L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
Les enjeux
Bruit

Liens avec des enjeux économiques et sociaux

Thème Bruit - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 01/12/2006

Santé

Les impacts sanitaires de l’exposition au bruit comprennent l’impact sur l’audition (fatigue auditive et perte d’audition, dommage irréversible), les effets « extra-auditifs » (effets sur le sommeil, la sphère végétative, le système endocrinien, immunitaire et sur la santé mentale), les effets subjectifs (gêne due au bruit, effets du bruit sur les attitudes et le comportement, sur les performances et l’intelligibilité de la parole). Les effets liés aux expositions cumulées du bruit et aux expositions combinées au bruit et à d’autres sources de nuisances (bruit et chaleur, bruit et agents ototoxiques) demeurent mal connus.

De manière plus générale, les scientifiques commencent à s’interroger sur les effets physiologiques et psychologiques que peut entraîner une exposition de longue durée à un environnement bruyant : stress, réduction des performances intellectuelles, diminution de la productivité,... Cependant, la liste des facteurs de stress est longue, en particulier en milieu urbain, et il est encore malaisé d’isoler les effets de l’exposition au bruit des autres aspects du mode de vie. Les coûts économiques des impacts sanitaires du bruit comprennent le coût des réductions, voire des suppressions de bruit, jusqu’au coût des traitements médicamenteux pouvant être associés à une exposition au bruit.

Source : Impact sanitaire du bruit – Etat des lieux – Indicateurs bruit-santé, nov.2004, Agence française de sécurité sanitaire environnementale.

En région, suite à une étude d’impact permettant de mieux identifier le rapport de plus de 900 lycéens avec les musiques amplifiées, il est apparu que tous les jeunes ayant participé à cette étude écoutaient de la musique quotidiennement, en moyenne 2h30 par jour. 25 % écoutaient de la musique à fort volume, 31% à moyen volume, et 41% adaptaient en fonction du style de musique. La plupart (92%) des lycéens était déjà allée en discothèque, à un concert, ou à une soirée techno. Lorsqu’une gêne liée au volume sonore était ressentie, faire une pause ou s’éloigner des hauts parleurs étaient les attitudes les plus courantes. Mais certains restaient, et aucun n’utilisait de bouchons d’oreille.
Source : Evaluation du programme de sensibilisation aux risques auditifs liés à l’écoute et à la pratique de musiques amplifiées. ORS Poitou-Charentes - Avril 2003

En 2004, 48 522 personnes ont été exposées au bruit dans le milieu du travail au niveau régional, 34 déclarations de maladies professionnelles concernant le bruit ont été déposées et 20 ont été reconnues comme maladies professionnelles dont plus de la moitié a perdu 50% d’audition.

Infrastructure - Urbanisme - Habitat

Poitiers-Chatelleraut.
Poitiers-Chatelleraut.

Pour améliorer le confort sonore des habitants, la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA) fixe, depuis janvier 1996, les caractéristiques minimales d’acoustique applicables à la construction des bâtiments d’habitation nouveaux, aux surélévations des bâtiments anciens, ainsi qu’aux additions à de tels bâtiments. Traduite en "langage européen", cette NRA a fait l’objet de deux arrêtés du 30/06/1999, applicables depuis le 01/01/2000 ; un arrêté fixe les exigences, l’autre donne les conditions de mesures et d’interprétation des résultats.

Cette réglementation fixe des valeurs minimales d’isolement acoustique d’un appartement à l’autre dans un même immeuble et des valeurs maximales de niveau de bruit d’équipement (chauffage, ventilation …). Elle impose aussi une quantité minimale de matériaux absorbant pour les couloirs, escaliers… De plus, la NRA introduit également, comme nouveauté, un isolement minimum de 30 dB(A) contre les bruits extérieurs. L’atténuation minimale de 30 dB(A) pour les façades exposées à une route ou une voie ferrée ne concerne pas les voies classées (classement préfectoral fonction du débit moyen de véhicules). Pour ces dernières, ce niveau peut être porté à 35, voire 45 dB(A).

Source : Centre d’Information et de Documentation sur le Bruit

Le classement sonore des infrastructures de transports terrestres constitue un dispositif réglementaire préventif qui se traduit par la classification du réseau de transports terrestres en tronçons auxquels sont affectées une catégorie sonore, ainsi que par la délimitation de secteurs dits « affectés par le bruit », dans lesquels les futurs bâtiments sensibles au bruit devront présenter une isolation acoustique renforcée. Arrêtées et publiées par les préfets de département, ces informations doivent être reportées par la collectivité locale dans les annexes informatives du Plan Local d’Urbanisme (PLU). Ce classement sonore des infrastructures de transports terrestres n’est donc ni une servitude, ni un règlement d’urbanisme, mais une obligation fixant les performances acoustiques minimales que les futures constructions devront respecter.

De même, si une future construction se situe dans un Plan d’Exposition au Bruit (PEB), elle doit respecter un isolement acoustique de façade en fonction de la zone (A, B, C ou D) dans laquelle elle se trouve. Le PEB est repris dans le PLU.

Sources : La prévention du bruit des infrastructures – le classement sonore des transports terrestres – MEDD, DPPR, Mission Bruit, oct 2005
Une fois le classement des voies bruyantes réalisé au niveau régional, il s’agira de l’actualiser tous les 5 ans. De plus, dans chaque département, un observatoire du bruit est en cours de constitution et de définition ; il aboutira à la mise en évidence des points noirs bruit pour lesquels des propositions de résorption seront analysées. La priorité régionale concerne les Zones Urbaines Sensibles. En région, 7 Plans d’Exposition au Bruit ont été approuvés. Fin 2006, 2 PEB seront révisés et début 2007, 3 nouveaux PEB devraient être définis.
Sources : Direction de l’Aviation Civile Sud-Ouest, Délégation territoriale Poitou-Charentes et DDE

Industrie – Recherche

Les actions contre le bruit vont des mesures intégrées aux programmes urbains et à la gestion du trafic, aux traitements pour diminuer la transmission du bruit (écrans antibruit, isolation phonique des logements…), en passant par la prévention à la source (atténuation du bruit des moteurs, par exemple). Les dépenses liées aux transports terrestres se concentrent aujourd’hui sur la réduction de la transmission du bruit : chaussées drainantes moins bruyantes, installations antibruit le long des axes routiers et ferroviaires… Celles du secteur industriel s’attachent au choix d’équipements et d’installations intégrés pour limiter et absorber le bruit et les vibrations.

En région, les investissements industriels spécifiques pour lutter contre le bruit sont passés de 150 000 euros en 2001 à 420 000 euros en 2003. Il s’agit d’équipements visant à réduire le bruit et les vibrations pour le voisinage (mur antibruit, sonomètres, …). Sont exclus toutes les mesures visant à protéger uniquement le personnel.
Sources : Enquête ANTIPOL, Ministère de l’Industrie (SESSI) et Ministère de l’Agriculture (SCEES) in Cédérom EIDER, Ifen

Par ailleurs, conformément à l’annonce faite lors du lancement du programme « Véhicules propres », la recherche de l’État sur le bruit s’est portée au niveau national à 5,6 millions d’euros en 2004, contre 4,8 millions d’euros prévus.

Source : Ifen, Ministère de l’Écologie et du Développement durable, juin 2005. L’économie de l’environnement en 2003

Dans le secteur des transports, de nombreuses recherches sont menées sur l’amélioration des motorisations classiques et sur de nouveaux modes de motorisations moins polluants : électriques, hydrogène, GNV, moteurs hybrides. Ainsi, les véhicules hybrides (VH) couplant un moteur thermique et un moteur électrique ont notamment comme avantage de réduire la consommation de carburant, les pollutions chimiques et sonores en usage urbain. Un des acteurs régionaux est le Centre d’Etudes et de REcherches sur les Véhicules Electriques et Hybrides. Basé à Poitiers, « il facilite les projets, en permettant la mise en relation des partenaires adéquats, la recherche et l’obtention des financements. Son rôle est de fédérer les initiatives en matière de véhicules électriques et hybrides, de créer des consortiums autour de projets innovants ». De plus, dans le cadre de la politique industrielle engagée par le Gouvernement, dont le développement des pôles de compétitivité est un élément central, un pôle a été labellisé en Poitou-Charentes. Il s’agit du Pôle Mobilité et Transports avancés qui travaille sur les équipements automobiles permettant la fabrication de véhicules innovants. Il rassemble le CNRS, l’université de Poitiers ainsi qu’une quarantaine d’entreprises de la filière automobile et se propose de mettre sur pied localement un site d’expérimentation, de développement et de qualification concernant les projets actuels ou futurs de systèmes de transport avancés (véhicules urbains, véhicules spéciaux et véhicules de manutention)

Sources : Note de conjoncture n°40 - Troisième trimestre 2005 – Observatoire Régional des Transports Poitou-Charentes, Cahier industries - N°107 – septembre 2005

Emplois

En 2003, les emplois liés à l’environnement sont estimés en France à 365 700. La moitié de ces emplois concerne la gestion des eaux usées (91 700) et des déchets (82 100). Le bruit totalise 11 000 emplois dont 9 000 dans les travaux publics et la construction et 2 000 dans la fabrication d’équipement. De plus, les deux tiers des emplois environnementaux émanent des entreprises et notamment des éco-industries (activités qui produisent des biens et services destinés à mesurer, prévenir, limiter les atteintes à la qualité de l’eau, de l’air et des sols, ainsi que les nuisances relatives aux déchets et au bruit). Les autres emplois dans les entreprises se rapportent aux services d’environnement en interne et à la construction d’équipements non spécifiquement environnementaux. Le secteur public offre le tiers des emplois restants, dont 42% dans la gestion des pollutions, 33% dans la gestion de l’eau, de la nature et du cadre de vie et 25% dans les activités transversales.

Source : Ifen (Orme), rapport de la Commission des comptes et de l’économie de l’environnement, 2005
  •  Pour aller plus loin
  • Isolation acoustique : Ensemble des procédés mis en œuvre pour empêcher le bruit de se propager d’un endroit à un autre.
  • Acoustique : Science qui traite du son et du bruit, y compris sa production, sa transmission et ses effets.
  • Bruits, Bruit : Phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme désagréable.
  • Classement sonore : Démarche réglementaire prise en application de l’article L. 571-10 du code de l’environnement, détaillée par le décret n° 95-21 du 9 janvier 1995 et l’arrêté du 30 mai 1996. Elle conduit au classement par le préfet de département des infrastructures de transport terrestre en 5 catégories selon leur niveau d’émission et à la définition de secteurs affectés par le bruit. Des règles portant sur l’isolement acoustique des bâtiments nouveaux sont fixées dans ces secteurs en fonction du classement.
Publications | Plan du site | Mentions légales | Cadenas fermé