.

Le développement des infrastructures et l’usage généralisé de l’automobile l’ont fortement déterminé. Bretelles, voies rapides et de contournement constituent une réalité urbaine toujours d’actualité, aussi les paysages ruraux péri urbains ont ils connu des évolutions très sensibles : grignotage des terres agricoles lié à la périurbanisation (notamment autour de l’axe Poitiers-Châtellerault), l’extension du réseau routier et l’aménagement de grands ouvrages.

L’élargissement des aires d’influences urbaines aux territoires est particulièrement frappant à Poitiers avec la création du Futuroscope.

La ceinture périurbaine très étalée concentre la croissance démographique, au détriment de la ville-centre. Les implications tant au niveau de l’évolution du paysage que du fonctionnement de l’espace sont fortes, en particulier aux sorties de ville.

Poitiers-Châtellerault continue de se développer, le long de son axe initial, et déborde au-delà des limites dessinées par les vallées ou les infrastructures. L’autoroute ne semble pas avoir été considérée comme une limite identifiable, comme le prouvent les extensions de Migné-Auxances ou les velléités de développement du Futuroscope vers Neuville.

À Niort, que ce soit le long de la RN11 vers Poitiers au nord-est et vers La Rochelle au sud-ouest, de la RN150 vers Saintes au sud, de la RN148 vers Fontenay-le-Comte au nord ouest, l’éparpillement des établissements industriels ou commerciaux est de plus en plus sensible.

Cette évolution doit certainement faire l’objet d’une réflexion : un paysage industriel dont l’identité a été "pensée" et dont l’emprise spatiale a été délimitée est certainement préférable à la formation d’un paysage industriel "spontané", obéissant aux seuls impératifs économiques, et dont la tendance naturelle est de se diluer sur des territoires au détriment de leur identité.

Cette nécessité d’un aménagement paysager et spatial "pensé", concerne également les communes périurbaines de l’agglomération de Niort. La densification des espaces résidentiels périurbains et l’avancée du front périurbain sur des terres autrefois agricoles doivent être accompagnées d’un projet d’aménagement paysager et spatial visant à limiter, là encore, la dilution et un étalement résidentiels exagérés, sans cohésion et donc sans identité.

L’actualité territoriale de Niort est très sensible dans la mesure où de nombreux projets notamment d’infrastructure vont créer des dynamiques très fortes, dont les conséquences sur les paysages seront déterminantes pour l’image de l’agglomération, en particulier quant à la qualité et à la nature des "fronts urbains" (zones de contact ville -"campagne"). Cela concerne :

  • vers le marais, Magné, en progression démographique forte,
  • vers la plaine au nord et à l’est, (axe RN11 vers St-Maixent, raccordement de l’A83), le long de la Sèvre et du Lambon,
  • vers les plaines et les bocages au Sud (Épannes, Prahecq…).

À La Rochelle, les évolutions sont rapides le long de la RN137 vers Rochefort au sud et le long de l’A810 vers Niort.

À Angoulême, le développement de zones industrielles et commerciales le long de la RN141 et de la RN10 entre dans une dynamique similaire. La ville d’Angoulême se développe rapidement, et sa périphérie plus encore. Les éléments prépondérants de l’évolution urbaine des deux dernières décennies sont le développement d’un habitat pavillonnaire diffus, et l’échelle de sa diffusion, qui touche les sites ruraux avoisinants, et de plus en plus de communes éloignées du centre, y paralyse progressivement l’activité agricole. Si les communes jouxtant Angoulême semblent marquer une pose dans leur développement sur l’axe nord-est / sud-ouest (Le Gond-Pontouvre, L’Isle d’Espagnac, Ruelle et Magnac sur Touvre au-delà ; Soyaux, Saint-Michel, Nersac, La Couronne), les communes de l’axe nord-ouest / sud-est sont en croissance, et tout particulièrement Puymoyen et Torsac. La couronne des commune en croissance s’élargit de plus en plus.

Dans les paysages singuliers

La Venise Verte

Les paysages typiques de la Venise verte sont soumis à des dynamiques contradictoires :

extension des cultures et du maïs notamment au cours des années 70 - 80 que semble avoir freiné la mise en place de mesures agri environnementales,

  • régression, dans les zones les plus difficiles (accès, taille des parcelles) de la mise en valeur agricole au profit de la friche ou de la plantation en plein,
  • développement dans certains secteurs très localisés des habitations légères de loisirs. Les actions de connaissance, de reconnaissance et de gestion de l’ensemble du patrimoine (architectural, culturel, naturel ou paysager) sont multiples et croissantes sur ce territoire. Citons, à titre d’exemple, l’OGAF agriculture Environnement, les Grands Travaux, les inventaires en cours des frênes têtards et des haies bocagères, plan d’aménagement et de gestion du marais mouillé.

L’implication et l’engagement des habitants, élus et techniciens locaux dans la qualité de leur cadre de vie, se lit dans le paysage lui-même : soins portés à la qualité de la restauration du petit patrimoine bâti et des petites infrastructures (ponts et passerelles), à travers notamment le choix des matériaux, la réutilisation d’appareillages traditionnels, la sobriété des aménagements et de l’accompagnement végétal adapté au site, les finitions… ; entretien des principales voies d’eau ; entretien des jardins privés et/ou collectifs ; maintien, par secteurs, de la taille traditionnelle du frêne en têtard…

Les brandes du Poitou

Le terme de brandes signifie en vieux français "brûler" et désigne le tison en allemand ("das Brand"). L’existence de cette formation remonte au XVIIe siècle suite à la surexploitation de la forêt pour alimenter en combustible les forges à minerai de fer de la zone alentour. Cette surexploitation a appauvri le sol qui était déjà pauvre et devenait complètement incultivable. Les brandes se sont alors développées. Elles étaient utilisées comme combustible, fourrage "pour les pauvres paysans" et surtout constituaient le toit des habitations.

Au XIXe siècle avec la modernisation de l’agriculture, des essais de mise en culture ont été tentés avec des amendements mais ils ont tous échoué. Des haies ont été plantées surtout dans les vallées et l’élevage ovin dominait toujours.

Au XXe siècle, les forces de l’OTAN ont acquis à l’amiable ou en expropriant les fermes de l’est de Montmorillon. Les dernières parcelles ont été achetées en 1956. Des troupes américaines ont occupé le camp jusqu’en novembre 1966 où les autorités françaises ont pris possession du terrain. En février 1975, la garnison de Montmorillon est créée.

De façon générale, le pays montmorillonnais cherche à se débarrasser de l’image de terres de brandes et à moutons pour favoriser une image de tourisme rural plus valorisante.

La dynamique en cours la plus importante est végétale ; les milieux tendent à se fermer et à disparaître avec leur cortège végétal spécifique. Mais, l’armée et le Conservatoire d’Espaces Naturels de Poitou-Charentes ont signé une convention en 1997 pour la gestion de ce territoire qui va permettre d’entretenir la diversité des milieux, de la faune et la flore.

Avec les landes de la Double dans le sud de la Charente et de la Charente-Maritime, les brandes de Montmorillon dans la Vienne constituent les deux ensembles majeurs d’affleurements de terrains siliceux ou argilo-siliceux propices à ce type de biotope dans la région. Comme les pelouses sèches, elles ont pour origine, après le défrichement d’une forêt primitive, le pâturage extensif du bétail sur des terrains inaptes aux cultures. En fonction de la perméabilité du substrat, on en distingue plusieurs types : landes sèches, landes moyennement humides et landes tourbeuses qui voisinent souvent avec de véritables tourbières formant alors des complexes écologiques d’une grande valeur biologique. Le maintien de la diversité de tels milieux, par des modes de gestion appropriés et sur un territoire plutôt restreint à l’échelle régionale, permet, par voie de conséquence, d’entretenir un type de paysage devenu aujourd’hui largement singulier.

La réserve du Pinail

Au Moyen Âge, le Pinail était une exploitation de pierres meulières. Épuisée, elle a suivi ensuite une évolution naturelle.

Sa richesse environnementale et son statut de Réserve naturelle en font un territoire géré spécifiquement selon les objectifs de préservation des dites richesses. Ce site, dont la gestion est aujourd’hui particulièrement suivie, ne présente pas d’évolution notable en terme de paysage.

Le bocage du Bougon Avon

En 1956, l’État acquiert les deux tiers de la commune d’Avon pour l’ENSOA (École Nationale des Sous-Officiers d’Active) et installe un terrain militaire. L’accès au site est alors interdit et en 1979, un droit de pacage et de récolte des herbages est accordé au groupement de communes sur lesquelles s’est installé le camp. Ceci explique la stabilité relative du paysage du terrain militaire.

De plus, aucun remembrement n’a été réalisé avant la création du camp, ni après, mais le remembrement des communes de Bougon, Exoudun et la partie sud d’Avon vient d’être terminé en 1998 (demande posée en 1984 et 1988). Le paysage limitrophe du camp est amené à évoluer dans les prochaines années dans des proportions à cet instant inconnues (Renseignements obtenus auprès du chargé du remembrement du secteur de la Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt des Deux-Sèvres).

La comparaison des cartes IGN au 1/25 000 de 1963 et 1996 révèle un maillage bocager peu changé entre Bougon, Avon et Exoudun. Par contre, le réseau de chemins de terre accompagné de haie a diminué. Il est moins dense et moins de haies l’accompagnent.

Les territoires au nord (Pamproux) et au sud (Chenay et Saint-Sauvant) ayant beaucoup changés avec les remembrements, aujourd’hui, le bocage dense laisse immédiatement place aux grandes parcelles de culture céréalière. Ceci explique la limite du secteur très marquée au nord du camp militaire et aussi au sud en contact avec Chenay et Saint-Sauvant.

En août 1988, la totalité du terrain militaire d’Avon a été classé en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique) et sa gestion est contrôlée par une convention tenant compte à la fois de la nécessité de protéger les richesses écologiques du milieu et des contraintes d’utilisation militaire.

Le contrôle de la friche par pâturage et fauchage influence favorablement les milieux, leur faune et leur flore. Une OLAE inclut tout le terrain militaire. Le Conservatoire d’Espaces Naturels de Poitou-Charentes en réalise le suivi scientifique.

  •  Pour aller plus loin
  •  Voir sur l'Environnement en Poitou-Charentes : les éléments de Contexte régional associés
  •  Lien avec une autre thématique de l'Environnement en Poitou-Charentes
  • Brande : landes particulières où prédomine la Bruyères à balai.
  • Mitage : Développement non contrôlé d’un habitat dispersé en milieu rural.
  • OLAE : Opération Locale Agri Environnementale.
  • Réserve naturelle : En application de la Loi n°76-629 du 10 juillet 1976 (art. L.242-1 et suivants du Code Rural), les réserves naturelles sont des territoires classés lorsque la conservation de la faune, de la flore, du sol, des eaux, de gisements de minéraux et de fouilles et, en général, du milieu naturel présente une importance particulière ou qu’il convient de les soustraire à une intervention artificielle susceptible de les dégrader. Le classement peut affecter le domaine public maritime et les eaux territoriales françaises. Des réserves pouvaient être crées auparavant suivant l’article 8 bis de la loi du 2 mai 1930 (EIDER-IFEN).
  • Tuffeau : Le Tuffeau est une roche sédimentaire marine qui affleure dans la zone sud-ouest du bassin parisien, le Val de Loire… Le Tuffeau est constitué de restes d’organismes et de fragments de roches apportés jusqu’à la mer par les cours d’eau sous forme d’alluvions. Agé de 90 millions d’années, les sédiments déposés ont subi un tassement qui, par pression, a permis leur recristallisation et leur cimentation. Le Tuffeau est le résultat de cette lente et longue transformation du sédiment en roche par cimentation de particules fossiles entre elles.
  • Agglomérations : Est l’ensemble d’habitations telle qu’aucune ne soit séparée de la plus proche de plus de 200 mètres et abritant au moins 2 000 habitants.
  • ZNIEFF : L’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, identifie, localise et décrit la plupart des sites d’intérêt patrimonial pour les espèces vivantes et les habitats. On distingue les ZNIEFF de type 1 qui correspondent à des sites précis d’intérêt biologique remarquable (présence d’espèces ou d’habitat(s) de grande valeur écologique) et les ZNIEFF de type 2, grands ensembles naturels riches. Les zones de type 2 peuvent inclure plusieurs zones de type 1. (EIDER-IFEN)
Publications | Plan du site | Mentions légales | Cadenas fermé