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La qualité de l’eau pour l’alimentation en eau potable

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

2.1. Quelques généralités sur l’eau potable

2.2. L’origine de l’eau potable en Poitou-Charentes

2.3. Le traitement de l’eau potable et les normes à respecter

2.4. La gestion et la distribution de l’eau potable

> 2.4.1. La structure du réseau d’eau potable

> 2.4.2. La gestion du réseau d’eau potable

> 2.4.3. Le rendement du réseau d’eau potable

> 2.4.4. La sécurité d’approvisionnement de l’eau potable

> 2.4.5. Les acteurs de la gestion de l’eau potable

2.5. La qualité des eaux distribuées

> 2.5.1. La qualité bactériologique

> 2.5.2. Les pesticides

> 2.5.3. Les nitrates

> 2.5.4. La turbidité

> 2.5.5. Les autres paramètres


Les informations suivantes sont extraites du rapport sur la « qualité des eaux destinées à la production d’eau potable », produit en 2002 par le Comité Régional de l’Environnement..

2.1. Quelques généralités sur l’eau potable

L’eau potable est une eau qui ne porte pas atteinte à la santé, et qui répond à un certain confort et plaisir de boire.

L’eau n’est pas seulement un ensemble de molécules H20 (deux atomes d’hydrogène et un atome d’oxygène). Elle contient en réalité naturellement une très grande variété de matières dissoutes, inertes ou vivantes : des gaz, des substances minérales ou organiques, des micro-organismes (bactéries, virus, plancton), ainsi que des particules en suspension (fines particules d’argiles, limons et déchets végétaux).

En effet, l’eau est un excellent solvant qui se charge en composés solides ou gazeux tout au long de son cycle, suivant les milieux (rivières, zones humides, roches, atmosphère, etc.) dans lesquels elle circule ou séjourne :

  • quand elle tombe en pluie, elle se charge des poussières atmosphériques,
  • quand elle ruisselle sur les sols (lessivage),
  • quand elle s’infiltre dans le sous-sol, elle se charge des produits d’altération des roches.

La composition chimique de l’eau est ainsi complètement liée aux caractéristiques du bassin versant dans lequel elle opère son cycle (la nature du sol et du sous-sol, les espèces végétales et animales, mais également les activités humaines).

Une eau qui semble claire et limpide peut transporter en son sein toutes sortes de substances inertes et vivantes, dont certaines peuvent être nocives pour l’organisme humain. C’est pourquoi toutes les eaux dans la nature ne sont pas bonnes à boire.

« Nous buvons 90 % de nos maladies », disait Louis Pasteur à la fin du 19ième siècle.

Ainsi, l’eau peut être le vecteur de nombreuses maladies (qu’elles soient bactériennes, virales ou parasitaires), d’intoxications, de troubles sur la santé.

Plusieurs terminologies existent pour désigner un même produit : eau du robinet, eau potable, eau du réseau public, eau distribuée, eau de boisson, eau d’alimentation…

Les principaux types d’eaux destinées à la consommation humaine sont celles fournies par un réseau de distribution et les eaux en bouteille. La définition de ces eaux destinées à la consommation humaine est fournie par la Directive 98/83 du 3 novembre 1998, traduite en droit français dans le Code de la Santé Publique.

Ainsi, qu’elle soit distribuée au robinet ou en bouteille, l’eau destinée à la consommation humaine est un aliment, et doit à ce titre :

  • posséder des qualités organoleptiques (goût, couleur, odeur) propre à satisfaire le consommateur,
  • ne pas porter atteinte à la santé.

L’eau est l’aliment le plus surveillé. Le niveau d’exigence pour sa qualité est très élevé. Pour une eau potable, la notion de qualité distingue la qualité des eaux brutes (à l’état naturel, à son lieu de captage), de la qualité de l’eau distribuée (qui arrive au robinet du consommateur, après traitement de potabilisation et parcours dans les canalisations). Les normes et paramètres qui caractérisent ces deux « visions » de la qualité de l’eau diffèrent.

En 2008, un français consomme en moyenne 151 litres d’eau par jour. La consommation des foyers français est répartie comme suit :
  • 39% pour les bains et les douches
  • 20% pour les sanitaires
  • 12% pour le linge
  • 10% pour la vaisselle
  • 6% pour l’arrosage des plantes et le nettoyage de la voiture
  • 6% pour la préparation de la nourriture
  • 1% pour la boisson
  • 6% pour les autres besoins

(Centre d’Information sur l’Eau, 2013b)

Rappelons que seuls 5 litres par jour sont nécessaires à l’Homme pour survivre, 40 à 50 litres pour satisfaire ses besoins minima d’alimentation et d’hygiène.
À cette consommation personnelle, s’ajoute l’ensemble des consommations collectives (écoles, hôpitaux, lavage de la voierie, milieu professionnel, restaurant...) on obtient alors une moyenne de 200 litres par jour et par personne. (Eau France, 2012)

De fortes disparités existent encore entre les secteurs ruraux (moyenne entre 90 et 100 litres/hab/j) et les secteurs urbains (moyenne entre 140 et 150 litres/hab/j), mais elles ont tendance à se combler. En effet, le monde rural, en dehors de besoins en eau plus importants pour ses activités professionnelles, est moins consommateur d’eau que le milieu urbain. Ce constat s’explique par un recours plus fréquent à l’utilisation de l’eau des puits privatifs, ainsi que par une présence souvent moindre d’éléments de confort domestique.

Le niveau des revenus influe aussi sur les consommations : les personnes à revenu modeste utilisent en moyenne 90 litres d’eau par jour et par personne. Plus le niveau de vie est élevé, plus la consommation d’eau augmente.

Dans les zones touristiques, il faut faire face aux pics de consommation qu’entraîne la présence de nombreux touristes en saison. Les installations sont donc conçues pour alimenter une population plus nombreuse que la population permanente.

Station de pompage de Salles (Charente-Maritime)
Station de pompage de Salles (Charente-Maritime)

En été, la Charente-Maritime est fortement touchée par cette problématique avec des pointes de production journalières pour l’eau potable pouvant atteindre les 260 000 m3/jour.

Cependant, il faut signaler que l’usage domestique comprend l’utilisation de l’eau non seulement pour la boisson, mais aussi pour la préparation des repas, le lavage, les soins d’hygiène, l’évacuation des déchets organiques, les plantes vertes, les jardins privés et les animaux domestiques. Pour tous ces usages, chez l’habitant, un seul robinet fournit une eau de qualité potable. En effet, lors de la mise en place de l’eau courante, il a été jugé préférable, d’une part d’éviter l’installation de deux réseaux parallèles et d’autre part, de supprimer le risque de confusion entre les deux types d’eau (risque d’utiliser l’eau non-potable pour la boisson).

Avec l’évolution du coût de l’eau courante, certains usages domestiques tel que l’arrosage de jardin sont parfois remis en question. Ainsi, afin de réduire une note d’eau élevée, certains jardiniers amateurs mettent en place des systèmes de stockage de l’eau de pluie.

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2.2. L’origine de l’eau potable en Poitou-Charentes

En région Poitou-Charentes, 402 captages d’alimentation en eau potable (95 en Charente, 83 en Charente-Maritime, 74 en Deux-Sèvres et 150 en Vienne) prélèvent 143 millions de mètre cubes d’eau en 2012, soit près d’un tiers des prélèvements globaux d’eau de la région. Ce volume est en baisse depuis une dizaine d’années, du fait des économies d’eaux réalisées sur les équipements sanitaires notamment, mais peut-être aussi du fait de l’élévation du coût du mètre cube d’eau distribuée (Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes, 2012).

Les eaux souterraines profondes moins concurrencées et mieux protégées naturellement, peuvent permettre de satisfaire à la demande en quantité mais également aux exigences de qualité imposées par la réglementation en diluant les eaux contaminées des nappes superficielles : cependant cet exercice comporte rapidement des limites du fait de la dégradation continue de la qualité des eaux des nappes superficielles et des problèmes de qualité rencontrés au niveau des nappes profondes (fer, fluor, dureté, sulfates, turbidité, arsenic, sélénium, …). Le captage des eaux souterraines s’effectue soit à partir d’une source ou d’une résurgence, soit le plus souvent par des forages ( jusqu’à 700 mètres de profondeur).

Certains systèmes aquifères de Poitou-Charentes ont une importance stratégique pour l’alimentation en eau potable :

  • l’InfraToarcien, système aquifère captif, qui appartient au Lias, est principalement exploité au Sud-Ouest d’une ligne allant de Parthenay- Confolens, à la frontière entre les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. Il est constitué de calcaires gréseux et dolomitiques.
  • le Turonien, nappe libre au Nord du seuil du Poitou et nappe captive fortement productive au Sud de la région (partie exclusivement exploitée), est la principale ressource en eau de la moitié sud du département de la Charente-Maritime, et la seule ressource en eau importante du département de la Charente, au Sud d’une ligne Cognac- Angoulême. Il est constitué de calcaires.
  • le Cénomanien, aquifère libre au droit de Châtellerault (Nord du seuil du Poitou), devenant captif vers le Nord, est le plus important de cette région. Au Sud du seuil du Poitou, il constitue localement un excellent réservoir composé de sables et de calcaires en Charente-Maritime.

La population du Poitou-Charentes est majoritairement alimentée à partir des eaux souterraines (62%) et à moindre mesure, à partir des eaux mixtes (12 %). Les eaux mixtes sont produites par mélange d’eaux souterraines et superficielles pour des raisons quantitatives ou qualitatives. (Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes, 2014)

Il est à noter que le Nord-Ouest du département des Deux- Sèvres ne dispose que des aquifères superficiels du socle granitique et schisteux très localisés. Cette situation a conduit les collectivités à s’organiser et à se regrouper autour de retenues superficielles, tel le barrage du Cébron.

Répartition des volumes produits
Répartition des volumes produits
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2.3. Le traitement de l’eau potable et les normes à respecter

La réglementation définit une eau potable comme une eau qui ne doit pas contenir un nombre ou une concentration de micro-organismes, de parasites ou de toutes autres substances constituant un danger potentiel pour la santé des personnes. Elle doit, de plus, être conforme aux limites de qualité définies à l’annexe I.1 du décret d’application 2001-1220 de la directive européenne 98/83 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

L’objectif du traitement est alors de protéger les consommateurs de micro-organismes pathogènes et d’impuretés désagréables ou dangereuses pour la santé. L’eau qui coule au robinet, produit élaboré, reflète les deux préoccupations permanentes que sont la santé publique, le confort, et le plaisir de boire.

Les services de l’eau (collectivités, syndicats intercommunaux, sociétés privées) doivent disposer d’une eau brute de suffisamment bonne qualité pour la production d’eau destinée à la consommation humaine, et ne pas nuire à sa santé, qu’elle soit distribuée au robinet ou en bouteille. Le traitement va consister à prévoir une chaîne ou filière de traitements dans le but de rendre l’eau conforme aux limites et références de qualité.

L’ordre et les choix des procédés de traitement sont toujours guidés en priorité par la nature de l’eau à traiter et par le débit souhaité. D’autres critères peuvent ensuite entrer en ligne de compte comme l’autonomie des procédés, leur capacité à produire un minimum de déchets (boues, concentrats, éluats de régénération, etc.), leur encombrement, parfois leur image « médiatique » et finalement leur coût.

Le traitement des eaux peut être plus ou moins complexe en fonction de l’origine de l’eau (souterraine ou de surface). Une eau de surface suivra toujours un traitement complet physique et chimique, alors qu’une eau souterraine ne pourra subir qu’un traitement chimique de désinfection, dès lors qu’elle ne connaît pas de contamination par le fer, le manganèse, l’arsenic, les nitrates et les produits phytosanitaires. Le type de traitement est déterminé en fonction de la qualité de l’eau brute.

La filière classique de traitement, quelle que soit l’origine de l’eau, est constituée d’une désinfection (étape obligatoire) précédée au plus par trois types de traitement : étapes de pré-traitement, étapes de clarification et étapes d’affinage.

L’eau prélevée dans la ressource qui arrive en usine de traitement, est débarrassée des déchets flottants (dégrillage et tamisage), puis est décantée et filtrée (clarification) pour retenir les matières en suspension et éliminer les matières organiques naturelles. Une désinfection finale au chlore seul (ou dérivés) ou à l’ozone puis au chlore, élimine virus et bactéries. Selon la qualité de l’eau brute utilisée, des traitements plus poussés seront nécessaires, comme par exemple la filtration sur charbon actif, intervenant entre l’ozonation et la chloration.

En Poitou-Charentes, certaines installations comme celles de Niort, de Thouars et de Surgères, et celles en Vienne, effectuent un traitement visant à éliminer ou réduire la présence de nitrates ou de pesticides. Les procédés existant pour éliminer les nitrates font appel à des réactions de dénitratation (traitement chimique) ou de dénitrification (traitement biologique), tandis que ceux visant à réduire les concentrations en pesticides ont recours au charbon actif.

Toutes les eaux distribuées en Poitou-Charentes sont traitées. Elles subissent soit :

  • une simple désinfection, pouvant être complétée d’une déferrisation
  • une filtration classique ou sur charbon actif,
  • un traitement complet comprenant notamment une filtration sur charbon actif et une ultra filtration membranaire

Les populations des plus grandes villes et du littoral sont alimentées par de l’eau superficielle ou mixte recevant ainsi de l’eau qui a subi, en tout ou partie, un traitement complet. La majorité des zones rurales sont alimentées par de l’eau souterraine qui peut être traitée au charbon actif (pour éliminer les pesticides), filtrée ou déferrisée, mais qui sont toutes désinfectées au chlore.

Environ 17 % de la population de Charente est alimentée par de l’eau qui ne subit qu’une simple désinfection, 15 % en Charente-Maritime, 40 % dans la Vienne et environ 4 % dans les Deux-Sèvres. (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2014)

Les mesures visant à garantir la salubrité de l’eau distribuée sont codifiées dans le Code de la Santé Publique. Il existe trois niveaux d’exigence de qualité (normes de qualité) :

  • les valeurs guides, que l’on ne doit pas dépasser, et précisées par l’O.M.S.
  • les limites de qualité de l’eau au robinet,
  • les références de qualité, qui sont liées au fonctionnement de la station de traitement de l’eau.

Une valeur guide est une estimation de la concentration d’une substance dans l’eau de boisson qui ne présente aucun risque pour la santé d’une personne qui consommerait cette eau toute sa vie. (Ministère de la Santé et des Solidarités, 2005)

Les valeurs guides sont calculées pour chaque substance. Leur majorité comporte une large marge de sécurité qui est jugée suffisante pour tenir compte des interactions potentielles avec les autres substances présentes dans l’eau.

La valeur guide est calculée pour le groupe de population le plus sensible, et est ainsi fonction de la Dose Journalière Tolérable (D.J.T.), du poids corporel, de la D.J.T. attribuée à l’eau et de la consommation journalière.

La D.J.T. est une notion importante : il s’agit de la quantité de substance présente dans les aliments ou l’eau de boisson, exprimée en fonction du poids corporel, qui peut être ingérée quotidiennement toute une vie (70 ans) sans risque appréciable pour la santé.

L’arrêté du 11 janvier 2007 reprécise les limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine mentionnées dans le Code de la santé publique.

Des exigences de qualité y sont ainsi définies pour 54 paramètres dont voici quelques exemples :

Des exigences de qualité de l’eau
ParamètresLimites de qualitéUnité
Paramètres microbiologiques
Bactéries coliformes 0 / 100 ml
Paramètres chimiques et organoleptiques
Aluminium total * 200 μg/l
Ammonium (NH4+) ** 0,10 mg/l
Chlore libre et total Absence d’odeur ou de saveur désagréable et pas de changement anormal
Chrlorures 250 mg/l
Couleur, odeur, saveur Acceptable par le consommateur et aucun changement anormal
Cuivre 1,0 mg/l
Fer total 200 μg/l
pH < 6,5 et ≤ 9 Unités pH
Sodium 200 mg/l
Sulfates 250 mg/l
Température 25 °C
Equilibre calcocarbonique Les eaux doivent être à l’équilibre ou légèrement incrustantes (eaux plutôt entartrantes qu’agressives)
Paramètres indicateurs de radioactivité
Dose totale indicative (DTI) *** 0,10 mSv/an
Tritium 100 Bq/l

* À l’exception des eaux ayant subi un traitement thermique pour la production d’eau chaude pour lesquelles la valeur de 500 μg/l (Al) ne doit pas être dépassée.
** S’il est démontré que l’ammonium a une origine naturelle, la valeur à respecter est de 0,50 mg/l pour les eaux souterraines.
*** La DTI permet d’estimer la part de l’exposition des populations aux rayonnements ionisants.

Les limites de qualité portent sur des paramètres qui peuvent porter atteinte à la santé, par des effets immédiats ou à plus ou moins long terme. Les références de qualité concernent les substances sans incidence directe sur la santé, aux teneurs habituellement observées dans l’eau, mais qui peuvent mettre en évidence une présence importante d’un autre paramètre. Elles peuvent concerner également les paramètres organoleptiques (goût, odeur, couleur).

Voici quelques exemples de limites de qualité à ne pas dépasser sur les eaux distribuées :

Exemples de limites de qualité à ne pas dépasser sur les eaux distribuées
Paramètres Limites de qualité Unité
Paramètres microbiologiques
Escherichia Coli (E. Coli) 0 / 100 ml
Entérocoques 0 / 100 ml
Paramètres chimiques et organoleptiques
Chrome 50,0 μg/l
Cuivre 2,0 mg/l
Fluorures 1,50 mg/l
Mercure 1,00 μg/l
Nickel 20,0 μg/l
Nitrates* 50,0 mg/ l
Nitrites* 0,50 mg/l
Pesticides (par substance)** 0,10 μg/l
Pesticides (total) 0,50 μg/l
Plomb 10 (25 jusqu’au 25 décembre 2013) μg/l

* la somme de la concentration en nitrates divisée par 50, et de celle des nitrites divisée par 3, doit rester inférieure à 1.
** à l’exception de 4 substances pour lesquelles la limite est de 0,03 μg/l.

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2.4. La gestion et la distribution de l’eau potable

La distribution proprement dite comporte le stockage après pompage et traitement éventuel, et l’acheminement de l’eau potable par le réseau public, soit par gravitation (châteaux d’eau), soit par mise en pression artificielle du réseau (station de surpression), jusqu’au compteur. Le réseau privé achemine l’eau du compteur au robinet du consommateur : c’est le réseau du particulier, de l’immeuble. De la structure et l’entretien du réseau de distribution va dépendre son rendement.

Les eaux destinées à la consommation humaine doivent faire l’objet d’une surveillance régulière. Un double contrôle est effectué : par le service d’eau (auto-surveillance) et par l’A.R.S. (contrôle sanitaire réglementaire).

Enfin, l’information sur la qualité de l’eau au robinet doit être disponible et permanente, et doit être assurée en cas de crise.

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2.4.1. La structure du réseau d’eau potable

En France, le réseau de distribution de l’eau potable comprend des conduites, auxquelles il faut ajouter des milliers de vannes, de ventouses, de systèmes de purge et de régulateurs de pression pour assurer la bonne circulation de cette eau courante. La majeure partie des canalisations d’eau potable a été posée après-guerre.

Les vagues de mise en place des réseaux d’adduction dans les années 30, 50 et 60 n’ont pas bénéficié de plans de tracé. En conséquence, la longueur du réseau en France est incertaine : elle était évaluée à environ 800 000 kilomètres en 1998 (Institut Français de l’ENvironnement, 2001) et à 920 000 kilomètres en 2010. (Les services publics d’eau et d’assainissement, 2012)

La matière qui compose les canalisations varie suivant la pression, la nature du sol, le type d’obstacle à franchir ... Elle est toutefois soumise à une réglementation (décrets 89-3 et 2001-1220). En effet, certains éléments tels le plomb peuvent, lors de dégradation du réseau, augmenter leur teneur dans l’eau du robinet, entraînant des désagréments pour la santé des populations.

Souvent constituées en béton armé ou en fonte (pour les principales), ou en plastique (pour les conduites de petit diamètre), elles sont enterrées à une profondeur suffisante pour être protégées du gel. Cependant, ces conduites restent exposées à des dangers divers, provoquant des détériorations pouvant aller de la fissure à la rupture.

Les incidents pouvant intervenir sur des canalisations sont par exemple :

  • une fracture due à un tassement différentiel du terrain,
  • une fuite provoquée par la déformation d’un joint par les racines d’un arbre. Le développement du « chevelu des racines » à l’intérieur d’une conduite risque en plus de l’obstruer.

La conception et les dimensions du réseau dépendent de la topographie du lieu où se situe la communauté à desservir, et de l’importance de celle-ci. La structure des réseaux a été rendue extrêmement complexe en raison de l’extension des villes modernes, ce qui est défavorable à une gestion facile et optimale de la qualité et de la protection des ouvrages. Il n’existe pas de réseau type et chacun possède ses caractéristiques propres. En France, la longueur de conduite est en moyenne proche de 40 mètres par abonné. Ce ratio varie fortement selon la population de la commune et la dispersion des logements. L’écart entre organisation communale ou intercommunale, sur le critère longueur de conduite par abonné, est particulièrement élevé jusqu’à 3 500 habitants, puis il disparaît après 10 000 habitants (la longueur de conduite d’eau par abonné est un facteur pesant sur le prix de l’eau potable). (Institut Français de l’ENvironnement, 2001).

Le réseau d’adduction peut être autonome ou interconnecté à d’autres réseaux. Les interconnexions entre réseaux permettent de mélanger des eaux de provenances différentes, et ainsi de livrer à l’usager une eau de qualité satisfaisante. Elles permettent également d’assurer une alimentation de secours en cas d’incident sur le réseau principal.

En Poitou-Charentes, le taux de raccordement est estimé être assez élevé, entre 95 et 98%. Il est cependant en légère régression dans des zones rurales, où l’évolution du coût de l’eau a vu l’utilisation de puits privés se substituer à l’adduction d’eau.

Les réseaux de distribution sont modélisés en unités de distribution (UDI) pour faciliter le contrôle qualité. Une unité de distribution correspond à un réseau géré et exploité par une même structure et délivrant une eau de même qualité. Il s’agit de l’unité de compte de base.

La modélisation des UDI est révisée chaque année pour tenir compte des modifications intervenues dans les dessertes en eau et la mise en service ou l’abandon de ressources. En 2012, 411 UDI sont recensées en région dont 97 en Charente, 138 en Charente-Maritime, 100 en Vienne et 68 en Deux-Sèvres. (Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes, 2014)

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2.4.2. La gestion du réseau d’eau potable

Pour prévenir tout désagrément et assurer en continu la distribution d’une eau de qualité potable, il est indispensable de surveiller l’état du réseau. Cette gestion du réseau implique de se préoccuper :

  • du bon entretien des ouvrages, garant de la protection de l’eau vis-à-vis des agressions externes, et de l’absence de fuites,
  • de l’optimisation hydraulique permettant d’éviter toute stagnation et bouleversements de l’équilibre des flux hydrauliques tout en adaptant le développement des réseaux à l’extension urbaine,
  • de la gestion optimale des quantités en tout site, selon les demandes, et avec une réserve de sécurité,
  • de la production d’une eau dont les caractéristiques assureront sa stabilité et l’absence d’agression des ouvrages jusqu’aux points d’usages,
  • de la mise en oeuvre de bonnes pratiques de chantiers (implique des procédures de nettoyage et de désinfection) ainsi que de bonnes pratiques d’échantillonnage et d’un suivi analytique précis et rigoureux,
  • entretien, travaux, renouvellement,
  • du suivi de la qualité, du point de traitement aux différents points de distribution.

Cependant en France, les réseaux de distribution, mis en place pour la plupart après-guerre, souffrent de vétusté, cause d’importantes pertes. Sur les 6 milliards de mètres cubes puisés dans la ressource en France, seuls 4,5 milliards parviennent au robinet du consommateur et sont facturés, soit 25% de pertes en moyenne. (Institut Français de l’ENvironnement, 2001)

L’état du réseau peut être déduit à partir de mesures relevées par différents capteurs : débitmètres enregistrant les volumes d’eau qui transitent, manomètres enregistrant la pression ... Ces informations combinées permettent de diagnostiquer la présence d’une fuite. L’évaluation du débit se fait de nuit, sur un réseau qui ne consomme que le « débit minimum nocturne », c’est-à-dire uniquement des fuites. Cette recherche est réalisée par des méthodes acoustiques : des capteurs mesurent le bruit produit par les fuites.

L’intérêt est de mettre en place un dispositif permanent d’où la télésurveillance et les modèles qui renvoient les informations collectées sur une durée de plusieurs années.

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2.4.3. Le rendement du réseau d’eau potable

Le rendement (primaire) du réseau correspond au rapport entre deux volumes : le volume livré (comptabilisé au niveau des compteurs des particuliers) sur le volume mis en distribution. Il est de 76% en moyenne en France (métropole). Il varie fortement en fonction de la longueur du réseau : le rendement moyen dans les services ruraux est plus faible (75%) que celui constaté dans les services urbains (79%). (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, 2012)

L’estimation de ce rendement permet d’apprécier la qualité du réseau, son bon fonctionnement, et l’efficacité de la distribution.

Le volume des pertes d’eau dans les réseaux publics de distribution d’eau potable est estimé, en moyenne à 25% ces pertes pouvant atteindre 40% par endroit. On considère qu’un réseau bien entretenu peut atteindre un taux de fuite proche des 15%. (Ministère de l’Écologie, 2013b)

Souvent, une sous-estimation des pertes est admise, mais cet écart provient aussi des quantités consommées sans comptage et non facturées, comme celles utilisées pour la lutte contre les incendies, les eaux de lavage du domaine public …

Les causes des fuites de ces réseaux sont variables : corrosion des tuyaux, usure des joints entre les canalisations, tassements et vibrations subis par les terrains …

En moyenne, la gestion privée obtient de meilleurs rendements que la gestion publique, ce qui s’explique en partie par une plus forte présence de la gestion privée dans les grandes villes. L’intercommunalité améliore généralement le rendement pour les communes de 400 à 10 000 habitants.

Cependant, si un réseau rural alimentant peu d’abonnés peut se satisfaire d’un rendement de 55%, un indice de 80% pour un réseau urbain desservant une population dense peut être considéré comme mauvais.

C’est pourquoi l’indice linéaire de perte est un indicateur plus pertinent : il traduit le volume des pertes en fonction de la longueur de la canalisation, c’est à dire l’écart constaté entre le volume distribué et le volume facturé rapporté à la longueur du réseau. En ville, un indice de 300 à 500 l/h/km est considéré comme correct.

En zone pavillonnaire, il doit être de 100 à 300 l/h/km, et en zone rurale de 50 à 100 l/h/km (en effet, les distances à parcourir sont plus grandes).

La gravité des fuites ne dépend pas seulement du débit, mais aussi de leur durée. Une fuite d’une journée peut être moins gênante qu’une perte régulière.

Le décret du 27 janvier 2012 indique le contenu d’un descriptif détaillé des réseaux des services publics de l’eau et de l’assainissement et d’un plan d’actions pour la réduction des pertes d’eau du réseau de distribution d’eau potable. Ce descriptif devait être établi en vertu de la loi, avant le 31 décembre 2013. Le plan d’actions doit inclure un suivi annuel du rendement des réseaux de distribution.

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2.4.4. La sécurité d’approvisionnement de l’eau potable

La sécurité de l’approvisionnement en eau de la population porte sur les aspects de quantité comme de qualité.
L’interconnexion est une l’une de ces options des options de secours pour faire face aux problèmes potentiels d’adduction d’eau. En effet, un réseau isolé est tout à fait dépourvu en cas de difficulté.

La protection des captages vis-à-vis des pollutions accidentelles, la capacité des réservoirs, l’exploitation de différentes ressources, l’existence de plusieurs captages concourent aussi à sécuriser l’approvisionnement en eau. En termes de qualité à préserver, les systèmes de distribution sont à surveiller soigneusement : ils vieillissent rapidement, et peuvent générer des nuisances telles que la prolifération des micro-organismes dans le réseau, ou l’altération du produit « eau potable ».

En effet, la dégradation de la qualité de l’eau au cours de son transport dans les canalisations est fonction :

  • du temps de séjour de l’eau dans les canalisations. Il est très variable selon les réseaux, de quelques heures à des dizaines de jours. Ce temps de séjour se répartit du passage de l’eau des canalisations aux réservoirs il faudrait de plus y rajouter le temps passé dans les conduites d’immeubles avant l’arrivée au robinet.
  • des baisses de pression (pouvant provoquer un reflux d’eau contaminée). Pour répondre à ce problème de « retour d’eau », des clapets sont mis en place.
  • de la mise en contact de l’eau avec les matériaux du réseau et l’air ambiant dans les réservoirs.

L’eau circulant dans les réseaux de distribution doit être exempte d’organismes pathogènes. Cependant, même en l’absence d’organismes pathogènes, la reviviscence bactérienne dans le réseau pose problème. En effet, elle constitue une ressource alimentaire pour des organismes supérieurs qui peuvent alors proliférer dans les canalisations. Ces organismes sont très résistants aux agents de désinfection et leurs éradications locales sont complexes, longues et coûteuses.

La qualité de l’eau peut également être détériorée par la corrosion des installations de traitement et de distribution, augmentant la concentration de certains éléments tels le cadmium, le plomb, le cuivre, le fer, le zinc, la plus problématique étant la dissolution du plomb des canalisations. La solubilité du plomb peut être abaissée en agissant sur les caractéristiques de l’eau. En corrigeant le pH et l’alcalinité de l’eau, le traitement vise à éviter la corrosion par une eau “agressive”, c’est-à-dire trop douce et insuffisamment calcaire.

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2.4.5. Les acteurs de la gestion de l’eau potable

La commune, depuis la Révolution Française, a la responsabilité d’assurer la salubrité publique à ses habitants. Dans ce cadre, elle est responsable de l’alimentation en eau potable. Elle peut choisir de se regrouper ou non, et de gérer ce service en régie, ou le déléguer. Ces différents modes de gestion existent en Poitou-Charentes. Ils présentent chacun leurs avantages et inconvénients.

En région, 88% des communes se sont regroupées en structures intercommunales afin d’optimiser la gestion des ressources en eau, des outils de production et des compétences techniques. Particulièrement active en France, l’intercommunalité se présente sous diverses formes : les Syndicats Intercommunaux à Vocation Unique (SIVU) pour plus de 60% des communes en regroupement, puis viennent les Syndicats Intercommunaux à Vocation Multiple (SIVOM), les Districts, les Communautés de communes, les Communautés d’Agglomération … Ces diverses formes sont regroupées sous l’appellation plus générale d’E.P.C.I. (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale). (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2014)

Cependant, les territoires de compétence des regroupements de communes correspondent rarement à une logique hydrologique, ce qui entraîne des problèmes de cohérence lorsqu’il s’agit d’initier des démarches de gestion de la ressource en eau à l’échelle des bassins versants.

Avec la réforme des collectivités territoriales engagée en 2008 et présentée dans la loi n°2010-1563 du 16 décembre 2010, une refonte de l’intercommunalité avec une possible réorganisation des services publics de l’eau et de l’assainissement est envisagée dans un futur proche. Cette loi renforce le rôle des Commissions Départementales de coopération intercommunale (CDCI) qui deviennent force de proposition sur la carte intercommunale de leur département, en arrêtant des périmètres « pertinents » et pouvant même remettre en cause l’organisation actuelle des syndicats intercommunaux.

Dans le département de la Vienne, le syndicat des eaux en place, le SIVEER, prépare depuis 2011 la réforme territoriale pour permettre aux autres syndicats d’eau et d’assainissement de la Vienne de le rejoindre en vue de constituer un syndicat départemental. Face aux enjeux de la réforme des collectivités, il souhaite repenser son organisation de manière à renforcer le rôle des élus dans les territoires tout en optimisant les moyens par voie de mutualisation (gouvernance territorialisée) et mène également une réflexion autour de l’avenir de sa gouvernance. Des syndicats départementaux de l’eau s’organisent également dans les autres départements de la région.

À l’heure actuelle, la population picto-charentaise est entièrement alimentée par un réseau public de distribution pour l’eau potable. En région, deux modes de gestion peuvent être différenciés :

  • la délégation de services publics pour laquelle la distribution est assurée par des entreprises spécialisées choisies par les collectivités. Ce mode de gestion s’applique notamment en Deux- Sèvres et en Charente.
  • l’exploitation en régie qui s’applique en Charente- Maritime et en Vienne.
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2.5. La qualité des eaux distribuées

La qualité de l’eau potable est encadrée par la Directive 98/83 du 3 novembre 1998 et le décret 2001- 1220, qui fixe les limites et références de qualité pour l’eau potable. Le contrôle de la qualité de l’eau potable, effectué sur l’ensemble du système de distribution, s’accompagne de prélèvements d’échantillons d’eau, analysés par des laboratoires agréés par le Ministère de la Santé, les distributeurs d’eau effectuant aussi leur propre autosurveillance. Les échantillons sont prélevés à la fois sur la ressource en eau brute, l’eau en cours de traitement et l’eau distribuée.

Les informations suivantes sont extraites de la plaquette « La qualité des eaux destinées à la consommation humaine, en Poitou-Charentes, en 2012 », produite en 2013 par l’Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes.

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2.5.1. La qualité bactériologique

La contamination bactériologique des eaux distribuées peut être liée à différents facteurs tels que l’absence ou la défaillance des systèmes de traitement avant distribution, ou bien la recontamination de l’eau dans les conduites ou les réservoirs.

La qualité bactériologique des eaux distribuées est estimée à partir du ratio R. Il correspond au nombre d’analyses bactériologiques non-conformes par rapport au nombre d’analyses bactériologiques effectuées.
Quand R est inférieur ou égal à 10, la qualité de l’eau est satisfaisante, sinon, l’eau présente des contaminations bactériologiques.

La qualité bactériologique s’est améliorée de façon importante en Poitou-Charentes depuis 1986. En 2012, toutes les eaux distribuées dans la région bénéficient d’un traitement de désinfection avant distribution : près de 94 % de la population dispose d’une eau de bonne qualité bactériologique. La contamination bactériologique des eaux a touché 0,1% de la population soit près de 2470 habitants.
Les épisodes de non-conformités sont généralement liés à un défaut de surveillance. La situation s’améliore globalement chaque année.

Evolution 1986 - 2012 de la qualité bactériologique de la qualité de l’eau distribuée (% de population desservie)
Année Qualité de l’eau satisfaisante Contamination bactériologique
R = 0 0 < R <= 10 10 < R <= 30 R > 30
1986 52,20% 31,80% 14,60% 1,40%
1998 65,00% 32,20% 2,70% 0,10%
2000 72,00% 25,50% 2,50% 0%
2001 76,10% 21,20% 2,70% 0%
2003 89,30% 9,70% 1,00% 0%
2005 87,80% 12,00% 0,20* % >
2007 91,80% 8,10% 0,10* % >
2010 95,00% 4,80% 0,30* % >
2012 93,80% 6,10% 0,10* % >

* 10 < R<=33

Source : DRASS-DDASS Poitou-Charentes - ARS Poitou-Charentes

D’une année sur l’autre, il subsiste cependant de légères disparités régionales au niveau de la qualité bactériologique des eaux distribuées :

  • depuis 2007, autour de 98% de la population charentaise reçoit une eau ne présentant pas de non-conformité
  • en Charente-Maritime, 87,4 % de la population dispose d’une eau de bonne qualité bactériologique en 2012 (97,7 % en 2010), la situation s’est nettement améliorée depuis 2001
  • en Deux-Sèvres, 95,3 % de la population a été desservie par une eau de bonne qualité bactériologique en 2012 contre seulement 81,8 % en 2007
  • en Vienne, la population disposant d’une eau de bonne qualité bactériologique est passée de 77% en 2005 à 98,2 % en 2012.
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2.5.2. Les pesticides

Les pesticides peuvent engendrer certains risques sanitaires pour les personnes qui y sont exposées parmi lesquels des intoxications aiguës des utilisateurs. À long terme, les risques sont plus difficilement appréciables.

Certaines études récentes ont indiqué l’existence de liens avec des effets retardés sur la santé principalement dans le champ des cancers, des effets neurologiques et des troubles de la reproduction.

La présence de pesticides dans les eaux d’alimentation n’est pas négligeable bien que les apports en pesticides liés à l’eau ne représentent qu’une faible part des apports totaux par ingestion. (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2014)

Pour évaluer le risque sanitaire, trois cas sont distingués pour la gestion des non-conformités :

  • Situation A : aucun dépassement des exigences réglementaires pour les pesticides n’est constaté,
  • Situation B1 : la présence de pesticides (teneur comprise entre 0,1 μg/l et 20% des valeurs maximales - V max - retenues par des organismes officiels nationaux et internationaux comme l’OMS) n’impose pas de restriction d’utilisation.
  • Situation B2 : la présence fréquente de pesticides ou en quantité importante (teneur supérieure aux valeurs maximales sanitaires ou à 20% de ces valeurs pendant plus de trente jours consécutifs) implique que l’eau ne doit pas être utilisée pour la boisson et pour la préparation des aliments.

Depuis 2011, les modalités de gestion des non conformités sont modifiées et découlent désormais d’une instruction ministérielle en date du 9 décembre 2010.

En 2012, 1,5 % de la population était concernée par la présence de pesticides dans l’eau. Ce pourcentage était de 24 % en 2001, de 12 % en 2005, de 11,5 % en 2007, de 9 % en 2008, de 5 % en 2009 et de 1,8 % en 2010. Cette amélioration est liée à la mise en service de traitement, de mélanges d’eau ou de nouveaux captages de bonne qualité. Les dépassements apparus en 2012 sont principalement liés à des défauts dans la maintenance des installations de traitement par charbon actif.

En Charente, les dépassements de limites observés concernent des sous-produits des triazines, famille de produits interdits depuis plusieurs années en Vienne, ils ont concerné la déséthylatrazine, l’acétochlore et le métolachlore, le métaldéhyde et le triclopyr.

Teneurs maximales annuelles en pesticides dans l’eau distribuée en Poitou-Charentes - Comparaison entre 2007, 2010 et 2012
Teneurs maximales annuelles en pesticides dans l’eau distribuée en Poitou-Charentes - Comparaison entre 2007, 2010 et 2012
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2.5.3. Les nitrates

Les nitrates sont susceptibles de se transformer en nitrites qui tendent à réduire les capacités d’oxygénation des tissus et ainsi provoquer un mauvais transfert de l’oxygène vers les cellules. Des troubles plus ou moins graves peuvent alors apparaître ceux-ci touchent plus particulièrement les nourrissons et les femmes enceintes. Des études ont été menées pour évaluer les effets cancérigènes des nitrates mais n’ont pas permis de tirer de conclusions définitives. Par précaution, le maintien aussi faible que possible du niveau d’exposition est recommandé. Aucun cas n’a été recensé en France.

La situation de la qualité de l’eau distribuée vis-à-vis des nitrates est jugée préoccupante en Poitou-Charentes. En effet, même si une stabilisation est observée sur les eaux distribuées, les concentrations en nitrates dans les eaux brutes sont excessives par rapport aux normes et à la moyenne française. Si la situation avait tendance à se dégrader de façon continue des années 70 à 2000, elle semble se stabiliser, compte tendu de l’abandon des captages les plus polluées.

La réglementation française limite à 50 mg/l la teneur maximale en nitrates de l’eau destinée à la consommation humaine. Cette norme est fonction des risques courus par la population la plus vulnérable, les nourrissons et les femmes enceintes et respecte le principe de « précaution maximum ».

D’un point de vue normatif, une eau dont la teneur en nitrates dépasse 50 mg/l n’est pas considérée comme potable.
D’un point de vue sanitaire, la consommation d’une eau présentant une concentration de nitrates supérieure à la norme de 50 mg/l mais inférieure à 100 mg/l est considérée comme temporairement acceptable, sauf pour les nourrissons et les femmes enceintes ou allaitantes.
Au-delà de 100 mg/l, l’eau ne doit pas être bue ni utilisée dans la préparation des aliments.

Il faut bien différencier la teneur maximale de 50 mg/l de la teneur moyenne annuelle qui correspond à la moyenne annuelle des concentrations en nitrates d’un secteur. Depuis 2007, la situation s’est améliorée, puisqu’aucun habitant n’a reçu une eau dont la teneur en nitrates dépassait 50 mg/l en moyenne annuelle.

La population ayant reçu une eau dont la concentration maximale peut dépasser 50 mg/l, semblait en baisse en 2010 avec 0,6% de la population soit 11 158 habitants, mais cette proportion est passée à 2,1 % de la population, soit 36 909 habitants en 2012.

Même si la situation s’est améliorée depuis 2001, les valeurs maximales observées imposent une vigilance constante dans le suivi des ressources et dans la gestion des dispositifs de correction adoptés pour respecter les exigences de qualité.

Pour les teneurs moyennes distribuées, près de 141 600 habitants ont été desservis la plupart de l’année, voire en permanence, par une eau dépassant les 40 mg/l ce nombre a été divisé par deux en 2010 (58 135 habitants). En 2012, ce chiffre baisse et s’élève à 49 064 habitants.

Evolution 1986-2012 de la teneur moyenne annuelle en nitrates dans l’eau distribuée (en % de la population picto-charentaise distribuée)
Evolution 1986-2012 de la teneur moyenne annuelle en nitrates dans l’eau distribuée (en % de la population picto-charentaise distribuée)
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2.5.4. La turbidité

La turbidité est un des paramètres indicateurs de la contamination microbiologique de la ressource et peut témoigner de dysfonctionnement dans les installations de traitement et de distribution. Le risque principal pour la santé est lié à la présence de micro-organismes (bactéries, virus …) qui se fixent sur les matières en suspension et sont alors protégés de l’action du désinfectant.
Elle s’exprime en NFU qui traduit le trouble de l’eau dû aux matières en suspension. La référence de qualité pour l’eau du robinet ne doit pas dépasser 2 NFU.

En Poitou-Charentes, il arrive que des dépassements se produisent (surtout au niveau du captage des eaux brutes) suite à de fortes pluies entraînant de nombreuses particules.
En 2010, 0,5 % de la population de la région (soit 9184 habitants) a été desservie par une eau plus turbide que l’exige les normes règlementaires.
En 2012, seuls 30 habitants de Charente-Maritime ont été desservis par une eau dont la turbidité est supérieure à 2 NFU.

D’une manière générale, la situation s’est améliorée depuis 2001 grâce à la mise en place de traitements sur de grosses unités de distribution.

Part de la population desservie par une turbidité > 2 NFU
Part de la population desservie par une turbidité > 2 NFU

À titre d’exemple, dans la Vienne, citons le cas des réseaux de Mauprévoir, Pressac et de quelques hameaux de Saint- Martin-l’Ars (Les Cours, Destilles, La Petite et La Grande Tangue, Les Fays) qui voient la turbidité de leur eau augmenter, de façon récurrente, lors d’épisodes pluvieux importants. Ce fut notamment le cas en 2013 (mi-avril et fin juin) où un dépassement de la norme de 2 NFU a été observé. La construction d’une usine de traitement d’eau a débuté en 2013 et devrait s’achever en juin 2014 pour remédier à ces dépassements de norme de turbidité sur le secteur du syndicat d’eau de Destilles.

Si l’eau du robinet est trouble, il est conseillé à la population de la faire bouillir au moins trois minutes ou de boire de l’eau en bouteilles. Des bouteilles sont par ailleurs distribuées aux abonnés dans l’attente d’un retour à une situation normale.

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2.5.5. Les autres paramètres

La dureté de l’eau, les teneurs en fluor, plomb, radioactivité et aluminium sont également susceptibles d’avoir des effets néfastes sur la santé lorsqu’ils sont consommés dans des proportions trop importantes.

La dureté de l’eau

La dureté d’une eau correspond à la teneur en sels de calcium et de magnésium qu’elle contient. Elle est exprimée en degré français (°F). Pour qu’une eau soit conforme, la dureté doit être comprise entre 15 et 25°F.

Les eaux douces sont susceptibles de provoquer des inconvénients sur la santé puisqu’elles permettent la solubilisation de certains éléments comme le plomb, le cuivre ou le fer par exemple. Les eaux dures engendrent quant à elles des inconvénients d’un point de vue matériel (entartrage des canalisations, des appareils …).

En 2012, 7% de la population régionale était alimentée par de l’eau douce dont la dureté est inférieure à 15°F alors que 40% de la population recevait une eau dure (dureté est supérieure à 30°F).

Le fluor

Le fluor est présent de manière naturelle dans certaines nappes de la région. En lien avec la santé, le fluor se fixe sur les dents et les os : lorsqu’il est absorbé en excès, il peut entraîner des fluoroses dentaires et osseuses. La limite de qualité est fixée à 1,5 mg/l.

Pour la dernière année d’observation, 2012, 94 % des habitants ont reçu une eau contenant moins de 0,6 mg/l de fluor et aucun dépassement de limite de qualité n’a été observé.

Le plomb

La limite de qualité du plomb dans l’eau potable est de 25 μg/l et sera de 10 μg/l à partir de 2014. Sa présence épisodique a été relevée sur certains réseaux publics à de faibles teneurs.

Par effet cumulatif, le plomb peut engendrer des problèmes de santé sur le système nerveux central et périphérique, pulmonaire …

Des messages d’information sont dispensés aux populations concernées par des réseaux privés en plomb afin qu’elles soutirent quelques litres d’eau préalablement au remplissage du pichet qui contiendra l’eau de boisson.

En 2010 un recensement des branchements en plomb a été demandé aux exploitants. Lorsque la concentration en plomb était supérieure à 25 μg/l, le branchement a été remplacé (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2012).

Fin 2010, le recensement des branchements en plomb indiquait qu’il restait 6% à renouveler sur la totalité de la région, puis fin 2012, près de 4 % de branchements en plomb restent à remplacer.

En 2010 et 2012, la présence du plomb a été relevée de manière ponctuelle sur certains réseaux à de faibles teneurs.

La radioactivité

La qualité radiologique des eaux destinées à la consommation humaine est également estimée par la détermination de 4 indicateurs :

  • l’activité alpha globale
  • l’activité bêta globale résiduelle
  • l’activité en tritium
  • la dose totale indicative (DTI) qui permet d’estimer la part de l’exposition des populations aux rayonnements ionisants (la référence de qualité pour l’eau de boisson est de 0,1 mSv/an) Ces indicateurs permettent de connaître le « profil radiologique » des eaux distribuées, compte tenu de la présence d’éléments radioactifs naturels caractéristiques des terrains géologiques dans lesquels l’eau prélevée a séjourné.

En 2012, moins de 1 % de la population est concernée par des dépassements de la référence de qualité liée à la DTI.

En 2010, en région, 3 UDI de Charente-Maritime ont été concernées par des dépassements de la référence de qualité portant sur la DTI. Des analyses ont montré que ces dépassements sont liés à des éléments naturels présents dans le sol.

En Vienne, mis à part des radioéléments naturels présents à une très faible concentration dans les eaux de la Vienne, les eaux prélevées sur 2 communes (Châtellerault et Vaux sur Vienne) sont influencées par les rejets de la centrale de Civaux. Cependant, les rejets de la centrale sont soumis à une réglementation stricte et la surveillance de la radioactivité mesurée en sortie de l’usine de traitement à Châtellerault, a indiqué en 2010 une concentration moyenne en tritium d’environ 40 Becquerels par litre soit une DTI inférieure à 1μSv/an soit 100 fois moins que la valeur de référence pour les eaux potables. Il en va de même en 2012.

L’aluminium

En moyenne, l’organisme d’un sujet sain contient de 30 à 50 mg d’aluminium (Agency for Toxic Substances and Disease Registry, 1999). Notre exposition à l’aluminium est à 95% d’origine alimentaire. L’eau ne représente que moins de 10 % de cet apport. Des études tendent à montrer une éventuelle augmentation du risque d’Alzheimer lors de la consommation d’une eau trop riche en aluminium. Dans leur rapport de novembre 2003, les autorités sanitaires n’ont cependant pas retenu de lien causal entre l’exposition à l’aluminium par voie digestive et la maladie d’Alzheimer. (Centre d’Information sur l’Eau, 2013e)

Pour le traitement de l’eau potable, des sels d’aluminium peuvent être utilisés. Pour cet élément, la réglementation n’impose pas de limite de qualité mais indique une référence de qualité de 200 μg/l. En région, 13 sites de production utilisant des sels d’aluminium sont recensés. Ils sont contrôlés de manière régulière par l’ARS pour vérifier les dépassements ponctuels pouvant être liés à des problèmes d’exploitation.

Les teneurs moyennes en eau distribuée sont inférieures à 200 μg/l pour l’ensemble de la population picto-charentaise. 1,2 % de la population peut ponctuellement recevoir entre 200 et 500 μg/l d’aluminium.

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > À l’état naturel
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour la baignade
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Pour l’eau potable

 Pour aller plus loin
  • Affinage : L’affinage est une étape du traitement de l’eau qui a pour effet l’oxydation et la biodégradation des matières organiques et l’élimination ou l’absorption de certains micropolluants. En outre, cette étape améliore les qualités organoleptiques de l’eau (saveur, odeur, limpidité).
  • Eaux brutes : Eau superficielle ou souterraine telle qu’elle se présente dans le milieu naturel avant d’avoir été traitée en vue d’un usage. (directive 75/440).
  • Escherichia coli : Cette bactérie, de la famille des Enterobacteriacea, fait partie de la flore normale du tube digestif des mammifères. Elle représente l’espèce dominante de la flore fécale aérobie. Bien que généralement non pathogène, elle peut acquérir une grande virulence. Sa présence dans l’eau ou le sol est un indicateur de contamination fécale. Ce bacille est responsable d’infections intestinales et urinaires, de suppurations, de syndromes cholériformes, de septicémies et d’infections variées.
  • Indicateurs, Indicateur : "Paramètre, ou valeur calculée à partir de paramètres", qui décrit ou donne des indications sur "l’état d’un phénomène, de l’environnement ou d’une zone géographique, d’une portée supérieure aux informations directement liées à la valeur d’un paramètre."
  • Plomb : Numéro atomique 82. Métal gris bleuâtre, terni par altération, très mou, malléable. Son numéro atomique et sa densité (11.34) font de lui un excellent matériau de protection contre les rayonnements gamma et X. Le plomb est émis par le traitement des minerais et métaux et par les véhicules automobiles à essence plombée. Le plomb peut être ingéré par les voies respiratoires et digestives. Poison cumulatif qui se traduit chez l’homme par le saturnisme. Dans le cas de l’ingestion du plomb par la voie alimentaire (notamment de coquillages), la Dose Hebdomadaire Tolérable a été fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé à 25 µg de plomb/kg par semaine.
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Sélénium : Numéro atomique 34. Métalloïde gris argenté possédant des propriétés photoélectriques, oligo-élément à la fois indispensable et très toxique. C’est un poison cumulatif. Chez les animaux, une carence en sélénium entraîne des myopathies. Mais à hautes concentrations, il induirait une prédisposition aux caries dentaires aux cours des premières années de la vie, et serait responsable d’hépatomes (tumeurs bénignes du foie) chez le rat.
  • Turbidité : Caractéristique d’une eau dont la transparence est atténuée en raison de la présence de fines particules en suspension d’origine naturelle ou dues à des agents polluants. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Unité de distribution : Elle est définie comme étant un réseau de distribution dans lesquelles la qualité de l’eau est réputée homogène. Elle est gérée par un seul exploitant, possédée par un même propriétaire et appartient à une même unité administrative.
  • Aquifères : Le terme aquifère est utilisé dans deux acceptations : pour décrire les propriétés d’un milieu capable de contenir de l’eau en partie mobilisable. Et ce terme décrit aussi l’ensemble de "roches perméables comportant une zone saturée [...] suffisamment conducteur d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe [...] et le captage de quantités d’eau appréciables" (castamy et al., 1977)
  • Captage : Dérivation d’une ressource en eau. Au sens restreint, désigne tout ouvrage utilisé couramment pour l’exploitation d’eaux de surface ou souterraines. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Cénomanien : Premier étage du Crétacé supérieur, entre l’Albien et le turonien, soit l’intervalle de temps compris entre -99,6 Ma et -93,5 Ma. Collecte séparative : Il s’agit de collecter les eaux domestiques dans un réseau et les eaux pluviales dans un autre. Ce système a l’avantage d’éviter le risque de débordement d’eaux usées dans le milieu naturel lorsqu’il pleut. Il permet de mieux maîtriser le flux et sa concentration en pollution et de mieux adapter la capacité des stations d’épuration.
  • Dureté : La dureté d’une eau hydrométrique (TH) correspond à la teneur en sels de calcium et de magnésium. Elle est exprimée en degré français (°F). Elle est directement liée à la nature des terrains traversés. Un sol crayeux ou calcaire fournira une eau « dure » (TH>30°F) alors qu’une eau traversant un terrain siliceux comme le sable, gréseux ou granitique sera « douce » (TH>15°F).
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Infratoarcien : Le Toarcien est un étage appartenant au Jurassique inférieur (Lias) (ère secondaire), qui s’étend entre - 183 et - 175 millions d’années
  • Lessivage : Entraînement en profondeur par l’eau à travers les horizons de sols des substances fixées sur des particules fines. En particulier, les nitrates et certains produits phytosanitaires (ou leurs produits de dégradation) peuvent ainsi atteindre les nappes d’eau et en altérer la qualité, jusqu’à rendre l’eau impropre à la consommation. (Glossaire EauFrance)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Nappe captive : Volume d’eau souterraine généralement à une Pression supérieure à la Pression atmosphérique car isolée de la surface du sol par une formation géologique imperméable. Une nappe peut présenter une partie libre et une partie captive. (Glossaire EauFrance)
  • Nappe libre : Volume d’eau souterraine dont la surface est libre c’est-à-dire à la Pression atmosphérique. (Glossaire EauFrance)
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
  • Régression : Une régression marine est un retrait durable de la mer en deçà de ses limites antérieures, se traduisant par un abaissement de la ligne de côte et l’augmentation de la surface des terres émergées.
  • Résurgence : Réapparition à l’air libre sous forme de source, d’eaux infiltrées dans un massif calcaire. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Turonien : Le Turonien est un étage appartenant au Crétacé supérieur (ère secondaire), situé entre - 93 et -89 millions d’années.
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