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Les eaux superficielles

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

2.1. Quelques rappels hydrographiques

2.2. Les cours d’eau en Poitou-Charentes

2.3. Le suivi du débit des cours d’eau

2.4. Les mares et plans d’eau


2.1. Quelques rappels hydrographiques

Par définition, les cours d’eau sont des écosystèmes où l’eau est soumise à un courant. Les facteurs écologiques essentiels y sont : la vitesse du courant, la nature du fond, l’éclairement, la température, l’oxygénation et la composition chimique. Ces facteurs varient en fonction de la zone du cours d’eau (source, cours supérieur ou cours inférieur) et influent sur la composition des peuplements animaux et végétaux qui peuvent être très diversifiés.

Divers éléments peuvent caractériser un cours d’eau :

  • la source qui représente le point d’origine du cours d’eau,
  • l’amont (la partie la plus élevée du cours d’eau topographiquement) en opposition à l’aval (la partie la moins élevée),
  • le lit mineur c’est-à-dire l’espace qui est occupé de manière permanente ou temporaire par le cours d’eau,
  • le lit majeur qui est occupé temporairement en période de crue lors des inondations,
  • les berges qui délimitent le lit mineur,
  • l’embouchure ou estuaire qui est le lieu où le cours d’eau termine sa course (généralement dans un océan, dans la mer ou dans un lac).

D’autres éléments secondaires permettent de caractériser un cours d’eau comme les méandres par exemple, qui sont des boucles formées par le cours d’eau.

Berges de la Charente à Rochefort (Charente-Maritime)
Berges de la Charente à Rochefort (Charente-Maritime)

En fonction de ces caractéristiques mais également de la longueur, de la localisation géographique ou d’autres paramètres, différents types de cours d’eau peuvent être distingués tels que :

  • les ruisseaux : petits cours d’eau de faible largeur et de faible longueur,
  • les torrents : cours d’eau situés généralement en montagne ou sur des terrains accidentés, au débit rapide et irrégulier,
  • les rivières : cours d’eau moyennement importants dont l’écoulement est continu ou intermittent, elles se jettent dans d’autres rivières ou dans des fleuves,
  • les fleuves : cours d’eau parfois importants se jetant dans l’océan ce qui les différencient des rivières.

De nombreux autres types de cours d’eau existent tels que les ruisselets, les cours d’eau souterrains ou les ravines par exemple.

Inondations de la Boivre, Janvier 2005 (Vienne )
Inondations de la Boivre, Janvier 2005 (Vienne )

Le régime hydrologique des cours d’eau est influencé par les précipitations, les échanges avec la nappe et les prélèvements. Des valeurs caractéristiques de débits permettent alors de définir et d’étudier l’état du réseau et des écoulements :

  • le débit de crue décennale est la valeur de la crue instantanée maximale dont la probabilité d’apparition est de 10 fois par siècle. Il s’agit d’une crue à partir de laquelle des protections contre les inondations sont envisagées.
  • le module est le débit moyen interannuel, calculé sur l’année hydrologique. Le module exprimé en m3/s donne une indication sur le volume annuel moyen écoulé et donc sur la ressource globale disponible. Cette valeur est obtenue en calculant la moyenne pondérée des 12 écoulements mensuels moyens, sur l’ensemble de la période connue.
  • le débit mensuel minimal quinquennal (QMNA 5) est le débit calculé par mois, dont la probabilité d’apparition est de 20 fois par siècle (1 fois tous les 5 ans). Cette donnée donne une information sur la sévérité d’étiage elle est importante notamment au regard des prélèvements d’eaux superficielles.
  • l’étiage quinquennal (V.C.N.3 quinquennal) est la valeur du plus faible débit moyen de trois jours consécutifs dont la probabilité d’apparition est de 20 fois par siècle. Cette valeur donne une information sur le tarissement des cours d’eau.
Cherveux le 9 octobre 2004 (Deux-Sèvres)
Cherveux le 9 octobre 2004 (Deux-Sèvres)
La Vienne à Chauvigny (Vienne)
La Vienne à Chauvigny (Vienne)
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2.2. Les cours d’eau en Poitou-Charentes

Le régime des cours d’eau de Poitou-Charentes est de type pluvial, caractérisé par des hautes eaux hivernales et des basses eaux estivales. La plupart des cours d’eau présentent des crues de plaine, qui se traduisent par une montée des eaux progressive et une submersion prolongée. Cependant les rivières issues des massifs cristallins, notamment la Gartempe et le Thouet, présentent un régime torrentiel aux crues soudaines.

Les étiages (périodes de basses eaux) naturels peuvent être sévères, notamment pour les cours d’eau traversant les massifs anciens, du fait de l’absence de nappe souterraine. Les cours d’eau traversant les terrains sédimentaires bénéficient naturellement de l’apport des nappes, même en période d’étiage, qui leur assurent un écoulement permanent. En situation naturelle, il peut arriver que même ces cours d’eau connaissent des étiages sévères, consécutifs à une faible recharge hivernale des nappes. Cette situation est de plus aggravée par les prélèvements d’eau.

En Poitou-Charentes, plusieurs grands bassins versants sont recensés, présentant chacun des particularités qui leur sont propres.

La Vienne

La Vienne, d’une longueur de près de 372 kilomètres, prend sa source en Corrèze sur le plateau de Millevaches, et traverse ensuite certains plateaux du haut Limousin avant d’arriver dans les formations sédimentaires du Poitou, pour enfin confluer avec la Loire en Indre-et-Loire. Trois principaux affluents lui sont rattachés : la Creuse (255 km), le Clain (125 km) et le Taurion (103 km). La superficie totale du bassin de la Vienne est estimée à environ 21 200 km2, s’étalant sur 3 régions (Limousin, Poitou-Charentes et Centre) et 8 départements (Corrèze, Creuse, Haute-Vienne, Vienne, Charente, Deux Sèvres, Indre et Indre-et-Loire). (Etablissement Public Territorial du Bassin de la Vienne, 2013).

L’hydrologie du bassin de la Vienne est caractérisée par plusieurs particularités :

  • un fort gradient pluviométrique entre le Plateau de Millevaches à l’amont et la région de Châtellerault,
  • à l’amont : la présence d’une structure géologique essentiellement composée de terrains primaires imperméables et à l’aval de terrains sédimentaires où l’infiltration est prépondérante, un réseau hydrographique dense, de nombreux étangs, des aménagements hydroélectriques EDF importants en particulier sur la Vienne, le Taurion et la Maulde.
  • à l’aval : la présence d’importants terrains sédimentaires, une densité faible à moyenne du chevelu hydrographique et de nombreux aquifères souterrains.

Plusieurs problématiques sont mises en avant sur ce grand bassin versant parmi lesquelles :

  • la présence de la centrale nucléaire de Civaux qui nécessite des mesures de gestion particulières,
  • dans la partie aval du bassin, une qualité de l’eau très dégradée par les nitrates et les pesticides que cela soit en superficiel ou en souterrain,
  • sur la partie moyenne, une qualité de l’eau dégradée pour tout ce qui est phosphore, matières organiques et oxydables.
Le Clain

Le Clain, d’une longueur d’environ 125 kilomètres, prend sa source au nord-est du département de la Charente avant de se jeter dans la Vienne, près de Châtellerault.

Le Clain et son bassin hydrographique s’étendent principalement dans le département de la Vienne, et de manière moins notable en Charente et en Deux-Sèvres. Quelques affluents importants peuvent être cités tels que la Clouère, l’Auxance, la Dive du sud ou encore la Boivre.

Le bassin du Clain est sensiblement moins arrosé que celui de la Vienne il est principalement développé sur des terrains sédimentaires d’où un réseau hydrographique de faible densité et la superposition de plusieurs aquifères.

Le cours du Clain forme une vallée encaissée d’une cinquantaine de mètres de profondeur pouvant engendrer lors d’épisodes pluvieux intenses, des débordements importants notamment au niveau de la ville de Poitiers.

Parmi les problématiques importantes de l’eau sur ce bassin peuvent être citées :

  • le déséquilibre chronique existant entre ressource en eau disponible et besoins notamment en période d’étiage. L’accentuation des étiages naturels est à mettre en relation avec l’aménagement des bassins versants, les travaux hydrauliques effectués sur les cours d’eau et zones humides et principalement avec les prélèvements réalisés en rivière et en nappe.
  • une dégradation de la qualité des eaux et des milieux.
La Sèvre Niortaise

D’une longueur de 159 kilomètres (hors maillage annexe en marais), la Sèvre Niortaise prend sa source à l’Est du département des Deux-Sèvres, traverse le Marais Poitevin avant de finir son cours dans la baie de l’Aiguillon.

La Sèvre - Niortaise à Magné (Deux-Sèvres)
La Sèvre - Niortaise à Magné (Deux-Sèvres)

Son bassin versant d’une superficie d’environ 3 350 km² s’étend sur 2 régions (Poitou-Charentes et Pays de la Loire) et 4 départements (Deux-Sèvres, Charente- Maritime, Vendée et Vienne). Les principaux affluents de ce fleuve côtier sont le Chambon, l’Egray, l’Autize, la Vendée, le Lambon et le Mignon. Plus de 1800 kilomètres de cours d’eau et canaux sont comptabilisés sur l’ensemble du bassin Sèvre Niortaise Marais Poitevin (en incluant seulement les réseaux primaire et secondaire du marais).

L’une des caractéristiques du bassin de la Sèvre Niortaise est d’inclure une grande partie du Marais Poitevin, seconde zone humide de France. De nombreux aménagements ont été faits sur le marais conduisant à une structuration entre marais mouillés et marais desséchés, avec un fonctionnement hydraulique distinct. Des évolutions marquées au cours du temps ont conduit à une sollicitation plus importante des ressources en eau sur ce bassin versant, engendrant notamment :

  • une dégradation importante de la qualité des eaux avec des secteurs pour lesquels la qualité des eaux est proche des limites maximum autorisées par la réglementation pour la production d’eau potable,
  • un important déséquilibre entre les besoins en eau et les ressources disponibles notamment en période d’étiage,
  • la dégradation de milieux humides remarquables,
  • une augmentation des risques d’inondation.
Le Thouet

Long de 142 km, le Thouet prend sa source dans la Gâtine, au sud-ouest des Deux-Sèvres. Son bassin versant possède une superficie totale de 3 396 km2, s’étale sur 2 régions (Poitou-Charentes et Pays de la Loire) et 3 départements (Deux-Sèvres, Vienne et Maine-et-Loire).

Ces principaux affluents sont le Cébron, le Thouaret, l’Argenton ou en encore la Dive du Nord.

Le Thouet a la particularité de traverser deux structures géologiques très différentes (le massif armoricain au sud et à l’ouest, le bassin Parisien au nord et à l’est) d’où des caractéristiques hydrologiques et hydrogéologiques particulières au niveau de son bassin versant :

  • sur la partie sud et ouest, les terrains sont peu perméables, il n’y a donc pas d’aquifère important mais principalement un ruissellement des précipitations sur ces zones.
  • au nord et à l’est, la couverture sédimentaire permet la formation d’aquifère pouvant contenir des réserves en eau importantes afin d’assurer un soutien aux débits d’étiage.
  • le réseau hydrographique du bassin du Thouet est donc beaucoup plus dense sur sa partie ouest où de nombreux affluents prennent leur source dans la Gâtine.

Le Thouet a, durant de nombreuses années, servi à la navigation des bateaux pour le transport de marchandises induisant ainsi de nombreux travaux sur le cours d’eau et des modifications profondes de celui-ci.

Parmi les problématiques importantes de l’eau sur ce bassin liées aux usages anciens et actuels du Thouet, peuvent être cités :

  • un déséquilibre important entre la préservation du milieu et les usages actuels de l’eau,
  • une qualité de l’eau dégradée (physico-chimique et biologique),
  • un déséquilibre entre besoins en eau et ressources effectivement disponibles,
  • de nombreux ouvrages non gérés et abandonnés.
La Sèvre Nantaise

La Sèvre Nantaise (159 km de long) prend sa source sur le plateau de Gâtine puis traverse 3 départements (Vendée, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique) avant de se jeter dans la Loire à Nantes.

Son bassin versant d’une superficie de 2 350 km2, comprend plusieurs affluents de la Sèvre Nantaise comme l’Ouin, la Moine, la Sanguèze ou encore la Maine.

La Sèvre Nantaise est une rivière abondante qui est entravée par de nombreux aménagements (seuils, clapets, vannes …) qui sont de plus en plus laissés à l’abandon. Sa dynamique d’écoulement est également perturbée par des travaux antérieurs de modification du lit principal.

Son bassin versant est marqué par une qualité des eaux médiocre que ce soit pour la Sèvre Nantaise ou ses affluents, de nombreuses pressions altèrent les milieux naturels et la dynamique d’écoulement est fortement perturbée.

La Charente

D’une longueur totale de 381 km, la Charente est un fleuve navigable jusqu’à l’océan Atlantique sur environ 179 kilomètres. Elle prend sa source en Haute-Vienne avant de traverser les Charentes et de se jeter dans l’océan près de Fouras

Le bassin versant de la Charente, de près de 10 000 km2, est celui qui couvre la plus grande surface en Poitou- Charentes, avec ses 6000 kilomètres de cours d’eau contributeurs.

De nombreux affluents sont rattachés au fleuve : la Boutonne, le Né, la Seugne, l’Aume Couture, la Tardoire, l’Antenne …

La Boutonne est le plus long affluent du fleuve Charente. Cette rivière d’environ 100 kilomètres prend sa source en Deux-Sèvres puis traverse la Charente-Maritime avant de se jeter dans la Charente. Son bassin versant d’une superficie de 1320 km2 peut-être divisé en 3 parties le long de sa vallée alluviale. De nombreux ouvrages hydrauliques sont recensés sur le cours de la Boutonne, le plus souvent peu entretenus.

Différents paysages se succèdent le long du cours de la Charente, chacun possédant des caractéristiques bien particulières :

  • la haute vallée de la source jusqu’à Angoulême, qui marque le point de contact géologique entre le massif granitique de la Charente limousine et les terrains secondaires du calcaire jurassique inférieur des pays charentais.
    La Charente à Rochefort (Charente-Maritime)
    La Charente à Rochefort (Charente-Maritime)
  • De nombreux lacs et barrages sont observés sur ce secteur dont notamment les barrages de Lavaud et Mas Chaban utilisés comme soutien pendant l’étiage.
  • une succession de vallées et de plaines d’Angoulême à Rochefort dans lesquelles la Charente tend à s’élargir. À noter, la présence ici de « prées », zones inondables occupées par des prairies.
  • la basse vallée et l’estuaire de la Charente à partir de Rochefort. On retrouve ici les marais côtiers et le bassin de Marennes d’Oléron avec la présence de vasières, prairies humides, canaux …

Ce vaste bassin versant doit faire face à de nombreuses problématiques parmi lesquelles :

  • la dégradation de la qualité des eaux,
  • des risques d’inondations importants,
  • un déséquilibre entre besoins en eau et ressources effectivement disponibles,
  • une continuité écologique à améliorer,
  • des usages de l’eau à concilier.
La Seudre

Fleuve côtier d’une longueur de près de 70 km, la Seudre prend sa source en Saintonge et se jette dans le Golfe de Gascogne. Le bassin de la Seudre, d’environ 855 km2, est constitué de marais d’eau salée dont la surface représente la plus importante du littoral français.

La Seudre est reliée à la Charente par un canal et présente quelques petits affluents dont la Palud.

Le fonctionnement hydrologique de la Seudre est lié au contexte calcaire dans lequel s’est développé son bassin, la rivière est caractérisée par un régime de type pluvial.

De part sa localisation et son fonctionnement particulier, et en lien avec les nombreux usages de l’eau qui y sont recensés, le bassin de la Seudre est soumis à différents problèmes de :

  • gestion quantitative (étiages sévères avec des déséquilibres observés entre besoins et ressources disponibles, inondations, dessalures …),
  • gestion qualitative (pollutions microbiologiques, nitrates et pesticides, métaux lourds (cuivre, cadmium) …),
  • dégradation des habitats (obstacles à la libre circulation des poissons, zones humides et annexes fluviales asséchées, recalibrage du lit …).
La Dronne

La Dronne est une rivière assez abondante de type pluvial océanique dont la longueur atteint les 200 km. Elle prend sa source en Haute-Vienne, dans le Massif Central, et suit son cours le long de la limite entre Limousin et Aquitaine. Elle finit sa course à Coutras où elle se jette dans l’Isle.

Le bassin de la Dronne, d’environ 2 800 km2, présente des biotopes variés avec la présence d’une flore et d’une faune riches.

Plusieurs problématiques sont mises en avant sur ce bassin versant parmi lesquelles :

  • des risques d’inondations
  • des déséquilibres observés entre besoins et ressources disponibles d’un point de vue quantitatif
  • une dégradation de la qualité des eaux et des milieux naturels.
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2.3. Le suivi du débit des cours d’eau

La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), puis les Services Prévisions des Crues depuis 2007, suivent les variations de débit des cours d’eau sur le territoire régional, grâce à une cinquantaine de stations de mesure réparties sur les principaux cours d’eau de la région.

Les stations de mesure de débit des cours d’eau en Poitou-Charentes
Les stations de mesure de débit des cours d’eau en Poitou-Charentes

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

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2.4. Les mares et plans d’eau

Point de mesure sur La Charente à Saint Savinien (Charente-Matitime)
Point de mesure sur La Charente à Saint Savinien (Charente-Matitime)

À la différence des cours d’eau, les eaux des mares et étangs sont stagnantes. La profondeur est faible de sorte que la lumière, qui permet la photosynthèse, pénètre souvent jusqu’au fond.

La typologie principale de ces milieux s’appuie sur leur taille et leur morphologie.

Parmi les types classiquement retenus, seuls les suivants sont présents dans la région :

  • les mares, de petite taille et peu profondes,
  • les étangs, plus grands et plus profonds mais pas suffisamment pour posséder la stratification thermique typique des lacs (alternance de couches froides et chaudes),
  • les réservoirs ou lacs de barrages, avec généralement un marnage des eaux important,
  • les bras morts abandonnés et les fossés et canaux des marais (ces derniers présentant un léger courant qui les situe aux frontières entre les eaux dormantes et les eaux courantes).

La technique usuellement utilisée consiste à mesurer la hauteur d’eau par une station hydrométrique située sur une rivière en un point précis, et à corréler cette hauteur à un débit au moyen d’une courbe de tarage d’eau établie grâce à des jaugeages (mesure ponctuelle du débit). Cette relation est propre à chaque site de mesure et peut varier dans le temps, en particulier suite à une crue. Il est donc nécessaire de mesurer régulièrement le débit pour définir la relation hauteur-débit et suivre son évolution.

La mesure peut être effectuée soit à intervalles réguliers (une fois par jour, par semaine, par mois...), soit de manière continue.

Un important travail de terrain (maintenance des stations et réalisation de jaugeages) permet de garantir la fiabilité des données. Une fois validés, les débits moyens journaliers sont envoyés dans la banque nationale HYDRO du Ministère chargé de l’Écologie. La banque nationale HYDRO stocke les mesures de hauteurs d’eau en provenance de 3 500 stations de mesures (dont 2 400 sont actuellement en service) et permet de calculer des statistiques poussées sur les mesures de débit.

Enfin une quarantaine de stations est utilisée à des fins de police de l’eau, dans le cadre des plans d’alerte qui entrent en vigueur en situation de crise chaque année en Poitou-Charentes.

Ces observations permettent l’évaluation des débits de référence des cours d’eau, dont la connaissance est nécessaire pour la prévention des inondations (débits de crues), pour la répartition des prélèvements, ou l’étude de l’impact des pollutions (débit d’étiage)…

Les étangs de carrières et gravières abandonnées, les bassins de décantation des autoroutes et les mares DFCI (Défense Contre les Incendies) constituent d’autres types, d’origine entièrement anthropique, mais qui peuvent, sous certaines conditions, revêtir une grande importance biologique. (Poitou-Charentes Nature, 2006)

Lac de Saint Cyr (Vienne)
Lac de Saint Cyr (Vienne)

La genèse de ces milieux dulçaquicoles (eau douce) peu profonds dépend généralement de l’Homme : ancienne carrière, réserve d’eau à usage domestique ou pour les cultures, abreuvoir pour le bétail, bassin d’élevage de poissons ou de canards, mares de tonnes de chasse, etc. Ces plans d’eau présentent des ceintures de végétation intéressantes et typiques des zones humides qui jouent un rôle épurateur et offrent nourriture, abri et support de ponte pour de nombreux animaux. Lorsqu’ils ne sont pas entretenus, mares et étangs peuvent se combler assez rapidement car la végétation produite chaque année se dépose sur le fond sous forme de matière organique.

En outre, une présence trop importante de mares et d’étangs au sein d’un bassin versant, notamment au niveau des têtes de bassins, peut être néfaste pour les cours d’eau. Cela peut en effet engendrer divers phénomènes tels que le réchauffement, l’évaporation, la dégradation de la qualité d’eau, la colonisation par des espèces invasives...

En Poitou-Charentes, ces types de ressources en eau sont principalement localisés au nord-ouest des Deux- Sèvres, en Vienne le long du bassin du Clain et de la Vienne, ainsi qu’au sud de la Charente et de la Charente-Maritime.

Rappelons que les plans d’eau constituent des masses d’eau qui doivent être suivies et évaluées dans le cadre du bon état imposé par la Directive Cadre sur l’Eau. Dans ce cadre et pour faire face au manque de connaissances sur l’état des plans d’eau, naturels et artificiels, l’ONEMA et l’IRSTEA se sont associés pour créer un pôle d’études et de recherche spécialisé « hydroécologie des plans d’eau ». Son objectif est de produire les connaissances nécessaires pour restaurer l’état de ces masses d’eau. Les études de ce pôle ont révélé que la France totalise près de 439 plans d’eau d’une superficie supérieure à 50 hectares, dont 84% sont artificiels ou fortement modifiés. Ils sont majoritairement concentrés sur quelques bassins dont notamment Loire-Bretagne et Adour-Garonne. (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, 2010)

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
l’eau et moi > Comprendre l’eau > Le bassin versant
l’eau et moi > Comprendre l’eau > Les eaux souterraines

 Pour aller plus loin
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • étiages, étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Lit majeur : Lit maximum qu’occupe un cours d’eau dans lequel l’écoulement ne s’effectue que temporairement lors du débordement des eaux hors du lit mineur en période de très hautes eaux en particulier lors de la plus grande crue historique.
  • Lit mineur : Partie du lit compris entre des berges franches ou bien marquées dans laquelle l’intégralité de l’écoulement s’effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
  • Marais mouillés : zones inondables par crue ou par engorgement en période pluvieuse.
  • Métaux lourds : On désigne par le terme "métaux lourds", les métaux qui ont une masse volumique supérieure à 4,5 g/cm3 (protocole relatif aux métaux lourds de la convention de Genève). Sont donc qualifiés de métaux lourds les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l’environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn),... Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). Les métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ...Les effets engendrés par ces polluants sont variés et dépendent également de l’état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique). Ils contaminent également les sols et les aliments et s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Risques : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Année hydrologique : Période de 12 mois qui débute après le mois habituel des plus basses eaux.
  • Aquifères : Le terme aquifère est utilisé dans deux acceptations : pour décrire les propriétés d’un milieu capable de contenir de l’eau en partie mobilisable. Et ce terme décrit aussi l’ensemble de "roches perméables comportant une zone saturée [...] suffisamment conducteur d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe [...] et le captage de quantités d’eau appréciables" (castamy et al., 1977)
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Bon état : Le bon état est l’objectif à atteindre pour l’ensemble des eaux en 2015, conformément à la directive cadre sur l’eau, sauf en cas de report de délai ou de définition d’un objectif moins strict. Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins "bons". Le bon état d’une eau souterraine est atteint lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons". (Glossaire EauFrance)
  • Continuité écologique : Se définit par la libre circulation des espèces biologiques et le bon écoulement du transport naturel des sédiments d’un cours d’eau. La notion de continuité écologique qui jusqu’à la loi sur l’eau de 2006 ne prenait pas en compte le transport des sédiments. (Glossaire EauFrance)
  • Crues : Phénomène caractérisé par une montée plus ou moins brutale du niveau d’un cours d’eau, liée à une croissance du débit. La crue ne se traduit pas toujours par un débordement du lit mineur. On caractérise d’ailleurs les crues par leur période de récurrence ou période de retour : la crue quinquennale (fréquence une année sur 5 - Récurrence 5), la crue décennale (fréquence une année sur 10 - Récurrence 10), la crue centennale (fréquence une année sur 100 - Récurrence 100). Les crues saisonnières sont des phénomènes naturels. Elles sont essentielles au maintien de la diversité des hydrosystèmes et des services rendus par la nature. (Glossaire EauFrance)
  • Débits : le débit d’un cours d’eau en un point donné est la quantité d’eau (m3 ou litres) passant en ce point par seconde il s’exprime en m3/s ou en l/s.
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Hydrologie : L’hydrologie est la science ayant pour objet l’étude des propriétés physiques, chimiques et biologiques des eaux situées à la surface de la Terre et au-dessous de cette surface, en particulier du point de vue de leur formation, de leur déplacement, de leur répartition dans le temps et l’espace et de leur interaction avec l’environnement inerte et vivant. L’hydrologie continentale étudie les fleuves, lacs et marais, les eaux souterraines et les étendues d’eau solide des terres émergées, tandis que l’hydrologie marine s’identifie à l’océanographie. (Météo France)
  • Marais : Milieu humide de type intermédiaire, à la fois aquatique (de faible profondeur) et terrestre et caractérisé par des inondations saisonnières. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Matières organiques et oxydables : Désigne l’ensemble des matières organiques carbonées et azotées (substances d’origine biologique). Elles constituent l’essentiel de la partie biodégradable de la pollution organique rejetée. Pour les éliminer, les bactéries présentes dans le milieu utilisent l’oxygène dissous dans l’eau. Des déversements importants de matière organique peuvent entraîner des déficits notables en oxygène dissous, perturbant ainsi l’équilibre biologique de la rivière.
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
  • Zone humide : Zone où l’eau est le principal facteur qui contrôle le milieu naturel et la vie animale et végétale associée. Elle apparaît là où la nappe phréatique arrive près de la surface ou affleure ou encore, là où des eaux peu profondes recouvrent les terres. Il s’agit par exemple des tourbières, des marais, des lacs, des lagunes.
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