L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
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Qualité de l’air atmosphérique

Thème Air ambiant - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 28/05/2007

L’analyse présentée s’appuie sur ATMO Poitou-Charentes qui collecte des informations quotidiennes sur la qualité de l’air en région.

ATMO Poitou-Charentes, dont la compétence est devenue régionale en 1994, dispose aujourd’hui d’un réseau de mesure capable d’évaluer la qualité de l’air sur les villes chefs-lieux de département : Poitiers, Angoulême, La Rochelle et Niort ainsi que sur trois villes à caractère industriel : Roumazières-Loubert, Cognac et Airvault et sur un site rural à Chizé. Il s’agit de stations de mesures automatiques en continu (24h/24, 7j/7).

Ce réseau permanent de mesure comprend 17 sites pour une soixantaine d’analyseurs et 2 sites de surveillance des pollens dans l’air. Il mesure les polluants classiques (NOx, CO, SO2, O3, PM10, COV...).

Stations de mesure de la qualité de l’air en Poitou-Charentes en 2005
Stations de mesure de la qualité de l’air en Poitou-Charentes en 2005

De plus, ATMO Poitou-Charentes dispose également de moyens mobiles qui permettent de caractériser la qualité de l’air en des lieux non pourvus de stations fixes. Ces outils permettent d’avoir une meilleure connaissance des caractéristiques régionales en terme de pollution atmosphérique sur l’ensemble du territoire.

Il s’agit :

  • Un camion laboratoire équipé d’analyseurs de la pollution atmosphérique classique et d’appareils de mesures météorologiques
  • Des cabines mobiles : suivi des polluants classiques gazeux et particulaires
  • Des préleveurs sur mousses et filtres : mesure de polluants spécifiques (Composés Organiques Volatils, Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, métaux lourds, pesticides)
  • Des échantillonneurs passifs : mesure de divers polluants (dioxyde d’azote, benzène, ozone …)
  • La biosurveillance : utilisation des propriétés bioaccumulatrices des lichens pour mesurer divers polluants dans l’environnement.

En région, ce dispositif permanent de surveillance de la qualité de l’air est adapté à la problématique régionale. Toutefois, afin de rester cohérent avec les attentes locales et d’assurer une surveillance optimale, il devra subir quelques aménagements pour prendre en compte le manque actuel d’information sur certains composés (notamment métaux lourds et hydrocarbures aromatiques polycycliques). Il est également nécessaire de pérenniser la surveillance de la pollution de proximité automobile sur les agglomérations.

Le bilan qui suit repose sur les données disponibles de 1995 à 2006 pour le Poitou-Charentes et remonte jusqu’en 1992 pour certains polluants sur l’agglomération rochelaise.

Bilan de l’indice ATMO

En 2006, la qualité de l’air sur les 4 agglomérations chefs-lieux est relativement homogène. Elle est qualifiée de très bonne à bonne (indices compris entre 1 et 4) pendant plus de 300 jours soit de 80 à 90 % du temps sur l’année.

Elle se dégrade en période printanière et estivale sur les 4 agglomérations ; l’ozone est alors le polluant en cause. En période hivernale ou automnale, les indices relevés supérieurs à 5 sont généralement dus aux oxydes d’azote et aux poussières en suspension qui sont des polluants de l’air représentatifs de l’habitat et des transports.

Indice ATMO dans les principales agglomérations de Poitou-Charentes en 2006
Indice ATMO dans les principales agglomérations de Poitou-Charentes en 2006

Entre 2002 et 2006, on peut noter des indices égaux à 8 qualifiant de mauvaise la qualité de l’air, à La Rochelle en 2003 et 2006 ainsi qu’à Niort, Poitiers et Angoulême en 2003, en raison de fortes concentrations horaires d’ozone.

Girafe échelle ATMO
Girafe échelle ATMO

En effet, le sous-indice d’ozone marque le plus souvent la valeur de l’indice ATMO global en région. De plus, des concentrations supérieures à 200 μg/m3 en moyenne horaire pour l’ozone entraînent l’information de la préfecture pour pic de pollution de l’air par l’ozone.
Ce phénomène de pollution par l’ozone a été observé sur l’ensemble de la région mais de façon plus marquée sur le littoral charentais.

Evolution de l’indice ATMO de 2002 à 2006 dans les principales agglomérations de Poitou-Charentes
Evolution de l’indice ATMO de 2002 à 2006 dans les principales agglomérations de Poitou-Charentes

L’ozone : des niveaux d’exposition non négligeables

L’ozone est certainement le polluant atmosphérique le plus marquant en Poitou-Charentes.

Remarque : Pour l’ozone, il n’y a pas de moyenne annuelle réglementaire à respecter car elle peut varier énormément d’une année sur l’autre en particulier en raison des conditions météorologiques plus ou moins favorables à la production d’ozone. Les valeurs réglementaires font donc appel à une notion d’exposition qui prend en compte l’exposition d’un individu à une certaine concentration d’ozone dans l’air pendant une durée qui peut être plus ou moins courte (de 1 heure à 8 heures consécutives).

L’ozone fait l’objet d’une procédure d’information de la population en cas de pic de pollution.

Depuis 1998, l’objectif de qualité de 110 μg/m3 en moyenne sur 8 heures est dépassé tous les ans. Le nombre de dépassements varie fortement d’une année sur l’autre, car les concentrations en ozone ne sont pas uniquement liées aux activités humaines mais sont aussi très fortement dépendantes des conditions météorologiques qui peuvent conduire à quelques pics de pollution.

C’est en 2003 que Poitou-Charentes a vu le nombre de dépassements le plus élevé, en raison de l’été caniculaire que la France a connu cette année-là.

Evolution du nombre de jours de dépassements de l’objectif de qualité de 110 μg/m3 sur 8 heures en ozone en Poitou-Charentes entre 1998 et 2006
Evolution du nombre de jours de dépassements de l’objectif de qualité de 110 μg/m3 sur 8 heures en ozone en Poitou-Charentes entre 1998 et 2006

Les 17 et 18 juillet 2006, les niveaux horaires d’ozone ont dépassé le seuil d’information de la population (180 μg/m3 en moyenne horaire) à La Rochelle. Sur les autres départements, les niveaux d’ozone n’ont pas été égaux ou supérieurs à 180 μg/m3 mais s’en sont toutefois fortement approchés.

Cependant, si le nombre de déclenchements d’information concernant l’ozone est faible chaque année, il ne doit pas cacher le dépassement régulier de la valeur de protection de la santé (110 μg/m3 sur 8 heures).

Le dioxyde d’azote : respect des références européennes et nationales

Depuis 1998, les concentrations moyennes en dioxyde d’azote sur les principales agglomérations de Poitou-Charentes baissent. La diminution observée des niveaux moyens de dioxyde d’azote va de -36% pour Angoulême à -11% pour La Rochelle ; Poitiers et Niort connaissant une baisse de -21%, entre 1998 et 2006.

Ces évolutions encourageantes sont le résultat des différentes politiques urbaines et industrielles et de l’amélioration technologique sur les automobiles.

En 2006, l’ensemble des concentrations de dioxyde d’azote relevées sur la région respecte la réglementation en vigueur, en restant inférieures à l’objectif de qualité (40 μg/m3 en moyenne annuelle).

Evolution des concentrations moyennes en dioxyde d’azote sur les principales agglomérations de Poitou-Charentes entre 1998 et 2006
Evolution des concentrations moyennes en dioxyde d’azote sur les principales agglomérations de Poitou-Charentes entre 1998 et 2006

A noter en 2006 : seul le site de Cognac présente une valeur horaire maximale supérieure à 200 μg/m3 relevée le 30 mars. Ce qui a entraîné un indice de qualité de l’air égal à 8, qualifiant ainsi de « mauvaise » la qualité de l’air. Ce pic ponctuel s’est accompagné d’une hausse des teneurs en poussières fines en suspension et en dioxyde de soufre. La cause de cette pointe de pollution est probablement due à un trafic momentanément plus important autour de la place C. Godard et à une influence industrielle par vent de sud-ouest.

Les particules en suspension : des concentrations inférieures à la valeur limite et à l’objectif de qualité

Entre 2002 et 2006, les moyennes annuelles en poussières fines PM10 sur l’ensemble des stations permanentes de la région sont relativement constantes et ne font pas apparaître de tendance à la baisse. Les légères évolutions à la hausse en 2003 et 2005 sont dues à des situations globales, accentuées par des conditions météorologiques particulières (été particulièrement sec qui favorise le ré-envol et la dispersion des poussières).

En 2006, les concentrations en poussières fines mesurées sur les agglomérations sont globalement homogènes et comprises entre 18 et 22 μg/m3 en moyenne annuelle, soit des valeurs largement inférieures à la valeur limite de 40 μg/m3 et à l’objectif de qualité de 30 μg/m3.

Fin 2004, un analyseur de poussières très fines PM2.5 a été mis en œuvre en complément d’un analyseur de poussières fines PM10 à Angoulême. Ces particules très fines font l’objet de nombreuses études épidémiologiques et soulèvent l’inquiétude des spécialistes du fait de leur pénétration dans les plus fines ramifications de l’appareil respiratoire.

Entre 2005 et 2006, on peut noter que la part des poussières très fines (PM2.5) dans les particules de diamètre inférieur à 10 μm est de l’ordre de 65%. Cette proportion est plus importante en hiver (jusqu’à 75% en moyenne en janvier).

Les concentrations maximales horaires et journalières sont généralement relevées en hiver en raison principalement de la combustion d’énergie fossile pour le chauffage comme le fioul ou le bois qui viennent s’ajouter aux émissions de poussières des véhicules.

Le dioxyde de soufre : des niveaux faibles et stables

Les émissions de dioxyde de soufre sont en général associées à une pollution émise par les industries en raison des consommations de fioul lourd. En milieu urbain, elles sont liées aux consommations de fioul domestique pour le chauffage des logements et aux véhicules diesels.

La légère baisse amorcée depuis 1995 semble se confirmer et se stabiliser en 2000 sur les agglomérations de Poitou-Charentes (les moyennes annuelles sont inférieures à 10 µg/m3 sur la région, l’objectif de qualité étant de 50 µg/m3 en moyenne annuelle). Elles ont continué de diminuer pour atteindre en 2006, des moyennes horaires inférieures à 3 μg/m3 sur les 4 agglomérations chefs-lieux.

En milieu urbain, le phénomène de baisse peut être une conséquence des décisions européennes relatives à la teneur en soufre des carburants et du renouvellement du parc automobile.

La pollution atmosphérique par le dioxyde de soufre sur la région Poitou-Charentes étant très faible, les valeurs réglementaires sont très largement respectées et aucune procédure d’information de la population en cas de pic de pollution au dioxyde de soufre n’a été déclenchée.

Le monoxyde de carbone : une situation favorable

Le monoxyde de carbone est un traceur spécifique de l’impact des véhicules sur la qualité de l’air.

Les mesures effectuées depuis 1992 dans différentes villes de la région ont montré une baisse des concentrations de monoxyde de carbone mesurées. De ce fait, depuis janvier 2005, une seule station sur la région assure le suivi de monoxyde de carbone en site urbain. Elle est située dans le centre-ville de Poitiers, Place du Marché. Les mesures de CO sur l’école Jules Ferry à Niort et Place de Verdun à La Rochelle ont été arrêtées au 1er janvier 2005 en raison des concentrations très faibles mesurées depuis plusieurs années sur ces deux sites.

En 2006, les concentrations de monoxyde de carbone mesurées sont faibles et respectent largement les valeurs réglementaires.

Le fluor : une baisse sensible

Un dispositif de surveillance des fluorures totaux a été mis en place à Roumazières-Loubert en Charente en raison de la présence de deux sites industriels émetteurs (tuileries et briqueteries). Il est implanté depuis 1997.

Une baisse très sensible des taux de fluorures totaux est à noter dans l’air ambiant entre 1998 et 2006.

Les moyennes annuelles sont ainsi passées de 2,18 μg/m3 en 1998 à 0,16 μg/m3 en 2006. Depuis 4 ans, cette moyenne est stable, ce qui confirme l’efficacité des travaux de défluoration mis en œuvre par les industriels sur leurs unités de production (travaux achevés en 2002). Ainsi, avec 92% des valeurs inférieures à 0,5 μg/m3, les concentrations relevées restent souvent très faibles.

La valeur moyenne annuelle de 1 μg/m3 recommandée par l’O.M.S. est très largement respectée.

Ponctuellement, il a pu être observé quelques pics de pollution dus à des incidents techniques signalés par les industriels en 2004 et 2006.

  •  Fiches Santé-Environnement
  •  Voir sur l'Environnement en Poitou-Charentes : les éléments de Contexte régional associés
  •  Pour aller plus loin
  • Dioxyde de soufre : Le SO2 est un marqueur traditionnel de la pollution d’origine industrielle, il provient de la combustion des fiouls, des charbons et du gazole contenant des impuretés soufrées. En brûlant, ces combustibles libèrent du soufre qui se combine avec de l’oxygène de l’air pour former du SO2.
  • Oxydes d’azote : Monoxyde d’azote (NO), dioxyde d’azote (NO2), protoxyde d’azote (N2O). Certains de ces composés sont formés à haute température dans des réactions entre l’azote et l’oxygène de l’air, qui sont favorisées par les hautes températures atteintes au cours de la combustion des combustibles fossiles. Ils sont principalement émis par les véhicules automobiles, les installations de combustion et certains types d’industries. L’émission de ces gaz constitue une pollution importante, à l’origine, notamment, des pluies acides (via l’acide nitrique). Ils contribuent à la formation d’ozone dans la troposphère. Au niveau de la stratosphère, en revanche, leur présence participe à la destruction de la couche d’ozone. La plupart des oxydes d’azote sont gazeux à température ordinaire. Les sources naturelles sont, à l’échelle planétaire, les orages, les éruptions volcaniques et les activités bactériennes qui produisent de très grandes quantités d’oxydes d’azote. Toutefois, en raison de la répartition de ces émissions sur la surface terrestre, les concentrations atmosphériques naturelles d’oxydes d’azote demeurent très faibles par comparaison aux sources relatives à l’industrie humaine.
  • Azote : Numéro atomique 7. L’azote est un constituant de l’atmosphère (75% de l’air que nous respirons est composé d’azote) et de la croûte terrestre. L’azote sous sa forme ammoniacale est un nutriment pour les végétaux. L’azote peut se trouver sous différentes formes (nitrate NO3-, nitrite NO2-, ammoniac NH4+).
  • Indice ATMO : Girafe atmo Il caractérise la pollution atmosphérique moyenne d’une agglomération urbaine. Il est représenté par une "girafe" qui, par son humeur (joyeuse ou coléreuse) et son indice associé, varie de 1 (très bon) à 10 (très mauvais) et définit la qualité de l’air. Cet indice publié quotidiennement sur Internet http://www.atmo-poitou-charentes.org et dans les médias locaux et nationaux, est fondé sur 4 polluants : le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote, l’ozone, et les poussières.
  • Monoxyde de carbone, CO : Gaz incolore et inodore, peu soluble dans l’eau, très toxique (il bloque le site de l’oxygène dans l’hémoglobine provoquant ainsi l’asphyxie). Il provient de la combustion incomplète des combustibles et carburants. Il constitue un bon indicateur d’exposition à la circulation automobile.
  • Ozone :

    Gaz bleu, odorant et toxique. Polluant secondaire, c’est à dire qu’il n’est pas rejeté directement dans l’air, mais qu’il résulte de la transformation par réaction chimique des gaz précurseurs d’origine automobile et industrielle (NOx, hydrocarbures et CO) initiés par les rayons ultraviolets émis par le soleil. Polluant de la troposphère. Sa concentration a crû de manière significative dans les cinquante dernières années. Dans la stratosphère, l’ozone est formé par dissociation de l’oxygène sous l’effet des rayons ultraviolets du rayonnement solaire. La destruction de la couche d’ozone stratosphérique est liée à la pollution atmosphérique.

    NO2 + O2 → NO + O3

  • Poussières, particules : Les poussières sont émises par les installations de combustion, certaines activités industrielles (engrais, cimenteries, incinération de déchets…) et par les véhicules (moteurs diesel).
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