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Thème Déchets - Edition 2016
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Dernière mise à jour : 12/10/2006

Les déchets, tant par la nature de leurs composants que par les quantités produites et leur mode de traitement, représentent une lourde pression notamment sur l’eau, les sols, l’air et le patrimoine naturel.

Sol / Eau

Le Tallud Copyright René SEIGNE.
Le Tallud Copyright René SEIGNE.

Dans une installation de stockage des déchets, le principe général de l’enfouissement consiste à stocker les déchets, en supprimant leur contact direct avec le sol, à récupérer les jus polluants et, au-dessus, le biogaz issu de la fermentation. La réglementation limitant les rejets à l’atmosphère ou dans les eaux est susceptible d’éviter les expositions à de fortes doses, même pendant une courte durée. Ainsi, sauf dysfonctionnement, les rejets d’une installation qui respecte les règles d’exploitation fixées par les textes réglementaires sont faiblement concentrés en toxiques majeurs. En cas contraire, des rejets liquides peuvent apparaître lors de la transformation des déchets et sans traitement adéquat, ces lixiviats finissent par polluer le sol (par percolation au travers), les nappes phréatiques ainsi que les cours d’eau. Toutes les décharges, en l’absence d’étanchéité naturelle ou artificielle du fond de dépôt, sont soumises à ce risque.

Par ailleurs, les dioxines, émises notamment par les UIOM, se déposent directement sur le sol, en grande partie sous forme fixée aux particules et sont retrouvées généralement dans les 10 premiers centimètres de profondeur des sols cultivés ou pâturés. Leurs concentrations dans les sols reflètent une contamination à long terme. Elles pénètrent également les systèmes aquatiques par les dépôts atmosphériques, l’érosion par les eaux des sols pollués et les rejets aqueux des industries utilisant le chlore. Cependant, leurs niveaux de concentration dans l’eau sont généralement très faibles.

Sources : Rapport thématique Assises de l’eau 2002 : pollutions diffuses liées à la pollution et à l’élimination des déchets / 65 questions réponses sur les incinérateurs et les dioxines - Institut de veille sanitaire - Agence française de sécurité sanitaire des aliments - mars 2005 / Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement - Guide pour l’évaluation du risque sanitaire dans le cadre de l’étude d’impact d’une installation de stockage de déchets ménagers et assimilés, février 2005
« A l’intérieur des décharges, la fraction organique des déchets se décompose selon des mécanismes complexes de fermentation. Cette évolution, qui peut durer des décennies (30 à 50 ans), est due à la percolation à travers les déchets, de l’eau qui se charge de substances minérales et organiques. Les volumes de lixiviat formés à la suite de cette dégradation sont difficiles à quantifier. Cependant, le volume de lixiviat produit par une décharge peut être estimé à 1500 m3/ha/an ».
Cf. Enjeux « Eaux continentales » et thématique « Eaux continentales ».

En région, il existe en 2004, 11 centres de stockage ouverts d’une capacité supérieure à 3000 tonnes par an et 7 UIOM. En 2002, plusieurs installations de stockage de déchets ménagers et assimilés ont cessé leur exploitation en région car elles ne respectaient pas les nouvelles normes réglementaires nationales.

Sources : APCEDE – ORD et DRIRE - Bilan 2003 - La prévention des pollutions et des risques industriels en Poitou-Charentes

Air

En 5ième position derrière les secteurs : agriculture, transports, industrie et résidentiel-tertiaire, le secteur de traitement des déchets participe aux émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) dans la mesure où le traitement des déchets est principalement source de méthane. Sa participation au Réchauffement Global s’établit à 1 118 113 tonnes équivalents CO2. A noter que la moitié du méthane produit par les décharges est brûlé sur des torchères qui permettent de le transformer en CO2, dont le Pouvoir de Réchauffement Global est 21 fois moindre que celui du méthane.

Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000.
Pour en savoir plus : Cf. Enjeux "Air"

Dans une installation de stockage des déchets ménagers et assimilés, le biogaz produit doit être collecté par un réseau de canalisations de captage traversant le massif de déchets. Une partie des gaz formés peut parfois échapper au système de captage et entraîner une pollution diffuse. De plus, les opérations de déversement de déchets, au quai de rupture ou sur la plate-forme d’accueil puis au niveau des alvéoles, génèrent des émissions dans l’air ambiant de poussières et de gaz composés d’agents dangereux comme certains COV ou des bactéries et des microchampignons.

Source : ASTEE – Ademe – FNADE - Guide pour l’évaluation du risque sanitaire dans le cadre de l’étude d’impact d’une installation de stockage de déchets ménagers et assimiles, fév.2005.

Les usines d’incinération quant à elles produisent la majeure partie du HCl et des dioxines. Les fumées d’incinération contiennent également des poussières et potentiellement des furannes, du SO2, des NOx ou encore des COV.

Source : La prévention des pollutions et des risques industriels en Poitou-Charentes – Bilan 2003 – DRIRE Poitou-Charentes.

Enfin, dans les installations de compostage, le traitement est basé sur des fermentations contrôlées agissant en présence d’air. Elle peut être accélérée par aération forcée. L’activité microbienne s’accompagne alors d’une élévation de température qui génère des bioaérosols. De plus, les microorganismes présents dans le compost sont susceptibles de s’aérosoliser lors de la manipulation du produit par exemple.

Source : Etude bibliographique sur l’évaluation des risques lies aux bioaérosols générés par le compostage des déchets, ADEME - CAREPS, fév. 2002.
En 2004, la région compte 11 centres de stockage, 7 usines d’incinération et 20 installations de compostage. Le fonctionnement de 3 IUOM de Charente-Maritime a été suspendu par le Préfet à partir de fin 2002 pour non-conformité aux normes applicables à ce type d’unités en particulier en ce qui concerne les rejets atmosphériques, elles ont repris leur fonctionnement fin 2003. En région, les principaux centres d’enfouissement techniques sont équipés d’un dispositif de captage et de traitement du biogaz .
Sources : APCEDE – ORD et DRIRE - Bilan 2004 - La prévention des pollutions et des risques industriels en Poitou-Charentes.
Cf. Enjeux "Air"

Patrimoine naturel / Paysages / Bruit

Décharge sauvage Copyright Thierry DEGEN - DIREN Poitou-Charentes
Décharge sauvage Copyright Thierry DEGEN - DIREN Poitou-Charentes

Les dépôts sauvages de déchets ainsi que les emballages et sacs plastiques abandonnés en pleine nature constituent à la fois une pollution visuelle et une dégradation des sites et paysages. De plus, les déchets envolés ou déposés sans protection qui contiennent une partie organique servent parfois de nourriture à des animaux et peuvent ainsi être à l’origine de la prolifération de rongeurs, d’insectes et d’oiseaux notamment aux alentours des installations de stockage des déchets ménagers et assimilés.

Ces animaux peuvent être vecteurs d’agents pathogènes à l’origine de maladies humaines et sont à l’origine de nuisances psychologiques puisqu’ils sont à l’origine de bruits et sont considérés comme répugnants (rongeurs, mouches…). Par ailleurs, les sacs plastiques représentent un danger immédiat pour certains animaux marins (cétacés, tortues, phoques) qui les confondent avec des proies et parfois meurent étouffés. De plus, les dioxines, émises notamment par les UIOM, se déposent à la surface des feuilles des végétaux, contaminant alors les animaux herbivores. Leurs concentrations dans les végétaux reflètent une contamination de faible antériorité.

Sources : ASTEE – Ademe – FNADE - Guide pour l’évaluation du risque sanitaire dans le cadre de l’étude d’impact d’une installation de stockage de déchets ménagers et assimiles, fév.2005 et La lettre de Sea-River - juillet-août 2004 et du 14 au 20 avril 2003 / 65 questions réponses sur les incinérateurs et les dioxines - Institut de veille sanitaire - Agence française de sécurité sanitaire des aliments - mars 2005
4 millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetés à la mer chaque année. 122 millions de sacs plastiques jonchent en permanence les 4.500 Km de côtes du littoral français.
Source : WWF in La lettre de Sea-River - juillet-août 2004

A noter qu’en région, Valagro a mis au point un matériau biodégradable en milieu naturel (ne nécessitant pas l’étape de collecte sélective pour être acheminé vers un site de compostage) qui permet notamment de produire des sacs biodégradables.

  •  Pour aller plus loin
  • Collecte sélective : Elle consiste à collecter les OM préalablement séparées par les ménages, afin de permettre leur valorisation optimale ou un traitement spécifique. La collecte se fait en porte à porte (utilisation à domicile par les usagers de bacs, caissettes ou sacs ramassés à la porte de leur domicile) ou en apport volontaire (obligation pour les usagers de se déplacer jusqu’à des bornes de collecte).
  • Compostage : Transformation, en présence d’eau et d’oxygène, de déchets organiques par des micro-organismes (champignons microscopiques, bactéries…), des vers de terre, etc. en un produit comparable à l’humus utile en agriculture et en jardinage : le compost. Le compostage peut se pratiquer dans des installations collectives (plates-formes de compostage) ou individuellement dans le jardin (compostage en tas ou en composteur) (ADEME [2], 2000).
  • Décharge : La Directive n°1999/31/CE du Conseil du 26 avril 1999 définit la décharge comme "tout site d’élimination des déchets par dépôt, sur ou dans la terre (c’est à dire en sous-sol), y compris : les décharges internes (c’est à dire les décharges où un producteur de déchets procède lui-même à l’élimination des déchets sur le lieu de production), et un site permanent (c’est à dire pour une durée supérieure à un an) utilisé pour stocker temporairement les déchets."
  • Incinération : Technique d’élimination des déchets ménagers industriels ou hospitaliers (dans des conditions appropriées) qui consiste en leur combustion dans un four adapté aux caractéristiques de ceux-ci.
  • Lixiviats : Eaux qui, par percolation à travers les déchets stockés en décharge, se sont chargées bactériologiquement et chimiquement ; par extension, eaux entrées en contact avec des déchets.
  • Percolation : Circulation de l’eau à travers un milieu poreux. Cette eau se charge en éléments présents dans le milieu.
  • Poussières, particules : Les poussières sont émises par les installations de combustion, certaines activités industrielles (engrais, cimenteries, incinération de déchets…) et par les véhicules (moteurs diesel).
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