L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
Les enjeux
Air

Liens avec des enjeux économiques et sociaux

Thème Air ambiant - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 11/10/2006

Agriculture

Région du Tuffeau
Région du Tuffeau

A proximité de certains sites générateurs de pollution (site industriel, grosse infrastructure routière), on peut observer des baisses de rendements des terres agricoles. Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000 De plus, le réchauffement climatique peut impliquer dans l’avenir des modifications de pratiques de production : ajustement des calendriers des cultures et techniques culturales (fertilisation, irrigation,…), prise en compte de l’émergence de ravageurs….

Source : Le climat change, la nature et l’agriculture aussi ! Quels impacts ? Quelles adaptations ? INRA Février 2003
Une typologie simplifiée peut caractériser l’agriculture en région : la Charente pour la vigne et l’élevage, la Charente-Maritime pour la vigne et les cultures, les Deux-Sèvres pour l’élevage et la Vienne pour les cultures et l’élevage. Les céréales sont très présentes en Vienne et en Charente-Maritime. En Deux-Sèvres, un espace important est consacré aux prairies et aux fourrages annuels pour l’alimentation des élevages. En 2000, 65500 personnes travaillent régulièrement dans les exploitations en région.
Source : TEPC 2002-2003 - INSEE

Industrie – Recherche

En 2003, près de 2 milliards d’euros ont été consacrés au niveau français à la protection de l’air. Si l’effort consenti par les industriels se stabilise, les dépenses liées aux activités de transport progressent fortement. Il s’agit de mesures visant à réduire les émissions polluantes : remplacement de pots catalytiques sur les véhicules, contrôle de la carburation, consommation de biocarburants.

Source : Ifen, Ministère de l’Écologie et du Développement Durable, juin 2005. L’économie de l’environnement en 2003.

Par ailleurs, le respect de la réglementation représente en général un coût pour les entreprises et le développement des démarches de type management environnemental (norme ISO 14001, référentiel Eco Audit) les amène à étudier les dispositifs préventifs (méthode de fabrication ou procédé industriel innovant et performant). Ce qui leur permet notamment de minimiser les impacts de leurs activités sur l’environnement, de prévenir les incidents et de fixer un plan d’action pour améliorer leurs performances environnementales. De plus, l’introduction d’une technologie propre présente des intérêts en matière d’environnement et en matière de coûts de production : la réduction des entrants et/ou des sortants permet des économies. Il apparaît donc plus intéressant d’investir dans une technologie propre que dans des équipements de dépollution avals. L’écoconception complète les approches précitées car elle prend en compte l’ensemble des impacts environnementaux de toutes les étapes du cycle de vie d’un produit.

En région, les investissements industriels spécifiques pour lutter contre la pollution de l’air sont passés de 3,6 millions d’euros en 2001 à 3,8 en 2002 puis à 2,2 en 2003 et à 2,6 en 2004. Il s’agit d’installations et d’équipements de lutte contre les substances polluantes rejetées dans l’air (particules, gaz et solvants, …), et d’équipements de réduction de gaz à effets de serre (pompes et compresseurs, filtres, procédées de lavage, analyseurs de poussières,…).
Sources : Enquête ANTIPOL, Ministère de l’Industrie (SESSI) et Ministère de l’Agriculture (SCEES) in Cédérom EIDER, Ifen

« De plus, depuis plus de 10 ans, les technologies propres jouent un rôle de plus en plus important dans la diminution de la charge polluante des rejets industriels observée (pour 65% en pollution toxique dans les secteurs de la chimie et du travail des métaux et pour 50 à 80% en pollution organique dans l’ensemble des secteurs de l’agroalimentaire). La diminution des pollutions émises, alliée à des investissements faibles et productifs, donne un bilan coût-avantage globalement favorable avec un temps de retour des investissements de l’ordre de 3 à 5 ans ». En Charente, 34 entreprises sont certifiées ISO 14001 contre 31 en Charente-Maritime, 26 dans la Vienne et 14 en Deux-Sèvres en 2005. Elles appartiennent principalement aux secteurs agro-alimentaire, électrique et automobile.

Source : APCEDE,ADEME Poitou-Charentes

Par ailleurs, dans le secteur des transports, de nombreuses recherches sont menées sur l’amélioration des motorisations classiques et sur de nouveaux modes de motorisations moins polluants : électriques, hydrogène, GNV, moteurs hybrides. Un des acteurs régionaux est le Centre d’Etudes et de REcherches sur les Véhicules Electriques et Hybrides. Basé à Poitiers, « il facilite les projets, en permettant la mise en relation des partenaires adéquats, la recherche et l’obtention des financements. Son rôle est de fédérer les initiatives en matière de véhicules électriques et hybrides, de créer des consortiums autour de projets innovants ». De plus, dans le cadre de la politique industrielle engagée par le Gouvernement, dont le développement des pôles de compétitivité est un élément central, un pôle a été labellisé en Poitou-Charentes. Il s’agit du Pôle Mobilité et Transports avancés qui travaille sur les équipements automobiles permettant la fabrication de véhicules innovants. Il rassemble le CNRS, l’université de Poitiers ainsi qu’une quarantaine d’entreprises de la filière automobile et se propose de mettre sur pied localement un site d’expérimentation, de développement et de qualification concernant les projets actuels ou futurs de systèmes de transport avancés (véhicules urbains, véhicules spéciaux et véhicules de manutention).

Sources : Note de conjoncture n°40 - Troisième trimestre 2005 – Ob servatoire Régional des Transports Poitou-Charentes, Cahier industries - N°107 – septembre 2005
– Pour en savoir plus : http://www.cereveh.org et Les pôles de compétitivité en France et ORT

Sylviculture

La Marche Boisée
La Marche Boisée

Un suivi phytosanitaire des forêts est assuré depuis 1990 en région depuis l’apparition de dépérissements forestiers. Seul le dépérissement des pins maritimes sur le littoral peut être assimilé à une pollution due à un apport massif de chlorure de sodium au niveau racinaire (pluie). Ceci dit, les tempêtes ont eu un impact sur les feuilles de certains feuillus (peupliers, noisetiers…) à plusieurs kilomètres de la côte du fait des embruns. Par ailleurs, les chênaies ont connu un fort dépérissement dès 1995 et en particulier le chêne pédonculé, du aux émissions de NH3. La sécheresse constitue un facteur déclenchant des dépérissements sur les chênes et les résineux, en dehors du dépérissement du pin maritime localisé sur le littoral. L’ozone joue également un rôle important dans ce dépérissement. Ce qui a des conséquences sur l’activité de production de bois.

Source : Préfecture de région - - Plan régional sur la Qualité de l’air en Poitou-Charentes – 2001.

Par ailleurs, les scientifiques précisent que le réchauffement climatique va engendrer des bouleversements profonds des régimes hydriques et la photosynthèse, qui s’effectue en présence de soleil et d’une quantité suffisante d’eau, va perdre beaucoup de son dynamisme en cas de sécheresse… Plusieurs conséquences sont ainsi avancées dont la diminution de la transpiration des feuilles, l’augmentation de la croissance de certaines essences et donc croissance de la productivité générale. Cependant cette élévation des températures entraînerait également une augmentation de l’acidification des sols dûe à la stimulation de la photosynthèse et la minéralisation accrue de la matière organique pourrait se traduire par une diminution des réserves d’azote organique et une baisse de la productivité. Les essences principalement affectées seraient le douglas, les chênes pédonculé et sessile, le hêtre et l’épicéa, le sapin pectiné. Les chênes pubescent et vert, les pins noir, sylvestre, maritime et d’Alep ainsi que le cèdre…seraient légèrement favorisés. Ce qui aurait pour conséquence d’affecter notre ou nos sylvicultures. Ainsi en 2003, les sécheresses répétées ont entraîné une diminution de la photosynthèse, ce qui a remis en cause les possibilités notamment forestières de stockage du carbone et a provoqué non pas une augmentation mais une diminution observée de la croissance des végétaux de l’ordre de 20 à 30%.

Source : Alain PERSUY, CRPF Poitou-Charentes
La forêt régionale couvre 382 000 ha et est composée pour les ¾ de feuillus. Les feuillus sont surtout présents en Charente et Vienne, les conifères en Charente-Maritime. Après une croissance des récoltes en 2000 et 2001 due à la tempête de 1999, celles de 2002 baissent sans atteindre leur niveau antérieur. La production de bois rond en 2002 se répartit entre la Charente pour 35%, la Charente-Maritime pour 31% et 17% pour les Deux-Sèvres et la Vienne.
Source : Agreste - EXF-SRI 2002 - Annuaire de statistique agricole 2004

Santé

L’exposition de la population à la pollution de l’air à l’extérieur et surtout à l’intérieur des bâtiments est inévitable et variable dans le temps et l’espace. Cependant, elle concerne plus particulièrement les personnes vivant en milieu urbain ou proches de sites industriels. Les plus sensibles à ces pollutions sont les enfants dont le système respiratoire se développe jusqu’à l’âge de sept ans, les personnes âgées et les personnes souffrant de pathologies préexistantes (respiratoires et cardiaques). Les polluants peuvent agir au niveau de la peau, des muqueuses et des alvéoles pulmonaires. Ils se dissolvent et passent dans le sang ou dans les liquides superficiels, au niveau des organes et certains toxiques véhiculés par le sang peuvent s’accumuler dans des organes. Leurs effets peuvent être immédiats, à brève échéance ou à long terme, constatés après une exposition chronique, à des concentrations qui peuvent être très faibles.

En France, en 1996, près de 32 000 décès prématurés étaient attribuables à une exposition à long terme à la pollution atmosphérique particulaire toute origine confondue (dont 18 000 liés à la pollution d’origine automobile). La pollution due aux transports routiers serait ainsi responsable de 25 000 nouveaux cas de bronchite chronique chaque année parmi les adultes, de 500 000 attaques asthmatiques et de 16 millions de cas d’incapacité journalière. Les pertes de ressources liées aux 32 000 décès prématurés estimés et les dépenses de santé entraînées par la morbidité ont été évaluées à 5,6 milliards d’euros par an. D’après l’OMS (Organisation mondiale de la santé), 9 à 17 % des cancers du poumon seraient directement imputables au radon dans les régions où son activité dans les maisons atteint 100 Bq/m3. De plus, la qualité de l’air et le confinement à l’intérieur des bâtiments sont fortement suspectés devant l’augmentation constante des allergies respiratoires et de l’asthme au cours des vingt dernières années. L’augmentation inquiétante du nombre de cancers, chez les enfants notamment, pose également un certain nombre de questions sur l’utilisation de nombre de produits de consommation courante qui contribuent à émettre dans les ambiances intérieures des polluants tels que des éthers de glycol (peintures sans odeurs, …), des pesticides (produits anti-moustiques, d’entretien ou de nettoyage ou dans l’alimentation), des phtalates (plastiques) ou des composés bromés (utilisés comme retardateurs de flamme dans toutes les mousses par exemple). Bien que généralement présents en très faible concentration dans l’air, la persistance de ces composés dans l’environnement comme dans le corps humain, pose légitimement la question de leur toxicité chronique.

Sources : étude de l’OMS in Panorama de la santé en Poitou-Charentes - Août 2005, OMS et radon in Air Quality Guidelines for Europe, second edition, WHO Regional Publications, European series, n°91
Une étude réalisée par la Cellule Inter-Régionale d’Epidémiologie a permis de mesurer l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur l’agglomération de La Rochelle. Ses conclusions sont similaires à d’autres études :
  • un impact sanitaire confirmé même pour des niveaux modérés de pollution (ordres de grandeur annuel : 16 décès anticipés, 25 hospitalisations liées aux effets à court terme, 32 décès prématurés liés aux effets à long terme) ;
  • une absence de niveau seuil collectif en deçà duquel des effets sanitaires ne seraient plus observables ;
  • un rôle limité des quelques jours de pics de pollution sur l’impact sanitaire annuel : au contraire, c’est par la réduction générale, tout au long de l’année, des niveaux moyens de pollution que l’on obtient les meilleurs bénéfices en terme de santé publique ;
  • un risque sanitaire individuel faible mais un impact collectif non négligeable car l’exposition concerne l’ensemble de la population.
Source : ARHCRESDRASSIAAT – INSEE – ORS - URCAM - Panorama de la santé en Poitou-Charentes – Août 2005

Suite à l’évaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique réalisée sur les agglomérations d’Angoulême, Poitiers et Niort, il est ressorti que les nombres d’hospitalisations pour motif cardio-vasculaire et respiratoire attribuables à la pollution s’élèvent à 19 cas à Angoulême, 11 à Niort et 19 à Poitiers concernant l’impact sanitaire à court terme. Concernant les effets à long terme, l’impact est évalué à 25 décès à Angoulême, 19 à Niort et 23 à Poitiers. Cette étude montre notamment que les effets sanitaires apparaissent à des niveaux de pollution inférieurs à ceux pour lesquels les mesures sont prises actuellement et que les actions les plus efficaces seraient donc celles qui associeraient une réduction des émissions à la source de façon quotidienne à une diminution du nombre de pics de pollution. A noter que l’impact sanitaire à court terme de la pollution atmosphérique a été calculé en terme de morbidité (admissions hospitalières en 2001 et 2002) et de mortalité anticipée (pour les années 1999 et 2000). Les effets à long terme ont également été estimés.

Source : Evaluation de l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique urbaine - Agglomérations d’Angoulême, Niort et Poitiers - Impact à court et long terme, Institut de veille sanitaire, Poitou-Charentes, CIRE centre ouest, 28 avril 2005, 40 pages.

Par ailleurs, en 1998, la population asthmatique du Poitou-Charentes était estimée à 95 000 personnes. 20 à 30% de la population serait concernée par des allergies et 10 à 20 % le serait par une allergie aux pollens et ce chiffre est en augmentation régulière depuis 20 ans (doublement des maladies allergiques).

Source : ARH – CRES – DRASS – IAAT – INSEE – ORS - URCAM - Panorama de la santé en Poitou-Charentes – Août 2005

Bâtiment

Poitiers-Chatelleraut
Poitiers-Chatelleraut

A noter que 80 % des attaques sur les matériaux de construction sont dues aux chlorures (embruns en zone littorale, sel de déverglacage l’hiver, chlorures transportés par la pluie à des centaines de km…) et aux carbonates.

Source : Laboratoire d’Etudes des Phénomènes de Transfert Appliqués au Bâtiment, Université de La Rochelle, LEPTAB.

Les matériaux sont également affectés par la pollution acide (dépôts secs) qui entraîne une dégradation des édifices, monuments ou façades d’immeubles (abrasion, salissures, corrosion). Ces pluies acides participent à la décomposition de certaines pierres calcaires et les façades en verre s’opacifient. Les poussières issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers provoquent quant à elles le noircissement et l’encroûtement des bâtiments. L’ozone peut entraîner une dégradation des couleur et une altération du caoutchouc. Toutes ces dégradations de bâtiments entraînent des coûts de restauration et d’entretien non négligeables.

Source : Préfecture de région - DRIRE - Plan régional sur la Qualité de l’air en Poitou-Charentes – 2001 - Pour en savoir plus : LEPTAB
En Poitou-Charentes, la richesse du patrimoine religieux est largement dominée par l’art roman. Les quelques 600 monuments qui jalonnent la région sont autant de témoins d’une architecture née au Xe siècle sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle…
Source : Comité Régional du Tourisme

  • Azote : Numéro atomique 7. L’azote est un constituant de l’atmosphère (75% de l’air que nous respirons est composé d’azote) et de la croûte terrestre. L’azote sous sa forme ammoniacale est un nutriment pour les végétaux. L’azote peut se trouver sous différentes formes (nitrate NO3-, nitrite NO2-, ammoniac NH4+).
  • Ozone :

    Gaz bleu, odorant et toxique. Polluant secondaire, c’est à dire qu’il n’est pas rejeté directement dans l’air, mais qu’il résulte de la transformation par réaction chimique des gaz précurseurs d’origine automobile et industrielle (NOx, hydrocarbures et CO) initiés par les rayons ultraviolets émis par le soleil. Polluant de la troposphère. Sa concentration a crû de manière significative dans les cinquante dernières années. Dans la stratosphère, l’ozone est formé par dissociation de l’oxygène sous l’effet des rayons ultraviolets du rayonnement solaire. La destruction de la couche d’ozone stratosphérique est liée à la pollution atmosphérique.

    NO2 + O2 → NO + O3

  • Poussières, particules : Les poussières sont émises par les installations de combustion, certaines activités industrielles (engrais, cimenteries, incinération de déchets…) et par les véhicules (moteurs diesel).
Publications | Plan du site | Mentions légales | Cadenas fermé