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> Des ressources en eau fortement sollicités

L’eau au service de plusieurs usages

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

2.1. L’usage domestique

> 2.1.1. L’utilisation de l’eau

> 2.1.2. Des prélèvements d’eau

> 2.1.3. Une restitution au milieu naturel

2.2. L’usage agricole

> 2.2.1. Les besoins en eau

> 2.2.2. Les cultures irriguées

> 2.2.3. Les prélèvements en eau

2.3. L’usage industriel

2.4. La production d’énergie


2.1. L’usage domestique

2.1.1. L’utilisation de l’eau

La Chapelle-Bâton (Deux-Sèvres)
La Chapelle-Bâton (Deux-Sèvres)

L’usage domestique comprend l’utilisation de l’eau pour la boisson, pour le lavage, les soins d’hygiène, l’évacuation des déchets organiques, les plantes vertes, les jardins privés et les animaux domestiques. Pour tous ces usages, chez l’habitant, un seul robinet fournit une eau de qualité potable. En effet lors de la mise en place de l’eau courante, il a été jugé préférable, d’une part d’éviter l’installation de deux réseaux parallèles et d’autre part de supprimer le risque de confusion entre les deux types d’eau (risque d’utiliser l’eau non-potable pour la boisson). Cependant, dans certains pays et en émergence en France, l’utilisation de l’eau de pluie est recherchée pour se substituer à l’eau potable pour les activités d’arrosage, de lavage de voitures, … Le manque de recul et la variabilité de la composition des eaux de pluie sont à l’origine de la réticence à leur utilisation. En effet, comparée aux exigences de qualité d’une eau potable, l’eau de pluie dépasse souvent certaines valeurs notamment sur le plan de l’acidité et des concentrations en ammonium.

D’après les résultats nationaux d’une enquête réalisée par l’INSEE, chaque Français utilisait en moyenne 151 litres d’eau par jour dans sa vie quotidienne en 2008, contre 165 litres par jour en 2004, soit une diminution de plus de 2% par an. (Centre d’Information sur l’Eau, 2013b)

En Poitou-Charentes, la consommation domestique d’eau par habitant et par jour est estimée à 146 litres en 2008. Celle-ci a diminué d’environ 20 litres entre 2004 et 2008 soit 12%. (Agreste Poitou-Charentes, 2011)

De fortes disparités subsistent cependant entre les régions françaises mais également entre les secteurs ruraux et les secteurs urbains. Une consommation journalière moins élevée est en effet observée en milieu rural comparativement au milieu urbain.

En savoir plus dans la partie 3 (La gestion qualitative), chapitre 2 (La qualité de l’eau en Poitou-Charentes), Quelques généralités sur l’eau potable.

L’eau destinée à la consommation humaine est tout d’abord prélevée dans le milieu naturel (eau de surface ou nappe), puis bénéficie d’un traitement plus ou moins complet en fonction de ses caractéristiques physicochimiques et bactériologiques elle est stockée, transportée vers les points d’usages pendant lesquels elle se charge plus ou moins en polluants et en souillures qui nécessitent un traitement épuratoire avant de retourner au milieu naturel.

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2.1.2. Des prélèvements d’eau

En région Poitou-Charentes, 404 captages d’alimentation en eau potable (97 en Charente, 84 en Charente-Maritime, 73 en Deux-Sèvres et 150 en Vienne) prélèvent, chaque année près d’un tiers des prélèvements globaux d’eau de la région. Ce volume est en baisse depuis une dizaine d’années, du fait des économies d’eaux réalisées sur les équipements sanitaires notamment, mais peut-être aussi du fait de l’élévation du coût du mètre cube d’eau distribuée (Agence Régionale de Santé Poitou- Charentes, 2012).

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Alimentation en eau potable
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Alimentation en eau potable

La population du Poitou-Charentes est majoritairement alimentée à partir des eaux souterraines (62%) et dans une moindre mesure, à partir des eaux mixtes (12 %). Les eaux mixtes sont produites par mélange d’eaux souterraines et superficielles pour des raisons quantitatives ou qualitatives.

Le nord-ouest du département des Deux-Sèvres ne dispose que des aquifères superficiels du socle granitique et schisteux. Cette situation a conduit les collectivités à s’organiser et à se regrouper autour de retenues superficielles, tel le barrage du Cébron.

Origine de l’eau destinée à l’alimentation en eau potable en 2012
CharenteCharente-MaritimeDeux-Sèvres ViennePoitou-Charentes
Eau souterraine94%45%51%69%62%
Eau superficielle6%13%18%8%26%
Eau mixte 0%42%29%23%12%

Sources : Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes, 2014

Les eaux souterraines des nappes profondes captives sont depuis plusieurs années de plus en plus sollicitées pour l’alimentation en eau potable. En effet, les eaux souterraines profondes, moins concurrencées et mieux protégées naturellement, peuvent permettre de satisfaire à la demande en quantité mais également aux exigences de qualité imposées par la réglementation en diluant les eaux contaminées des nappes superficielles : cependant cet exercice comporte rapidement des limites du fait de la dégradation continue de la qualité des eaux des nappes superficielles et des problèmes de qualité rencontrés au niveau des nappes profondes (fer, fluor, « Dureté », sulfates, turbidité, arsenic, sélénium, …).

À l’inverse, les eaux de surface et les nappes superficielles, peu protégées naturellement et vulnérables aux pollutions diffuses ou accidentelles, sont donc de plus en plus délaissées.

En définitif, ces 30 dernières années, 413 captages d’alimentation en eau potable ont été abandonnés : 57 en Charente, 171 en Charente-Maritime, 114 en Deux-Sèvres et 71 en Vienne.

En Poitou-Charentes, 63 % des abandons ont pour cause une dégradation de la qualité des ressources en eau. La tendance à la baisse observée depuis 2000 à l’échelle nationale ne se confirme pas à l’échelle régionale.

Sur ces cas, 40 à 90 % des abandons sont dus aux nitrates et pesticides.

À noter également, la mauvaise qualité microbiologique et les pointes de turbidité en Charente, du fait de la forte vulnérabilité des sources exploitées vis-à-vis des pollutions de surface, et la réactivité importante du système aquifère jurassique karstifié. Dans la Vienne et en Charente, certains abandons sont liés aux teneurs en arsenic, naturellement présents dans certains aquifères.

16% des abandons sont dus au caractère improtégeable de l’aire d’alimentation du captage. Dans ces cas, la qualité biologique et/ou chimique est toujours médiocre.

Enfin, pour 13% des cas il s’agit d’un problème de productivité des captages : baisse de productivité d’un ouvrage associée à l’augmentation de la demande à laquelle les volumes produits ne peuvent plus répondre. (Bureau de Recherches Géologiques et Minières de Poitou-Charentes, 2012)

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2.1.3. Une restitution au milieu naturel

76% des volumes d’eau prélevés sont rejetés dans le milieu naturel (cours d’eau et sol) après utilisation et traitement. Le volume d’eau prélevé pour l’alimentation en eau potable et non restitué au milieu naturel s’élève à 24%. (cf Prélèvements ou consommations ?)

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2.2. L’usage agricole

2.2.1. Les besoins en eau

Les précipitations qui arrivent au sol ne sont pas toutes utiles, selon le moment, leur volume, leur intensité. Du point de vue de l’agriculteur, dans le champ, la pluie réellement efficace est celle qui est utilisable pour la croissance des cultures. Cette eau peut être définie par la fraction de pluie effectivement interceptée par la végétation et/ou stockée dans l’épaisseur du sol explorée par les racines. Une certaine quantité d’eau est au contraire « perdue » par ruissellement ou transférée vers les couches plus profondes du sol. Cette fraction bénéficie alors à la recharge des nappes souterraines, à l’alimentation du réseau hydrographique et des exutoires d’un bassin versant.

La plante cultivée satisfait ses besoins grâce aux précipitations (variabilités annuelles et interannuelles importantes) et grâce à l’eau stockée dans les sols (capacité variant de 500 m3 à 2 000 m3). Lorsque ces apports sont insuffisants, le recours à l’irrigation permet de compléter la couverture des besoins et d’obtenir ainsi de meilleurs rendements.

Toutes les plantes absorbent de l’eau, cette consommation est une nécessité pour leur croissance et leur reproduction. La quantité moyenne d’eau exprimée en litres, nécessaire à la production d’un kilogramme, est, pour les cultures suivantes :
    • 238 litres d’eau pour cultiver 1 kg de maïs ensilage (1)
    • 454 litres d’eau pour 1 kg de maïs grain
    • 524 litres d’eau pour 1 kg d’orge (1)
    • 590 litres d’eau pour 1 kg de pomme de terre (1)
    • 590 litres d’eau pour 1 kg de blé (1)
    • 900 litres d’eau pour 1 kg de soja

(1) : en zones tempérées

Source : Centre National de la Recherche Scientifique, 2000

Ainsi, l’eau est utilisée en agriculture pour répondre aux besoins des plantes, pour leur croissance et leur reproduction. Ces besoins varient suivant les espèces et suivant le stade de développement. En France, selon les recensements agricoles, le volume d’eau utilisé pour l’irrigation aurait diminué de 13% entre 2000 et 2010.

Pour les exploitations n’irriguant que du maïs, le volume d’eau moyen utilisé à l’hectare serait passé de 1850 m3 à 1550 m3 durant ce même pas de temps. En moyenne, toutes cultures confondues, chaque hectare irrigué reçoit 1680 m3 d’eau chaque année (en France, en 2010). Ce chiffre peut fortement varier entre les années très pluvieuses et les années sèches. (Agreste Poitou- Charentes, 2013).

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2.2.2. Les cultures irriguées

Contrairement à d’autres régions de France (comme l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur), Poitou-Charentes se distingue par l’introduction relativement récente de la technique d’irrigation (années 1980).

L’irrigation s’est beaucoup développée dans les années 1980-1990 et a été réservée principalement à la culture du maïs. D’une manière générale, les surfaces irriguées ont fortement augmenté entre 1979 et 1993 (+ 80,5 %). (Agreste Poitou-Charentes, 2009)

Le développement de l’irrigation a été fortement encouragé par la Politique Agricole Commune. Le montant prévu pour les primes PAC aux grandes cultures était en effet placé sous le signe de l’avantage accordé aux cultures irriguées. De plus, les sécheresses de 1976, 1986, 1989, 1990 et 1991 ont été décisives pour le choix d’investissement des agriculteurs qui ont cherché à s’affranchir des risques climatiques.

Puis la croissance des surfaces irriguées a ralenti dans les années 90. Par la suite, elles ont considérablement diminué de 2003 à 2006. Ce recul est dû aux sécheresses successives et aux restrictions d’eau qui ont eu lieu. Ces conditions météorologiques défavorables ont poussé les agriculteurs à se réorienter vers des cultures moins exigeantes en eau. Ils ont opté pour le blé dur qui a presque doublé sa surface. Le recul des surfaces en céréales s’est également opéré au profit des oléagineux et des prairies temporaires.

La région Poitou-Charentes reste malgré tout une région où l’irrigation est fortement présente. Elle est en 2010 la sixième région française pour la surface allouée à l’irrigation (8,63% de la surface agricole utilisée). Sur les 203 000 hectares irrigables recensés en 2010, les exploitations de la région en ont effectivement irrigué 148 500 ha on constate une forte augmentation des surfaces irriguées en blé (17%) entre 2009 et 2010. (Agreste Poitou-Charentes, 2013)

Proportion des SAU (surface Agricole Utile) irriguées par rapport aux SAU totales de 1990 à 2010
Proportion des SAU (surface Agricole Utile) irriguées par rapport aux SAU totales de 1990 à 2010
Les surfaces irriguées en Poitou-Charentes en 2010
Les surfaces irriguées en Poitou-Charentes en 2010

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

Le maïs grain et le maïs fourrage sont les cultures irriguées dominantes en Poitou-Charentes en 2010, elles concernaient les deux tiers de la superficie irriguée (19% pour le blé et l’orge).

L’irrigation tend à renforcer la spécialisation de Poitou- Charentes en direction des céréales et des oléoprotéagineux. En région, environ 80 % de la superficie irriguée est consacrée aux grandes cultures pour une moyenne d’environ 60% en France. (Agreste Poitou- Charentes, 2013)

Evolution des surfaces irriguées en Poitou-Charentes de 1994 à 2010
Evolution des surfaces irriguées en Poitou-Charentes de 1994 à 2010

De 1994 à 2010, les surfaces destinées à la production du maïs représentent en moyenne 84 % de l’ensemble des surfaces irriguées. Cette proportion, en baisse de 2002 à 2005, a de nouveau augmenté depuis 2006 pour atteindre environ 89 % en 2009. En 2010, 58% des cultures irriguées concernent le maïs grain pour 10% des surfaces cultivées. (Agreste Poitou-Charentes, 2013)

Suite à l’accord du 26 juin 2013 passé entre les trois institutions de l’Union Européenne (le Parlement Européen, le Conseil et la Commission), une réforme profonde de la Politique Agricole Commune devrait voir le jour pour la période 2014-2020. Initialement mise en oeuvre pour répondre à des besoins alimentaires, la prochaine Politique Agricole Commune vise, à l’échelle européenne, à favoriser la montée en puissance de la filière agricole et agroalimentaire pour l’économie, les emplois et les territoires, tout en valorisant la diversité des productions et en continuant à se diriger vers des pratiques plus durables.

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2.2.3. Les prélèvements en eau

En 2012, les prélèvements agricoles, estimés à 180,6 millions de mètres cube (195,4 millions de mètres cube en 2010 et 165,9 millions de mètres cube en 2011), représentent plus du tiers des volumes prélevés tous usages confondus (42%). Ils sont principalement effectués dans les eaux souterraines (113,6 millions de mètres cube). L’irrigation y satisfait près de 70 % de ses besoins (environ 39 % en moyenne pour la France).

Les prélèvements pour l’irrigation, toutes ressources confondues, sont répartis de manière hétérogène à l’échelle du Poitou-Charentes. Ils semblent plus concentrés sur une large partie ouest et sud de la Vienne ainsi qu’en Charente- Maritime.

Pour rappel, la restitution au milieu naturel de l’eau prélevée par l’agriculture est faible et différée dans le temps, une partie de l’eau étant évaporée, retenue par les plantes, en transfert dans le sol vers les nappes. (cf Prélèvements ou consommations ?->article3723])
Pour les agriculteurs, la diminution des quantités prélevées depuis 2004 est le fruit d’une importante politique de gestion (compteurs volumétriques, quotas, arrêtés de restriction...) ou de situations pluviométriques favorables (d’où des prélèvements autour des 200 millions de m3 ces dernières années).

Cependant, les prélèvements sont variables d’une année à l’autre car très dépendants de la pluviométrie estivale. Les apports d’eau d’irrigation sont en effet fonction des conditions climatiques. Ainsi, en 2002 en Poitou-Charentes (année pluvieuse), ils étaient de l’ordre de 1 600 m3/ha alors qu’en 2003 (année sèche), ils étaient de 2 400 m3/ha. Ils sont un peu inférieurs à 2 000 m3/ha en 2004 mais remontent à 2 700 m3/ha en 2005 (sécheresse marquée).

Rappelons enfin que les prélèvements d’eau, effectués dans des rivières, des nappes ou des retenues, sont concentrés dans le temps, d’avril à septembre, période de plus basses eaux.

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage agricole
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage agricole
Volumes d’eau prélevés pour l’irrigation en Poitou-Charentes en 2012 - Toutes ressources confondues
Volumes d’eau prélevés pour l’irrigation en Poitou-Charentes en 2012 - Toutes ressources confondues

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

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2.3. L’usage industriel

Pour fonctionner et produire, les industries ont des besoins en eau plus ou moins importants selon les filières. Ces besoins sont moindres comparativement à ceux du secteur agricole ou ceux utilisés pour les usages domestiques mais sont continus sur l’année. L’eau est par exemple utilisée dans les usines de pâte à papier, les conserveries ou encore les abattoirs.

En 2012, en Poitou-Charentes, les prélèvements d’eau pour l’industrie, réalisés essentiellement dans les eaux superficielles (environ les deux tiers), représentent 4% des prélèvements totaux de la région (7% en 2006). Les prélèvements d’eau nécessaires à la production industrielle sont en baisse depuis plusieurs années en région. En France, les prélèvements liés aux activités industrielles françaises ont diminué de 20 % depuis 1999 (Service de l’Observation et des Statistiques - Commissariat général au développement durable, 2013a). Cette diminution est la résultante de baisses d’activité, de mesures d’économies d’eau et d’une réglementation plus stricte. La baisse importante observée entre 2007 et 2008 peut s’expliquer par une forte baisse de l’activité industrielle. Dans son bilan économique annuel de 2008 du Poitou- Charentes, l’INSEE indique en effet que « le dynamisme du secteur industriel régional des dernières années s’interrompt en 2008 ». Il est à noter, qu’en moyenne, 94% de l’eau prélevée pour l’usage industriel est restituée au milieu naturel.

Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage industriel
Prélèvements d’eau en Poitou-Charentes de 2000 à 2012 - Usage industriel
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2.4. La production d’énergie

L’eau, prélevée exclusivement dans les eaux superficielles, est utilisée par les centrales nucléaires pour leur refroidissement. L’eau est aussi utilisée pour leurs rejets soit thermiques (eau échauffée), soit chimiques, soit radioactifs. Après usage, l’eau utilisée est alors collectée dans des réservoirs spécifiques, traitée si nécessaire, puis contrôlée avant d’être rejetée dans le milieu aquatique suivant des modalités définies dans les textes réglementaires propres à chaque centrale.

La totalité des prélèvements d’eau pour la production d’énergie en Poitou-Charentes est effectuée par la centrale nucléaire de Civaux, dans le département de la Vienne. En 2012, les eaux prélevées pour sa production d’énergie s’élèvent à 91,4 millions de m3 (21 % du volume prélevé total sur la région).

Les volumes prélevés dans la Vienne et ceux évaporés par la centrale sont globalement stables d’année en année depuis 2007. Ils se situent en-dessous des limites règlementaires annuelles (fixées à 117 Mm3 pour les prélèvements et à 49,2 Mm3 pour l’évaporation).

En 2010, 41% (44,8 Mm3) des prélèvements de la centrale de Civaux ont été évaporés et les 59% (64,4 Mm3) restants ont été rejetés dans la Vienne.

Les débits évaporés représentent, au maximum, environ 2% du débit moyen interannuel de la Vienne. Ces débits sont compensés par le soutien d’étiage apporté en été, par les barrages situés en amont dans le Limousin.

Les prélèvements dans la Vienne sont réalisés au rythme de débit de 4 m3/s. La centrale de Civaux prend des dispositions particulières afin d’assurer son fonctionnement durant la période d’étiage :

  • pour que la centrale ait le droit de fonctionner, un débit minimum de 10 m3/s doit être respecté en aval de la centrale (à la station de Cubord à Valdivienne), une fois prélevés les volumes d’eau nécessaires au refroidissement des réacteurs. Afin de garantir ce débit, un soutien d’étiage est réalisé grâce aux réservoirs situés en amont de la centrale.
  • la centrale de Civaux est autorisée à prélever dans la Vienne un débit qui est fonction de la puissance des réacteurs, dans la limite de 6 m3/s. La centrale fonctionnant majoritairement sur un seul réacteur durant l’été, cette valeur n’est globalement pas atteinte en période d’étiage.
Utilisation de l’eau à la centrale de Civaux
Utilisation de l’eau à la centrale de Civaux

En outre, les conditions de rejet font l’objet d’une réglementation à la station de débit de Cubord imposant un débit minimal de 30 m3/s pour effectuer des rejets chimiques occasionnels. Et la centrale nucléaire de Civaux ne peut rejeter à la rivière ses effluents légèrement radioactifs qu’en présence d’un débit compris entre 27 et 400 m3/s, et entre 20 et 27 m3/s avec dérogation de l’Autorité de Sûreté DGSNR (Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection).

Cependant, la Vienne se trouve couramment en deçà de ces valeurs durant la période estivale. Des réservoirs permettent à la centrale d’assurer le stockage de ses effluents lorsque le débit de la Vienne ne permet pas leur rejet.

Évolution des débits de la Vienne à la station de Cubord (en aval de la centrale) de juin 2011 à octobre 2013
Évolution des débits de la Vienne à la station de Cubord (en aval de la centrale) de juin 2011 à octobre 2013
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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Prélèvements
Connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Les usages de l’eau

 Pour aller plus loin
  • Effluents : Eau résiduaire sortant d’une station de traitement, d’un complexe industriel ou d’un étang d’épuration.
  • étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Grandes cultures : Elles regroupent les céréales, les oléagineux et les protéagineux (ou COP).
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Sélénium : Numéro atomique 34. Métalloïde gris argenté possédant des propriétés photoélectriques, oligo-élément à la fois indispensable et très toxique. C’est un poison cumulatif. Chez les animaux, une carence en sélénium entraîne des myopathies. Mais à hautes concentrations, il induirait une prédisposition aux caries dentaires aux cours des premières années de la vie, et serait responsable d’hépatomes (tumeurs bénignes du foie) chez le rat.
  • Soutien d’étiage : Action d’augmenter le débit d’un cours d’eau en période d’étiage à partir d’un ouvrage hydraulique (barrage réservoir ou transfert par gravité ou par pompage...).
  • Surface Agricole Utile : Elle comprend les grandes cultures, les superficies toujours en herbe, les cultures permanentes (vignes, vergers…), les jachères, les jardins et vergers familiaux. Elle ne comprend pas les sols des bâtiments et cours, les landes non productives et les friches, les peupleraies en plein, les taillis, bois et forêts de l’exploitation, ainsi que les territoires non agricoles.
  • Turbidité : Caractéristique d’une eau dont la transparence est atténuée en raison de la présence de fines particules en suspension d’origine naturelle ou dues à des agents polluants. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Amont : L’amont désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe entre ce point et sa source. (Agence de l’Eau Adour Garonne : www.eau-adour-garonne.fr
  • Aquifères : Le terme aquifère est utilisé dans deux acceptations : pour décrire les propriétés d’un milieu capable de contenir de l’eau en partie mobilisable. Et ce terme décrit aussi l’ensemble de "roches perméables comportant une zone saturée [...] suffisamment conducteur d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe [...] et le captage de quantités d’eau appréciables" (castamy et al., 1977)
  • Aval : L’aval désigne la partie d’un cours d’eau qui, par rapport à un point donné, se situe après ce point, dans le sens de l’écoulement de l’eau.
  • Captage : Dérivation d’une ressource en eau. Au sens restreint, désigne tout ouvrage utilisé couramment pour l’exploitation d’eaux de surface ou souterraines. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Débits : le débit d’un cours d’eau en un point donné est la quantité d’eau (m3 ou litres) passant en ce point par seconde il s’exprime en m3/s ou en l/s.
  • Dureté : La dureté d’une eau hydrométrique (TH) correspond à la teneur en sels de calcium et de magnésium. Elle est exprimée en degré français (°F). Elle est directement liée à la nature des terrains traversés. Un sol crayeux ou calcaire fournira une eau « dure » (TH>30°F) alors qu’une eau traversant un terrain siliceux comme le sable, gréseux ou granitique sera « douce » (TH>15°F).
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Exutoire : Cours d’eau par lequel se déversent vers la partie aval d’un bassin fluvial les eaux d’un lac ou de toute autre zone humide occidentale. (Glossaire EauFrance)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
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