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Les variations du régime hydrologique des cours d’eau

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

1.1. Les assecs estivaux

1.1.1. Le suivi ponctuel

1.1.2. Le suivi linéaire

1.1.3. Synthèse des campagnes de prospection de ces 20 dernières années


1.1. Les assecs estivaux

L’ampleur des assecs dépend des conditions climatiques courantes, du degré de remplissage des aquifères, du substrat du cours d’eau et des prélèvements humains.

En période d’étiage, une inversion des flux peut se produire : les rivières et les marais viennent à se vidanger dans les nappes. Ces phénomènes peuvent également s’accompagner d’une remontée du biseau salé dans les zones littorales et d’une contamination des eaux douces par les eaux salines.

En conséquence, les assecs fragilisent les berges, les digues, les maisons et limitent l’accès à l’eau des puits (que ce soit pour les particuliers, les industriels, les agriculteurs). Ils fragilisent la vie du cours d’eau (mortalités piscicoles en été notamment).

En Poitou-Charentes, le développement de l’irrigation agricole et de l’afflux touristique en période estivale, couplé avec le déficit hydrique récurrent exerce une pression quantitative sur la ressource en eau, concentrée sur une période restreinte. Ces facteurs conduisent ainsi à des perturbations parfois importantes sur de nombreux bassins versants de la région venant bouleverser l’équilibre naturel des milieux aquatiques.

La survie des espèces dépendantes de ces milieux aquatiques est régulièrement mise en péril, chaque année, par la survenue d’assecs sur les cours d’eau de la région. Lorsqu’un assec survient sur un cours d’eau, son impact dure plusieurs années. Certains secteurs de Poitou-Charentes ont connu des assecs récurrents au cours des dernières années.

Afin de faire un suivi annuel précis de ces assecs en période estivale, différents acteurs de terrain se mobilisent pour suivre l’état hydraulique des cours d’eau sensibles aux assecs en Poitou-Charentes. Deux grands dispositifs sont recensés en région : l’un traitant le suivi linéaire de l’écoulement des cours d’eau et l’autre réalisant un suivi au point.

Le Clain à Saint Georges les Baillargeaux (Vienne)
Le Clain à Saint Georges les Baillargeaux (Vienne)
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1.1.1. Le suivi ponctuel

1990-2011 : La mise en place du Réseau d’Observation de Crise des Assecs (ROCA) et du Réseau Départemental d’Observation des Ecoulements (R.D.O.E.)

Historiquement, depuis 1990, ce sont les brigades du Conseil Supérieur de la Pêche (C.S.P., devenu ONEMA suite à la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006) qui recensaient chaque été les linéaires de cours d’eau asséchés, quelle que soit l’origine de l’assèchement (assèchement total, rupture d’écoulement, réduction du débit) et les conséquences qui en découlent (eutrophisation, mortalité piscicole).

Ces observations et le développement de l’irrigation ont amené le Conseil Supérieur de la Pêche (C.S.P.) à mettre en place en 2000 un Réseau Départemental d’Observation des Ecoulements (R.D.O.E.), harmonisé selon un protocole identique entre les départements sur la région. La nature des observations est ainsi passée d’un suivi des linéaires de cours d’eau à un suivi en ponctuel. En 2006, environ 342 points étaient répartis sur les cours d’eau de la région : 74 en Charente, 100 en Charente-Maritime, 70 en Deux-Sèvres et 98 en Vienne. Les mesures sont toujours réalisées durant la période d’étiage.

En Poitou-Charentes, certains bassins s’avèrent plus sujets que d’autres aux absences d’écoulement (rupture d’écoulement et assec).

En effet, de 1990 à 2003, la région est marquée par des périodes de pénurie et d’abondance de la ressource en eau dans un contexte d’accroissement des prélèvements. Des années de pluviométrie favorable (1992, 1994, 1997, 2000, 2001, 2002) sont accompagnées de valeurs minimales du pourcentage de l’absence d’écoulement, en 1994 pour la région, en 1992 pour la Charente et la Charente-Maritime, en 2001 et 2002 pour les Deux-Sèvres, et en 2000 pour la Vienne.

Sur cette période, au niveau régional, les années où l’absence d’écoulement est la plus marquée sont 1990, 1991 et 2003, comme en Vienne et en Deux-Sèvres. En Charente-Maritime, 1995 et 1996 sont les années les plus vulnérables et 1999 en Charente.

En 2004, s’est mis en place le réseau d’observation de crise des assecs (ROCA) dans le cadre du plan d’action sécheresse élaboré par le ministère de l’écologie et du développement durable. Il s’agit d’un dispositif départemental d’aide à la gestion des prélèvements en période de crise qui vient compléter les réseaux de mesure et de suivi existants. Sur une trentaine de stations par département, des observations visuelles sur l’écoulement de l’eau et son état écologique sont réalisées. Ces informations permettent de disposer d’un indice départemental rendant compte de l’évolution et de la gravité de la situation.

Entre 2005 et 2010, les bassins sujets aux assecs récurrents sont globalement identiques à ceux identifiés lors du bilan 1990 – 2003. Là encore, les départements les plus touchés sont la Charente-Maritime et les Deux- Sèvres.

L’année 2005 en particulier se caractérise par des absences d’écoulement importantes (60% des stations d’observation des écoulements en août 2005) La quasitotalité des bassins de la région était concernée : ensemble des cours d’eau côtiers et des sources et affluents des bassins tels que le Curé, la Seudre, la Seugne, la Charente amont et aval (Boutonne, Antenne, Aume-Couture, Echelle…), Sèvre Niortaise, Vienne, Clain et Thouet. De plus la sécheresse de 2005 s’est avérée à la fois précoce et persistante : une situation difficile dès le mois de juin et de multiples cours d’eau encore touchés au mois de septembre.

Moins difficile que 2005, l’année 2006 a néanmoins connu un étiage sévère.

Après 2 années favorables (2007 et 2008), 2009 a vu le retour à une situation de souffrance des milieux aquatiques de Poitou-Charentes. La région présente une situation d’étiage marquée dès juin, sans atteindre cependant les niveaux de 2006.

Points de suivi en assec de 2005 à 2010
Points de suivi en assec de 2005 à 2010

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

En lien avec le déficit pluviométrique, 2010 et 2011 s’inscrivent dans la continuité de 2009 avec de nombreux assecs et une situation d’étiage se prolongeant à l’automne. L’année 2011 se singularise des années précédentes du fait de la sécheresse précoce au printemps. Le département le plus touché est une nouvelle fois la Charente-Maritime, suivi des Deux-Sèvres et de la Charente (très impactée à la fin de l’été).

Depuis 2012 : La mise en place d’un nouveau protocole de suivi : l’Observatoire National Des Etiages (ONDE)

Souhaitant mieux harmoniser la collecte des données sur les écoulements à l’échelle nationale, l’ONEMA a décidé de remplacer ces deux anciens réseaux en 2012 (ROCA et RDOE), par un nouvel Observatoire National Des Etiages, le réseau ONDE.

ONDE vise à la fois à constituer un réseau de connaissance stable sur les étiages estivaux des cours d’eau (suivi usuel), mais se veut également être un outil d’aide lors de gestion de crise (suivi de crise) :

  • le suivi usuel (anciennement RDOE) a lieu de mai à septembre avec une fréquence mensuelle (autour du 25 de chaque mois) et définit un indice départemental ONDE qui varie entre 0 (si toutes les stations sont en assec) et 10 (si toutes les stations présentent un écoulement visible). Le calcul de cet indice permet de comparer les campagnes d’observations entre elles.
  • le suivi de crise (anciennement ROCA) est utilisé à des périodes et fréquences de prospection laissées à l’appréciation des acteurs locaux, en fonction de l’état des cours d’eau.
Réseau Départemental d’Observation des Écoulements
Réseau Départemental d’Observation des Écoulements

Pour 2012, la campagne ONDE fait état de 382 points de suivi en Poitou-Charentes. D’avril à juin, la situation est jugée favorable : l’indice ONDE est resté proche de 10 et la quasi-totalité des stations présentaient un « écoulement visible ». On constate par la suite une diminution régulière de la valeur de l’indice ONDE, en juillet, puis en août, où la situation s’est particulièrement dégradée (3/4 des stations sont classées en « écoulement non visible » ou en « assec »). La situation se stabilise en septembre, avec l’apport bénéfique de précipitations, mais reste préoccupante.

En 2013, cinq campagnes ONDE se sont déroulées pour le suivi usuel de mai à septembre. De mai à juin, la situation est très favorable, l’indice ONDE est resté proche de 10 et la quasi-totalité des stations présentaient un « écoulement visible ». On constate par la suite une diminution régulière de la valeur de l’indice ONDE, en juillet, puis en août, où la situation s’est particulièrement dégradée en Charente-Maritime et en Deux-Sèvres. Fin août, 15 % des stations sont classées en « écoulement non visible » ou en « assec » à l’échelle régionale. La situation s’améliore légèrement en septembre avec l’apport bénéfique de précipitations. À fin septembre, la situation demeure favorable comparativement aux années précédentes : environ 9 stations sur 10 présentent un écoulement visible en 2013 (contre seulement 6 sur 10 environ ces dernières années).

De mai à septembre 2013, 17 % des points de suivi ont été au moins une fois en assec ou en rupture d’écoulement (contre 52 % en 2012). Malgré une situation d’ensemble favorable et des conditions climatiques clémentes, certains milieux aquatiques ont néanmoins été affectés par l’absence d’écoulements d’eau.

Observatoire National Des Etiages - Suivi 2013
Observatoire National Des Etiages - Suivi 2013
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1.1.2. Le suivi linéaire

En complément du suivi ponctuel de l’ONEMA, des campagnes de suivi des linéaires de cours d’eau sont menées depuis 2005, par les Fédérations pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques de Poitou-Charentes, associées au Syndicat Intercommunal d’Aménagement Hydraulique du bassin du Né (SIAH Né) et au Syndicat Mixte du bassin de l’Antenne (SYMBA), ainsi qu’à l’Association de Protection, d’Information et d’Etudes de l’Eau et de son Environnement (APIEEE).

Ce suivi est étalé entre juin et septembre à raison de 2 campagnes de prospection par mois en moyenne. L’écoulement des cours d’eau observés, est classé en quatre catégories se basant sur le dispositif de l’ONEMA :

  • linéaire strictement asséché (ou assec)
  • linéaire en rupture d’écoulement
  • linéaire en écoulement visible
  • linéaire en écoulement perceptible

Les résultats de ces différentes campagnes corroborent ceux de l’ONEMA dans le sens où depuis 2005, les assecs se répètent chaque année sur de nombreux secteurs de Poitou-Charentes. Jusqu’à 50% du linéaire de cours d’eau a été observé en absence d’écoulement (rupture ou assec) sauf en 2007, 2008 et plus récemment 2013, années qualifiées de pluvieuses.

Linéaire de cours d’eau en absence d’écoulement (rupture + assec) en Poitou-Charentes de 2005 à 2013
Linéaire de cours d’eau en absence d’écoulement (rupture + assec) en Poitou-Charentes de 2005 à 2013

Chaque année plusieurs secteurs de Poitou-Charentes sont concernés par des assecs répétés parmi lesquels :

  • en Charente-Maritime : les bassins du Curé, de la Boutonne, de la Seudre, le secteur amont de la Seugne,
  • en Charente : certaines portions du Né et de la Couture, la Dronne et ses affluents au sud du département ainsi que le Bandiat, la Tardoire ou encore la Bonnieure,
  • en Deux-Sèvres : le Thouaret, la Courance et quelques affluents de la Sèvre Niortaise et de la Boutonne,
  • en Vienne : surtout les têtes de bassin (Clouère, Dive, Auxance, Pallu …).
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1.1.3. Synthèse des campagnes de prospection de ces 20 dernières années

Superposition de l’état hydraulique du réseau hydrographique de 1990 à 2012 et de la synthèse des campagnes de suivi des assecs de 2010 à 2012 en Poitou-Charentes
Superposition de l’état hydraulique du réseau hydrographique de 1990 à 2012 et de la synthèse des campagnes de suivi des assecs de 2010 à 2012 en Poitou-Charentes

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques : Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Suivi des écoulements La gestion de l’eau > Rivières et crues

 Pour aller plus loin
  • étiages, étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Aquifères : Le terme aquifère est utilisé dans deux acceptations : pour décrire les propriétés d’un milieu capable de contenir de l’eau en partie mobilisable. Et ce terme décrit aussi l’ensemble de "roches perméables comportant une zone saturée [...] suffisamment conducteur d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe [...] et le captage de quantités d’eau appréciables" (castamy et al., 1977)
  • Assecs : Assèchement temporaire d’un cours d’eau ou d’un tronçon de cours d’eau.
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Déficit Hydrique : Différence cumulée entre l’évapotranspiration potentielle (évaporation du sol et transpiration de la végétation) et les précipitations pendant une période où ces dernières sont inférieures à la première.
  • Marais : Milieu humide de type intermédiaire, à la fois aquatique (de faible profondeur) et terrestre et caractérisé par des inondations saisonnières. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
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