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Restaurer les cours d’eau et les milieux aquatiques

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

4.1. L’entretien et la gestion des cours d’eau …

4.1.1. ..pour restaurer la continuité écologique

4.1.2. … et atteindre le bon état écologique des cours d’eau en 2015

4.2. Quelques exemples de travaux en rivière

4.2.1. L’hydromorphologie des cours d’eau

4.2.2. Des exemples de travaux ou d’aménagement des cours d’eau


Au cours du temps, l’Homme a voulu maîtriser les cours d’eau en vue de développer pleinement ses activités mais cette artificialisation des milieux a induit des perturbations profondes au sein des habitats, des conditions de reproduction et de circulation des espèces. L’impact majeur des aménagements est la modification des propriétés physiques des cours d’eau, associée à des changements de régimes hydrologiques. Dès lors que des travaux sont entrepris sur les cours d’eau, ils ne sont généralement pas sans conséquences sur les débits.

Epanne (Deux-Sèvres)
Epanne (Deux-Sèvres)

Restaurer la qualité physique et fonctionnelle des cours d’eau est alors important afin d’améliorer le régime hydrologique et vise notamment le respect des débits minimaux en étiage. Les ouvrages sur les cours d’eau peuvent engendrer de réels impacts sur la morphologie et la dynamique des milieux qui lui sont associés.

Différentes solutions sont proposées dans les SDAGE telles que le suivi et l’évaluation de débits minima en aval des ouvrages, et l’harmonisation de ces débits par tronçon homogène de cours d’eau. Ces valeurs de débits sont fixées de manière à respecter l’état des milieux aquatiques tout en tenant compte des besoins liés aux différents usages de l’eau.

Une analyse de l’incidence des aménagements de cours d’eau et des activités anthropiques est demandée par les SDAGE en vue de repenser l’aménagement des modalités de gestion des ressources en eau et d’adapter la réglementation des ouvrages à la réalité des cours d’eau et des milieux aquatiques associés.

4.1. L’entretien et la gestion des cours d’eau …

4.1.1. ..pour restaurer la continuité écologique

D’après la Directive Cadre sur l’Eau de 2000, la continuité écologique est définie comme la libre circulation des organismes vivants et leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri, le bon déroulement du transport naturel des sédiments ainsi que le bon fonctionnement des réservoirs biologiques (connexions, notamment latérales, et conditions hydrologiques favorables). Elle a une dimension amont-aval, impact des obstacles transversaux comme les seuils et barrages, et une dimension latérale, impact liés aux ouvrages longitudinaux comme les digues et les protections de berges.

Ce retour à une continuité écologique des cours d’eau est partagé par de nombreux textes réglementaires : Directive Cadre sur l’Eau, Loi sur l’eau de 2006, Plan National de Gestion pour l’Anguille, Loi Grenelle avec la mise en oeuvre de la Trame Verte et Bleue … Il est essentiel pour sauvegarder et préserver les milieux aquatiques ainsi que les espèces qui y sont liées aussi bien floristiques que faunistiques notamment les poissons grands migrateurs qui sont en déclin depuis plusieurs années.

En France, plus de 60 000 ouvrages sont recensés sur les cours d’eau, pouvant, être potentiellement des obstacles à cette continuité. L’enjeu aujourd’hui est de la restaurer en vue d’un retour au bon état écologique des eaux visé pour 2015. (ONEMA, 2010)

Afin de mieux évaluer l’utilité de chaque ouvrage en France, l’ONEMA effectue depuis 2010 une vaste campagne d’inventaire des ouvrages sur les cours d’eau : le Référentiel des Obstacles à l’Ecoulement (ROE). Plus de la moitié ne semble pas avoir d’utilité avérée. (ONEMA, 2010) En région, d’une manière générale, cet inventaire a montré la présence d’une multitude de seuils en rivière. Il s’agit d’un ouvrage, fixe ou mobile, qui barre tout ou une partie du lit mineur et qui engendre de ce fait une surélévation de la ligne d’eau en amont du seuil. En Deux- Sèvres, de nombreux ponts sont recensés.

Les obstacles présents sur les cours d’eau induisent des perturbations plus ou moins importantes en fonction du type d’obstacle, de leur hauteur, de l’entretien qui est fait, de sa date de mise en place …

Leur succession sur un même cours d’eau peut aggraver les perturbations et les impacts sur la continuité écologique. Ces impacts peuvent être variés :

  • écoulement et régime hydrologique fortement modifiés,
  • sédiments immobilisés à l’amont d’un ouvrage entrainant une perturbation de la dynamique des flux du cours d’eau et impactant la morphologie du lit,
  • mobilité des espèces et accès à leur habitat restreints ou inaccessibles …

La dégradation des cours d’eau depuis des décennies engendre une réglementation plus stricte : en 2009, l’État a notamment lancé un Plan National de Restauration des Cours d’Eau visant à :

  • renforcer la connaissance des seuils et des barrages il en a découlé la mise en place du ROE en 2010,
  • définir des priorités d’intervention par bassin en s’appuyant sur les démarches déjà existantes,
  • améliorer la coordination des actions de la police de l’eau et des agences de l’eau
  • dégager des financements plus importants des Agences de l’Eau
  • évaluer le gain écologique des mesures mises en oeuvre l’effacement ou l’arasement des ouvrages n’ayant plus d’usage économique avéré sera privilégié à condition de prévoir un plan d’accompagnement technique et financier. Pour les ouvrages toujours en cours d’usage, des solutions de gestion ou d’aménagement seront proposées.
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4.1.2. … et atteindre le bon état écologique des cours d’eau en 2015

L’atteinte du bon état écologique des cours d’eau est fixé pour 2015. Ce bon état, qui tient compte à la fois de paramètres physico-chimiques et biologiques, risque de ne pas être atteint sur de nombreux secteurs si la dégradation des conditions hydromorphologiques des cours d’eau n’est pas enrayée. Celles-ci sont directement liées à la qualité des habitats des espèces aquatiques inféodées et sont essentielles pour la reproduction de nombreuses espèces piscicoles.

Les habitats étant dépendant à la fois de l’hydrologie, des conditions physico-chimiques et des conditions morphologiques des cours d’eau, l’amélioration et la restauration de la continuité écologique est primordiale au retour d’un bon fonctionnement écologique du cours d’eau contribuant de ce fait à l’atteinte du bon état des eaux fixée par la D.C.E..

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4.2. Quelques exemples de travaux en rivière

4.2.1. L’hydromorphologie des cours d’eau

La morphologie d’un cours d’eau ou hydromorphologie est définie selon plusieurs critères : la largeur du lit (espace occupé, en permanence ou temporairement, par le cours d’eau), sa profondeur, sa pente, la nature des berges et leur pente, les caractéristiques du substrat, la forme des méandres (sinuosité très prononcée du cours d’un fleuve ou rivière) ...

Elle est liée étroitement à l’hydrologie (état quantitatif et dynamique des débits, connexion aux eaux souterraines) puisque chaque rivière se façonne et creuse son lit de manière à pouvoir transporter le débit et les sédiments qu’elle reçoit de l’amont (continuité) et permettre la migration des organismes aquatiques.

Son rôle est essentiel par rapport à la qualité biologique d’un cours d’eau et ainsi à l’atteinte du bon état écologique. Un cours d’eau est un système qui recueille et transporte vers l’aval les eaux des pluies et des sources d’un même bassin versant, sous l’effet de la gravité. Sa pente et son débit en font un système énergétique sa morphologie est fonction de plusieurs paramètres comme le climat, la géologie ou encore le relief.

En effet, s’agissant d’un milieu en perpétuelle évolution, la forme d’une rivière n’est pas statique et tend à changer aussi bien dans l’espace que dans le temps. Chaque cours d’eau possède donc sa propre dynamique.

Le processus naturel d’un cours d’eau qui n’a pas subi, ou peu, de modifications est d’altérer, d’éroder puis de transporter divers matériaux solides venant de l’amont du bassin, avant de les déposer tout au long de son cours. Les berges d’une rivière sont elles aussi soumises à des processus d’érosion de manière latérale.

Ces différentes étapes qui sont fonction particulièrement du débit et de la pente contribuent à façonner le lit de la rivière en long (amont-aval), en travers (rive droite-rive gauche) et en plan.

Selon la quantité de matériaux transportés, de la nature plus ou moins cohésive des berges et de la puissance du cours d’eau, le lit du cours d’eau pourra être de différents types : à méandres, en tresses, rectiligne, fluvial …

Le débit liquide du cours d’eau varie donc au cours d’une année en fonction des précipitations et de la quantité de matériaux (fins et grossiers) qui est véhiculée, c’est-àdire le débit solide. Ces deux débits sont à l’origine des processus d’érosion et de dépôt qui contribuent aux ajustements morphologiques du cours d’eau. Un équilibre dynamique de rivière est observé lorsque l’érosion et le dépôt se compensent mutuellement.

Les altérations hydromorphologiques, qui modifient le fonctionnement naturel des cours d’eau, sont liées aux pressions anthropiques qui s’exercent sur les sols du bassin versant et sur les cours d’eau. Les obstacles à l’écoulement, la chenalisation, le curage, la rectification du tracé, l’extraction de granulats, la suppression de ripisylve, le drainage, l’irrigation, l’imperméabilisation ou le retournement des sols sont autant de sources d’altérations hydromorphologiques qui nécessitent la mise en oeuvre de travaux ou d’aménagements visant à restaurer les fonctionnalités initiales. (Eau France, 2010)

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4.2.2. Des exemples de travaux ou d’aménagement des cours d’eau

Une gestion équilibrée des berges et du lit d’une rivière par des opérations d’entretien régulier favorise un contrôle efficace de l’évolution ultérieure du milieu aquatique. Les opérateurs concernés sont les syndicats intercommunaux d’aménagement hydraulique (S.I.A.H.) ou des collectivités locales possédant la compétence rivière.

De plus en plus de ces structures se dotent d’un technicien de rivière, dont les missions sont l’observation du cours d’eau, la préparation des chantiers, leur suivi technique et administratif, la communication avec les partenaires et la population …

Les travaux d’entretien et d’aménagement de cours d’eau en Poitou-Charentes sont menés avec les concours financiers de l’État, des Conseils Généraux et du Conseil Régional, les agences d’eau et le soutien technique des Directions Départementales des Territoires et de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques.

Trois grands types d’intervention peuvent être distingués :

  • la restauration : rendre à la rivière l’état dans lequel elle aurait dû se trouver si elle avait fait l’objet d’une gestion régulière,
  • l’aménagement : modifier fortement le cours d’eau en vue de satisfaire un objectif particulier,
  • l’entretien : garder le cours d’eau dans un état optimal.

D’une manière générale, les différents travaux visent à :

  • maintenir ou améliorer la qualité de l’eau (augmentation de son pouvoir épurateur),
  • freiner ou favoriser l’écoulement des eaux selon la sensibilité aux inondations,
  • stabiliser les berges pour lutter contre leur érosion,
  • améliorer la qualité des habitats pour la faune et la flore
  • préserver la qualité paysagère.

Toute intervention doit être précédée d’un diagnostic de l’état initial et global du cours d’eau (de l’amont et de l’aval) pour cibler les différents objectifs des interventions. Ensuite, l’impact de ces dernières doit être mesuré et enfin, une évaluation et un suivi des travaux doivent être réalisés. Toute intervention doit donc être raisonnée et planifiée.

L’effacement ou l’abaissement des ouvrages

Pour les ouvrages sur les cours d’eau dont l’utilité ne semble plus avérée ou les ouvrages abandonnés, l’effacement de l’ouvrage est une des solutions pour rétablir la dynamique fluviale et la continuité écologique.

L’effacement est envisagé lorsque les frais d’entretien de mise aux normes sont supérieurs à l’utilité du maintien ou lorsqu’il est jugé que l’ouvrage n’est pas compatible avec certains enjeux environnementaux tels que la Directive Cadre sur l’Eau, le plan anguille …

Sans supprimer complètement l’ouvrage et un abaissement de la hauteur de l’ouvrage peut être envisagé pour des raisons techniques ou en prévision d’un effacement total. Il peut également être préféré pour concilier à la fois continuité écologique et conservation du patrimoine. En effet, certains usagers, habitués à la présence dans le paysage d’ouvrages, ne souhaitent pas les voir disparaitre et préfèrent d’autres mesures de gestion à mettre en oeuvre qui permettent de les conserver. C’est par exemple le cas des moulins.

La reconnexion des annexes alluviales

Les annexes hydrauliques sont considérées comme des zones présentant un fort potentiel écologique, lié à une faune et une flore riches et diversifiées, et montrant de multiples rôles dans le maintien de cette biodiversité. Cependant, ces zones humides restent des biotopes fragiles et non protégés, qui sont souvent délaissés et tendent à se fermer.

De multiples fonctions sont attribuées aux annexes telles que l’interception de pollutions diffuses (phénomène d’autoépuration), la conservation de la biodiversité du fait d’habitats diversifiés, l’amélioration des caractéristiques morphologiques et physiques du cours d’eau, le rôle de refuge pour la faune et le rôle de zone de reproduction pour des espèces piscicoles.

L’enfoncement du lit des rivières peut conduire à la déconnexion des annexes hydrauliques qui tendent à s’assécher et ne sont alors plus accessibles par les espèces piscicoles et moins propices à un développement favorable pour les espèces floristiques.

Leur reconnexion parait donc importante en vue de retrouver une continuité écologique des cours d’eau. Pour se faire, des travaux de terrassement sont généralement réalisés pour permettre la reconnexion à l’aval et/ou à l’amont.

L’entretien des berges et des ripisylves

Les opérations d’entretien des ripisylves et des berges d’un cours d’eau sont essentielles à son bon fonctionnement. La ripisylve est une formation végétale de trois strates : herbacée, arbustive et arborée. Elle a de nombreux rôles quant à la préservation de la qualité des cours d’eau :

  • elle protège et consolide les berges,
  • elle retient les pollutions diffuses et élimine naturellement les nitrates,
  • elle évite le dessèchement et freine le ruissellement de l’eau,
  • elle abrite de nombreuses espèces,
  • elle fait office de corridor biologique.

L’entretien de la ripisylve doit être modéré et passe par diverses opérations : élagage, recépage, débroussaillage, abattage sélectif de certains arbres, enlèvement d’embâcles …

Les berges sont des écotones c’est-à-dire une zone de transition entre l’écosystème aquatique et forestier (qui est la ripisylve). Elles abritent des espèces de milieux aquatiques et de rive comme par exemple, la musaraigne aquatique (Neomys fodiens), le martin pêcheur (Alcedo atthis) ou le cincle plongeur (Cinclus cinclus). Des techniques de génie végétal permettent de consolider les berges avec des végétaux vivants. Leur système racinaire stabilise les berges et les protège du courant et de l’érosion.

La Dive sud à Couhé (Deux-Sèvres)
La Dive sud à Couhé (Deux-Sèvres)

Améliorer la diversité biologique

La Directive Cadre sur l’Eau donne comme obligation le rétablissement de la continuité écologique sur les cours d’eau classés « à grands migrateurs » et ceux qui pourraient le devenir. Le saumon, l’alose, la lamproie, la truite, l’anguille, qui sont des poissons migrateurs, sont très sensibles à la qualité de l’habitat, particulier pour se reproduire.

Différents aménagements sont donc nécessaires afin d’augmenter la capacité d’accueil du milieu pour les poissons :

  • la mise en place d’ouvrages comme les passes à poissons pour leur permettre de franchir des obstacles artificiels.
  • la mise en place de divers habitats : frayères, caches sous berges
  • le fond doit présenter certaines particularités pour que les femelles viennent pondre : un lit de galets ou de graviers stables pour éviter un déplacement trop important des oeufs en cas de crue la granulométrie doit être adaptée pour que les femelles puissent creuser un trou et y mettre leurs oeufs.
  • la hauteur d’eau, la vitesse du courant et l’oxygénation sont également des facteurs importants.
Passe à poissons, Magné (Deux-Sèvres)
Passe à poissons, Magné (Deux-Sèvres)

Afin d’améliorer la qualité des écosystèmes aquatiques et de diversifier les habitats certaines règles sont à respecter comme modifier le moins possible la morphologie du cours d’eau, ne pas artificialiser les berges et le fond, reconnecter les bras morts …

La gestion des espèces exotiques envahissantes

La prolifération des plantes exotiques envahissantes cause déjà depuis de nombreuses années, en Poitou- Charentes, des nuisances sur le fonctionnement des hydrosystèmes tant pour la biodiversité que pour les usages. Pour faire face à cette situation, différentes initiatives ont émergé en Poitou-Charentes. En témoignent notamment :

  • l’élaboration de protocoles de suivi et de gestion par l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sèvre Niortaise (IIBSNi), en partenariat avec l’IRSTEA. Ces expérimentations ont permis la mise en place, depuis 1999, d’un plan de gestion à l’échelle de la zone humide du Marais Poitevin
  • la réalisation d’un observatoire départemental des plantes envahissantes depuis 2003 par le Conseil Général de la Charente, qui coordonne les campagnes d’observation et de gestion par arrachage
  • une étude réalisée par le CPIE Seuil du Poitou, sur les plantes invasives et patrimoniales des rivières du département de la Vienne, dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature 2 elle est suivie de campagnes d’arrachage manuel
  • l’organisation de campagnes de suivi et d’opérations de lutte ponctuelles depuis 1999 par l’Union des Marais Atlantiques (UNIMA) en Charente-Maritime.
Myriophylle du Brésil, Marais de Rochefort (Charente-Maritime)
Myriophylle du Brésil, Marais de Rochefort (Charente-Maritime)

Devant l’impossibilité d’atteindre une éradication et pour freiner la dynamique d’expansion de ces espèces, tout en limitant et en priorisant la dépense publique investie dans la surveillance et la gestion de ces prolifération, les gestionnaires et leurs partenaires financiers publics ont besoin d’outils de compréhension et de suivi des phénomènes invasifs pour guider les choix tactiques dans la gestion annuelle et pluriannuelle de ces espèces.

Face à cet enjeu et à cette demande, l’Observatoire Régional des plantes exotiques ENVahissantes des écosystèmes Aquatiques (ORENVA) a été créé en 2007, par la Région Poitou-Charentes.

L’outil ORENVA s’inscrit dans le cadre de la politique de gestion des rivières de la Région et du Plan Loire Grandeur Nature 2007-2013. Deux maîtres d’ouvrage interviennent sur ce projet :

  • le Forum des Marais Atlantiques, reconnu pour son expertise sur la problématique des espèces envahissantes, en particulier pour son expérience développée lors du montage de l’observatoire des Pays de la Loire. De fait, il intervient dans le cadre de sa mission d’appui aux maîtres d’ouvrage de la gestion de l’eau et des zones humides
  • l’Observatoire Régional de l’Environnement (ORE) intervient dans le cadre de ses missions d’intérêt général liées à l’information en matière d’environnement et de développement durable. Il est chargé d’intégrer l’observatoire à son système d’information régional.

Un comité de pilotage, réuni une fois par an, valide le projet à chaque étape. Il est constitué des Agences de l’Eau, des Conseils Généraux, des services de l’État et des établissements publics concernés, des associations et collectivités d’envergure régionale, départementale, de bassin versant et/ou ayant une expérience significative sur la question des plantes invasives.

L’ORENVA prévoit l’organisation de la lutte à une échelle collective afin de mutualiser les pratiques et les moyens. Il s’appuie sur l’existence de relais locaux et de leur expérience pour couvrir le territoire. L’ORENVA distingue ainsi 4 niveaux d’opérateurs :

  • niveau 1 : les observateurs, chargés de réaliser les inventaires. Il s’agit essentiellement des gestionnaires locaux (une centaine de contacts)
  • niveau 2 : les 9 coordonnateurs. Il est constitué de structures départementales ou de bassin versant
  • niveau 3 : il s’agit de la structure animatrice de l’observatoire chargée de la coordination régionale
  • un niveau 4, de coordination inter-régionale, est pris en compte, l’Observatoire Régional de Poitou- Charentes ayant vocation à se coordonner avec les régions voisines et les Systèmes d’Information sur l’Eau (SIE) nationaux ou de bassin Loire- Bretagne.
Les structures de coordination de niveau 2 (N2) de l’ORENVA
Les structures de coordination de niveau 2 (N2) de l’ORENVA

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

Un Système d’Information Géographique (SIG) régional a été créé pour accueillir et valoriser les données de terrain et avoir une vision partagée et exhaustive du territoire.

La restauration des zones humides

Les zones humides, qui contribuent à la fois à la préservation de la ressource en eau et à la protection d’espèces emblématiques, voient leur surface fortement régresser au cours de ces dernières années malgré un intérêt fort et reconnu.

Plusieurs actions sont mises en oeuvre pour préserver et restaurer ces milieux particuliers :

  • la valorisation : les zones humides, de préférence non dégradées, peuvent faire l’objet d’aménagements simples et servir de lieu de balade pour la mise en place de sentier découverte par exemple, s’insérant ainsi parfaitement dans le cadre de vie d’une population. Il s’agit également d’une manière de sensibiliser le public aux problématiques des zones humides.
  • la restauration : cette action vise à restaurer des zones humides dégradées et à en rétablir leur fonctionnement ou d’assurer le retour de certaines activités en adéquation avec le milieu. Les différents travaux mis en oeuvre après études techniques tels que l’évacuation de remblais, la suppression de rejets, peuvent faire l’objet de financement des Directions Départementales Territoriales dans le cadre de contrats liés aux mesures agro-environnementales ou de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne au travers de Contrats Territoriaux.
  • la compensation : l’intervention ou l’aménagement de certaines zones comme la construction d’une route par exemple peuvent conduire à la détérioration ou à la disparition totale des zones humides. Des mesures doivent cependant être prises pour atténuer ces dégradations ou des moyens de compensation sont à envisager comme la re-création et/ou l’acquisition de zones humides par exemple.

En Poitou-Charentes, une boite à outils « zones humides » a été mise en place par le Forum des Marais Atlantiques (F.M.A.). Elle propose un ensemble de méthodes de cartographie, de délimitation, de caractérisation, de gestion et de suivi des zones humides. Elle a vocation à faciliter l’atteinte des objectifs fixés par la D.C.E. et le Grenelle de l’environnement via un ensemble d’étapes à suivre pour protéger, restaurer et mieux gérer les zones humides. (Eau France, 2013a)

À noter également l’existence du Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides (RPDZH) animé par le F.M.A. L’objectif de cette démarche est de regrouper le réseau d’acteurs et de développer des outils cartographiques permettant la prise en compte de la spécificité de ces territoires.

La stratégie générale est la mise en oeuvre d’un partage de connaissances objectives, articulé autour des données spatiales, statistiques et documentaires, valorisant les différents territoires mais également les gestionnaires.

Le marais poitevin à Saint Hilaire la Palud (Deux-Sèvres)
Le marais poitevin à Saint Hilaire la Palud (Deux-Sèvres)
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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :

connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité
la gestion de l’eau > Gestion quantitative
la gestion de l’eau > Economies d’eau

 Pour aller plus loin
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Lit mineur : Partie du lit compris entre des berges franches ou bien marquées dans laquelle l’intégralité de l’écoulement s’effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
  • Ripisylves, Ripisylve : Formation végétale qui se développe sur les bords des cours d’eau ou des plans d’eau situés dans la zone frontière entre l’eau et la terre (écotones). Elle est constituée de peuplements particuliers du fait de la présence d’eau pendant des périodes plus ou moin longues (saules, aulnes, frênes en bordure, érables et ormes plus en hauteur, chênes pédonculés, charmes sur le haut des berges). On distingue : le boisement de berge (généralement géré dans le cadre des programmes d’entretien des rivières) situé à proximité immédiate du lit mineur, et la forêt alluviale qui s’étend plus largement dans le lit majeur. La nature de la ripisylve est étroitement liée aux écoulements superficiels et souterrains. Elle exerce une action sur la géométrie du lit, la stabilité des berges, la qualité de l’eau, la vie aquatique, la biodiversité animale et végétale.
  • Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • SDAGE : Créé par l’article 3 de la loi sur l’eau de 1992, le SDAGE "fixe pour chaque bassin les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau". Un SDAGE a donc été élaboré (l’échéance de réalisation était prévue par la loi de 1992 au 3 janvier 1997), à l’initiative des préfets de bassin, sur le territoire couvert par chaque Agence de l’Eau. La réalisation des SDAGE a conduit à la constitution de groupes de travail associant les industriels, les agriculteurs, les professionnels du tourisme, les associations de protection de l’environnement, etc. Les comités de bassin ont finalisé le contenu des SDAGE. Un SDAGE est un document d’orientation définissant des objectifs de gestion des milieux aquatiques. Il contient un diagnostic (état des lieux, des usages, impacts des gestions et enjeux), les objectifs à atteindre, et les moyens de mise en œuvre. Pour ce faire des tableaux de bord synthétisant des indicateurs ont été mis en place, les thèmes sont : prévention et gestion des risques, gestion et protection des milieux, gestion qualitative et quantitative de la ressource, alimentation en eau potable et santé publique, organisation de la gestion concertée.
  • ALOSE : Espèce de poissons appartenant à la famille des Clupéidés (comme la sardine et le hareng). Les aloses font partie des espèces anadromes (c’est à dire qui remontent les cours d’eau pour se reproduire dans la partie moyenne des fleuves). En tant que telles, leurs population ont payé un lourd tribut aux aménagements des cours d’eau (barrages sans dispositifs de franchissement, extraction de graviers modifiant les frayères...). leur niveau de présence constitue donc un bon indicateur de l’état d’aménagement d’une rivière. Deux espèces d’aloses sont présentes (et exploitées) dans les eaux françaises : la grande alose (Alosa alosa), l’alose feinte (Alosa fallax). (Glossaire EauFrance).
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Autoépuration : Ensemble des processus biologiques (dégradation, consommation de la matière organique, photosynthèse, respiration animale et végétale...), chimiques (oxydoréduction...), physiques (dilution, dispersion, adsorption...) permettant à un écosystème aquatique équilibré de transformer ou d’éliminer les substances (essentiellement organiques) qui lui sont apportées (pollution). On doit distinguer l’autoépuration vraie (élimination de la pollution) de l’autoépuration apparente (transformation, transfert dans l’espace ou dans le temps de la pollution). Les organismes vivants (bactéries, champignons, algues...) jouent un rôle essentiel dans ce processus. L’efficacité augmente avec la température et le temps de séjour. La capacité d’autoépuration d’un écosystème est limitée et peut être inhibée (toxique notamment).
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Bon état : Le bon état est l’objectif à atteindre pour l’ensemble des eaux en 2015, conformément à la directive cadre sur l’eau, sauf en cas de report de délai ou de définition d’un objectif moins strict. Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins "bons". Le bon état d’une eau souterraine est atteint lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons". (Glossaire EauFrance)
  • Bon état écologique : L’état écologique est l’appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés aux eaux de surface. Il s’appuie sur ces critères appelés éléments de qualité qui peuvent être de nature biologiques (présence d’êtres vivants végétaux et animaux), hydromorphologique ou physico-chimiques. L’état écologique comporte cinq classes : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais. Pour chaque type de masse de d’eau il se caractérise par un écart aux conditions de références qui sont les conditions représentatives d’une Eau de surface pas ou très peu influencée par l’activité humaine. (Glossaire EauFrance)
  • Continuité écologique : Se définit par la libre circulation des espèces biologiques et le bon écoulement du transport naturel des sédiments d’un cours d’eau. La notion de continuité écologique qui jusqu’à la loi sur l’eau de 2006 ne prenait pas en compte le transport des sédiments. (Glossaire EauFrance)
  • Débits : le débit d’un cours d’eau en un point donné est la quantité d’eau (m3 ou litres) passant en ce point par seconde il s’exprime en m3/s ou en l/s.
  • Drainage : Opération qui consiste à collecter et évacuer, notamment au moyen de fossés ou de drains, des eaux présentes en excédent dans le sol et le sous-sol. (Commissariat Général du Plan)
  • Frayères : Zone d’un milieu aquatique où a lieu la reproduction des poissons (ponte et fécondation).
  • Hydrologie : L’hydrologie est la science ayant pour objet l’étude des propriétés physiques, chimiques et biologiques des eaux situées à la surface de la Terre et au-dessous de cette surface, en particulier du point de vue de leur formation, de leur déplacement, de leur répartition dans le temps et l’espace et de leur interaction avec l’environnement inerte et vivant. L’hydrologie continentale étudie les fleuves, lacs et marais, les eaux souterraines et les étendues d’eau solide des terres émergées, tandis que l’hydrologie marine s’identifie à l’océanographie. (Météo France)
  • Hydromorphologie : Etude de la morphologie et de la dynamique des cours d’eau, notamment l’évolution des profils en long et en travers, et du tracé planimétrique : capture, méandres, connexion entre des cours d’eau, etc. (Glossaire EauFrance)
  • Marais : Milieu humide de type intermédiaire, à la fois aquatique (de faible profondeur) et terrestre et caractérisé par des inondations saisonnières. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
  • Plantes envahissantes : Voir "espèces envahissantes"
  • Zone humide : Zone où l’eau est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel et la vie animale et végétale associée. Elle apparaît là où la nappe phréatique arrive près de la surface ou affleure ou encore, là où des eaux peu profondes recouvrent les terres. Il s’agit par exemple des tourbières, des marais, des lacs, des lagunes.
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