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> Les impacts et les conséquences de la pollution de l’eau

Les risques sanitaires

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

3.1. La santé

> 3.1.1. L’eau destinée à la consommation humaine

> 3.1.2. Le thermalisme

3.2. Les activités de loisirs

3.3. Les industries agroalimentaires


3.1. La santé

3.1.1. L’eau destinée à la consommation humaine

Une eau dont la qualité ne serait pas garantie peut être à l’origine d’un risque pour la santé. Le risque sanitaire peut, dans certains cas, conduire à observer des effets immédiats ou à long terme sur la santé des populations.

Les risques à court terme concernent essentiellement des maladies provoquées par des germes pathogènes (bactéries, virus, salmonelles …). Une seule absorption d’eau polluée peut dans ce cas entraîner la contamination. Ces contaminations des eaux d’alimentation proviennent pour l’essentiel, de pollutions directes ou indirectes par des eaux usées, des déchets divers ou des déjections humaines et animales.

Les effets sur la santé d’une contamination bactériologique peuvent s’échelonner d’une gastro-entérite à une forme de dysentrie, de choléra ou de typhoïde grave, voire fatale. Lors de pollutions accidentelles, des composés chimiques peuvent être également à l’origine d’empoisonnement rapide, dès lors que leur concentration dans l’eau est importante.

Certains composés tel le nitrate (méthémoglobine), le fluor (fluorose), les produits phytosanitaires ou encore le sulfate de magnésium (eau laxative) peuvent perturber de façon sensible les fonctions vitales et présentent donc un risque à moyen terme pour la santé.

Enfin, l’accumulation à long terme de substances toxiques dans l’organisme, tels que les métaux lourds, les biocides, ou les hydrocarbures, peut être à l’origine de cancer, même si la teneur dans l’eau de l’élément incriminé est faible.

L’exemple du plomb peut être cité. Contrairement à d’autres métaux comme le fer, le cuivre et le zinc, il ne joue aucun rôle biologique. Au-delà des 80 μg/L de sang, apparaissent des signes d’intoxication au plomb (constipation, anémie, insomnie). Le saturnisme dû à l’eau devient de plus en plus rare. En effet, le plomb présent dans l’eau du robinet provient des canalisations et, cellesci sont progressivement changées pour éviter tout risque sanitaire lié au plomb.

Le cas particulier des nitrates et des pesticides

Les éléments suivants sont issus du dossier n°4 de l’ORE « Nitrates et pesticides dans l’eau destinée à la consommation humaine ».

En Poitou-Charentes, la situation de la qualité de la ressource en eau vis-à-vis des nitrates et des pesticides est jugée préoccupante. Les nitrates et les pesticides sont présents dans l’eau destinée à la consommation humaine à des niveaux parfois supérieurs aux normes imposées par les directives européennes. Début 2008, la Cour de justice des Communautés européennes a d’ailleurs condamné la France pour violation des règles de qualité de l’eau potable polluée par les nitrates et les pesticides dans les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime, ouvrant la voie à des sanctions financières (contentieux levé en novembre 2009).

Les teneurs excessives en nitrates dans l’eau de boisson sont susceptibles de faire courir des risques de méthémoglobinémie chez le nourrisson (appelée également « syndrome du bébé bleu ») et des risques de cancer chez l’adulte. Les nitrates peuvent en effet être à l’origine de la formation de nitrites (la transformation se fait dans l’estomac par des bactéries). Les nitrites sont des oxydants qui ont la capacité de transformer l’hémoglobine du sang en méthémoglobine, empêchant le transport correct de l’oxygène par les globules rouges jusqu’aux tissus. Chez l’adulte, la formation de nitrites est bloquée par l’acidité de l’estomac qui freine la multiplication des bactéries. Les nourrissons sont une population à risque en raison de leur faible acidité gastrique.

Lorsque le taux de méthémoglobine dans les globules rouges atteint 10 %, apparaissent des signes de cyanose (apparition d’une coloration bleuâtre de la peau) à partir d’un taux de 70 %, l’intoxication peut être mortelle.

Cette maladie est assez rare. Elle a été détectée principalement chez des nourrissons dont le lait avait été préparé avec de l’eau renfermant plus de 50 mg/l de nitrates. Aucun cas n’a été observé lorsque l’eau contenait moins de 10 mg/l de nitrates.

Les nitrates peuvent également être à l’origine de la formation de nitrosamines (par réaction entre les dérivés de nitrites et certains acides aminés). Les nitrosamines se sont révélées cancérigènes chez certaines espèces animales. Le risque cancérogène chez l’homme reste cependant discuté les résultats des différentes études épidémiologiques étant non concordants à ce sujet.

Concernant les pesticides, l’exposition chronique constitue le principal facteur de risque. Il s’agit d’un risque à long terme, difficile à estimer car lié à la consommation de doses très faibles mais répétitives, avec des effets possibles dus à l’interaction entre différents pesticides.

De nombreuses études plaident en faveur d’une relation entre pesticides et certains types de cancer (leucémie notamment) d’autres évoquent des troubles du système nerveux et du comportement, des troubles de la reproduction (stérilité, avortements, malformations, perturbation du système hormonal…).

L’amélioration des connaissances des effets des pesticides sur la santé, sur la manière dont les populations sont exposées, est un des thèmes (action 6) du deuxième plan national santé-environnement (PNSE2) 2009-2013.

D’une manière générale, les molécules les plus dangereuses pour la santé de l’Homme sont progressivement retirées (interdiction de l’atrazine en 2003) en France ou voient leur usage restreint (par exemple, l’isoproturon n’est applicable qu’une fois par an et à faible dose).

Les risques encourus sont liés à des effets de toxicité chronique ou aiguë, mais aussi aux effets cumulatifs. Des études indiquent que l’exposition à la campagne est deux fois plus importante qu’en ville.

Le principe de précaution impose que l’exposition aux nitrates et aux pesticides soit maintenue aussi faible que possible, d’où l’importance d’une surveillance active et d’une réglementation stricte.

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3.1.2. Le thermalisme

L’eau minérale est utilisée à des fins thérapeutiques et/ou pour la forme et la détente. Elle provient de sources ou de forages et présente une composition chimique qui lui confère des propriétés curatives. Elle doit être délivrée dans l’état où elle se trouve à son émergence et être utilisée conformément à des règles qui garantissent sa pureté bactériologique et la stabilité de sa composition chimique.

La thalassothérapie est une thérapeutique qui met à profit l’ensemble des propriétés du milieu marin (climat, eau de mer, boues marines, algues, sable et autres substances extraites de la mer) au service de la santé, l’eau de mer contenant l’ensemble des éléments minéraux en pourcentage constant (c’est une eau chlorurée sodique, très riche en magnésium, potasse, sulfate et substances thérapeutiques).

La préservation de la qualité de l’eau dans son gîte naturel est une donnée essentielle pour le maintien et la préservation de ces activités, qui ne peuvent en aucun cas mettre en place de traitement pour corriger la qualité des eaux. Ainsi, les qualités bactériologiques surtout, mais aussi physico-chimiques, doivent être très stables et ne permettre aucune atteinte de leur environnement susceptibles d’en altérer la qualité.

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3.2. Les activités de loisirs

La qualité des eaux de baignade est primordiale pour l’image et l’attrait touristique de la région. L’eau représente un espace de loisirs (baignade, activités nautiques, pêche) de plus en plus fréquenté, et source d’attractivité et de fixation des populations, qui nécessite une eau de bonne qualité.

L’ampleur des impacts de la fréquentation touristique sur le littoral résulte des concentrations des flux touristiques sur une courte période et des capacités d’accueil sur des espaces réduits. Les communes d’accueil doivent alors être en mesure d’assurer dans des conditions satisfaisantes les services de distribution d’eau potable, de dépollution des eaux usées avant rejet en mer et de collecte (et d’élimination des ordures ménagères), mais aussi d’accueil de publics d’origines diverses et aux pratiques de vie variées dans des conditions d’hygiène des locaux irréprochables.

La qualité des eaux de baignade est étroitement liée au contexte environnemental avoisinant. Des événements, comme les marées noires ou les surcharges des réseaux d’assainissement dans les zones touristiques, ont en effet des conséquences.

Une qualité dégradée de l’eau de baignade peut conduire à des affections de santé, le plus souvent bénignes, par contact cutané ou compte tenu de la possibilité d’ingérer ou d’inhaler de l’eau. La qualité chimique de l’eau de baignade, est généralement stable.

Sauf cas exceptionnel (pollution par déversement accidentel, par exemple), elle ne présente donc pas de danger pour la santé lors de la pratique de la baignade.

La baignade littorale est parfois gênée par les proliférations phytoplanctoniques ou alguales, dues à des apports excessifs de nitrates et autres nutriments par les exutoires de bassins versants. Ces proliférations peuvent être un frein au développement touristique de certaines stations, voire responsables d’une baisse de fréquentation, avec dévalorisation de l’immobilier.

La baignade en eau douce peut être également limitée dans les lacs par l’eutrophisation, due à la présence de phosphore, en grande partie d’origines domestique et industrielle.

Le renforcement des contrôles sanitaires des eaux de baignade, ainsi que les actions de promotion des plages « de qualité » (labels pavillons bleus…), confèrent à la qualité des eaux de baignade une grande importance, notamment là où l’activité touristique se déploie sur le littoral.

Sans être particulièrement polluants, les ports de plaisance génèrent un certain nombre de pollutions liées à l’activité du tourisme léger. Certaines pollutions peuvent s’expliquer par des rejets dus à la navigation ou au stationnement dans les ports (vidanges, eaux usées) principalement en saison estivale. En outre, certains bateaux ne naviguent jamais et servent simplement de logement flottant. On peut rappeler aussi le défaut d’égouts spécifiques et les fuites lors des carénages.

Les impacts quantitatifs et qualitatifs sont également défavorables à la vie piscicole, au détriment de la pêche (activités de loisirs).

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3.3. Les industries agroalimentaires

L’utilisation de l’eau revêt une grande importance pour l’industrie agroalimentaire. L’eau est en effet indispensable pour donner aux aliments la texture requise et permettre les réactions biochimiques qui président à leur transformation. Les enzymes présentes naturellement dans les aliments ou celles dont l’origine est microbienne sont impliquées dans de nombreuses biotransformations et ne peuvent agir que si une certaine quantité d’eau est disponible. Cette exigence en eau conditionne en particulier les fermentations mais aussi la plupart des dégradations indésirables du produit, de sa récolte à sa consommation (principalement de réactions d’hydrolyse).

L’eau intervient non seulement en tant que fluide alimentaire (l’eau entre dans la formulation de l’aliment), mais elle joue un rôle tout aussi important comme fluide technique : l’eau utilisée à ce titre dans certains processus technologiques peut se retrouver partiellement incorporée au produit et faire ainsi partie de ses constituants. Cette eau demandera donc une qualité alimentaire au même titre que l’eau de formulation.

Les besoins en eau de l’industrie agroalimentaire peuvent exiger des qualités d’eau très particulières, même quand il n’y a pas de contact avec le produit alimentaire. L’eau du réseau urbain va donc nécessiter des traitements complémentaires comme par exemple l’adoucissement ou la déminéralisation pour les eaux de chaudière. Mais dans bien des cas, l’usine aura son propre approvisionnement en eau (source, rivière, forage). Pour la potabiliser et la rendre propre aux différents usages auxquels on la destine, il faudra lui appliquer des traitements divers et appropriés. Cependant, ce n’est pas toujours le cas du fait des connaissances très approximatives sur la qualité des eaux brutes utilisées et des variations qualitatives.

Ainsi, toutes les entreprises alimentaires, quelle que soit leur importance, qui utilisent une ressource privée (source, forage) doivent disposer d’un arrêté préfectoral pour utiliser cette ressource « à des fins de fabrication, de traitement, de conservation ou de mise sur le marché, de produits ou substances destinés à être consommées par l’Homme » (décret 89-3 du 3 janvier 1989 modifié). (Institut National de la Recherche Agronomique, 1999)

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
la gestion de l’eau > Prix de l’eau
la gestion de l’eau > Assainissement
connaître l’eau et ses usages en région > Eau potable

 Pour aller plus loin
  • Eaux brutes : Eau superficielle ou souterraine telle qu’elle se présente dans le milieu naturel avant d’avoir été traitée en vue d’un usage. (directive 75/440).
  • Eaux usées : Eaux ayant été utilisées par l’homme. On distingue généralement les eaux usées d’origine domestique, industrielle ou agricole. Ces eaux sont rejetées dans le milieu naturel directement ou par l’intermédiaire de système de collecte avec ou sans traitement.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Métaux lourds : On désigne par le terme "métaux lourds", les métaux qui ont une masse volumique supérieure à 4,5 g/cm3 (protocole relatif aux métaux lourds de la convention de Genève). Sont donc qualifiés de métaux lourds les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l’environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn),... Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). Les métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ...Les effets engendrés par ces polluants sont variés et dépendent également de l’état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique). Ils contaminent également les sols et les aliments et s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Plomb : Numéro atomique 82. Métal gris bleuâtre, terni par altération, très mou, malléable. Son numéro atomique et sa densité (11.34) font de lui un excellent matériau de protection contre les rayonnements gamma et X. Le plomb est émis par le traitement des minerais et métaux et par les véhicules automobiles à essence plombée. Le plomb peut être ingéré par les voies respiratoires et digestives. Poison cumulatif qui se traduit chez l’homme par le saturnisme. Dans le cas de l’ingestion du plomb par la voie alimentaire (notamment de coquillages), la Dose Hebdomadaire Tolérable a été fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé à 25 µg de plomb/kg par semaine.
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Thermalisme : Il s’agit de l’ensemble des moyens médicaux, hospitaliers, sociaux, etc. mis en œuvre pour l’utilisation thérapeutique des eaux de source.
  • Eau minérale : Une eau minérale naturelle (selon le décret 89-369 du 6 juin 1989) est « une eau possédant un ensemble de caractéristiques qui sont de nature à lui apporter ses propriétés favorables à la santé … Elle témoigne, dans le cadre des fluctuations naturelles connues, d’une stabilité de ses caractéristiques essentielles, notamment de composition et de température à l’émergence, qui n’est pas affectée par le débit de l’eau prélevée".
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Exutoire : Cours d’eau par lequel se déversent vers la partie aval d’un bassin fluvial les eaux d’un lac ou de toute autre zone humide occidentale. (Glossaire EauFrance)
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
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