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> Des ressources en eau fortement sollicités

Quels sont les besoins ?

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

1.1. Des besoins en eaux multiples …

> 1.1.1. En France

> 1.1.2. En Poitou-Charentes

1.2. … variables dans le temps

1.3. … et dans l’espace

1.4. Prélèvements ou consommation ?


1.1. Des besoins en eaux multiples …

1.1.1. En France

Des prélèvements sont effectués dans les eaux de surface et les eaux souterraines pour satisfaire les usages domestiques, les besoins des activités industrielles, agricoles et de production d’énergie.

En 2010, 28,3 milliards de m3 d’eau ont ainsi été prélevés en France. Les producteurs d’eau potable ont utilisé 5,5 milliards de m3 soit près de 19 % du total prélevé.

L’industrie et l’irrigation occasionnent des prélèvements comparables, autour de 3 milliards de m3. Le secteur de l’énergie prélève quant à lui 17,14 milliards de m3.

Les volumes d’eau prélevés en France en 2010 (en milliards de m3)
Usage industrielEaux de surface 1,84
Eaux souterraines 1,20
Total3,04
Alimentation en Eau PotableEaux de surface 1,62
Eaux souterraines3,88
Total 5,50
Usage agricoleEaux de surface1,61
Eaux souterraines1,06
Total2,67
Production d’énergieEaux de surface17,14
Eaux souterraines0
Total17,14
Prélèvements tous usagesEaux de surface22,20
Eaux souterraines6,14
Total28,34

Sources : Service de l’Observation et des Statistiques - Commissariat général au développement durable, 2013a

Ces prélèvements se font en majorité dans les eaux de surface (78 %), sauf pour l’eau potable pour laquelle le recours aux eaux souterraines est fréquent, étant généralement de meilleure qualité. (Observatoire Régional de l’Environnement, 2013c) Ces 10 dernières années, la tendance des prélèvements est à la baisse. Cette évolution reste toutefois très dépendante des conditions climatiques et des pratiques de production, notamment agricoles.

D’autre part, la pression des usages n’est pas liée uniquement au volume prélevé mais aussi à la période de prélèvements et à l’espace. Les prélèvements d’eau ne sont en effet pas répartis uniformément sur le territoire. Les régions les plus peuplées prélèvent logiquement les volumes les plus importants pour l’eau potable (Ile-de- France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur).

Les prélèvements pour l’industrie sont plus importants dans les régions les plus industrialisées (Nord, Est, vallée du Rhône et Sud-Ouest). Les volumes prélevés pour l’irrigation sont fonction de l’importance des activités agricoles, de la nature des cultures, du climat et du mode d’irrigation (quantités importantes prélevées dans les régions Sud de la France, Centre, Poitou-Charentes). Enfin, les prélèvements liés à la production d’énergie suivent la répartition des centrales, notamment nucléaires (Rhône- Alpes, Aquitaine).

Prélèvements d’eau par usage et par région en 2010
Prélèvements d’eau par usage et par région en 2010
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1.1.2. En Poitou-Charentes

Les volumes d’eau prélevés en Poitou-Charentes concernent essentiellement les besoins agricoles, domestiques et énergétiques, tandis que la part des besoins industriels est très nettement inférieure.

Volumes d’eau prélevée (en millions de m3) en Poitou-Charentes en 2012
Volumes d’eau prélevée (en millions de m3) en Poitou-Charentes en 2012

Au cours des dix dernières années, les prélèvements d’eau à des fins agricoles constituent en moyenne 44% des prélèvements, contre 31% et 19% respectivement pour les usages domestiques et énergétiques, et seulement 5% pour les besoins industriels.

Répartition des prélèvements d’eau par usage, de 2002 à 2012
Répartition des prélèvements d’eau par usage, de 2002 à 2012

Les volumes totaux prélevés en région se sont stabilisés sous la barre des 500 millions de m3 depuis 2005. La répartition des prélèvements en Poitou-Charentes est bien différente de celle de la moyenne française. En effet, contrairement à l’ensemble de la France, ce sont les prélèvements agricoles et ceux destinés à la consommation d’eau courante qui prédominent.

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes et en France, en 2010 (en % de tous usages confondus)
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes et en France, en 2010 (en % de tous usages confondus)
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1.2. … variables dans le temps

En Poitou-Charentes, malgré une tendance générale à la baisse des prélèvements, des problèmes persistent en période estivale. La coïncidence des étiages (périodes de plus basses eaux des rivières et des nappes) avec l’accroissement des besoins en eau en cette période (irrigation agricole et usages domestiques en particulier) suscite des déséquilibres structurels (déficit chronique de la quantité d’eau).

En effet, la pression exercée par les différents usages sur la ressource en eau est d’autant plus marquée qu’elle intervient au moment où elle est à son plus bas niveau, et qu’elle s’étale sur une période de plus en plus longue (avril à septembre lorsque les premiers besoins ne sont plus automatiquement servis par les pluies).

Cette forte demande coïncide également avec une sollicitation importante d’eau potable lors de la période touristique, notamment sur le littoral picto-charentais. En effet, de par son attrait touristique, la population des zones balnéaires augmente considérablement en été, ce qui accroit également la pression sur les ressources en eau en période estivale. Certaines communes voient leur fréquentation multipliée par 20 (Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes, 2012).

Hormis pour les secteurs touristiques, les prélèvements pour l’alimentation en eau potable se répartissent de façon homogène tout au long de l’année. Ils restent relativement stables d’une année sur l’autre d’une manière générale.

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1.3. … et dans l’espace

Les prélèvements d’eau pour les différents usages s’effectuent soit dans les eaux superficielles (cours d’eau, lacs, etc.), soit dans les eaux souterraines (nappes phréatiques).

L’ensemble des prélèvements est majoritairement effectué en eaux souterraines en Poitou-Charentes (52 %). Ce chiffre s’élève seulement à 22% pour la France.

Sur les dix dernières années en Poitou-Charentes, si la répartition moyenne des prélèvements selon l’origine est à peu près équivalente tous usages confondus (48% en eaux de surface 52% en eaux souterraines), cette dernière varie nettement suivant les usages :

  • les prélèvements pour la production d’énergie sont ainsi effectués exclusivement dans les eaux superficielles et ceux pour l’usage industriel en proviennent majoritairement (59% en moyenne),
  • l’alimentation en eau potable et l’usage agricole concentrent en revanche leurs prélèvements sur les eaux souterraines (respectivement 59 et 71 % en moyenne).
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1.4. Prélèvements ou consommation ?

Il est important de distinguer le prélèvement (quantité soustraite au milieu à un instant donné) et la consommation (différence entre la quantité prélevée et la quantité restituée dans le milieu ou encore les volumes qui, après usage, ne sont pas restitués « directement » au cycle de l’eau continental). La consommation traduit véritablement la pression exercée sur le milieu. Elle est variable selon les usages.

En effet, le secteur agricole, par exemple, consomme beaucoup d’eau car la restitution au milieu naturel de l’eau prélevée par ce secteur est très faible et différée dans le temps (la majeure partie de l’eau étant évaporée, retenue par les plantes, ou en transfert dans le sol vers les nappes).

À l’inverse, le secteur énergétique consomme peu d’eau. Il en prélève beaucoup au milieu naturel (rivières, fleuves …), mais en restitue une bonne partie à proximité du point de pompage.

L’impact de l’approvisionnement en eau potable doit également être souligné puisque 76% des volumes prélevés sont restitués au milieu.

Enfin, on considère qu’environ 93% des volumes prélevés par le secteur industriel sont restitués à la ressource.

À l’échelle nationale, sur la totalité des volumes prélevés, environ 18% ne retournent pas au milieu naturel, on appelle cela la « consommation nette ». Ce chiffre varie selon les usages et selon la période considérée : les prélèvements agricoles sont notamment concentrés sur la période estivale, où l’évapotranspiration est la plus forte.

Répartition nationale de la consommation d’eau nette par secteur
UsageConsommation nette annuelleConsommation nette estivale
Irrigation48 %79 %
Usages domestiques24 %10 %
Production d’énergie22 %9 %
Industrie (hors énergie 6 %2 %

Sources : Commissariat général au développement durable, 2012

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Prélèvements
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Les usages de l’eau

 Pour aller plus loin
  • étiages : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Phréatique : Voir Nappe phréatique
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