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La surexploitation des nappes d’eau souterraines

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

L’état quantitatif d’une nappe est un solde entre les sorties d’eau en surface (écoulement vers les rivières et prélèvements d’origine anthropique) et la capacité de recharge de la nappe (par infiltration des eaux de pluie et des eaux de rivière). On parle d’équilibre lorsque l’écoulement et les prélèvements d’eau n’excèdent pas la recharge naturelle des nappes. (Sénat, 2013)

Une exploitation trop intense d’une nappe d’eau souterraine ou surexploitation est alors observée lorsque le volume d’eau extrait de la nappe est supérieur au volume de la recharge, et ceci pendant plusieurs années consécutives. Cela se traduit par un niveau piézométrique plus bas que son niveau initial. À noter que l’arrêt de l’exploitation d’une nappe ne signifie pas que celle-ci retrouve son niveau d’origine.

Si à court terme, cette problématique n’est pas forcément visible et quantifiable, à long terme l’épuisement de certaines ressources en eau souterraines parait inévitable en cas d’exploitation trop importante. En effet, à la différence des cours d’eau, les nappes sont des réservoirs dont le renouvellement est lent voire très lent, les prélèvements qui y sont faits ne sont donc pas comblés immédiatement. Tout ceci dépend fortement du type de nappe, des caractéristiques géologiques du secteur …

En Poitou-Charentes, la moitié des prélèvements effectués pour l’ensemble des usages anthropiques se fait en eaux souterraines. Il existe environ 25 000 points d’eau (forages, puits …) recensés en région parmi lesquels de nombreuses sources. Sur ces 25 000, environ 10 000 sont réellement captés pour l’eau potable, l’irrigation, l’industrie et autres usages.

Mais il est estimé à plus du double le nombre total si l’on tient compte des forages ou puits qui ne sont pas déclarés (tous les forages de plus de 10 mètres doivent être déclarés au titre du Code Minier), et qui constituent un risque de pollution pour la ressource en eau souterraine collective (SIGES Poitou-Charentes, 2013). À noter que depuis le 1er janvier 2009, tout particulier utilisant ou souhaitant réaliser un ouvrage de prélèvement d’eau souterraine (puits ou forage) à des fins d’usage domestique doit déclarer cet ouvrage ou son projet en mairie.

L’augmentation des prélèvements provoque localement des situations de surexploitation, qui débouchent sur des conflits d’usage et une dégradation progressive de la ressource en eau. Les cours d’eau qui sont en lien direct avec certaines nappes d’eau superficielles peuvent être impactés dès lors que celles-ci présentent des niveaux bas, notamment en été. Des assecs pourront alors être observés dans ces secteurs. Ce constat est traduit au niveau des Schémas Directeurs d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE), de manière différente sur les bassins Loire- Bretagne et Adour-Garonne.

Ainsi en Loire-Bretagne, certaines nappes sont classées en Nappes Intensément Exploitées (N.I.E.) : NIE du Dogger de la Vendée et de l’Infra-Toarcien du Clain, NIE du Jurassique supérieur de l’Aunis. Le SDAGE Adour-Garonne propose quant à lui la fixation de cotes piézométriques minimales, données indicatives pour les gestionnaires de l’eau.

En Charente, le département a mis en place un moratoire sur les nappes du Turonien et de l’Infra-Toarcien en 1999. Toujours d’actualité, celui-ci vise à réserver l’eau contenue dans ces nappes exclusivement à l’alimentation en eau potable. À noter qu’une démarche similaire existe depuis 2000 dans les départements des Deux-Sèvres et de la Vienne, sur la nappe de l’Infratoarcien.

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques : Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Suivi des écoulements La gestion de l’eau > Rivières et crues

 Pour aller plus loin
  • Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • SDAGE : Créé par l’article 3 de la loi sur l’eau de 1992, le SDAGE "fixe pour chaque bassin les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau". Un SDAGE a donc été élaboré (l’échéance de réalisation était prévue par la loi de 1992 au 3 janvier 1997), à l’initiative des préfets de bassin, sur le territoire couvert par chaque Agence de l’Eau. La réalisation des SDAGE a conduit à la constitution de groupes de travail associant les industriels, les agriculteurs, les professionnels du tourisme, les associations de protection de l’environnement, etc. Les comités de bassin ont finalisé le contenu des SDAGE. Un SDAGE est un document d’orientation définissant des objectifs de gestion des milieux aquatiques. Il contient un diagnostic (état des lieux, des usages, impacts des gestions et enjeux), les objectifs à atteindre, et les moyens de mise en œuvre. Pour ce faire des tableaux de bord synthétisant des indicateurs ont été mis en place, les thèmes sont : prévention et gestion des risques, gestion et protection des milieux, gestion qualitative et quantitative de la ressource, alimentation en eau potable et santé publique, organisation de la gestion concertée.
  • Assecs : Assèchement temporaire d’un cours d’eau ou d’un tronçon de cours d’eau.
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Infratoarcien : Le Toarcien est un étage appartenant au Jurassique inférieur (Lias) (ère secondaire), qui s’étend entre - 183 et - 175 millions d’années
  • Moratoire : Décision légale qui suspend provisoirement l’exécution de certaines obligations conventionnelles, et proroge divers délais.
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Turonien : Le Turonien est un étage appartenant au Crétacé supérieur (ère secondaire), situé entre - 93 et -89 millions d’années.
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