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> La qualité de l’eau en Poitou-Charentes

La qualité des eaux à l’état naturel

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

1.1. La qualité des eaux superficielles

> 1.1.1. La qualité physico-chimique de l’eau

> 1.1.2. La qualité biologique de l’eau

> 1.1.3. La qualité des milieux aquatiques

1.2. La qualité des eaux souterraines

> 1.2.1. Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines

> 1.2.2. Les résultats obtenus

1.3. La qualité des eaux littorales

> 1.3.1. Les différents réseaux de suivi

> 1.3.2. Le suivi des conditions climatiques et hydrologiques

> 1.3.3. La qualité sanitaire au travers du contrôle microbiologique

> 1.3.4. La surveillance du phytoplancton et des phycotoxines

> 1.3.5. L’observation de la contamination chimique

> 1.3.6. La production conchylicole

> 1.3.7. Le réseau benthique


1.1. La qualité des eaux superficielles

La qualité des cours d’eau est déterminée par des paramètres ayant un rôle important pour la vie dans les cours d’eau et la santé publique (les cours d’eau servent d’exutoire naturel et de moyens de transports des rejets des activités humaines), et retenus par le Ministère de l’Environnement et les Agences de l’Eau. Il s’agit principalement des matières en suspension (M.E.S.), des microalgues en suspension, des matières organiques et oxydables, de l’oxygène dissous, des matières azotées et phosphorées, des nitrates, des produits phytosanitaires, … de la température, de l’acidité (p.H.), des sels dissous, des métaux lourds, de la bactériologie …

La qualité des cours d’eau est définie suivant 5 classes la classe de qualité obtenue par le paramètre le plus défavorable est attribuée au cours d’eau :

Caractéristiques des classes de qualité des cours d’eau
Classe Représentation Qualité Caractéristiques
1A Bleu Excellente Tous les usages sont satisfaits. Les eaux sont facilement transformables en eau potable. Elles permettent la vie piscicole et la reproduction des poissons.
1B Vert Bonne
2 Jaune Moyenne Les usages récréatifs occasionnels sont possibles, mais la baignade est interdite. La production d’eau potable est possible. La reproduction de certains poissons peut être aléatoire
3 Orange Médiocre ou passable Les eaux sont utilisables pour les usages industriels peu exigeants. La production d’eau potable est déconseillée. La survie des poissons est aléatoire.
4 Rouge Mauvaise Ces eaux, excessivement polluées, sont inaptes à la plupart des usages.

(Sources : Les Agences de l’Eau)

Pour déterminer le degré d’altération de chaque polluant, la méthode du SEQ (Système d’Evaluation de la Qualité) est utilisée. Elle est initialement fondée sur trois volets :

  • la qualité physico-chimique de l’eau (SEQ Eau). Le SEQ-Eau, le seul vraiment développé, remplace la grille de 1971 pour la caractérisation de l’état physico-chimique des cours d’eau. Sa seconde version, développée en 2003, simplifie et améliore l’efficacité de l’évaluation de la qualité des eaux. Elle tient compte de nouvelles formes de pollution dont notamment les pesticides et les micropolluants organiques, et fait également appel à de nouvelles techniques d’évaluation de la qualité de l’eau.
  • l’artificialisation du lit mineur, des berges et du lit majeur (SEQ Physique). Le SEQ-Physique traite des paramètres influant sur la forme du cours d’eau et son fonctionnement hydrodynamique. Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses méthodes ont été développées dans les bassins pour l’évaluation de la qualité physique des cours d’eau : Seq Physique, Rom, REH, Carhyce, Syrah …
  • l’état des communautés vivantes (SEQ Bio) des cours d’eau. Le SEQ Bio tient compte des indices biologiques déjà existant dont notamment l’Indice Biologique Global Normalisé (I.B.G.N.).

Il s’appuie sur de nombreux paramètres biologiques : bactéries, végétaux aquatiques, invertébrés aquatiques, poissons, flore …

Ainsi, le SEQ-Eau permet une évaluation de la qualité de l’eau et de son aptitude à assurer certaines fonctionnalités tels que le maintien des équilibres biologiques, l’eau potable, les loisirs nautiques ou encore l’irrigation. Il répond aux besoins de la Directive Cadre sur l’Eau qui aborde la notion de « qualité écologique » des cours d’eau.

Il se base sur les différents types d’altérations de l’eau qui sont caractérisées par un regroupement de paramètres de même nature ou de même effet sur le milieu :

  • macropolluants : matières organiques et oxydables, matières azotées hors nitrate, nitrates, matières phosphorées, effets des proliférations végétales, particules en suspension, température, acidification
  • micropolluants synthétiques : pesticides, micropolluants organiques tels que les hydrocarbures par exemple
  • micropolluants minéraux : métaux. D’autres altérations peuvent être mesurées en complément.

Actuellement le Système d’Evaluation de l’État des Eaux (SEEE) est en cours d’élaboration par l’ONEMA, afin de répondre aux exigences de la D.C.E dans la perspective du deuxième cycle de gestion 2016-2021. L’outil SEEE permettra d’établir un état chimique et écologique pour chaque masse d’eau.

Les analyses permettant de mesurer ces altérations sont effectuées à de fréquences régulières dans le cadre des réseaux de surveillance. À partir de ces analyses, sont calculés une « qualité » ou un « état ».

En Poitou-Charentes, le Réseau National de Bassin (R.N.B.) comprenait 52 stations, suivies pour certaines depuis 1971. L’objectif de ce réseau était la connaissance de la qualité générale du milieu, avec des analyses sur la qualité physico-chimique (matières organiques, nitrates, phosphore, matières en suspension, …), la recherche de toxiques (métaux), de pesticides, la qualité biologique du milieu.

En 2007, le R.N.B. a évolué pour devenir le Réseau de Contrôle de Surveillance (R.C.S.) et pour intégrer dans ses objectifs la réponse aux exigences de la D.C.E.

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1.1.1. La qualité physico-chimique de l’eau

Les matières organiques et oxydables (MOOX)

L’altération par les MOOX indique la présence ou l’absence de pollution organique dans les eaux superficielles. Ces substances (matières organiques carbonées et azotées) sont dégradées par les microorganismes provoquant une consommation d’oxygène dissous dans les cours d’eau. Naturellement présentes dans le milieu, un apport excessif de ces matières organiques et oxydables, issues majoritairement d’activités humaines, peut engendrer des perturbations : consommation de l’oxygène dans l’eau (désoxygénation), par conséquent mortalité de poisson, et colmatage du fond des rivières.

En Poitou-Charentes, pour l’année 2011, environ 41% des points de suivi du R.C.S. (issus des Agences de l’Eau Loire-Bretagne et Adour-Garonne) indiquent une bonne qualité des eaux (voire une très bonne qualité pour 5% d’entre eux) vis-à-vis de l’altération « matières organiques et oxydables ». La qualité est jugée moyenne pour 30% des stations, médiocre pour 17% et mauvaise pour 12%.

Si la situation semble stable ces 3 dernières années, depuis 1999, la qualité des eaux superficielles vis-àvis de cette altération a fluctué. De 1999 à 2004 et de 2007 à 2008, 50 à 60% des points de suivi étaient de qualité bonne à très bonne, le reste des points étant essentiellement de qualité moyenne, et dans une moindre mesure médiocre et mauvaise.

De 2005 à 2006 et de 2009 à 2011, le pourcentage de points de suivi en bonne ou très bonne qualité est moindre, avoisinant les 40 à 45% 25 à 35% des points sont de qualité moyenne et le reste, de qualité médiocre à mauvaise.

La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières organiques et oxydables"
La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières organiques et oxydables"

Les secteurs les plus dégradés vis-à-vis de ce paramètre se rencontrent sur les bassins du Thouet, du Né, et de l’estuaire de la Charente. Plus localement, certains petits cours d’eau peuvent également être affectés. La qualité est en revanche très bonne sur la Sèvre Niortaise amont en 2011.

Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières organiques et oxydables"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières organiques et oxydables"

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Les matières phosphorées

Le phosphore est l’un des contributeurs essentiel à l’eutrophisation, phénomène de production végétale excessive. Il est issu des activités anthropiques par rejets : domestiques et urbains (rejets de stations d’épuration et pertes par les réseaux d’assainissement), industriels ou encore d’élevages agricoles avec notamment l’utilisation de produits fertilisants.

L’eutrophisation est également fonction de facteurs naturels telles que la quantité d’ensoleillement, la vitesse du courant ou bien encore la température. Une eutrophisation trop importante des rivières ou plans d’eau diminue l’oxygène dans l’eau perturbant les espèces inféodées au milieu.

En 2011, la grande majorité des stations est de bonne qualité pour cette altération (65,6%). Elle apparait très bonne pour près de 14,5%, moyenne pour 8,5%, médiocre et mauvaise pour 8% (le reste des stations présente une absence de données).

Une légère tendance à l’amélioration de la qualité des cours d’eau vis-à-vis de cette altération est observée ces dernières années et en particulier en 2010 (30% des points de très bonne qualité et 50% de bonne qualité).

La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières phosporées"
La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières phosporées"

Ainsi, les cours d’eau semblent peu affectés par la pollution au phosphore (et à fortiori par la problématique d’eutrophisation) comme en témoignent les résultats des Agences de l’Eau. Ponctuellement, les plus touchés sont l’Argenton et ses affluents, et la Boutonne amont.

Depuis le 1er juillet 2007, les phosphates sont interdits dans les lessives en France. Suite au Grenelle de l’Environnement, des réflexions sont en cours pour sa réduction dans d’autres produits lessiviels.

Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières phosphorées"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières phosphorées"

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Les nitrates

L’altération par les nitrates indique généralement un excès d’apports en fertilisants, ainsi que la transformation des pollutions organiques d’origine agricole et domestique dans les eaux superficielles.

En effet, la pollution par les nitrates est majoritairement liée aux rejets directs urbains, industriels et agricoles par le biais du lessivage des sols lors d’épisodes pluvieux notamment.

L’effet principal des nitrates dans l’eau est le développement des végétaux aquatiques et la participation à la prolifération d’algues. Tout comme le phosphore, les nitrates contribuent donc à l’apparition de phénomènes d’eutrophisation. La contamination des eaux de surface par les nitrates peut également poser problème pour la production d’eau destinée à la consommation humaine, en particulier dans les régions agricoles.

La pollution aux nitrates est un problème récurrent en Poitou-Charentes. Chaque année, la qualité des rivières vis-à-vis de cette altération est classée médiocre à mauvaise sur l’ensemble du territoire.

Les résultats en date de 2011 indiquent que 2% des stations sont de qualité très bonne, 8% bonne, 21% moyenne, 68% médiocre et 18% mauvaise.

L’évolution de la qualité des eaux superficielles pour cette altération est la suivante :

  • tendance « stable » depuis 1999 avec une légère fluctuation selon les années, liée notamment à l’influence des précipitations
  • légère amélioration peut cependant être observée entre 2006 et 2009
  • stabilisation jusqu’en 2011.
La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération nitrates"
La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération nitrates"

À noter que les facteurs d’évolution de la qualité sont essentiellement liés à l’influence de la pluviométrie en effet, les années où les précipitations sont plus importantes (2006, 2007 et 2008), le lessivage d’azote est plus important (par comparaison à l’année 2005). Mais les évolutions qualitatives sont aussi influencées par l’évolution des pressions comme les pratiques agricoles par exemple.

Seuls les bassins amont de la Vienne et de la Charente semblent les moins affectés, soit deux têtes de bassins situées en Limousin. À contrario, la Boutonne, la Dive du Nord, la Trézence et la Devise indiquent une mauvaise qualité.

Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"

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Les matières azotées

Cette altération est déterminée à partir de 3 paramètres caractérisant les matières azotées présentes dans l’eau (NH4+, NKJ, NO2).

Naturellement, ces différentes formes se succèdent et se transforment dans les milieux aquatiques, terrestres et aériens. Des apports supplémentaires de matières azotées peuvent venir perturber cet équilibre naturel et avoir ainsi des conséquences sur la vie des cours d’eau.

Les matières azotées sont issues principalement des rejets domestiques, industriels (notamment des industries agro-alimentaires) et d’élevage (déjections animales, eaux de lavage,…). Elles contribuent au développement d’algues et de végétaux dans les eaux superficielles et peuvent être toxiques pour les écosystèmes en particulier pour la faune piscicole.

Par rapport à cette altération, la situation semble plutôt favorable en 2011, et ces dernières années d’une manière générale.

Pour 2011, 2% des points de suivi sont de très bonne qualité, 71% de bonne qualité, 14,5% sont de qualité moyenne, 6% médiocre et 3,1% mauvaise. Ces derniers se situent localement sur la Boutonne amont, le Né ou encore l’estuaire de la Charente.

Depuis 1999, une tendance générale à l’amélioration de la qualité des eaux a pu être observée pour ce paramètre. Cette tendance peut s’expliquer par une amélioration de la collecte, du traitement et du rejet des eaux usées de la part des collectivités, ou bien par une amélioration des pratiques agricoles et/ou industrielles, plus respectueuses de l’environnement.

La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières azotées"
La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération matières azotées"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières azotées"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération matières azotées"

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L’effet des proliférations végétales

Dues à un enrichissement des eaux en substances nutritives et à des conditions hydromorphologiques et environnementales particulières, les proliférations végétales induisent une perturbation de l’équilibre des écosystèmes aquatiques et peuvent compromettre les usages liés à l’eau.

Cette altération détermine le niveau de développement de micro-algues en suspension dans l’eau ainsi que leurs effets sur le cycle de l’oxygène par l’eutrophisation des rivières ou des plans d’eau. Elle est évaluée sur la base de plusieurs paramètres : la chlorophylle « a », le pH et le pourcentage de saturation de l’oxygène dissous.

En région, la qualité des eaux vis-à-vis de cette altération est qualifiée de bonne à très bonne sur la quasi-totalité du territoire et cela depuis plusieurs années.

En 2011, 56,9% des stations de suivi en région sont de très bonne qualité, 33% de bonne qualité, 5,1% de qualité moyenne et 2% de qualité médiocre ou mauvaise.

Depuis 2003, quelques variations de la qualité de l’eau sont observées pour ce paramètre. Lors d’années pluvieuses comme en 2007 et 2008, la quasi-totalité des points est de bonne ou très bonne qualité. De 2009 à 2011, quelques points indiquent une qualité mauvaise ou médiocre. D’une manière générale, la qualité des eaux superficielles vis-à-vis de ce paramètre reste très favorable sur l’ensemble de la région.

La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération effet des proliférations végétales"
La qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes de 1999 à 2011 "Altération effet des proliférations végétales"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération effet des proliférations végétales"
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes en 2011 "Altération effet des proliférations végétales"

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Les pesticides

Les éléments d’analyse présentés ci-après sont extraits du dossier de l’ORE intitulé « Nitrates et pesticides dans l’eau destinée à la consommation humaine » ainsi que du dossier d’actualité « Les pesticides : quelques repères … ».

Que sont-ils ?

Les pesticides désignent les substances ou les préparations utilisées pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes jugés indésirables tels que plantes, animaux, champignons, bactéries, quel que soit son usage (agricole, domestique, urbain, de voirie…).

En agriculture, le terme généralement employé est celui de « produit phytosanitaire ». Destinés aux végétaux, ils regroupent les herbicides, les fongicides, les insecticides, les rodenticides (contre les rongeurs) et les molluscicides (contre les limaces)…

Les produits utilisés pour l’entretien des espaces verts, des voiries, ainsi que les produits destinés aux jardiniers amateurs font également partie des produits phytosanitaires.

Pour les autres usages, on parle de « biocides » : ce sont les désinfectants, les produits de protection (du bois, du cuir…), les produits antiparasitaires (lutte contre les rongeurs, les mollusques, les acariens, les oiseaux…).

Leur décomposition et interaction

Les pesticides sont des produits chimiques de synthèse toxiques, composés d’une ou plusieurs matières actives auxquelles ont été ajoutées d’autres substances : des adjuvants afin d’améliorer leur efficacité et des produits de dilution afin de faciliter leur emploi.

Les mélanges de pesticides ont également des effets toxiques qui ne sont pas toujours connus.

La décomposition des pesticides entraîne également la formation de sous-produits, qui peuvent être plus toxiques encore que la substance originelle.

Les pesticides présents dans l’eau sont en majorité ceux utilisés dans l’agriculture. Les activités agricoles ne sont cependant pas les seules responsables de la pollution aquatique : collectivités territoriales, services gestionnaires des routes, sociétés d’autoroutes, SNCF, particuliers… utilisent régulièrement des pesticides.

Le transfert vers l’eau est le plus souvent superficiel. Leur arrivée dans les eaux de surface se fait en effet par mise en solution lors du ruissellement. Les transferts se font également en partie par l’atmosphère, en particulier en raison du mode d’application, mais aussi de la volatilité des produits.

Les eaux souterraines sont généralement moins polluées. Le potentiel de lessivage des pesticides dépend toutefois des substances actives. Une omniprésence élevée dans les eaux souterraines indique que le pesticide pénètre facilement dans le sol via l’eau de percolation et est hautement lessivable.

C’est le cas de l’atrazine (cet herbicide a été retiré du marché en 2003 mais est toujours détecté dans les eaux souterraines). D’autres pesticides, comme le glyphosate par exemple (herbicide) sont faiblement lessivables. La vitesse d’écoulement de l’eau souterraine est un des facteurs qui influence la présence des pesticides dans les eaux. Le temps nécessaire pour qu’un pesticide se décompose est un autre facteur. Plus un pesticide met du temps à se décomposer, plus le risque qu’il soit lessivé augmente. On parle de sa persistance dans le sol ou de sa rémanence.

Les propriétés du sol (teneur en matière organique, texture, perméabilité) et les propriétés du site (pente, précipitations, profondeur de la nappe) sont également déterminantes dans les risques de contamination.

La contamination des eaux de surface de 1999 à 2010

Dans les eaux de surface, une grande diversité de substances phytosanitaires est à l’origine de la contamination. Les herbicides sont les plus incriminés. Cette contamination évolue au fil de l’interdiction d’usage phytosanitaire de certaines substances.

La contamination des eaux superficielles présente une grande diversité spatiale liée à l’assolement (substances différentes en fonction du bassin de production) et à la nature du sol ou du sous-sol (phénomène de ruissellement par exemple en zone de socle).

La diffusion des produits phyto-sanitaires dans les milieux
La diffusion des produits phyto-sanitaires dans les milieux

Les éléments d’analyse présentés ci-après sont extraits du rapport du Groupe Régional d’Action pour la Réduction des Pesticides (GRAP), relatif aux résultats de la recherche de produits phytosanitaires dans les eaux superficielles de la région effectués de 1999 à 2005, et de la synthèse des données d’utilisation des produits phytosanitaires et de dispersion dans l’environnement, réalisée par la FREDON et ATMO Poitou-Charentes, dans le cadre du plan Ecophyto 2018 (Synthèse 2006-2010 - contamination de l’environnement par les produits phytosanitaires en Poitou-Charentes).

En région, les analyses révèlent d’importantes contaminations à des degrés divers.

De 1999 à 2005, pour les 46 stations suivies au total par le GRAP, 84 substances actives ou métabolites ont été quantifiés au moins une fois dont la moitié d’entre elles a été retrouvée ponctuellement. Les transferts les plus importants (quantité et diversité des substances) sont observés à la suite des premières pluies suivant les traitements.

L’évolution significative de la qualité de l’eau est liée à deux facteurs : les aspects réglementaires (européens et français) et vraisemblablement les conditions hydrologiques.

L’année 2005 confirme la dégradation des eaux superficielles par les produits phytosanitaires en Poitou-Charentes. Bien que les conditions hydrologiques et climatiques en 2005 n’aient pas été favorables aux transferts des molécules vers les rivières et les nappes (pluviométrie très déficitaire), la diversité des molécules retrouvées dans les eaux superficielles reste importante : 41 molécules différentes ont été mises en évidence.

Depuis l’interdiction d’utilisation des triazines (herbicides), elles sont détectées moins souvent. D’autres substances récemment interdites tendent également à disparaître : tébutame, oxadixyl.

Le glyphosate et son métabolite (l’AMPA) sont détectés très fréquemment dans la majorité des cours d’eau et à toute époque de l’année. Le glyphosate, herbicide de plus en plus utilisé, reste à ce jour le plus vendu en région comparé aux autres substances actives, il est autorisé pour de nombreux usages agricoles et non agricoles.

Utilisé à toute époque de l’année, il est de ce fait mis en évidence à l’occasion des différentes campagnes.

Les substances utilisées pour le désherbage des cultures pérennes et des zones non agricoles, diuron et aminotriazole, sont retrouvées régulièrement. Le diuron est détecté sur de nombreux cours d’eau et pas uniquement ceux traversant des zones viticoles. Bien que cet herbicide soit essentiellement utilisé par les viticulteurs, le désherbage des zones non agricoles est à l’origine de transferts importants vers les eaux.

Cependant, une enquête menée en 2010 auprès d’environ 50 viticulteurs montre que le désherbage des parcelles viticoles est essentiellement réalisé avec le glyphosate. En effet, ces dernières années, le diuron et la therbuthylazine ont été progressivement délaissés au profit du glyphosate.

Des herbicides utilisés pour le désherbage du maïs (metolachlore, alachlore, diméthénamide, bentazone, acétochlore) sont retrouvés sur une majorité des cours d’eau au moment de leurs applications au printemps et disparaissent le reste de l’année.

Les substances actives de type sulfonylurées et tricétones utilisées pour le désherbage du maïs en post levée sont recherchées et ne sont pas retrouvées dans les eaux, leur dose maximale autorisée est faible.

Malgré l’augmentation des ventes d’isoproturon et de chlortoluron, ces deux urées substituées utilisées pour le désherbage des céréales d’hiver ont été très peu détectées en 2004 et 2005 par rapport aux années précédentes. Ceci est vraisemblablement lié à l’absence de précipitations significatives en fin d’année.

La pression en produits phytosanitaires joue un rôle prépondérant mais les transferts de substances actives sont également fortement influencés par la nature des sols et du sous-sol.

Ainsi, les rivières s’écoulant sur des formations peu perméables (Sèvre Nantaise, Thouet et Argenton sur socle Dive du Nord sur formations calcaires marneuses Ozon, cours amont du Né et de la Seugne sur recouvrements éocènes sablo-argileux) sont globalement plus dégradées que des cours d’eau comme le Clain, la Boutonne ou l’Aume.

La Charente en amont d’Angoulême est moins dégradée que sur la partie aval et sur ses affluents (Antenne, Né, Seugne) s’écoulant à travers le vignoble de Cognac qui présente une diversité des molécules retrouvées plus importante. Ceci est partiellement lié à la détection récurrente des triazines appliquées sur les parcelles viticoles (simazine, terbuthylazine et produits de dégradation).

De 2006 à 2010, de manière générale, les quantités de substances actives phytosanitaires vendues au sein de la région sont relativement stables la majorité sont toujours des herbicides et des fongicides. À noter que le glyphosate reste la molécule la plus commercialisée.

Dans les eaux superficielles, 106 substances actives ou produits de dégradation ont été quantifiés entre 2006 et 2010, dont 90 % concernent les herbicides. Les fongicides ne représentent que 3,2 % alors qu’ils constituent 40 % des quantités vendues en région. Les herbicides utilisés sur maïs ou à multiples usages (glyphosate, diuron…) représentent 65% des quantifications.

Ainsi, les tendances d’évolution qui se dégagent de 2006 à 2010 sont :

  • les triazines sont nettement moins souvent quantifiées, conséquence de leur interdiction, bien que l’atrazine déséthyl soit mise en évidence dans plus d’un échantillon sur trois.
  • les herbicides glyphosate et diuron et leurs produits de dégradation sont plus rarement quantifiés. Dans le cas du diuron, cela peut s’expliquer par son interdiction fin 2008.
  • les substances (chloroacétamides (surtout le Smétolachlore) et de bentazone) utilisées en remplacement de l’atrazine dans le désherbage du maïs, et dont les ventes ont augmenté, sont plus souvent mises en évidence dans les échantillons.

Les substances interdites

La directive « substances dangereuses » 76/464/ CEE du 4 mai 1976 concerne la pollution causée par certaines substances dangereuses déversées dans le milieu aquatique de l’Union européenne. Elle établit une liste de 132 substances toxiques dont 36 pesticides pour lesquels les rejets dans les eaux sont limités ou interdits.

La circulaire du 7 mai 2007 fixe quant à elle les normes de qualité environnementale provisoires (NQEp) de 41 substances. Parmi ces dernières figurent 15 pesticides : alachlore, aldrine, atrazine, chlorfenvinphos, chlorpyrifos, DDT, dieldrine, diuron, endosulfan, endrine, isodrine, isoproturon, lindane, simazine, trifluraline, dont certains sont interdits d’usage. Notons que le glyphosate, largement utilisé, ne fait pas partie de la liste des substances prioritaires à surveiller.

Exemples de substances actives interdites en France
Substance Effet Interdit depuis
Atrazine Herbicide (utilisé en particulier pour le désherbage du maïs) 2003
Diuron Herbicide (utilisé en particulier pour tuer les graminées indésirables et autres mauvaises herbes annuelles et persistantes à feuilles larges, notamment en viticulture) 2008
Tébutame Herbicide (utilisé en particulier pour le désherbage du colza) 2002
Oxadixyl Fongicide (utilisé en particulier en association avec d’autres substances, sur les vignes) 2003
Terbuthylazine Herbicide (utilisé en particulier pour le désherbage des zones agricoles (vigne, maïs …) et non agricoles) 2004 (vigne) et 2003 (autres cultures et zones non agricoles)
Simazine Herbicide (utilisé en particulier pour l’entretien des sols viticoles et des vergers) 2003
Lindane Insecticide (utilisé en particulier pour le traitement des sols (maïs, betteraves …)) 2007

(Observatoire Régional de l’Environnement, 2013a)

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1.1.2. La qualité biologique de l’eau

Un indicateur biologique ou bio-indicateur est un organisme ou une communauté de vie qui réagit par diverses modifications (physiologique, comportementale, …) à la présence d’une substance toxique ou à une modification du milieu (mortalité, raréfaction, pullulation, …). En théorie, les indicateurs biologiques sont génétiquement homogènes et assez sensibles, et réagissent assez spécifiquement et quantifiablement aux produits toxiques.

L’étude des bio-indicateurs permet d’évaluer les altérations physiques, chimiques ou organiques à des degrés divers de précision.

L’analyse des organismes fixés ou libres vivant dans les cours d’eau permet d’évaluer la qualité biologique des eaux douces superficielles. En application de la Directive Cadre sur l’Eau, 4 indices biologiques ont été choisis et sont utilisés pour caractériser l’état biologique (structure et fonctionnement) des écosystèmes aquatiques. Ces indicateurs peuvent être reliés aux indicateurs de la qualité physico-chimique des cours d’eau pour évaluer l’état écologique global de la masse d’eau.

L’Indice Biologique Macrophytique des Rivières (I.B.M.R.)

Il s’appuie sur l’examen de l’ensemble des végétaux aquatiques ou amphibies, ainsi que les colonies de cyanobactéries, de bactéries et de champignons visibles à l’oeil nu. L’I.B.M.R. reflète le niveau de trophie des eaux, pour les formes réduites de l’azote minéral et pour les orthophosphates.

Différents groupes sont principalement observés, il s’agit des algues, des phanérogames, des bryophytes, des ptéridophytes et des hétérotrophes.

Pour chaque point d’observation, une note qualifie la qualité globale du milieu aquatique. Comprise entre 0 et 20, elle traduit le niveau trophique de l’eau d’après les classes définies par la grille d’évaluation selon la norme IBMR – NF T90-395 – octobre 2003.

L’IBMR est normalisé en France mais pas à l’échelle européenne il est en cours d’adaptation dans le cadre de la D.C.E. et sera compatible avec la norme européenne NF EN 14184 - Guide pour l’étude des macrophytes aquatiques dans les cours d’eau. Il n’est donc pas encore utilisé pour l’évaluation de l’état des eaux mais fait partie des éléments obligatoires du contrôle de surveillance des cours d’eau.

De 2008 à 2012, la qualité relative à l’I.BM.R. est globalement médiocre sur la région. En 2012, sur les mesures disponibles, 1 station seulement (sur un total de 88) indique une classe de qualité « très bonne » sur le Coran (Charente-Maritime).

Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Macrophytique des Rivières (I.B.M.R.)
Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Macrophytique des Rivières (I.B.M.R.)

L’indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)

Il repose sur l’examen des peuplements d’invertébrés aquatiques peuplant le fond des rivières (larves d’insectes, mollusques, crustacés, vers, etc.). Ces organismes plus ou moins polluo-sensibles témoignent de la qualité de l’eau et de la qualité et diversité des habitats du cours d’eau dans lequel ils sont présents : structure du fond, état des berges et qualité physico chimique des eaux.

Une note de 0 à 20 est attribuée au niveau d’une station de mesure après étude de ce peuplement d’invertébrés. Puis, une grille est utilisée pour qualifier l’état écologique pour les invertébrés.

De nouveaux protocoles issus de la D.C.E. permettent de recalculer un IBGN dit « théorique ». Ces protocoles, mis en place à partir de 2007, tendent à se rapprocher des méthodes standards européennes en vue de permettre la continuité des chroniques de données qui jusque-là sont exprimées par l’IBGN.

La qualité relative à l’I.B.G.N. de 2008 à 2012 est globalement bonne, voire très bonne sur la région. En 2012, sur les mesures disponibles, 1 station seulement (sur un total de 142) indique une classe de qualité « mauvaise » sur le canal du Curé (Charente-Maritime).

Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)
Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice biologique global normalisé (I.B.G.N.)

L’indice diatomique (I.B.D.)

Il prend en compte la structure des peuplements de diatomées (algues brunes unicellulaires microscopiques fixées). Ces algues colonisent les différents substrats présents dans le lit des cours d’eau. Cet indice permet d’analyser la composition floristique d’une station donnée en prenant en compte la densité relative des espèces et leur sensibilité aux pollutions. Il reflète la qualité générale de l’eau d’un cours d’eau, et plus particulièrement vis-à-vis des matières organiques et oxydables et des nutriments (azote et phosphore).

Une note indicielle, comprise entre 0 et 20, exprime la qualité globale de l’eau.

La mise en oeuvre de l’I.B.D. s’effectue d’après la norme AFNOR NF T 90-354 publiée en décembre 2007. Entre 2008 et 2012, la qualité relative à l’I.B.D. est restée globalement stable sur la région avec une majorité de stations présentant une bonne qualité.

En 2012, sur les mesures disponibles, 3 stations (sur un total de 158) indiquent une classe de qualité « médiocre » sur les Eaux claires (Charente), le Palais (limite Charente/ Gironde) et la Vonne (Deux-Sèvres).

Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Diatomées (I.B.D.)
Qualité biologique des eaux superficielles en Poitou-Charentes, de 2008 à 2012 - Évaluation de l’Indice Biologique Diatomées (I.B.D.)

L’indice Poisson Rivière (I.P.R.)

Les peuplements piscicoles constituent de bons outils de mesure de la qualité du milieu : l’Indice Poisson- Rivière (IPR) est déterminé à partir de la richesse spécifique (nombre d’espèces présentes), la densité et les caractéristiques écologiques des différentes espèces qui composent le peuplement (régime alimentaire, polluosensibilité, habitat, etc.). Une note indicielle, comprise entre 0 et 150, exprime la qualité globale du milieu aquatique.

On estime qu’une rivière en bon état est une rivière dans laquelle on trouve des espèces de poissons indicatrices de bonne qualité du milieu, en quantité et selon une diversité qu’autorisent les caractéristiques du milieu naturel. Globalement, les poissons dépendent donc de la qualité du milieu aquatique mais aussi de la quantité de la ressource en eau.

En région, de 2001 à 2011, plus de 70% des points d’observation indiquent une qualité médiocre, mauvaise ou très mauvaise.

Suivi de l’Indice Poisson Rivière en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011
Suivi de l’Indice Poisson Rivière en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011

Bio-indicateurs marins et de zones humides

La surveillance de la qualité des eaux du milieu marin s’appuie alors sur la surveillance de bio-indicateurs marins  : les moules et les huîtres, qui possèdent la particularité d’accumuler certains contaminants présents dans l’eau. De même, certains bio-indicateurs sont utilisés pour suivre sur le long terme la qualité écologique des zones humides. Il s’agit par exemple de suivre :

  • des peuplements d’Odonates en milieu aquatique avec, par exemple, la présence du Leste vert qui traduit bien la persistance de rideaux d’arbres, notamment le frêne, le long des canaux et fossés
  • la végétation des prairies et des milieux aquatiques avec, par exemple, la prise en compte de groupements de lentilles d’eau pour les milieux aquatiques,
  • le peuplement d’oiseaux en milieux prairiaux avec, par exemple, la Bergeronnette printanière (Motacilla flava ) qui est une espèce strictement prairiale en termes de sites de nidification).
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1.1.3. La qualité des milieux aquatiques

Le Réseau d’Observation du Milieu (ROM), sur la base des contextes piscicoles, caractérise l’état des milieux aquatiques. Les suivis portent sur la constatation de perturbations et leurs effets visibles ainsi que sur l’observation d’espèces particulières dont la présence traduit une bonne qualité ou au contraire une dégradation des milieux.

Le contexte piscicole est une composante du réseau hydrographique délimité par un critère biologique. Il est l’unité spatiale dans laquelle une population de poissons fonctionne de façon autonome, en y réalisant les différentes phases de son cycle vital.

Il est établi pour une population repère dont les caractéristiques sont la représentativité du domaine piscicole et l’écosensibilité (l’état fonctionnel du peuplement considéré).

On distingue trois types de domaines :

  • Salmonicole (S) : dans le domaine salmonicole, les caractéristiques naturelles du milieu conviennent aux exigences de la truite fario (Salmo trutta fario) et des espèces d’accompagnement.
  • Intermédiaire (I) : dans le domaine intermédiaire, les caractéristiques naturelles du milieu conviennent aux exigences de l’ombre commun (Thymallus thymallus) et des cyprinidés d’eaux vives.
  • Cyprinicole (C) : dans le domaine cyprinicole, les caractéristiques naturelles du milieu conviennent aux exigences des cyprinidés d’eaux calmes et à leurs prédateurs (carnassiers).
État des contexte piscicoles de Poitou-Charentes en 2009 (évaluation 2012)
État des contexte piscicoles de Poitou-Charentes en 2009 (évaluation 2012)

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1.2. La qualité des eaux souterraines

D’une manière générale, en région Poitou-Charentes, depuis le début des années 1970, les eaux brutes souterraines sont contaminées par des polluants d’origines agricole, industrielle et domestique. Cette contamination s’effectue d’une part par les transferts en profondeur des polluants migrant avec l’eau du sol, d’autre part ponctuellement par des installations humaines mal isolées (bâtiments d’élevage, industriels et assainissement domestique) ou des forages mettant en communication nappes polluées et nappes profondes.

Les principales mesures de qualité des eaux souterraines, réalisées dans le cadre de l’alimentation en eau potable, portent sur leur teneur en nitrates, en pesticides, en agents bactériens, ainsi que sur des éléments indésirables présents « naturellement » tels les métaux, le fer, l’arsenic, l’aluminium, le fluor et le sélénium (présence ponctuelle d’éléments issus de réactions physico-chimiques entre l’aquifère et l’eau qu’il contient).

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1.2.1. Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines

Jusqu’en 2001, la qualité des eaux souterraines était principalement évaluée par le biais de contrôles sanitaires pour l’Alimentation en Eau Potable (AEP). Ces suivis ponctuels ne permettaient pas de contrôler véritablement la qualité des eaux souterraines d’une manière globale. Ces lacunes de connaissance ont conduit la Région Poitou-Charentes à créer un réseau patrimonial de suivi de la qualité des nappes, avec l’aide des Agences de l’Eau, de l’État et de certains Départements.

La Région Poitou-Charentes fut maître d’ouvrage de ce projet jusqu’en 2012 les opérateurs techniques sont le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et la FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles) Poitou-Charentes pour son expertise dans l’interprétation des analyses de pesticides.

Depuis 2009, le réseau régional est composé de 107 points (47 sont situés sur le bassin Loire-Bretagne et 60 sur Adour-Garonne). Certains de ces points font l’objet d’analyses plus importantes notamment le suivi de molécules phytosanitaires supplémentaires, dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau.

Les différents points peuvent appartenir à des programmes de suivi différents :

  • le Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS) qui vise à « fournir une image cohérente et globale de l’état chimique des eaux souterraines de chaque district hydrographique et permettre de détecter la présence de tendances à la hausse à long terme de la pollution induite par l’activité anthropogénique » (Annexe V.2 de la DCE). Ce réseau récent (2007) a remplacé le Réseau National de surveillance des Eaux Souterraines (RNES) de 1999.
  • le Réseau de Contrôle Opérationnel (RCO) qui vise à « établir l’état chimique de toutes les masses d’eau ou groupes de masses d’eau souterraine recensées comme courant un risque, établir la présence de toute tendance à la hausse à long terme de la concentration d’un quelconque polluant suite à l’activité anthropogénique » (Annexe V.2 de la DCE).

À noter que le programme de surveillance de l’état chimique des masses d’eau souterraine au titre de la DCE se compose à la fois du réseau de surveillance et du réseau opérationnel. Ce dernier ne concerne que les masses d’eau dites « à risque » tandis que le réseau de surveillance concerne toutes les masses d’eau.

En région, certains points appartiennent à un réseau complémentaire (POC) qui s’intéresse à des problématiques régionales plus particulières.

Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes
Le réseau de suivi de la qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes

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1.2.2. Les résultats obtenus

Sur le terrain, sont étudiés et mesurés la conductivité de l’eau, sa teneur en oxygène dissous, son pH, sa température … En laboratoire et après échantillonnage, sont ensuite analysés les phytosanitaires et différents paramètres hors phytosanitaires.

Selon le type de nappe captée, les prélèvements réalisés par point chaque année peuvent varier : 8 prélèvements pour des points karstiques, 4 pour des points en nappes libres et 2 pour ceux qui concernent des nappes captives. Dans le cadre de la DCE, seulement 2 prélèvements sont réalisés pour les points situés en nappes karstiques ou libres et 1 pour les nappes captives.

Les informations suivantes sont extraites des rapports annuels sur la qualité des eaux souterraines en Poitou- Charentes, produits par le BRGM et la FREDON Poitou- Charentes.

Les nitrates

Principale cause de pollutions des nappes d’eau souterraines en Poitou-Charentes, les nitrates indiquent généralement des teneurs importantes par rapport à la norme imposée pour l’eau potable.

Ils sont principalement issus de l’activité agricole lors d’apports sous forme d’engrais. Lorsque les plantes ne consomment pas la totalité des nitrates, ceux-ci se retrouvent progressivement dans les eaux souterraines par le biais de l’infiltration de l’eau dans les sols.

Rappelons également que les nitrates existent à l’état naturel dans les nappes phréatiques mais leur concentration ne dépasse pas en moyenne les 10 mg/l. À titre de comparaison, en 2011, en France, la teneur en nitrates moyenne des nappes est de 23 mg/l cette valeur révèle une pression anthropique forte (Observation et Statistiques de l’Environnement, 2013). Les eaux de pluie peuvent elles aussi contenir des nitrates mais à de faibles teneurs (de l’ordre de 1,1 à 1,5 mg/l).

D’une manière générale, en région, les nappes captives sont peu ou pas touchées par ce type de pollution. Les détections mesurées ces dernières années correspondent à certains points particuliers et à des anomalies d’isolation du forage : elles ne sont pas indicatrices d’une dégradation généralisée de l’aquifère

En revanche, les nappes karstiques et libres montrent régulièrement des teneurs importantes qui peuvent fluctuer d’une année sur l’autre en fonction de la recharge des nappes d’eau souterraines et des périodes de fertilisation.

Après une hausse généralisée des teneurs sur la période 1980-98, la tendance de ces dernières années est à la stabilité voire à un ralentissement de la contamination des eaux souterraines. Cette tendance s’observe également en France en lien avec une amélioration des pratiques agricoles qui conduisent à mieux optimiser les apports d’engrais.

Sur la période 2001-2011, la contamination des eaux par les nitrates indique que près de 70% des points du réseau présentent des valeurs supérieures à 10 mg/l.

Globalement, en région, les points dont la valeur est supérieure à 80 mg/l indiquent une baisse et les points dont la valeur est inférieure à 15 mg/l tendent à légèrement augmenter.

Les fluctuations observées d’une année sur l’autre sont en partie liées à la pluviométrie : lors d’années sèches comme 2005 par exemple, les concentrations en nitrates se sont en effet révélées plus faibles.

Géographiquement, les masses d’eau les moins contaminées se localisent surtout sur les secteurs à pression agricole faible.

Les masses d’eau du Jurassique moyen et du Jurassique supérieur sont les plus contaminées et montrent des teneurs dépassant fréquemment le seuil de qualité pour la distribution d’eau potable (50 mg/l).

Les masses d’eau du Crétacé du nord de la Vienne présentent également une contamination importante avec des dépassements de seuil.

En 2010 comme en 2011, les résultats du suivi indiquent des teneurs fortes, notamment en période de hautes eaux (qui sont propices au transfert des nitrates), dans les 4 départements picto-charentais en particulier dans la région de Cognac dans une zone allant de La Rochelle à Melle à l’est de Thouars et dans la Vienne au niveau du bassin du Clain ainsi que dans le nord du département.

À l’inverse, des teneurs faibles ont plutôt été observées dans le sud de la région sur la zone littorale aux abords de Châtellerault et au niveau de la zone du socle.

Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Altération nitrates"
Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Altération nitrates"
Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"
Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération nitrates"

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En conclusion, les aquifères captifs sont généralement protégés. La contamination de l’ensemble des grands aquifères libres de la région est généralisée : il y a peu d’évolution des teneurs sur l’ensemble des points depuis la création du réseau, mais les concentrations restent élevées (Jurassique moyen environ 40 mg/l, Jurassique supérieur environ 50 mg/l et Crétacé supérieur environ 30 mg/l).

Les valeurs limites au-delà desquelles il est interdit d’utiliser l’eau pour en faire de l’eau potable sont :
  • 50 mg/L pour eaux superficielles
  • 100 mg/L pour les eaux souterraines La norme européenne de qualité à respecter pour l’eau potable est : < 50 mg/l.

Les pesticides

Une réelle pollution par les pesticides est constatée sur les eaux souterraines : actuellement les données disponibles permettent d’indiquer que plusieurs matières actives se trouvent dans les eaux, régulièrement ou occasionnellement, en fonction des conditions d’application et des caractéristiques hydrogéologiques.

La pollution par les pesticides est majoritairement liée en région aux substances actives contenues dans les produits phytosanitaires utilisés pour certains usages. Il est cependant très difficile de réaliser un état quantitatif exhaustif de toutes les molécules existantes dans les nappes tant elles sont nombreuses. Dans le cadre du réseau qualité régional, plus de 200 molécules sont recherchées chaque année. À titre de comparaison, on peut indiquer que, pour 2011, la Banque Nationale de Vente de produits phytosanitaires a estimé à 384, le nombre de substances minérales et de synthèse différentes vendues en Poitou-Charentes, soient 4300 tonnes (contre 4700 en 2010). Le glyphosate représente 13% des quantités vendues (600 tonnes) les ventes de ce produit augmentent constamment depuis ces 10 dernières années. 800 tonnes ont été vendues au travers de 3 fongicides (mancozèbe, fosétyl-aluminium, folpel). Enfin, les ventes de chloroacétamides, qui viennent remplacer l’atrazine interdite en France en 2003, sont en augmentation ces dernières années.

La réalisation de l’état qualitatif est également rendue difficile de par la rémanence de molécules issues de produits phytosanitaires ayant été interdits il y a plusieurs années, mais également de par l’existence de nouvelles molécules qui ne peuvent pas toujours être détectées, les procédures analytiques n’étant pas au point. En 2011, la pollution par les pesticides est surtout liée au groupe d’herbicides des triazines. D’autres substances comme le métolachlore, l’isoproturon, le diuron ou le chlortoluron sont détectées de manière plus ponctuelle.

L’atrazine, la simazine ou la terbuthylazine indiquent une diminution significative en lien avec leur interdiction en 2003. En revanche, la teneur de leurs produits de dégradation (atrazine déséthyl, atrazine déisopropyl, hydroxy-atrazine) reste stable en région. De par leur rémanence, ils constituent toujours les principaux contaminants phytosanitaires des eaux souterraines. Enfin, le glyphosate et son produit de dégradation ne sont pas présents dans les eaux souterraines, ou alors à de très faibles teneurs, à la différence des eaux superficielles qui sont, elles, fréquemment marquées par leur présence. Au total, pour l’année 2011, 26 substances ont été quantifiées, dont 9 sont liées à des molécules interdites.

Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Produits phytosanitaires"
Evaluation de la qualité des eaux souterraines, en Poitou-Charentes, de 2001 à 2011 "Produits phytosanitaires"
Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération produits phytosanitaires"
Qualité des eaux souterraines en Poitou-Charentes en 2011 "Altération produits phytosanitaires"

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D’une manière générale, la teneur en produits phytosanitaires des points de mesure semble avoir diminué depuis 2001. Toutefois ces valeurs ne sont pas réellement représentatives de l’état des nappes. En effet, les valeurs ci-dessous représentent la qualité de l’eau seulement pour :

  • l’Atrazine (interdit depuis 2003),
  • l’Atrazine-déséthyl (produits de dégradation de l’Atrazine),
  • le Diuron (réglementé depuis 2003),
  • l’Isoproturon, le Lindane (interdit depuis 1998),
  • la Simazine (interdit depuis 2003)
  • et le Terbuthylazine (complètement interdit depuis 2004).

Mais, afin de les remplacer, de nouveaux produits phytosanitaires sont utilisés.

Comme pour les nitrates, les nappes profondes sont, d’une manière générale, mieux protégées des pollutions par les pesticides. Les détections qui ont pu être mesurées ces dernières années dans ces nappes sont liées à des points particuliers ou à des anomalies d’isolation de forage.

En revanche, pour les nappes libres, les résidus de pesticides sont plus présents avec toutefois des disparités assez nettes entre les différents réservoirs aquifères.

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1.3. La qualité des eaux littorales

Le milieu littoral fait l’objet d’un suivi environnemental continu assuré par l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER (IFREMER). Les réseaux de mesures utilisés retracent l’évolution des facteurs climatiques influençant les écosystèmes océaniques (température, salinité, etc.) et évaluent plus globalement la qualité de ce milieu. La qualité des eaux littorales est conditionnée par les apports d’eau des bassins continentaux et ainsi soumise à de multiples sources de contamination (eaux usées urbaines, ruissellement des eaux de pluie, etc.).

Son suivi prévient également des éventuels risques sanitaires liés à la consommation des produits issus de la conchyliculture.

Les informations suivantes sont extraites du bulletin de surveillance 2012, produit en 2013 par le Laboratoire Environnement et Ressources des Pertuis Charentais.

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1.3.1. Les différents réseaux de suivi

La surveillance de la qualité du milieu marin porte sur des paramètres généraux (température, salinité, sels nutritifs, nitrates, nitrites, ammonium, phosphates, silicates, chlorophylle, phéopigments, oxygène dissous), des paramètres physico-chimiques et des paramètres bactériologiques.

Le ROCCH

Devenu le Réseau d’Observation de la Contamination CHimique (ROCCH) en 2008, le Réseau National d’Observation (R.N.O.), créé en 1974, surveille les paramètres généraux de la qualité des eaux marines et les polluants présents dans la matière vivante (les moules et les huîtres possèdent la particularité d’accumuler certains contaminants présents dans les eaux).

Jusqu’en 2007, le R.N.O. a mesuré les métaux (argent, cadmium, chrome, cuivre, magnésium, nickel, plomb, vanadium, zinc), les hydrocarbures polyaromatiques (HAP), les P.C.B., le lindane et les résidus de D.D.T.

Depuis sa restructuration en 2008, intégrant la mise en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.), la surveillance des contaminants chimiques dans le cadre du ROCCH est décentralisée auprès des Agences de l’Eau. La surveillance chimique, coordonnée et réalisée par l’IFREMER, ne concerne plus que les 3 métaux réglementés, au titre de la surveillance sanitaire (Cadmium, Mercure et Plomb).

Le REMI

Depuis 1989, la surveillance des paramètres bactériologiques est assurée par l’IFREMER dans le cadre du REseau de surveillance MIcrobiologique du littoral charentais (REMI). Ce suivi se fait par l’analyse bactériologique de coquillages : huîtres et moules en particulier. Les résultats de ce réseau sont utilisés pour le classement de salubrité des zones de production et des zones de parcage des coquillages vivants. Il a également pour objet la validation continue de ce classement.

Le REPHY

Le REseau de surveillance du PHYtoplancton (REPHY) a été créé en 1984 par l’IFREMER, suite au développement sur les côtes françaises d’une espèce de phytoplancton appartenant au genre Dinophysis, ayant la propriété de produire des toxines s’accumulant dans les coquillages.

Le RESCO

Le RESCO est un réseau d’observation conchylicole qui fait suite au REMORA (REseau MOllusques des Rendements Aquacoles) depuis 2009. Il a pour but d’observer et de caractériser sur un plan national l’évolution spatio-temporelle des performances conchylicoles de lots d’huîtres sentinelles, et en particulier de la survie dans le contexte de la crise ostréicole actuelle.

Le REBENT

Le REBENT (RÉseau BENThique), qui concerne les données sur le benthos (invertébrés et végétation autre que phytoplancton), a pour objectif de recueillir et de mettre en forme les données relatives à la distribution des habitats côtiers et au suivi de leur biodiversité faunistique et floristique, afin de mettre à disposition des scientifiques, des gestionnaires et du public un état des lieux pertinent et cohérent et d’en détecter les évolutions spatio-temporelles.

Pour gérer l’ensemble des données issues des réseaux de surveillance du littoral, l’Ifremer a développé son propre système d’information, Quadrige, qui constitue un élément du Système d’Information sur l’Eau.

Les principaux réseaux de suivi de la qualité des eaux littorales de Poitou-Charentes
Les principaux réseaux de suivi de la qualité des eaux littorales de Poitou-Charentes

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1.3.2. Le suivi des conditions climatiques et hydrologiques

Dans le cadre de ses suivis, l’IFREMER surveille de manière régulière les conditions climatiques et hydrologiques de la région qui peuvent influer sur certains paramètres physico-chimiques telles que la salinité et la température. Elles jouent un rôle important pour la qualité des eaux littorales et, de ce fait, dans la production des coquillages.

La salinité est un marqueur du mélange eau douce/ eau salée elle est alors fonction des apports en eau douce provenant des estuaires, sur le littoral charentais, ainsi que du cycle des marées.

La température (symbolisant les échanges atmosphèreocéan) et la salinité, sont les deux facteurs majoritaires conditionnant le développement des espèces animales exploitées (huîtres …).

Les mesures journalières de salinité et de température dans les pertuis charentais (pertuis Breton, bassin de Marennes d’Oléron et estuaire de la Charente) permettent de caractériser l’état des eaux littorales et des milieux, et de suivre l’évolution précise de la situation. En 2012, l’année a été globalement proche de la normale sur les principaux descripteurs physicochimiques (température, salinité, oxygène, etc.).

On note cependant des différences thermiques entre le nord (où les températures ont été plus fraîches que la normale) et le sud des Pertuis Charentais (températures proches des normales).

En termes d’apports en eau douce, l’année présente néanmoins une dynamique particulière (en lien avec l’évolution des précipitations), marquée par des épisodes de grande intensité. Il a ainsi été observé une alternance de périodes à salinité très élevée (de février à début avril et d’août à septembre notamment) et à faible salinité (intense dessalure enregistrée fin avril suite aux fortes pluies par exemple).

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1.3.3. La qualité sanitaire au travers du contrôle microbiologique

De nombreuses sources de contamination peuvent venir polluer le milieu littoral au travers des activités humaines ou animales. Cette contamination des eaux littorales peut être transmise à l’homme lors de la consommation de coquillages qui concentrent les microorganismes parmi lesquels des bactéries ou des virus transmissibles à l’homme. On parle alors de risque sanitaire.

Pour contrôler la qualité sanitaire, des contrôles microbiologiques sont régulièrement réalisés. L’évaluation de la contamination est basée sur le dénombrement, dans 100 grammes de chair et de liquide inter-valvaire, des bactéries « Escherichia Coli » (E.coli), encore appelées « germes tests de contamination fécale ».

Selon les résultats obtenus, une classe de qualité sanitaire est attribuée à chaque zone de production professionnelle de coquillage d’après des exigences réglementaires fixées. Selon la classe attribuée, des mesures de gestion peuvent être attribuées avant la mise sur le marché des coquillages :

  • classe A : aucune mesure à prendre, la mise sur le marché peut être faite
  • classe B : purification (cette opération consiste à immerger des coquillages pendant une durée suffisante pour éliminer des contaminants microbiologiques et les rendre aptes à la consommation immédiate) ou reparcage (il s’agit ici de récolter des larves ou des juvéniles d’huîtres, de clams ou de moules pour les ensemencer dans un milieu où les conditions sont plus favorables à la croissance ou à la qualité de la chair).
  • classe C : reparcage longue durée
  • classe D : exploitation des coquillages interdite
Baie de l’Aiguillon (Charente-Maritime)
Baie de l’Aiguillon (Charente-Maritime)

Les zones de production sont surveillées dans le cadre du REMI (REseau de surveillance MIcrobiologique). Les différentes classes de qualité fixées vont permettre la détection d’éventuelles contaminations. Deux types de surveillance sont effectués :

  • une surveillance régulière (mensuelle, bimestrielle …) sur les 375 points de suivi, pour estimer la qualité microbiologique de la zone. Un historique de mesures important donne une tendance générale de l’évolution des niveaux de contamination et montre l’efficacité des actions mises en oeuvre à l’échelle du bassin versant pour améliorer la qualité des eaux littorales, ou si, au contraire, des nouvelles sources de pollution viennent dégrader la qualité dans le temps.
  • la surveillance en alerte pour indiquer un état de contamination en cas de problème de contamination importante. 3 niveaux d’alerte sont définis :
    • niveau 0 : risque de contamination (événement météorologique, dysfonctionnement du réseau…),
    • niveau 1 : contamination détectée,
    • niveau 2 : contamination persistante.

Des mesures adaptées doivent alors être mises en place pour prévenir la santé des consommateurs, ainsi qu’une surveillance renforcée jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun risque pour l’homme.

Les résultats des analyses de ces 10 dernières années effectuées dans le cadre du REMI, par zone marine sont les suivants :

Les résultats des analyses de ces 10 dernières années effectuées dans le cadre du REMI, par zone marine
Zones marines Tendance générale de la contamination de ces 10 dernières années Qualité microbiologique de ces 3 dernières années
Zone 074 – Olonne / Le Payré Pas de tendance significative (2)
Amélioration (1)
Moyenne (3)
Zone 075 - Ouest îles de Ré et d’Oléron Moins de 10 ans de données (1) Moyenne (1)
Zone 076 – Pertuis breton Pas de tendance significative (2) Amélioration (9) Bonne (2)
Moyenne (9)
Zone 077 – Baie de l’Aiguillon Pas de tendance significative (2) Amélioration (1) Moyenne (3)
Zone 079 – Pertuis d’Antioche Pas de tendance significative (3)
Amélioration (4)
Moins de 10 ans de données (1)
Moyenne (7)
Nombre de données
Zone 080 – Marennes Oléron Pas de tendance significative (5)
Amélioration (2)
Moins de 10 ans de données (1)
Bonne (4)
Moyenne (3)
Nombre de données
Zone 082 – Pertuis de Maumusson Pas de tendance significative (4) Moyenne (4)
Zone 083 - Pertuis de Maumusson Dégradation (2)
Pas de tendance significative (5)
Moins de 10 ans de données (1)
Bonne (1)
Moyenne (7)
Zone 084 - Aval et large de la Gironde Moins de 10 ans de données (2) Moyenne (1)
Nombre de données

(Laboratoire Environnement et Ressources des Pertuis Charentais, 2013)

Entre parenthèse, est indiqué le nombre de points de suivi

D’une manière générale pour ces 3 dernières années (2010-2012), la qualité microbiologique est moyenne voire bonne pour certains points.

Mais sur les 10 dernières années (2003-2012), aucune tendance significative ne se dégage, hormis sur quelques points qui montrent une amélioration.

Ponctuellement, des dépassements des seuils de qualité ont pu être observés sur certains points traduisant une mauvaise qualité et nécessitant une surveillance particulière.

C’est par exemple le cas de « La Guittière » situé dans la zone 074 qui a montré en 2012 une mauvaise qualité avec plusieurs dépassements du seuil de 4600 E.coli/100g de CLI (chair et de liquide intervalvaire).

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1.3.4. La surveillance du phytoplancton et des phycotoxines

Le REPHY (REseau de surveillance du PHytoplancton) permet à la fois de connaître et de suivre la biomasse, l’abondance et la composition du phytoplancton marin, ainsi que différents phénomènes (comme les efflorescences exceptionnelles que sont les eaux colorées ou le développement d’espèces toxiques ou nuisibles) pouvant avoir des conséquences importantes sur les écosystèmes côtiers. Il permet aussi de détecter et de suivre les espèces phytoplanctoniques pouvant produire des toxines dangereuses pour la santé humaine.

Il repose sur une centaine de points d’observation répartis sur le littoral picto-charentais. La moitié de ces points permet une observation du phytoplancton tandis que l’autre moitié mesure la chlorophylle

En France, 3 toxines présentent des risques pour la santé humaine : toxines lipophiles incluant les diarrhéiques ou DSP, toxines paralysantes ou PSP, toxines amnésiantes ou ASP.

Les données du REPHY ont essentiellement pour but de répondre aux exigences de la DCE relatives à l’évaluation de la qualité des masses d’eau pour ce qui est des paramètres physico-chimiques et du phytoplancton. 2012 se caractérise par une biomasse printanière très élevée sur plusieurs stations des pertuis en lien avec des conditions physico-chimiques particulières. Certains points ont d’ailleurs indiqué des concentrations cellulaires proches des maxima historiques (zones marines 076, 077, 079, 080 et 082).

Le suivi des toxines a décelé entre mai et juin 2012 la toxicité de certains coquillages en lien avec la présence de Dinophysis, au niveau de l’Ouest Iles de Ré et d’Oléron, en aval et au large de la Gironde, dans le Pertuis d’Antioche et dans le secteur Marennes-Oléron. Des contaminations plus faibles sont à noter dans le pertuis breton et dans la baie de l Aiguillon.

À noter que plusieurs intoxications alimentaires ont été recensées chez des consommateurs de moules du pertuis d’Antioche et Marennes-Oléron en mai 2012.

Des mesures ont alors été mises en place interdisant la pêche dans le pertuis d’Antioche ainsi que la commercialisation des bivalves d’élevage.

Par le passé, le réseau REPHY avait mis en évidence plusieurs épisodes de présence de Dinophysis qui ont entraîné des périodes de fermetures de la pêche sur le littoral charentais :

  • en 1987, pendant près d’un mois (du 27/05/1987 au 30/06/1987) le ramassage et la commercialisation de ces derniers ont été interdits sur toutes les zones littorales de la Charente-Maritime
  • au printemps 1999, du 12 mai au 2 juin, plusieurs secteurs ont été fermés. L’arrêté pris à cette occasion n’a pas concerné les huîtres et les gastéropodes.
  • en 2002 et 2004, deux brefs épisodes toxiques ont conduit à des interdictions de pêche et de commercialisation d’une semaine dans le pertuis breton
  • en 2006, deux interdictions de pêche et de commercialisation des moules d’une semaine ont eu lieu dans le pertuis breton et sur la côte de l’Aiguillon au cours du mois de mai
  • en 2007, des arrêtés préfectoraux d’interdiction temporaire de pêche, ramassage, expédition et commercialisation ont été pris en Vendée (huîtres, parcs du Havre de la Gachère, du 17 mai au 31 mai), en Charente maritime (11 juin) et dans le pertuis breton (moules, du 21 juin au 6 juillet).
  • en 2009, la Seudre amont a de nouveau connu quelques alertes dues à la mauvaise qualité sanitaire des eaux. De nombreuses réunions se sont tenues en cours d’année avec les services de l’état en Vendée et Charente-Maritime pour aboutir à une révision du classement des zones de production conchylicole en décembre pour la Vendée et en février 2010 pour la Charente- Maritime. Ce classement entérine la dégradation de la qualité microbiologique d’une partie des côtes de l’île de Ré et de la Seudre amont.

Il est à noter que les gisements conchylicoles de la baie de l’Aiguillon présentent périodiquement des teneurs excessives en germes bactériens d’origine fécale, véhiculés par les réseaux hydrographiques (Sèvre Niortaise, Lay, …) drainant les bassins d’alimentation.

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1.3.5. L’observation de la contamination chimique

Le niveau de contamination chimique du littoral est suivi dans le cadre du réseau ROCCH (Réseau d’Observation de la Contamination CHimique).

Il se matérialise par le suivi de moules et d’huîtres qui servent d’indicateurs quantitatifs de contaminations, ces mollusques ayant la capacité comme d’autres de concentrer certains contaminants.

3 principaux métaux sont analysés :

  • le cadmium (Cd) qui est issu principalement de traitements de surface (cadmiage), des industries électriques et électroniques, de la production de pigments colorés, de la combustion du pétrole et de l’utilisation de certains engrais chimiques.
  • le mercure (Hg) peut provenir de source naturelle (dégazage de l’écorce terrestres, feux de forêt, volcanisme, lessivage des sols …) ou anthropique (processus de combustion (charbon, pétrole, ordures ménagères …), fabrication de la soude et du chlore …).
  • le plomb (Pb), utilisé dans la fabrication d’accumulateurs et l’industrie chimique. Pour la période 2008-2012 et au global depuis 30 ans, les résultats sont tels que :
L’observation de la contamination chimique pour la période 2008-2012 et au global depuis 30 ans
Cadmium Plomb Mercure
Secteur Olonne - Le Payré
(zone 074)
Médiane des concentrations < médiane nationale
Tendance à la baisse depuis 30 ans (valeurs diminuées de moitié)
Médiane des concentrations < médiane nationale
Tendance stable depuis 30 ans
Médiane des concentrations > médiane nationale
Tendance stable depuis 30 ans
Mer des Pertuis (zones 076, 077, 079, 080, 081, 082) Médiane des concentrations > médiane nationale
Tendance à la baisse depuis plusieurs années
Valeurs proches de la médiane nationale Valeurs légèrement > à la moyenne nationale
Tendance stable depuis 30 ans
Estuaire de la Seudre (zone 083) En amont, niveau de contamination > au seuil sanitaire au le point « L’Eguille »
En aval, tendance générale à la baisse
Aucune tendance particulière sur la partie amont pour ces 2 métaux ces 30 dernières années mais baisse observée en aval
Estuaire de la Gironde (zones 084 et 085) Pour les points « Pontaillac » et « La Fosse », baisse lente des valeurs depuis ces 30 dernières années mais stabilisation depuis 2005 (valeurs nettement > à la médiane nationale) Valeurs > à la médiane nationale
Tendance stable depuis plusieurs années
Teneurs nettement plus élevées que la médiane nationale
Niveaux de contamination globalement stables

(Laboratoire Environnement et Ressources des Pertuis Charentais, 2013)

Dans les années passées, de 2002 à 2009, ont été mises en évidence les tendances suivantes :

  • une réduction des apports par la Gironde, des teneurs en cadmium proches du seuil sanitaire et en augmentation dans certains secteurs. L’hypothèse d’une pollution secondaire par le fleuve Charente est étudiée
  • les teneurs en plomb restent sous le seuil réglementaire. La tendance générale est à la diminution
  • les teneurs en mercure sont stables ou à la baisse ces dernières années (« Les Palles », Boyardville », « Dagnas », « Mus de Loup »)
  • les teneurs en cuivre sont au-dessus de la médiane nationale, marquées par des augmentations importantes pour certains secteurs (« les palles »…)
  • les teneurs en zinc se stabilisent ou diminuent suivant les secteurs
  • la teneur des insecticides est en diminution
  • les concentrations en argent, chrome, nickel et vanadium sont supérieurs à la médiane nationale dans les zones d’interactions eaux continentales/ eaux marines (baie, estuaire…).
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1.3.6. La production conchylicole

Le RESCO (Observatoire conchylicole) appréhende les performances de l’élevage de l’huître creuse grâce à différents indicateurs de l’huître et du milieu dans lequel elle se trouve de mars à décembre.

Les observations de ce réseau se basent sur des lots de sentinelles de Crassostrea gigas répartis sur l’ensemble du littoral français parmi lesquels deux se trouvent dans les Pertuis Charentais.

En 2012, la croissance des adultes a été optimale sur les 2 sites des Pertuis Charentais : c’est la deuxième année la plus favorable de ces dix dernières années.

La croissance des juvéniles a été hétérogène avec une situation un peu plus favorable sur le site de « Loix en Ré » par rapport à celui d’ « Agnas ».

La mortalité du cycle d’élevage 2012 des adultes, estimée à 13% (Agnas) et 15% (Loix en Ré), est supérieure à la médiane des années précédentes (environ 10%). Une baisse des mortalités est globalement observée depuis 2010. En 2008, une crise de surmortalité touchant la plupart des naissains d’huîtres élevés a été observée.

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1.3.7. Le réseau benthique

Le REBENT (REseau BENThique) suit la qualité des eaux littorales et des milieux côtiers. Il permet à la fois de suivre l’évolution de la végétation littorale mais également de veiller sur l’évolution de la biodiversité et de l’état de certains habitats. Ce réseau ne s’intéresse qu’aux organismes marins dont la taille est supérieure à 1 mm (macrobenthos) et se situant dans la zone de balancement des marées et dans les petits fonds côtiers.

Des indicateurs d’état des lieux et d’évolution des masses d’eau ont été mis en place dans le cadre de la DCE en lien avec le REBENT. Les données de ce réseau sont également utilisées dans le cadre d’autres programmes tels que Natura 2000, la stratégie des aires marines protégées … En région, les suivis REBENT-DCE sont en place depuis 2007. Chaque année, sont notamment effectués des suivis d’herbier à Zostera noltii. Cette espèce marine a un rôle essentiel dans le milieu aquatique dans son apport en dioxygène et en nutriments.

Selon les secteurs, il apparait que les herbiers sont plus ou moins en bonne santé en fonction des perturbations (pêche à pied, mouillage des navires …).

Des suivis d’invertébrés permettent quant à eux de qualifier la qualité écologique de différents milieux. Sont observés des « invertébrés du subtidal » et des « invertébrés de l’intertidal ».

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > À l’état naturel
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour la baignade
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour l’eau potable

 Pour aller plus loin
  • Eaux brutes : Eau superficielle ou souterraine telle qu’elle se présente dans le milieu naturel avant d’avoir été traitée en vue d’un usage. (directive 75/440).
  • Eaux usées : Eaux ayant été utilisées par l’homme. On distingue généralement les eaux usées d’origine domestique, industrielle ou agricole. Ces eaux sont rejetées dans le milieu naturel directement ou par l’intermédiaire de système de collecte avec ou sans traitement.
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Escherichia coli : Cette bactérie, de la famille des Enterobacteriacea, fait partie de la flore normale du tube digestif des mammifères. Elle représente l’espèce dominante de la flore fécale aérobie. Bien que généralement non pathogène, elle peut acquérir une grande virulence. Sa présence dans l’eau ou le sol est un indicateur de contamination fécale. Ce bacille est responsable d’infections intestinales et urinaires, de suppurations, de syndromes cholériformes, de septicémies et d’infections variées.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Indicateurs, Indicateur : "Paramètre, ou valeur calculée à partir de paramètres", qui décrit ou donne des indications sur "l’état d’un phénomène, de l’environnement ou d’une zone géographique, d’une portée supérieure aux informations directement liées à la valeur d’un paramètre."
  • Karstiques : région dont la morphologie superficielle et souterraine est liée à la sensibilité de roches sédimentaires calcaires à la dissolution par des eaux météoriques chargées de gaz carbonique. Le terme « karst » vient du nom d’une région calcaire au nord-ouest de la Yougoslavie.
  • Lit majeur : Lit maximum qu’occupe un cours d’eau dans lequel l’écoulement ne s’effectue que temporairement lors du débordement des eaux hors du lit mineur en période de très hautes eaux en particulier lors de la plus grande crue historique.
  • Lit mineur : Partie du lit compris entre des berges franches ou bien marquées dans laquelle l’intégralité de l’écoulement s’effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
  • Métaux lourds : On désigne par le terme "métaux lourds", les métaux qui ont une masse volumique supérieure à 4,5 g/cm3 (protocole relatif aux métaux lourds de la convention de Genève). Sont donc qualifiés de métaux lourds les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l’environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn),... Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). Les métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ...Les effets engendrés par ces polluants sont variés et dépendent également de l’état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique). Ils contaminent également les sols et les aliments et s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.
  • Micropolluant : Désigne un ensemble de substances qui, en raison de leur toxicité, de leur persistance, de leur bioaccumulation, de leur très faible concentration dans l’eau (de l’ordre du nanogramme ou du microgramme par litre) sont de nature à engendrer des nuisances.
  • Oxygène dissous : La présence dans l’eau d’oxygène est liée à des échanges avec l’air. Elle dépend également de la quantité consommée par les organismes vivants (respiration) et de la quantité produite pendant la journée par les végétaux (photosynthèse). D’autre part les rejets d’origine organique (stations d’épuration urbaines, laiteries..) sont susceptibles de réduire la quantité d’oxygène dans l’eau, ce gaz intervenant dans la dégradation de la matière organique. L’oxygène dissous est un paramètre d’une grande importance écologique qui varie selon un cycle journalier identique à celui du pH.
  • Pertuis : Zones maritimes abritées, délimitées par les îles et par le continent, correspondant à des mers "intérieures".
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Phycotoxines : Toxines produites par quelques espèces phytoplanctoniques. Certaines de ces toxines sont dangereuses pour les consommateurs, car elles s’accumulent dans les coquillages (toxines diarrhéiques, paralysantes, amnésiantes…), d’autres sont dangereuses pour la faune marine (poissons, coquillages…). Ainsi, les toxines révèlent la présence de phytoplanctons indésirables sont : la toxine PSP (Paralytic Shellfish Poison) qui révèle la présence de l’Alexandrium, la toxine DSP (Diarrhéic Shellfish Poison) qui révèle le Dinophysis et la toxine ASP (Amnesic Shellfish Poison) qui révèle le genre Pseudo-nitzschia.
  • Plomb : Numéro atomique 82. Métal gris bleuâtre, terni par altération, très mou, malléable. Son numéro atomique et sa densité (11.34) font de lui un excellent matériau de protection contre les rayonnements gamma et X. Le plomb est émis par le traitement des minerais et métaux et par les véhicules automobiles à essence plombée. Le plomb peut être ingéré par les voies respiratoires et digestives. Poison cumulatif qui se traduit chez l’homme par le saturnisme. Dans le cas de l’ingestion du plomb par la voie alimentaire (notamment de coquillages), la Dose Hebdomadaire Tolérable a été fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé à 25 µg de plomb/kg par semaine.
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Sélénium : Numéro atomique 34. Métalloïde gris argenté possédant des propriétés photoélectriques, oligo-élément à la fois indispensable et très toxique. C’est un poison cumulatif. Chez les animaux, une carence en sélénium entraîne des myopathies. Mais à hautes concentrations, il induirait une prédisposition aux caries dentaires aux cours des premières années de la vie, et serait responsable d’hépatomes (tumeurs bénignes du foie) chez le rat.
  • Natura 2000 : Voir Réseau Natura 2000.
  • Alimentation en eau potable (AEP) :

    Ensemble des équipements, des services et des actions qui permettent, en partant d’une eau brute, de produire une eau conforme aux normes de portabilité en vigueur, distribuée ensuite aux consommateurs. On considère quatre étapes distinctes dans cette alimentation :

    • prélèvements / captages
    • traitement pour potabiliser l’eau
    • adduction (transport et stockage)
    • distribution au consommateur (Glossaire EauFrance)
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Aquifères : Le terme aquifère est utilisé dans deux acceptations : pour décrire les propriétés d’un milieu capable de contenir de l’eau en partie mobilisable. Et ce terme décrit aussi l’ensemble de "roches perméables comportant une zone saturée [...] suffisamment conducteur d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe [...] et le captage de quantités d’eau appréciables" (castamy et al., 1977)
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Bon état : Le bon état est l’objectif à atteindre pour l’ensemble des eaux en 2015, conformément à la directive cadre sur l’eau, sauf en cas de report de délai ou de définition d’un objectif moins strict. Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins "bons". Le bon état d’une eau souterraine est atteint lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons". (Glossaire EauFrance)
  • Conchylicoles : Relatif à la conchyliculture.
  • Conchyliculture : Élevage traditionnel des coquillages, essentiellement l’huître et la moule.
  • Crétacé : Dernière période de l’ère Secondaire allant de -145 à - 65 millions d’années.
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Exutoire : Cours d’eau par lequel se déversent vers la partie aval d’un bassin fluvial les eaux d’un lac ou de toute autre zone humide occidentale. (Glossaire EauFrance)
  • Lessivage : Entraînement en profondeur par l’eau à travers les horizons de sols des substances fixées sur des particules fines. En particulier, les nitrates et certains produits phytosanitaires (ou leurs produits de dégradation) peuvent ainsi atteindre les nappes d’eau et en altérer la qualité, jusqu’à rendre l’eau impropre à la consommation. (Glossaire EauFrance)
  • Matières organiques et oxydables : Désigne l’ensemble des matières organiques carbonées et azotées (substances d’origine biologique). Elles constituent l’essentiel de la partie biodégradable de la pollution organique rejetée. Pour les éliminer, les bactéries présentes dans le milieu utilisent l’oxygène dissous dans l’eau. Des déversements importants de matière organique peuvent entraîner des déficits notables en oxygène dissous, perturbant ainsi l’équilibre biologique de la rivière.
  • Microorganisme : Organisme de taille microscopique (bactéries et champignons essentiellement) qui est impliqué dans les processus de décomposition et de biodégradation. (Glossaire EauFrance)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
  • Phréatique : Voir Nappe phréatique
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