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Les aménagements de cours d’eau

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

4.1. L’impact des travaux hydrauliques

4.2. Les ouvrages en rivière


4.1. L’impact des travaux hydrauliques

Les cours d’eau sont des milieux dynamiques évoluant perpétuellement en fonction des caractéristiques physiques et saisonnières. La qualité de vie d’un cours d’eau dépend de nombreux facteurs tels que la vitesse du courant, la sinuosité du lit, le débit, la qualité de la ripisylve, le taux d’oxygène dissous….

Ces facteurs peuvent être dégradés ou modifiés, c’est pourquoi les cours d’eau doivent être entretenus ou aménagés afin de maintenir leurs différentes fonctionnalités pour différents usages, et de restaurer leur bon état écologique.

Sans intervention de l’Homme, la richesse des cours d’eau disparait. En effet, les lits des cours d’eau s’encombrent de divers détritus et les berges sont envahies par la végétation. L’envasement prend alors le dessus, les capacités d’écoulement sont réduites et les risques d’inondation augmentent. La qualité écologique diminue, les cours d’eau sont alors moins diversifiés en termes d’espèces (animales et végétales).

On entend par « travaux hydrauliques », des modifications du lit mineur des rivières telles que les modifications du profil en long et du profil en travers suite à des travaux de rectification de méandres ou de recalibrage…, les modifications de tracé de cours d’eau, la création de plans d’eau sur cours, les travaux de curage de cours d’eau …

En milieu rural, les cours d’eau ont souvent été chenalisés dans le but d’accroître le drainage des surfaces agricoles notamment. De plus, la chenalisation a souvent été préférée dans le cadre de la lutte contre les inondations, déplaçant ainsi le problème des inondations vers l’aval.

Or, la chenalisation réduit la recharge des nappes phréatiques de la plaine alluviale en empêchant le débordement dans le lit l’hiver. La plaine alluviale s’assèche alors plus vite et n’assure plus complètement son rôle d’alimentation des débits d’étiage vers l’aval.

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4.2. Les ouvrages en rivière

En France, plusieurs dizaines de milliers d’obstacles à l’écoulement (barrages, écluses, seuils, digues, ports, moulins) ont été recensés sur les cours d’eau. Ils sont à l’origine de profondes transformations de la morphologie et de l’hydrologie des milieux aquatiques, et ils perturbent fortement le fonctionnement de ces écosystèmes. Outre les effets sur la qualité de l’eau et sur la biodiversité, la dynamique des cours d’eau est également impactée. Le transit sédimentaire est interrompu et provoque de grands déséquilibres sur la dynamique du cours d’eau dont par exemple des variations du débit. Ces déséquilibres pouvant ensuite se répercuter sur les milieux aquatiques et les espèces inféodées à ces milieux.

Magné (Deux-Sèvres)
Magné (Deux-Sèvres)
Les ouvrages en rivière sont ainsi à l’origine de la perturbation de la continuité écologique, qui vise la possibilité de circulation des espèces animales et le bon déroulement du transport des sédiments et qui est souhaitée dans le cadre des SDAGE.

Près de 12000 ouvrages transversaux (seuils ou barrages) sont comptabilisés à l’échelle du bassin Loire- Bretagne. La majorité sont de petites tailles et ont été mis en place pour utiliser l’énergie des cours d’eau. À l’heure actuelle, il est estimé que 60% de ces ouvrages ne sont plus utilisés mais font toujours partie intégrante du paysage.

Or, ces ouvrages non gérés ni entretenus, peuvent avoir des effets néfastes sur la qualité de l’eau, la biodiversité et la dynamique du cours d’eau.

Quelques exemples d’impacts et risques induits par des ouvrages non entretenus peuvent être cités : obstacles à la migration des poissons, ennoiement de frayères, réduction des débits en cas de dérivation, fluctuation brutale des débits en cas de fonctionnement par éclusées ou lors de surverses, blocage du transport solide, altération de la qualité du cours d’eau lors des opérations de désenvasement.

Les obstacles à l’écoulement des cours d’eau de Poitou-Charentes
Les obstacles à l’écoulement des cours d’eau de Poitou-Charentes

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques : Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Suivi des écoulements La gestion de l’eau > Rivières et crues

 Pour aller plus loin
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Lit mineur : Partie du lit compris entre des berges franches ou bien marquées dans laquelle l’intégralité de l’écoulement s’effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
  • Oxygène dissous : La présence dans l’eau d’oxygène est liée à des échanges avec l’air. Elle dépend également de la quantité consommée par les organismes vivants (respiration) et de la quantité produite pendant la journée par les végétaux (photosynthèse). D’autre part les rejets d’origine organique (stations d’épuration urbaines, laiteries..) sont susceptibles de réduire la quantité d’oxygène dans l’eau, ce gaz intervenant dans la dégradation de la matière organique. L’oxygène dissous est un paramètre d’une grande importance écologique qui varie selon un cycle journalier identique à celui du pH.
  • Ripisylve : Formation végétale qui se développe sur les bords des cours d’eau ou des plans d’eau situés dans la zone frontière entre l’eau et la terre (écotones). Elle est constituée de peuplements particuliers du fait de la présence d’eau pendant des périodes plus ou moin longues (saules, aulnes, frênes en bordure, érables et ormes plus en hauteur, chênes pédonculés, charmes sur le haut des berges). On distingue : le boisement de berge (généralement géré dans le cadre des programmes d’entretien des rivières) situé à proximité immédiate du lit mineur, et la forêt alluviale qui s’étend plus largement dans le lit majeur. La nature de la ripisylve est étroitement liée aux écoulements superficiels et souterrains. Elle exerce une action sur la géométrie du lit, la stabilité des berges, la qualité de l’eau, la vie aquatique, la biodiversité animale et végétale.
  • Risques : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • SDAGE : Créé par l’article 3 de la loi sur l’eau de 1992, le SDAGE "fixe pour chaque bassin les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau". Un SDAGE a donc été élaboré (l’échéance de réalisation était prévue par la loi de 1992 au 3 janvier 1997), à l’initiative des préfets de bassin, sur le territoire couvert par chaque Agence de l’Eau. La réalisation des SDAGE a conduit à la constitution de groupes de travail associant les industriels, les agriculteurs, les professionnels du tourisme, les associations de protection de l’environnement, etc. Les comités de bassin ont finalisé le contenu des SDAGE. Un SDAGE est un document d’orientation définissant des objectifs de gestion des milieux aquatiques. Il contient un diagnostic (état des lieux, des usages, impacts des gestions et enjeux), les objectifs à atteindre, et les moyens de mise en œuvre. Pour ce faire des tableaux de bord synthétisant des indicateurs ont été mis en place, les thèmes sont : prévention et gestion des risques, gestion et protection des milieux, gestion qualitative et quantitative de la ressource, alimentation en eau potable et santé publique, organisation de la gestion concertée.
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Bon état écologique : L’état écologique est l’appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés aux eaux de surface. Il s’appuie sur ces critères appelés éléments de qualité qui peuvent être de nature biologiques (présence d’êtres vivants végétaux et animaux), hydromorphologique ou physico-chimiques. L’état écologique comporte cinq classes : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais. Pour chaque type de masse de d’eau il se caractérise par un écart aux conditions de références qui sont les conditions représentatives d’une Eau de surface pas ou très peu influencée par l’activité humaine. (Glossaire EauFrance)
  • Continuité écologique : Se définit par la libre circulation des espèces biologiques et le bon écoulement du transport naturel des sédiments d’un cours d’eau. La notion de continuité écologique qui jusqu’à la loi sur l’eau de 2006 ne prenait pas en compte le transport des sédiments. (Glossaire EauFrance)
  • Débits : le débit d’un cours d’eau en un point donné est la quantité d’eau (m3 ou litres) passant en ce point par seconde il s’exprime en m3/s ou en l/s.
  • Drainage : Opération qui consiste à collecter et évacuer, notamment au moyen de fossés ou de drains, des eaux présentes en excédent dans le sol et le sous-sol. (Commissariat Général du Plan)
  • Frayères : Zone d’un milieu aquatique où a lieu la reproduction des poissons (ponte et fécondation).
  • Hydrologie : L’hydrologie est la science ayant pour objet l’étude des propriétés physiques, chimiques et biologiques des eaux situées à la surface de la Terre et au-dessous de cette surface, en particulier du point de vue de leur formation, de leur déplacement, de leur répartition dans le temps et l’espace et de leur interaction avec l’environnement inerte et vivant. L’hydrologie continentale étudie les fleuves, lacs et marais, les eaux souterraines et les étendues d’eau solide des terres émergées, tandis que l’hydrologie marine s’identifie à l’océanographie. (Météo France)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Phréatique : Voir Nappe phréatique
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