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La pollution marine

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

4.1. La pollution microbiologique et planctonique

4.2. Les hydrocarbures et autres pollutions chimiques

4.3. Les macro-déchets


La pollution marine se définit comme l’introduction directe ou indirecte de déchets, de substances, ou d’énergie, y compris de sources sonores sous-marines d’origine humaine, qui entraîne ou qui est susceptible d’entraîner des effets nuisibles pour les ressources vivantes et les écosystèmes marins.

Les conséquences sont un appauvrissement de la biodiversité, des risques pour la santé humaine, des obstacles pour les activités maritimes, et notamment la pêche, le tourisme et les loisirs ainsi que les autres utilisations de la mer, une altération de la qualité des eaux du point de vue de leur utilisation, et une réduction de la valeur d’agrément du milieu marin. (Ministère de l’Écologie, 2011a)

Ces pollutions peuvent provenir de l’amont du bassin versant qui sont propres au littoral et au milieu marin, en lien avec les activités humaines.

En région les polluants d’origine industrielle, agricole, urbaine ou portuaire, parviennent donc au milieu marin, soit directement par les rejets en mer, soit indirectement par les rivières (plusieurs bassins versants sont concernés : ceux de la Sèvre, du Lay, de la Charente, de la Seudre, de la Gironde).

Mais ne connaissant pas avec précision les quantités de polluants qui arrivent en mer, il est très difficile de connaître l’effet réel de cette pollution dans le milieu. Il serait pour cela nécessaire d’approfondir les connaissances sur le transfert des polluants au sein des bassins versants, sur leur devenir dans les zones de transition.

Les zones humides, douces et salées jouent probablement un rôle important de tampon. Le bouchon vaseux, dans les estuaires, est également une barrière et un réservoir pour de nombreux composés chimiques.

Les sédiments marins piègent aussi des quantités très importantes de ces composés et jouent donc un rôle déterminant de puits, mais avec un risque significatif de remise en circulation lors de mouvements importants des sédiments. Dans tous les cas, les connaissances n’existent que sur un nombre limité de composés.

Enfin, la capacité naturelle des zones côtières à disperser et assimiler les polluants est limitée. Ces pollutions entraînent donc une dégradation de la qualité des eaux.

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4.1. La pollution microbiologique et planctonique

Les eaux littorales peuvent être polluées par des bactéries et des virus pathogènes qui sont issus de rejets d’émissaires ou d’égouts en provenance du continent. Cette pollution microbiologique est majoritairement d’origine fécale elle est liée aux eaux usées insuffisamment traitées des habitations, aux déjections d’animaux, aux rejets d’effluents d’élevages …

Certaines zones marines comme les zones abritées sont généralement plus touchées par ces pollutions et sont marquées par une concentration en bactéries plus importante.

Il est à noter que les mollusques bivalves peuvent eux aussi être porteurs de pollution puisqu’ils concentrent les microbes et les virus. En cas de développement de phytoplancton toxique, les bivalves sont parfois retirés de la vente.

La présence de phytoplanctons toxiques est régulièrement détectée dans les eaux du littoral, même si les niveaux d’alerte sont rarement atteints. Le littoral charentais est fréquemment concerné par des concentrations souvent supérieures à dix milles cellules par litre (toutes espèces confondues, y compris les non toxiques) de Pseudonitzschia, une diatomée régulièrement présente sur le littoral atlantique mais le seuil sanitaire des toxines amnésiantes n’a jamais été atteint.

La prolifération d’algues microscopiques telles que le phytoplancton ou les algues planctoniques peut être favorisée dans le cadre de conditions d’ensoleillement, de température et de composition des eaux littorales particulières. Des phénomènes « d’eaux colorées » (vertes, brunes ou rouges) sont alors observés, l’eau de mer prenant un aspect inhabituel.

Certaines algues peuvent également générer des toxines et provoquer à certaines concentrations des troubles de la santé plus ou moins grave selon la concentration. La turbidité des eaux côtières dans les pertuis contraint la prolifération des algues planctoniques dans la masse d’eau et celle des grandes algues sur les fonds.

Ainsi, les nuisances liées à un enrichissement excessif (eutrophisation) sont faibles.

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4.2. Les hydrocarbures et autres pollutions chimiques

L’activité de plaisance maritime existante sur le littoral picto-charentais est à l’origine de déversements d’eaux contaminées provenant des aires de carénage et des sanitaires des bateaux dans les ports de plaisance ou dans les zones de mouillage.

Huiles, carburants, composants des peintures, déchets organiques sont également des menaces sur la qualité de l’eau engendrant une concentration de certains contaminants chimiques tels que le mercure, le cadmium, le plomb ou encore le cuivre.

La présence de certains métaux lourds (cuivre, zinc, plomb) est liée en partie à l’utilisation de peintures anti-salissures pour l’entretien de la flotte maritime. La présence localisée de pics de concentrations, loin de toute activité industrielle importante, tend à démontrer le caractère extrêmement polluant de l’utilisation de ces peintures.

Le littoral charentais comprend 13 ports de plaisance d’une capacité d’accueil de 8 407 places dont environ 1/3 sont situées à la Rochelle. Il existe en outre une vingtaine de zones de mouillage (Ministère de l’Écologie, 2011a). Les ports de plaisance ne sont pas les seuls en cause. Les ports de pêche ou de commerce sont également pollués. La pollution par les hydrocarbures par exemple y est importante : elle résulte de fuites lors des opérations d’avitaillement des navires ou de fuites des moteurs.

L’entretien des ports est également à l’origine de pressions importantes. Les installations portuaires se sont généralement établies dans des zones de faible profondeur d’eau et un entretien pour préserver les voies d’accès est nécessaire. Périodiquement, des dragages sont effectués pour enlever les sédiments qui se sont accumulés. Le littoral charentais a toujours été connu pour ses phénomènes d’envasement d’origine naturelle.

Les activités de dragage des sédiments se sont donc développées au cours des années pour éviter de faire entrave au trafic portuaire. Cependant, ces sédiments marins sont de véritables accumulateurs de polluants. Ils peuvent être par conséquent à l’origine de relargage de substances polluantes vers les écosystèmes côtiers notamment au cours de leur remise en suspension (dragage mais aussi tempête).

Les risques de pollutions accidentelles pour l’espace littoral et marin ne sont pas à écarter. C’est le port de La Rochelle qui draine l’essentiel du trafic régional avec un peu plus de 8 millions de tonnes de marchandises répertoriées en 2011 (Observatoire Régional des Transports, 2013).

Ces risques de pollutions sont généralement liés aux opérations de chargement/ déchargement ou au dégazage des navires. Cependant, le faible trafic de matières dangereuses des ports charentais ainsi que la faible fréquence des mouvements de navires font que le risque d’accidents de grande envergure liés au transport est faible.

L’épisode le plus grave répertorié sur les côtes charentaises est la marée noire de l’Erika de décembre 1999. Sa pollution a touché les côtes de l’Ile de Ré et les environs de La Rochelle. Plus récemment, le littoral charentais a été touché en janvier 2003 par la marée noire, issue du Prestige dont le naufrage a eu lieu au large des côtes espagnoles, en novembre 2002.

Une autre source de pollution accidentelle est due aux eaux de ballast (réservoir d’eau de grande contenance équipant certains navires) des navires en escale qui libèrent des espèces vivantes importées (bactéries, phytoplancton, crustacés…) dont certaines sont nuisibles.

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4.3. Les macro-déchets

En dehors des pollutions chimiques et microbiologiques, il existe également une autre forme de pollution : les déchets aquatiques ou macrodéchets.

Sont assimilés à ce type de déchet tout solide ménager, industriel, naturel que l’on peut retrouver dans l’environnement maritime et côtier. L’essentiel est composé de déchets plastiques avec notamment des sacs plastiques, des bouteilles, des emballages … Sont également fréquemment retrouvés des objets en verre de type bouteille ou flacon, en métal avec bien souvent des canettes, en cuir …

Leur provenance est variable et découle bien souvent d’actes de négligence :

  • abandons sur le littoral
  • rejets dans les ports
  • résidus d’activités de pêche
  • navires de passage ou de plaisance
  • rejets dus au trafic maritime

Les déchets sont transportés au gré des courants océaniques et finissent par s’accumuler à différents endroits notamment aux embouchures des estuaires ou sur les plages. Certains déchets tendent à flotter en surface ou dans la colonne d’eau, d’autres se déposent dans les fonds marins … Leur biodégradabilité peut être très longue, c’est par exemple le cas des canettes en aluminium (100 ans) ou des déchets plastiques (100 à 500 ans).

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Re Sources
la gestion de l’eau > Reconquête de la qualité > Réduction des pesticides
connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité > Les pollutions et les menaces > Les résidus de médicaments dans l’eau
la gestion de l’eau > Assainissement

 Pour aller plus loin
  • Eaux usées : Eaux ayant été utilisées par l’homme. On distingue généralement les eaux usées d’origine domestique, industrielle ou agricole. Ces eaux sont rejetées dans le milieu naturel directement ou par l’intermédiaire de système de collecte avec ou sans traitement.
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Effluents : Eau résiduaire sortant d’une station de traitement, d’un complexe industriel ou d’un étang d’épuration.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Métaux lourds : On désigne par le terme "métaux lourds", les métaux qui ont une masse volumique supérieure à 4,5 g/cm3 (protocole relatif aux métaux lourds de la convention de Genève). Sont donc qualifiés de métaux lourds les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l’environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn),... Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). Les métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ...Les effets engendrés par ces polluants sont variés et dépendent également de l’état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique). Ils contaminent également les sols et les aliments et s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.
  • Pertuis : Zones maritimes abritées, délimitées par les îles et par le continent, correspondant à des mers "intérieures".
  • Plomb : Numéro atomique 82. Métal gris bleuâtre, terni par altération, très mou, malléable. Son numéro atomique et sa densité (11.34) font de lui un excellent matériau de protection contre les rayonnements gamma et X. Le plomb est émis par le traitement des minerais et métaux et par les véhicules automobiles à essence plombée. Le plomb peut être ingéré par les voies respiratoires et digestives. Poison cumulatif qui se traduit chez l’homme par le saturnisme. Dans le cas de l’ingestion du plomb par la voie alimentaire (notamment de coquillages), la Dose Hebdomadaire Tolérable a été fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé à 25 µg de plomb/kg par semaine.
  • Pollution accidentelle : Altération de la qualité d’un milieu aquatique ou d’une ressource en eau résultant d’émissions de courte durée non programmées.
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Turbidité : Caractéristique d’une eau dont la transparence est atténuée en raison de la présence de fines particules en suspension d’origine naturelle ou dues à des agents polluants. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
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