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Les pollutions anthropiques

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

3.1. Les pollutions domestiques et urbaines

> 3.1.1. Liées à l’assainissement

> 3.1.2. Liées à l’utilisation courante de certains produits

3.2. Les pollutions agricoles

> 3.2.1. Les pollutions agricoles diffuses

> 3.2.2. Les pollutions agricoles ponctuelles

3.3. Les pollutions industrielles

> 3.3.1. Les pollutions liées aux effluents industriels

> 3.3.2. Les pollutions liées aux sols pollués

> 3.3.3. Les pollutions liées à la radioactivité

> 3.3.4. La pollution thermique

3.4. Les pollutions liées aux infrastructures et aux transports

3.5. Les pollutions liées à la gestion et à l’élimination des déchets


Les origines de la pollution des eaux sont variées et intimement liées aux activités humaines : pollutions domestiques, industrielles et agricoles.

Ces trois grandes sources de pollution sont responsables de l’introduction de polluant dans l’eau et les milieux naturels.

Les pollutions anthropiques
Rejets domestiques Rejets agricoles Rejets industriels
Phosphore 30% Nitrates (engrais) 50% Métaux (plomb, cadmium, nickel, mercure) 70%
Matières organiques 40% Phosphore (lisier …) 30% Pyralènes (PCB) 31%
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) 93% Pesticides 36% Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) 93%
Substances médicamenteuses et cosmétiques Non connu Micropolluants organiques (composés bromés, dioxines, benzène …) 4%

Chaque pourcentage indique la proportion de points de contrôle en France présentant une concentration moyenne à élevée de la substance polluante concernée.
(Institut Français de l’ENvironnement, 2006 et 2007)

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3.1. Les pollutions domestiques et urbaines

3.1.1. Liées à l’assainissement

La pollution domestique d’une manière générale constitue la principale cause de présence de phosphore dans les eaux usées.

Collectif

Ce type de pollution concerne essentiellement les eaux superficielles.

Les eaux résiduaires urbaines sont un mélange d’eaux ménagères, d’eaux résiduaires d’origine industrielle (acceptées par la collectivité), et d’eaux pluviales (quand le système est unitaire).

Représentant les deux tiers du total des eaux usées domestiques, les eaux ménagères comprennent les déjections humaines, des eaux de toilette et de nettoyage des sols et des aliments, contenant : des graisses, des savons, des détergents, des matières en suspension, des matières dissoutes organiques ou minérales … Dans le cas d’un assainissement collectif, ces eaux sont acheminées vers des stations d’épuration et, en sortie, la majorité des polluants est éliminée. Le développement des équipements de collecte et de traitement des eaux usées vise précisément à réduire l’impact de la pollution domestique et d’une partie de la pollution industrielle sur les milieux récepteurs (cours d’eau, eaux littorales …). La défaillance des réseaux de collecte des eaux usées et des stations d’épuration ou l’arrivée en station de polluant dont le traitement d’élimination n’est pas prévu, est susceptible d’entraîner des éléments indésirables dans les eaux.

La quantité de pollution produite chaque jour en moyenne par un habitant, ou Equivalent Habitant, a été définie par arrêté le 6 novembre 1996 :
  • 90 g de matières en suspension,
  • 57 g de matières oxydables,
  • 15 g de matières azotées,
  • 4 g de matières phosphorées,
  • 0,2 équitox de matières inhibitrices,
  • 0,23 métox de métaux et métalloïdes.

À cette pollution produite par les habitants s’ajoutent les eaux usées rejetées par les installations collectives, telles que les hôpitaux, les écoles, les commerces, les hôtels et restaurants, le lavage des rues ou des marchés …

Dans le cas d’un réseau de collecte unitaire (eaux de l’assainissement et eaux pluviales non séparées), des pics de pollution particulièrement nocifs peuvent survenir lorsque de fortes pluies succèdent à une longue période sèche. Le système d’assainissement est alors saturé, et il peut non seulement y avoir surverse du réseau, mais aussi, un lessivage des toits et des chaussées par les pluies qui entraîne une concentration plus élevée des pollutions urbaines.

Non collectif

L’assainissement individuel, autonome, également appelé assainissement non-collectif, est une technique d’épuration ancienne qui consiste à traiter les eaux usées d’une habitation sur la parcelle bâtie. La Loi sur l’Eau du 3 janvier 1992 et les deux arrêtés d’application du 6 mai 1996 ont reconnu cette solution technique comme une alternative à part entière au « tout à l’égout », lorsque le contexte physique et les conditions de coût rendent l’assainissement collectif difficilement envisageable.

Les dispositifs d’assainissement individuel sont généralement constitués d’une fosse toutes eaux assurant un pré-traitement, et d’un dispositif d’infiltration par le sol qui assure l’épuration finale des effluents et leur évacuation dans le sous-sol. Le sol assure à la fois l’épuration et l’élimination des eaux usées mais l’épuration n’est pas complète pour tous les types de polluants (par exemple, l’azote des eaux usées est pour l’essentiel seulement oxydé en nitrates).

Les eaux usées étant constituées à la fois de micro-organismes potentiellement pathogènes, matières organiques, azotées, phosphorées ou en suspension, la non conformité des installations d’assainissement autonome est susceptible d’occasionner des nuisances environnementales et des risques sanitaires.

Dans des régions rurales comme Poitou-Charentes, la fraction de pollution émise par ces installations d’assainissement est très réduite et se limite plutôt à des non-respects ponctuels de règles d’hygiène (écoulement d’eaux usées en cas de dysfonctionnement).

Après enquête publique, les communes ou, à défaut, leurs établissements publics de coopération ont pour obligation de délimiter les zones relevant de l’assainissement non collectif (ANC) d’après la loi sur l’eau de 1992. Pour chaque zone, les communes sont tenues d’assurer le contrôle des installations d’ANC qui sont réalisées par le SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif ) et, si elles le décident, le traitement des matières de vidange. En région, la mise en place de SPANC est très avancée et plus globalement sur le bassin Loire- Bretagne. (Service de l’Observation et des Statistiques, 2008)

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3.1.2. Liées à l’utilisation courante de certains produits

L’entretien des parcs, jardins, terrains de sports et autres espaces à usage collectif peut être à l’origine d’émissions polluantes de fertilisants (azote, phosphore) et de produits phytosanitaires. L’entretien des jardins des particuliers contribue également à l’émission de quantités non négligeables de polluants. De plus, divers fongicides ou insecticides par exemple, sont utilisés par les ménages ou dans l’industrie, et peuvent entraîner une pollution de l’eau.

À noter la question des pollutions émergentes telles que les médicaments dans l’eau, issues des pollutions domestiques directes ou indirectes, l’élevage … (En savoir plus dans la partie 5 de ce chapitre)

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3.2. Les pollutions agricoles

3.2.1. Les pollutions agricoles diffuses

En Poitou-Charentes, les pollutions liées à l’agriculture ont pour origines principales : l’évolution des systèmes et types de cultures, l’utilisation massive des engrais et produits phytosanitaires en grandes cultures, mais aussi plus marginalement, l’épandage des effluents d’élevage produits in situ ou importés dans le nord des Deux-Sèvres par exemple.

L’agriculture est aujourd’hui le principal émetteur d’azote et le deuxième en phosphore depuis que le traitement des eaux résiduaires urbaines s’est nettement amélioré ces dernières années, et depuis l’interdiction des phosphates dans les lessives en France au 1er juillet 2007.

Aux pratiques agricoles s’ajoutent des caractéristiques climatiques et agro-pédologiques qui accentuent les risques de pollutions (sols filtrants, fortes précipitations en hiver, sécheresse estivale).

Ainsi, l’agriculture constitue la première cause de pollutions diffuses dans une région rurale. En Poitou- Charentes en 2011, la superficie totale des exploitations est de 1 715 746 ha, soit environ 66% du territoire régional (Agreste Poitou-Charentes, 2012). Quatre zones principales peuvent être distinguées en région :

  • deux zones où l’élevage est dominant : le nord-ouest et l’est (zones de socle),
  • une zone centrale dominée par les grandes cultures du nord-est (bordure du bassin parisien) au centre (bordure nord du bassin Aquitain),
  • une zone mêlant vignes, vergers, grandes cultures et élevage au sud.

Les apports en nitrates, phosphates et potasse sont nécessaires en agriculture pour satisfaire les besoins des plantes, en particulier pour les cultures en situation de conduite intensive.

Les insecticides, les fongicides et les herbicides sont destinés à protéger la plante cultivée de ses prédateurs et des mauvaises herbes. Sous l’appellation « produits phytosanitaires » se cache une multitude de substances (ou matières actives), dont la rémanence dans l’eau et dans le sol peut être très différente d’une molécule à l’autre.

Lors d’événements pluvieux, les produits épandus peuvent être entraînés avec l’eau de ruissellement et les particules en suspension jusqu’au cours d’eau le plus proche. On constate alors des pics de concentrations dans l’eau des substances épandues.

Ce lessivage peut durer quelques heures ou plusieurs dizaines d’années selon le substrat géologique. Les conditions de migration vers les nappes, de fixation dans les couches traversées ou de dégradation sont mal connues.

L’azote (N)

L’azote est indispensable à la vie et c’est un constituant normal des sols. Un hectare de sol contient habituellement plusieurs tonnes d’azote dont la plus grande partie est sous forme organique.

Ce stock d’azote organique est alimenté par divers apports : eau de pluie, fixation d’azote atmosphérique (par les légumineuses, par exemple), décomposition de résidus végétaux (feuilles, racines) et par les apports de fertilisants organiques (déjections animales) ou minéraux (engrais). Ces apports d’azote subissent diverses séries complexes de réactions de minéralisation et de réorganisation, mais vont tous grossir le stock d’azote organique du sol, l’utilisation directe par les plantes ne représentant qu’un très faible pourcentage des apports (moins de 5 %).

Sous l’action de différents micro-organismes, et à une vitesse qui dépend notamment de l’humidité, de la température, la teneur en oxygène, et du type de sol, l’azote organique du sol se minéralise pour donner des nitrates. Très solubles, ces nitrates sont pour partie absorbés par les racines des plantes, et le reste est entraîné par l’eau qui percole vers la nappe (phénomène de lessivage) ou qui est évacuée par les réseaux de drains agricoles, en particulier en l’absence de couvert végétal suffisant pour piéger l’azote entre deux cultures par exemple.

L’entraînement d’un peu d’azote du sol par lessivage vers les eaux souterraines est inévitable et existe même avec les sols non cultivés. Mais, pour un sol dont le stock d’azote organique est de l’ordre de 10 tonnes, les exportations annuelles par les végétaux de 150 kg, et les apports fertilisants de 150 kg à 200 kg, le risque existe de dépasser la valeur limite fixée pour l’eau potable (50 mg/l) si la quantité d’azote lessivée dépasse quelques dizaines de kilos par hectare et par an. Les ordres de grandeur en jeu sont donc des pertes annuelles de l’ordre de 15 % des apports ou de 2 à 3 ‰ du stock présent dans le sol. (Comité Régional de l’Environnement, 2002) Dans de rares cas, on observe des phénomènes de disparition de nitrates (dénitrification naturelle).

Aux nitrates résultant de la minéralisation de l’azote organique des sols s’ajoutent les nitrates produits par synthèse industrielle (engrais fertilisants minéraux) et les nitrates provenant de l’oxydation de matières organiques liées aux activités humaines et agricoles (fumier, lisier) et urbaines (effluents domestiques).

Les produits phytosanitaires

Les produits phytosanitaires sont appliqués le plus souvent par pulvérisation sur le sol et sur les plantes. Une certaine quantité des molécules les plus volatiles peut être perdue dans l’atmosphère. Une partie est absorbée par les organismes-cibles mais la plus grande partie rejoint directement ou indirectement le sol.

Les substances sont alors transformées en divers produits de dégradation dont la toxicité n’est pas toujours connue. La disparition de la substance active et des molécules dérivées est plus ou moins rapide selon le caractère biodégradable des molécules en cause, et selon les conditions de milieu. On parle de rémanence.

Certaines molécules peuvent être fixées dans le sol (sorption) par une grande variété de mécanismes ou entraînées facilement par les eaux. À toxicité égale, le risque d’altération des ressources en eau est d’autant plus faible que la substance est mieux retenue dans le sol et qu’elle s’y dégrade plus vite en produits inoffensifs.

La pollution de l’eau par les substances actives ou leurs produits de dégradation peut résulter de leur entraînement par les eaux de ruissellement (sous forme dissoute ou sous forme absorbée sur des particules de sol) vers les eaux superficielles ou vers les eaux souterraines (sous forme dissoute).

D’après les données de 2010 de la Banque Nationale de Vente de produits phytosanitaires par les distributeurs agréés (BNV-D), 370 substances minérales et de synthèse ont été vendues en 2010 en Poitou-Charentes. La quantité vendue est estimée à 4 700 tonnes.

Le glyphosate, dont les ventes sont en nette augmentation depuis 10 ans, représente 13% des quantités vendues avec environ 600 tonnes. D’un point de vue quantitatif, la molécule de glyphosate est suivie de trois fongicides (mancozèbe, fosétyl-aluminium, folpel) pour un total de près de 800 tonnes. Les ventes de chloroacétamides utilisées en remplacement de l’atrazine (interdite depuis 2003) sont en augmentation.

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3.2.2. Les pollutions agricoles ponctuelles

Les pollutions agricoles peuvent être considérées comme ponctuelles en cas d’accidents, ou lorsqu’elles sont liées à la gestion des produits phytosanitaires et fertilisants ou aux traitements et au matériel de traitement.

Les situations à risques sont rencontrées lorsque :

  • le stockage des produits n’est pas adéquat : le local phytosanitaire n’est pas sécurisé, cuve d’azote …
  • le remplissage n’est pas suffisamment surveillé : risque de débordement, de fuites, de renversement de la cuve ...
  • le rinçage des bidons ou du matériel n’est pas fait correctement, ou bien les reliquats de produits ou de traitements sont déversés à même le sol.
  • le matériel utilisé n’est pas correctement entretenu, ou pas suffisamment équipé. Les pollutions ponctuelles peuvent aussi être chroniques lorsque, par exemple, en système d’élevage :
  • les bâtiments ne sont pas équipés de façon à stocker les effluents d’élevage sans possibilités de fuites,
  • les effluents excédentaires sont déversés en bout de champs ou épandus sur les parcelles à la fin de l’hiver, ...
  • les eaux de la salle de traite ou de nettoyage des bâtiments peuvent aussi contaminer le milieu naturel.
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3.3. Les pollutions industrielles

Les pollutions d’origine industrielle peuvent résulter non seulement du rejet d’eaux contenant des éléments provenant des procédés de fabrication ou de fonctionnement de l’établissement industriel, mais aussi du transfert de substances contenues dans les sols pollués vers les eaux de surface (par ruissellement) ou vers les eaux souterraines (par lessivage ou percolation).

Elles ont beaucoup reculé en France, bien qu’elles soient encore importantes. L’industrie participe à part égale avec les rejets domestiques, à la pollution organique. Elle est, par contre, responsable en grande partie des rejets toxiques.

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3.3.1. Les pollutions liées aux effluents industriels

Les eaux industrielles se distinguent des eaux résiduaires urbaines par une plus forte concentration et une plus grande homogénéité des éléments polluants. Ces rejets sont de plus en plus collectés et traités, soit par des installations spécifiques à l’entreprise, soit par les réseaux et la station d’épuration de la collectivité locale, par le biais d’une convention de raccordement. Les pollutions d’origine industrielle causées par le rejet direct dans le milieu d’eaux contaminées ont en conséquence beaucoup reculé en France.

Cependant, il arrive encore que certains effluents industriels rejoignent directement les eaux superficielles par ruissellement, ou soient entraînés plus ou moins rapidement vers les eaux souterraines. Ces rejets présentent une extrême diversité propre à chaque type d’industrie.

Ainsi, quatre types d’effluents peuvent être distingués :

  • les effluents généraux de fabrication (continus ou discontinus),
  • les effluents particuliers : ils sont susceptibles d’être séparés, soit en vue d’un traitement spécifique avec récupération éventuelle, soit pour éliminer des polluants particulièrement dangereux ou concentrés,
  • les effluents des services généraux : ils englobent les eaux vannes, les eaux ménagères, les eaux de chaufferie et les eaux de refroidissement,
  • les rejets occasionnels : ce sont les plus dangereux et les moins maîtrisables, ils correspondent à des fuites accidentelles de produits, aux eaux de lavage et aux eaux de pluie qui lessivent les voies et parkings imperméabilisés.

La composition de ces effluents joue sur leur devenir. Si certains polluants (les métaux par exemple) peuvent être retenus par le sol, d’autres, comme les solvants chlorés, sont capables de traverser des sols argileux pourtant imperméables à l’eau, et peuvent donc polluer les eaux souterraines. En France, les deux tiers des pollutions industrielles des sols recensées proviennent des hydrocarbures et des solvants chlorés la majeure partie du reste est provoquée par des éléments métalliques.

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3.3.2. Les pollutions liées aux sols pollués

Les sites (ou sols) pollués provoquent également des pollutions en hydrocarbures, métaux lourds (plomb, zinc) pouvant entraîner la fermeture de captages. Ce sont des sites, qui du fait d’anciens dépôts ou d’infiltration de substances polluantes, présentent une pollution susceptible de provoquer un risque pour les personnes ou l’environnement. Dans la région, plusieurs sites ont été répertoriés. Les pollutions par les hydrocarbures sont fréquentes et peuvent rendre une eau impropre à la consommation pendant des dizaines d’années.

La loi 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux Installations Classées pour la Protection de l’Environnement donne à l’administration les moyens d’imposer aux installations existantes ou projetées toutes les dispositions nécessaires pour prévenir la pollution des sols. Lorsque les dispositions réglementaires n’ont pas pu prévenir les pollutions ponctuelles, le site et son sol sont dits pollués.

Le traitement d’un site pollué, sa surveillance et les opérations de dépollution qui peuvent être engagées, sont liés à l’existence de risques pour l’homme et l’environnement, et tiennent compte de l’usage destiné au site et des techniques disponibles. Des dispositifs réglementaires de restriction d’usage peuvent empêcher qu’un site traité, mais pour lequel une pollution résiduelle demeure, ne soit pas destiné à un autre usage que celui pris en compte pour le traitement.

Deux types d’inventaires existent en France :

  • les inventaires historiques qui ont pour vocation de reconstituer le passé industriel d’un territoire. Les informations collectées sont versées dans une base de données BASIAS, gérée par le B.R.G.M. Cette base contient des informations sur des sites qui ne sont plus en activité et qui ne sont plus source de risques. Cependant, s’il était question de les utiliser à nouveau, il est important que les vendeurs, les acheteurs et les aménageurs disposent d’informations aussi complètes que possible sur l’usage passé du site. Il est à souligner que l’inscription d’un site dans BASIAS ne préjuge pas d’une éventuelle pollution à son endroit. Les derniers inventaires en date de 2009 ont donné les résultats suivants en Poitou-Charentes (11 413 sites recensés) :
    • Charente : 2 254 sites recensés
    • Charente-Maritime : 3 759 sites recensés
    • Vienne : 2 395 sites recensés
    • Deux-Sèvres : 3 005 sites recensés
  • L’inventaire des sites potentiellement pollués et appelant une action des pouvoirs publics : BASOL. Il permet de s’informer sur les actions menées par l’administration et les responsables de ces sites pour éviter les risques et les nuisances. Cet inventaire a vocation à être actualisé en continu (1 023 sites référencés en 1996, 3 354 début 2002 et 5053 en juillet 2013 en France métropolitaine, dont 57 sites en Poitou-Charentes parmi lesquels 41 sont sous surveillance). En 2013, les données issues de BASOL permettent d’évaluer la situation de la pollution des eaux : parmi les sites de l’inventaire en France, 2587 (51,20 %) ont un impact constaté, 559 (11,06 %) sont sans impact, le reste étant indéterminé (soit près de 38%).

En règle générale, la pollution ponctuelle des sols aboutira dans les eaux souterraines, sauf dans trois situations : l’absence de nappe sous-jacente, l’existence d’un confinement naturel, ou la stabilisation des substances.

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3.3.3. Les pollutions liées à la radioactivité

En région, la présence de la centrale nucléaire de Civaux est susceptible d’engendrer des pollutions radioactives dans l’environnement d’une manière générale en lien avec les rejets gazeux et liquides qu’elle effectue. Les rejets sont cependant soumis à une réglementation et à des seuils très stricts permettant de préserver l’environnement.

Cependant, certains accidents ponctuels peuvent mettre en danger les milieux. Ce fut le cas début 2012 avec l’observation d’une concentration élevée de tritium (540 bcq/l pour une valeur autorisée de 8 bcq/l) dans les eaux de la nappe phréatique située sous la centrale. Cette concentration restait très inférieure au seuil de potabilité de l’eau (7800 bcq/l selon l’OMS). Des contrôles réguliers ont continué à être réalisés pour s’assurer du retour à la normale et d’une bonne qualité des eaux vis-à-vis de ce paramètre.

Outre les rejets gazeux et liquides, la centrale est également un producteur important de déchets radioactifs solides représentant une activité de 67,26 TBq pour l’année 2012.

En 2012, pour les deux réacteurs en fonctionnement, 1 792 colis ont été évacués vers les différents sites d’entreposage (centre de stockage, incinérateur …).

D’autres établissements sont susceptibles de produire des déchets radioactifs, ils sont répartis selon trois catégories d’activités : le domaine de la recherche, le domaine médical, et celui de la défense nationale.

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3.3.4. La pollution thermique

Pour refroidir leurs installations, les centrales nucléaires prélèvent de l’eau provenant de la mer ou de rivière. Cette eau, qui va alimenter les circuits de refroidissement de la centrale, est légèrement échauffée lorsqu’elle est ensuite rejetée dans le fleuve ou dans la mer. L’augmentation de la température du milieu aquatique ne doit alors pas dépasser certaines limites qui sont fixées par la réglementation et qui varient selon les périodes de l’année.

En lien avec ce réchauffement du milieu, des conséquences possibles sur la faune et la flore peuvent être observées notamment la perturbation de la vie des poissons et autres organismes inféodés au milieu. On parle alors de pollution thermique.

En période de sécheresse, le niveau des cours d’eau est généralement plus bas et leur température plus élevée. Les centrales nucléaires sont alors contraintes d’adapter leur fonctionnement afin de ne pas perturber les écosystèmes.

Les établissements détenant des déchets radioactifs en Poitou-Charentes en 2010
Les établissements détenant des déchets radioactifs en Poitou-Charentes en 2010

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

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3.4. Les pollutions liées aux infrastructures et aux transports

Les transports routiers ou ferroviaires peuvent contribuer également à la dégradation des ressources en eau du fait des travaux de réalisation des infrastructures (rabattement de nappe, pollutions dues au chantier ...) ou de l’existence même des ouvrages (remblais, déblais, imperméabilisation ... modifiant l’écoulement des eaux).

La dégradation peut également s’expliquer du fait de l’entretien et de l’utilisation des infrastructures :

  • émissions chroniques de polluants provenant de l’usure des pneus et des chaussées ainsi que des carburants
  • pollutions saisonnières dues au salage des routes en hiver et à l’utilisation de produits phytosanitaires sur les emprises des voies ferrées et des routes
  • pollutions dues à des accidents survenant en cours de transport de produits polluants (sans oublier que les hydrocarbures utilisés comme carburants et comme lubrifiants sont des produits potentiellement polluants)
  • mauvais entretien ou absence d’entretien des dispositifs de rétention de l’eau et des polluants (bassins d’orage, décanteurs, déshuileurs ...).

S’agissant de l’entretien et de l’utilisation des infrastructures, les émissions chroniques liées au trafic routier, poussières, hydrocarbures, plomb et zinc notamment, sont essentiellement entraînées par l’eau sous forme de particules en suspension. Ces polluants se retrouvant en grande partie dans les fossés, le curage et l’élimination des boues accumulées doivent être réalisés avec précaution.

Le sel utilisé en traitement préventif ou curatif contre le verglas n’est pas en lui-même un polluant dangereux, mais le produit employé n’est pas du pur chlorure de sodium.

Il contient diverses impuretés, dont souvent des traces de métaux lourds, plomb et zinc, et éventuellement des additifs anti-agglomérants comme les ferrocyanures.

Le désherbage chimique est largement pratiqué le long des routes et voies ferrées. Des efforts ont été réalisés au cours des dernières années pour mieux choisir et employer de façon plus économe les désherbants mais les quantités de matières actives utilisées, notamment sur les voies ferrées, restent très importantes.

L’eau, utilisée comme voie de transport, doit posséder un régime hydraulique tel qu’il n’engendre pas de difficulté supplémentaire à la manoeuvrabilité des bateaux. En ce qui concerne le transport maritime, la plupart des ports nécessite un dragage régulier de leur chenal d’accès, opération réalisée par les pouvoirs publics après avoir mené des analyses du volume de sédiment à enlever et de son éventuel niveau de contamination (toxique, métaux).

Les sédiments marins ôtés par dragage se comportent comme de véritables accumulateurs de polluants (métaux lourds, organostanniques, hydrocarbures, produits phytosanitaires, …), pouvant être à l’origine de relargage de ces substances polluantes vers les écosystèmes côtiers, notamment au cours de leur remise en suspension (dragage, tempête, …) du fait du changement de leur environnement chimique (réduction salinité …).

Le faible trafic de matières dangereuses des ports charentais, ainsi que de la faible fréquence de mouvements de navires font que dans l’ensemble, les pollutions accidentelles sont rares dans le département.

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3.5. Les pollutions liées à la gestion et à l’élimination des déchets

La gestion et l’élimination des déchets sont encadrées par de nombreux textes législatifs et réglementaires, d’origines communautaire et nationale. Sous le terme « déchets » sont regroupés :

  • les déchets ménagers ou assimilés,
  • les déchets des activités agricoles,
  • les déchets industriels comprenant d’une part les déchets industriels dits « banals », assimilés aux déchets ménagers, et d’autre part les déchets plus dangereux dits « déchets industriels spéciaux »,
  • les déchets particuliers faisant l’objet de règles spécifiques : déchets médicaux, déchets radioactifs, huiles usagées, par exemple.

Chaque habitant produit en moyenne 1 kg par jour de déchets ménagers qui contiennent 45 à 50% de matière organique. Les différentes installations de transit, de tri, de traitement ou de stockage sont des installations classées pour la protection de l’environnement. L’application de la réglementation des installations classées doit permettre de limiter les impacts de ces installations sur la qualité des ressources en eau et les risques de pollution accidentelle aussi bien que chronique. Malgré le développement de nouvelles techniques d’élimination (tri, récupération, recyclage, incinération, compostage, …), la technique la plus utilisée reste encore la mise en décharge ou « centre d’enfouissement technique ».

À l’intérieur des décharges, la fraction organique des déchets se décompose selon des mécanismes complexes de fermentation. Cette évolution, qui peut durer des décennies (30 à 50 ans), est due à la percolation (passage lent de l’eau à travers un substrat (sol, déchet …)). La mise en décharge de la partie organique des déchets ménagers produit des « jus » plus ou moins chargés en substances minérales organiques. Les risques d’infiltration de ces polluants vers les nappes ou leur écoulement vers les ruisseaux peuvent conduire à des pollutions. Toutes les décharges, non étanchéifiées sont soumises à ce risque.

Cependant, la Directive décharge du 26 avril 1999 impose aux États membre pour 2009 la mise en conformité de leurs décharges pour limiter autant que possible les effets négatifs sur l’environnement sous peine de fermeture.

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Re Sources
la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Réduction des pesticides
connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Les pollutions et les menaces > Les résidus de médicaments dans l’eau
la gestion de l’eau > Assainissement

 Pour aller plus loin
  • Eaux usées : Eaux ayant été utilisées par l’homme. On distingue généralement les eaux usées d’origine domestique, industrielle ou agricole. Ces eaux sont rejetées dans le milieu naturel directement ou par l’intermédiaire de système de collecte avec ou sans traitement.
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Effluents : Eau résiduaire sortant d’une station de traitement, d’un complexe industriel ou d’un étang d’épuration.
  • Grandes cultures : Elles regroupent les céréales, les oléagineux et les protéagineux (ou COP).
  • In situ : dans le milieu naturel.
  • Métaux lourds : On désigne par le terme "métaux lourds", les métaux qui ont une masse volumique supérieure à 4,5 g/cm3 (protocole relatif aux métaux lourds de la convention de Genève). Sont donc qualifiés de métaux lourds les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l’environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn),... Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). Les métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ...Les effets engendrés par ces polluants sont variés et dépendent également de l’état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique). Ils contaminent également les sols et les aliments et s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.
  • Micropolluant : Désigne un ensemble de substances qui, en raison de leur toxicité, de leur persistance, de leur bioaccumulation, de leur très faible concentration dans l’eau (de l’ordre du nanogramme ou du microgramme par litre) sont de nature à engendrer des nuisances.
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Plomb : Numéro atomique 82. Métal gris bleuâtre, terni par altération, très mou, malléable. Son numéro atomique et sa densité (11.34) font de lui un excellent matériau de protection contre les rayonnements gamma et X. Le plomb est émis par le traitement des minerais et métaux et par les véhicules automobiles à essence plombée. Le plomb peut être ingéré par les voies respiratoires et digestives. Poison cumulatif qui se traduit chez l’homme par le saturnisme. Dans le cas de l’ingestion du plomb par la voie alimentaire (notamment de coquillages), la Dose Hebdomadaire Tolérable a été fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé à 25 µg de plomb/kg par semaine.
  • Pollution accidentelle : Altération de la qualité d’un milieu aquatique ou d’une ressource en eau résultant d’émissions de courte durée non programmées.
  • Pollution ponctuelle : Altération de la qualité d’un milieu aquatique ou d’une ressource en eau résultant d’émissions de polluants bien localisées.
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Assainissement collectif : Comprend pour un habitat regroupé la collecte et le transport des eaux usées (réseau d’assainissement ou d’égout unitaire ou séparatif) vers un ouvrage d’épuration.
  • Azote (N) : Numéro atomique 7. L’azote est un constituant de l’atmosphère (75% de l’air que nous respirons est composé d’azote) et de la croûte terrestre. L’azote sous sa forme ammoniacale est un nutriment pour les végétaux. L’azote peut se trouver sous diférentes formes (nitrate NO3-, nitrite N02-, ammoniac NH4+).
  • Captage : Dérivation d’une ressource en eau. Au sens restreint, désigne tout ouvrage utilisé couramment pour l’exploitation d’eaux de surface ou souterraines. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Lessivage : Entraînement en profondeur par l’eau à travers les horizons de sols des substances fixées sur des particules fines. En particulier, les nitrates et certains produits phytosanitaires (ou leurs produits de dégradation) peuvent ainsi atteindre les nappes d’eau et en altérer la qualité, jusqu’à rendre l’eau impropre à la consommation. (Glossaire EauFrance)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Nappe phréatique : première nappe rencontrée lors du creusement d’un puits. Nappe généralement libre, c’est-à-dire dont la surface est à la pression atmosphérique. Elle peut également être en charge (sous pression) si les terrains de couverture sont peu perméables. Elle circule, lorsqu’elle est libre, dans un aquifère comportant une zone non saturée proche du niveau du sol. (Glossaire EauFrance)
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
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