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Sur le littoral

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

2.1. La conchyliculture

2.2. La fragilisation de la biodiversité et des écosystèmes marins


2.1. La conchyliculture

L’activité conchylicole se caractérise comme étant le dernier utilisateur des eaux continentales sur un bassin versant. Elle profite certes directement d’un effet fertilisant, mais elle dépend des précédents utilisateurs de l’eau, notamment en ce qui concerne sa qualité. Elle peut ainsi être altérée bactériologiquement par l’agriculture et notamment l’élevage, certains nutriments, tels l’azote et le phosphore, semblant favoriser la prolifération de microalgues toxiques, et par des difficultés de traitement des eaux usées. Or, un coquillage qui vit dans une eau souillée, présente à son tour une contamination.

La concentration en germes fécaux dans un coquillage est fonction de la concentration dans le milieu extérieur et du taux de filtration. La concentration dans le milieu extérieur est fonction de la concentration à la source modifiée par la dilution intervenant entre la source et le coquillage, et d’un facteur de mortalité des bactéries.

Coquillages
Coquillages

Ce dernier varie notamment selon le germe considéré et les caractéristiques physiques du milieu (température, salinité, turbidité, taux de matières organiques …).

Il est difficile de distinguer la part relative revenant aux rejets urbains de celle revenant aux rejets agricoles dans les contaminations littorales. Les spécificités des bactéries selon les sources ne sont pas établies définitivement.

Il est donc nécessaire, pour évaluer qualitativement et quantitativement ces sources de pollution, de procéder à leur recensement dans les bassins versants concernés, en tenant compte des abattements variables selon les types de rejet, et selon les dilutions et les stress subis par les germes avant de déboucher en mer. Ainsi, pour estimer les flux arrivant à la mer, il est nécessaire de mesurer simultanément les concentrations en germes et les débits aux exutoires (rejets directs ou cours d’eau).

Il est d’ores et déjà clairement observé que les flux des éléments contaminants sont particulièrement importants au moment des crues de la saison automnehiver, en provenance des bassins versants. En ce qui concerne la Baie de l’Aiguillon, les principaux flux de contamination bactérienne proviennent des cours d’eau, essentiellement du Lay et la Sèvre Niortaise.

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La conchyliculture semblerait aussi pouvoir être affectée par de trop faibles débits d’eau douce parvenant au littoral en période d’étiage. Or ces eaux continentales sont essentielles pour le maintien des éléments fertilisants et nutritifs qu’elles véhiculent, et les variations thermiques qu’elles induisent, essentielles pour le déclenchement des pontes d’huîtres.

Plus en lien avec la santé humaine, les maladies transmissibles par la consommation des coquillages peuvent être graves, mais elles sont de plus en plus rares, grâce aux contrôles effectués sur les zones conchylicoles et de pêche à pied. Ces contrôles sont très importants dans un contexte où la pêche à pied de loisirs est pratiquée par un nombre important de riverains et de vacanciers.

Les activités aquacoles vont être tout autant tributaires de la qualité du milieu aquatique où est effectué l’élevage.

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2.2. La fragilisation de la biodiversité et des écosystèmes marins

Pollutions (maritime ou terrestre) et exploitation mal régulée des ressources de la mer (pêche, aquaculture), sont autant de pressions d’origine anthropique qui pèsent sur la biodiversité marine.

Comme pour les ressources en eau continentales, les nutriments (nitrate, ammonium, phosphate….) présents dans les eaux littorales permettent le développement des organismes végétaux et sont à la base de la chaîne alimentaire. L’influence du bassin versant est avérée dans le rôle des apports terrigènes de nutriments. Ainsi, l’azote est par exemple d’origine agricole. De même l’urbanisation croissante des côtes et la pression démographique de plus en plus forte expliquent la présence importante du phosphore dans les effluents urbains.

Or, des apports de nutriments en excès par rapport à la capacité d’évacuation ou de dilution du site conduisent à des effets d’« eutrophisation » : enrichissement du milieu côtier à un tel point qu’il en résulte des nuisances pour l’écosystème (production d’une biomasse algale excessive).

Si la prolifération massive de phytoplancton entraîne principalement une coloration des eaux, le développement de certaines espèces toxiques a un impact néfaste, soit sur les autres organismes marins, soit sur les consommateurs de coquillages. La prolifération massive de macroalgues vertes, quant à elle, peut entraîner des anoxies estivales (manque d’oxygène) mortelles pour la faune et la flore marines.

Dans l’état actuel des connaissances, il est donc reconnu que certains éléments apportés par les eaux continentales ont un rôle déterminant pour le maintien de la biodiversité et des structures des communautés planctoniques végétales marines. Mais il reste à préciser lesquels et comment ils agissent. Il existe également des facteurs propres au milieu marin pour le maintien de cette diversité.

Les pollutions chroniques, ainsi que des changements importants des apports des bassins versants modifient les populations végétales et, par conséquent, entraînent des modifications des écosystèmes locaux. Ces pollutions sont des pressions peu visibles mais permanentes et fortement nocives pour la biodiversité, jusqu’aux niveaux trophiques les plus élevés (poissons, mammifères, oiseaux).

Ces perturbations impliquent une observation des populations animales et végétales marines, une surveillance constante des changements éventuels de la biodiversité.

Les pollutions d’origine accidentelle telles que les marées noires (exemple : Erika en 1999, Prestige en 2002) liées aux naufrages de pétroliers ont également des conséquences immédiates : la biodiversité est localement et temporairement atteinte. Mais l’accumulation de contaminants dans les sédiments peut avoir des conséquences à long terme.

Les déchets aquatiques peuvent également avoir des conséquences écologiques importantes. Les plastiques constituent notamment des « leurres » pour les mammifères marins, les tortues ou encore les oiseaux qui les confondent avec leurs proies habituelles et s’étouffent ou s’étranglent.

Fragmentés en particules fines sous l’effet des vagues, du vent, du soleil, ils peuvent aussi être ingérés par les animaux qui les confondent avec le plancton. Ils sont alors présents dans toute la chaîne alimentaire, jusqu’à l’homme. Problème écologique majeur, c’est aussi un risque pour la santé car les résidus en plastique fixent certains polluants. (Ministère de l’Écologie, 2011a)

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
la gestion de l’eau > Prix de l’eau
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connaître l’eau et ses usages en région > Eau potable

 Pour aller plus loin
  • Eaux usées : Eaux ayant été utilisées par l’homme. On distingue généralement les eaux usées d’origine domestique, industrielle ou agricole. Ces eaux sont rejetées dans le milieu naturel directement ou par l’intermédiaire de système de collecte avec ou sans traitement.
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Effluents : Eau résiduaire sortant d’une station de traitement, d’un complexe industriel ou d’un étang d’épuration.
  • étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Turbidité : Caractéristique d’une eau dont la transparence est atténuée en raison de la présence de fines particules en suspension d’origine naturelle ou dues à des agents polluants. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Conchylicoles : Relatif à la conchyliculture.
  • Conchyliculture : Élevage traditionnel des coquillages, essentiellement l’huître et la moule.
  • Crues : Phénomène caractérisé par une montée plus ou moins brutale du niveau d’un cours d’eau, liée à une croissance du débit. La crue ne se traduit pas toujours par un débordement du lit mineur. On caractérise d’ailleurs les crues par leur période de récurrence ou période de retour : la crue quinquennale (fréquence une année sur 5 - Récurrence 5), la crue décennale (fréquence une année sur 10 - Récurrence 10), la crue centennale (fréquence une année sur 100 - Récurrence 100). Les crues saisonnières sont des phénomènes naturels. Elles sont essentielles au maintien de la diversité des hydrosystèmes et des services rendus par la nature. (Glossaire EauFrance)
  • Débits : le débit d’un cours d’eau en un point donné est la quantité d’eau (m3 ou litres) passant en ce point par seconde il s’exprime en m3/s ou en l/s.
  • Exutoire : Cours d’eau par lequel se déversent vers la partie aval d’un bassin fluvial les eaux d’un lac ou de toute autre zone humide occidentale. (Glossaire EauFrance)
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