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L’eau, échéance 2015
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Le bon état des eaux par masses d’eau

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

Une masse d’eau est un volume d’eau qui présente une certaine homogénéité du point de vue des caractéristiques naturelles et des pressions exercées par les activités humaines, et pour lequel il est possible de définir un même objectif de qualité. Un même cours d’eau peut être divisé en plusieurs masses d’eau si ses caractéristiques diffèrent de l’amont à l’aval par exemple.

Il existe 5 sortes de masses d’eau : les cours d’eau, les plans d’eau, les eaux de transition (estuaires), les eaux côtières (eaux marines le long du littoral) et les eaux souterraines. Plus globalement, les masses d’eau se décomposent en deux grandes catégories : les masses d’eau superficielles ou de surface (cours d’eau, plans d’eau, estuaires ou portions du littoral) et les masses d’eau souterraines.

Ces masses d’eau servent de base à la définition du « bon état » qui correspond à des milieux dont les peuplements vivants sont diversifiés et équilibrés. Il se rapporte aussi à une qualité des milieux aquatiques permettant la plus large panoplie d’usages : eau potable, irrigation, usages économiques, pêche, intérêt naturaliste … (Comité de bassin Loire-Bretagne, 2004).

La région Poitou-Charentes comporte 49 masses d’eau souterraines et 399 masses d’eau de surface (dont 95 % sont des cours d’eau). Plus précisément, ont été dénombrées 380 masses d’eau « cours d’eau » et 7 masses d’eau « plans d’eau » , le littoral picto-charentais regroupe quant à lui 7 masses d’eau côtières et 5 masses d’eau de transition (Observatoire Régional de l’Environnement, 2013b).

Étang du Bois de Saint Pierre (Vienne)
Étang du Bois de Saint Pierre (Vienne)

1.1. Pour les masses d’eau de surface

L’état d’une eau de surface (cours d’eau, plans d’eau et eaux littorales (eaux côtières et de transition) est évalué au regard :

  • du « bon état chimique » de l’eau, lorsque sont respectées certaines concentrations de substances prioritaires (fixées par des directives européennes) au regard des normes de qualité environnementales (NQE). Il suffit qu’un paramètre dépasse le seuil fixé pour que le cours d’eau ne soit pas considéré en bon état. 41 substances sont contrôlées dont 33 sont prioritaires et 8 sont dites dangereuses.
  • et du « bon (ou très bon) état écologique » apprécié selon différents critères de qualité et prenant en compte la qualité de l’ensemble des compartiments écologiques (eau, faune, flore, habitat) :
    • biologique (poissons, phytoplancton, macroalgues, plantes aquatiques, invertébrés, diatomées…) : les organismes vivant dans les eaux superficielles (poissons, insectes aquatiques…) sont en effet les victimes et donc les témoins de la circulation des pollutions non détectées par les analyses physico-chimiques.
    • hydromorphologique (état des berges ou de la côte, continuité de la rivière, régime des marées) : les caractéristiques physiques naturelles des rivières et de leurs annexes hydrauliques jouent un rôle dans l’atteinte du bon état car déterminantes des capacités d’accueil des espèces. Pour les eaux littorales, seront plus particulièrement suivis la profondeur, le marnage, les courants …
    • physico-chimique : les paramètres évalués (température, oxygène dissous, nutriments, salinité, pH, phosphore, nitrate, turbidité …) ayant un rôle important pour la vie dans les cours d’eau ou dans les eaux littorales, et pour la santé publique (les cours d’eau servent d’exutoire naturel et de moyens de transports des rejets des activités humaines). Pour chaque type de masse d’eau de surface, le bon état s’évalue par rapport à des conditions de référence qui sont représentatives d’une eau de surface de ce type, pas ou très peu influencée par l’activité humaine. Pour qu’une eau de surface soit déclarée en bon état, il faut que son état écologique et son état chimique soient déclarés simultanément comme tels.
La notion de bon état pour les eaux de surface
La notion de bon état pour les eaux de surface

À noter que pour les masses d’eau artificielles ou fortement modifiées (MEA ou MEFM), on ne parle pas de « bon état écologique » mais de « bon potentiel écologique ».

Sont classées en MEA toutes les masses d’eau de surface créées entièrement par l’Homme dans une zone qui était sèche auparavant il peut s’agir d’un lac artificiel ou des canaux par exemple. Les MEFM correspondent à des masses d’eau existantes qui ont subi des modifications physiques dues aux activités humaines engendrées pour certains usages (le stockage d’eau, la protection contre les inondations …) et qui s’en trouvent fondamentalement modifiées quant à leurs caractères.

L’atteinte du bon état écologique pour ces masses d’eau particulières est alors impossible sans remettre en cause l’objet de la création ou de la modification (par exemple une portion de cours d’eau canalisée ou modifiée par un barrage). Les valeurs de référence sont dans ce cas moins strictes et l’évaluation tient compte des modifications opérées sur la masse d’eau.

1.2. Pour les masses d’eau souterraines

L’état des masses d’eau souterraines est évalué au regard de l’état chimique et de l’état quantitatif de l’aquifère.

Le bon état quantitatif d’une eau souterraine est atteint lorsque les prélèvements ne dépassent pas la capacité de renouvellement de la ressource disponible, compte tenu de la nécessaire alimentation des écosystèmes de surface. Si un déséquilibre est observé, alors la masse d’eau souterraine n’est pas considérée comme étant en bon état.

L’état chimique est déclaré « bon » si :

  • les concentrations en polluants qui sont liés aux activités humaines restent inférieures aux normes et aux valeurs seuils,
  • l’atteinte des objectifs fixés pour les masses d’eaux de surface alimentées par les eaux souterraines considérées n’est pas impactée,
  • les activités humaines n’induisent aucune intrusion d’eau salée.

Pour qu’une eau souterraine soit déclarée en bon état, il faut que son état quantitatif et son état chimique soient déclarés simultanément comme tels.

La notion de bon état pour les eaux souterraines
La notion de bon état pour les eaux souterraines

À noter qu’une circulaire du ministère de l’Écologie, en date du 23 octobre 2012, est parue afin de mieux préciser les modalités de l’évaluation de l’état quantitatif et chimique des eaux souterraines ainsi que la procédure d’établissement des valeurs seuils. L’objectif étant d’assurer une mise en oeuvre cohérente à l’échelle du territoire, la Commission européenne ayant trouvé de fortes disparités d’un bassin à l’autre dans l’évaluation de l’état des eaux souterraines.

Des travaux sont en cours pour poursuivre l’amélioration et l’actualisation des méthodologies d’évaluation existantes.

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau :www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :

    • l’eau : échéance 2015 > Atteindre le bon état des eaux
    • l’eau : échéance 2015 > Le suivi près de chez moi
  •  Pour aller plus loin
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Oxygène dissous : La présence dans l’eau d’oxygène est liée à des échanges avec l’air. Elle dépend également de la quantité consommée par les organismes vivants (respiration) et de la quantité produite pendant la journée par les végétaux (photosynthèse). D’autre part les rejets d’origine organique (stations d’épuration urbaines, laiteries..) sont susceptibles de réduire la quantité d’oxygène dans l’eau, ce gaz intervenant dans la dégradation de la matière organique. L’oxygène dissous est un paramètre d’une grande importance écologique qui varie selon un cycle journalier identique à celui du pH.
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Turbidité : Caractéristique d’une eau dont la transparence est atténuée en raison de la présence de fines particules en suspension d’origine naturelle ou dues à des agents polluants. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Bon état : Le bon état est l’objectif à atteindre pour l’ensemble des eaux en 2015, conformément à la directive cadre sur l’eau, sauf en cas de report de délai ou de définition d’un objectif moins strict. Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins "bons". Le bon état d’une eau souterraine est atteint lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons". (Glossaire EauFrance)
  • Bon état chimique : Appréciation de la qualité d’une eau sur la base des concentrations en polluants incluant notamment les substances prioritaires. L’état chimique comporte deux classes : bon et médiocre. Le bon état chimique d’une eau souterraine est atteint lorsque les concentrations de polluants ne montrent pas d’effets d’entrée d’eau salée, ne dépassent pas les normes de qualité et n’empêchent pas d’atteindre les objectifs pour les eaux de surface associées. (Glossaire EauFrance)
  • Bon état écologique : L’état écologique est l’appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés aux eaux de surface. Il s’appuie sur ces critères appelés éléments de qualité qui peuvent être de nature biologiques (présence d’êtres vivants végétaux et animaux), hydromorphologique ou physico-chimiques. L’état écologique comporte cinq classes : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais. Pour chaque type de masse de d’eau il se caractérise par un écart aux conditions de références qui sont les conditions représentatives d’une Eau de surface pas ou très peu influencée par l’activité humaine. (Glossaire EauFrance)
  • Bon état quantitatif : Le bon état quantitatif d’une eau souterraine est atteint lorsque les prélèvements ne dépassent pas la capacité de renouvellement de la ressource disponible, compte tenu de la nécessaire alimentation des écosystèmes aquatiques de surface, des sites et zones humides directement dépendants. (Glossaire EauFrance)
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Eaux de transition : Eaux de surface situées à proximité des embouchures de rivières ou de fleuves, qui sont partiellement salines en raison de leur proximité des eaux côtières mais qui restent fondamentalement influencées par des courants d’eau douce. (Glossaire EauFrance)
  • Exutoire : Cours d’eau par lequel se déversent vers la partie aval d’un bassin fluvial les eaux d’un lac ou de toute autre zone humide occidentale. (Glossaire EauFrance)
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