L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
La situation
Eau

Généralités

Thème Eau - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 2015

L’eau, fluide vital

La Terre est la planète de l’eau mais cette eau est en grande majorité salée (97,2 % du volume total). Parmi les 2,8 % restants d’eau douce, les glaces et les neiges permanentes représentent 2,1 % et l’eau douce disponible seulement 0,7 %.

L’ eau est avant tout un milieu de vie pour divers organismes végétaux et animaux. Les besoins de ces écosystèmes vont porter sur la qualité de l’eau, sur la régularité de sa présence et sur la diversité de ses courants, de sa quantité, de ses substrats.

Mais l’eau est également le principal constituant de toute matière vivante. C’est pondéralement le constituant le plus important des animaux et des végétaux, où s’effectue la quasi-totalité des processus biologiques. L’ eau est enfin indispensable au développement des sociétés : santé, nourriture, ou activités humaines. Cette ressource, inégalement répartie sur la planète, limitée en quantité et de qualité vulnérable, est un bien précieux qu’il est indispensable de gérer et de protéger, pour préserver la vie.

En savoir plus dans la partie « La gestion quantitative de l’eau »

Les enjeux de l’eau à l’échelle mondiale

« En 2013, sur les 7 milliards de Terriens, entre 2 et 4 milliards n’ont pas un accès satisfaisant à l’eau potable. 90 % de l’eau utilisée sert à nourrir les populations. Dans les 25 prochaines années, l’essor démographique et la hausse des niveaux de vie que va connaître notre planète s’accompagneront nécessairement d’une explosion de l’utilisation de l’eau alors qu’il faudra également préserver les milieux naturels. » (Centre d’Information sur l’Eau, 2013d)

Les ressources en eau sont inégales dans le monde. Elles sont fonction de plusieurs facteurs, notamment du climat, et donc du niveau de précipitations de chaque pays qui peut fluctuer de moins de 10 000 m³ à 10 000 000 m³ par km² par an.

D’autre part, la richesse du pays renforce ces inégalités. 9 pays (Brésil, Russie, Indonésie, Chine, Canada, États-Unis, Colombie, Pérou et Inde) se partagent près de 60 % des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde. On parle ici de milliers à des milliards de m3 par an ou km3 par an.

À l’inverse, 1,1 milliard de personnes réparties dans 80 pays, n’ont pas accès à une eau salubre. Pour certains (Malte, Libye, Singapour, Jordanie …), l’ordre de grandeur se chiffre uniquement en millions de m3 par an.

La répartition de la population et sa densité sont également à prendre en compte, le taux d’urbanisation jouant un rôle important.

Les populations doivent ainsi s’adapter à la quantité d’eau dont elles disposent. Dans les pays les plus riches, les populations considèrent dans la grande majorité des cas que l’eau est inépuisable, il n’y a donc pas d’attention particulière portée à son utilisation. Cependant, progressivement, une prise de conscience globale semble se mettre en place pour réduire le gaspillage et préserver les ressources en eau.

À contrario, les populations en manque d’eau se sont adaptées en adoptant un mode de vie qui tient compte d’un faible volume d’eau par an avec bien souvent un service discontinu où l’eau n’est disponible qu’à certaines heures ou coupée pendant plusieurs jours. Cependant, le manque d’eau salubre au quotidien et les contaminations microbiologiques font que l’eau reste l’une des premières causes de mortalité dans le monde d’après l’Organisation Mondiale de la Santé.

Ces inégalités liées à l’eau engendrent de ce fait des conflits qui tendent à se multiplier dans le temps, et qui se retrouvent à plusieurs échelles Au niveau d’un bassin versant par exemple, des conflits d’usage apparaissent entre les catégories d’utilisateurs (agriculture, usage domestique, loisir …).

Entre pays, des désaccords peuvent également apparaître notamment lorsque les ressources sont transfrontalières. L’Organisation des Nations Unies estime à plus de 300 le nombre de rivières transfrontalières susceptibles de constituer un enjeu conflictuel dans un avenir proche. Ces conflits tendent à s’intensifier à mesure que les contraintes hydriques augmentent.

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté le 28 juillet 2010 une résolution (n°64/292) dans laquelle elle déclare que le droit à une eau potable, salubre et propre est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ».

La résolution appelle les États et les organisations internationales à « fournir des ressources financières, à renforcer les capacités et à procéder à des transferts de technologies, grâce à l’aide et à la coopération internationales, en particulier en faveur des pays en développement ». L’objectif est d’accroître les efforts pour fournir « de l’eau potable, salubre, propre, accessible et abordable et l’assainissement pour tous ».

En savoir plus dans la partie « La gestion quantitative de l’eau »

Les constats de l’eau en Europe

« En matière d’eau, nous vivons au-dessus de nos moyens. La solution à court terme à la rareté de l’eau a consisté à extraire des volumes toujours plus importants de nos nappes de surface et souterraines.

Cette surexploitation ne peut plus durer. Elle a de fortes répercussions sur la qualité et la quantité de l’eau restante ainsi que sur les écosystèmes qui en dépendent. Il nous faut diminuer la demande, réduire les volumes d’eau que nous prélevons et augmenter l’efficacité de l’utilisation que nous en faisons » telle est l’une des conclusions du dernier rapport de l’Agence européenne pour l’environnement de 2009.

Ce même rapport indique que l’Europe du sud subit toujours des problèmes de pénurie d’eau importants et que l’Europe du nord voit son stress hydrique augmenter dans certaines régions. En lien avec le changement climatique, ces tendances pourraient se confirmer, une sévérité et une fréquence accrues des sécheresses seraient alors observées.

À l’échelle européenne, la politique communautaire pour la gestion et la préservation des eaux s’appuie sur la Directive Cadre sur l’Eau (D.C.E.) du 23 octobre 2000 qui apporte des obligations et nouveautés importantes notamment un objectif essentiel et une obligation de résultats : atteindre un bon état des milieux aquatiques d’ici 2015.

Le troisième rapport de la Commission sur la mise en oeuvre de la D.C.E. publié le 15 novembre 2012 indique que « Vingt-trois États membres ont adopté et communiqué l’ensemble de leurs plans. Quatre États membres, soit n’ont pas adopté de plans, soit ont adopté et communiqué certains plans. Au total, la Commission a reçu 124 plans de gestion de district hydrographique (sur un total de 174 escomptés). 75 % d’entre eux portent sur les bassins hydrographiques transfrontières. » Dans le même temps, un plan d’action pour la sauvegarde des ressources en eau de l’Europe a été élaboré. Il s’agit d’une stratégie à long terme visant à assurer la disponibilité d’une eau de qualité en quantité suffisante pour répondre aux besoins des populations, de l’économie et de l’environnement.

En savoir plus dans la partie « L’ eau, échéance 2015 »

La situation de l’eau en France

La France possède des ressources en eau douce suffisantes pour couvrir ses besoins, et est donc de ce point de vue un pays favorisé, même si ces ressources ne sont pas uniformément réparties sur le territoire national.

Ces ressources sont néanmoins soumises à de fortes pressions anthropiques qui peuvent dégrader sa qualité et porter atteinte aux milieux aquatiques (assecs des cours d’eau entraînant des mortalités piscicoles).

En effet, même si en France la pluviométrie annuelle est largement suffisante pour couvrir tous les besoins actuels, de nombreux bassins sont confrontés chaque été à un régime d’étiage sévère, l’activité économique étant fortement dépendante de l’eau.

En France, certains fondements de la politique de l’eau peuvent remonter jusqu’au XVIème siècle mais l’organisation actuelle repose avant tout sur la loi de 1964 relative au régime et à la répartition des eaux et à la lutte contre leur pollution, qui a été complétée et modernisée.

À l’heure actuelle, la gestion de l’eau en France est régie par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) de 2006 qui a permis de rénover l’ensemble de la politique de l’eau. De nombreuses directives sont également mises en oeuvre elles visent à satisfaire les exigences imposées par la Directive Cadre sur l’Eau transposée en droit français dans la loi du 21 avril 2004.

La gestion de l’eau en France repose ainsi sur 6 grands principes : une gestion décentralisée au niveau des bassins versants, une approche intégrée, l’organisation de la concertation et la coordination des actions, la mobilisation de ressources financières spécifiques, une planification et une programmation pluriannuelles, une répartition claire des responsabilités pour la gestion des services municipaux de l’eau potable et de l’assainissement.

En savoir plus dans la partie « L’ eau, échéance 2015 »

Les problématiques régionales

L’eau, avec le patrimoine naturel, sont des préoccupations environnementales fortes en Poitou- Charentes. En effet, les eaux en Poitou-Charentes sont soumises à des pressions anthropiques importantes, de nombreux usages pouvant perturber l’équilibre naturel sur un bassin versant.

Entre terre et mer, la région Poitou-Charentes, de par sa situation et la diversité de son sol et de son sous-sol, possède sur son territoire une grande variété de ressources en eau : littorales, souterraines, superficielles, zones humides … Ces ressources sont relativement abondantes mais fortement sollicitées par les différents usagers, et pour l’irrigation agricole en particulier, à une période où elle est déjà, naturellement, à son niveau le plus bas. Les sollicitations excèdent, dans de nombreux secteurs, ce que le milieu peut fournir.

En raison de la place importante qu’occupent les cultures irriguées en région, l’agriculture représente un enjeu important et entre en conflit d’usage avec la pêche, la conchyliculture, la baignade ou encore l’alimentation en eau potable. En zone littorale se pose également la question de la sécurité de l’approvisionnement en particulier lors des périodes touristiques.

Si l’alimentation en eau potable des populations est généralement préservée, la survie des espèces dépendantes des milieux aquatiques est, elle, régulièrement mise en péril par la survenue d’assecs sur les cours d’eau de la région. Or, d’une part, lorsqu’un assec survient sur un cours d’eau, son impact dure plusieurs années, et d’autre part, certains secteurs de Poitou- Charentes ont connu des assecs récurrents au cours des dernières années.

La disponibilité de l’eau nécessite des efforts collectifs basés sur une gestion durable des réserves en eau pour satisfaire des besoins importants, tenant compte d’une pluviométrie annuelle changeante. Les prélèvements doivent être adaptés en fonction de la disponibilité en eau plutôt que de la demande. Pour cela, l’amélioration des connaissances de l’état quantitatif de la ressource hydrique est primordiale.

En savoir plus dans la partie « La gestion quantitative de l’eau »

À côté des problèmes quantitatifs, se trouvent également des problèmes de qualité des eaux, qui, en Poitou-Charentes, sont jugées dégradées notamment de par la présence de nitrates et de pesticides. Cette qualité des eaux à l’état naturel a, en outre, des impacts sur l’eau potable distribuée qui nécessitera une surveillance plus importante si la qualité est mauvaise, ainsi que des traitements plus poussés pour la rendre potable, se répercutant sur la facture d’eau du consommateur.

La préservation de la qualité des eaux constitue un enjeu primordial tant la dégradation physique, chimique et biologique de certaines nappes et rivières de Poitou- Charentes est préoccupante. Les polluants contenus dans ces ressources en eau affectent l’ensemble des milieux aquatiques ainsi que les espèces floristiques et faunistiques inféodées.

Qualité et quantité sont liées notamment en période de basses eaux : les rivières dont les débits sont parfois proches du tarissement en été, voient leur qualité menacée, avec une concentration en polluants d’autant plus importante que le niveau d’eau est faible. Là aussi la question de la sécurisation de l’alimentation en eau potable peut alors se poser.

Les caractéristiques hydromorphologiques des cours d’eau ne sont pas non plus à oublier pour pouvoir caractériser l’état écologique des cours d’eau.

La qualité des eaux littorales est également une priorité. Moins connues que les eaux continentales, elles sont pourtant à l’interface de nombreux espaces et leur qualité est conditionnée par les eaux du continent ainsi que par la quantité d’eau douce arrivant des marais et des estuaires. La conchyliculture est fortement dépendante de cette qualité des eaux littorales. Enfin, avec l’augmentation de la population lors des périodes touristiques, le littoral peut subir des dégradations plus importantes.

En région, la reconquête de la qualité des eaux passe par différents programmes d’actions visant à réduire de manière durable la quantité de polluants arrivant dans les eaux continentales et littorales.

En savoir plus dans la partie « La gestion qualitative de l’eau »

Le citoyen est au cœur de la gestion de l’eau. Son droit à l’information dans le domaine de l’environnement en général est reconnu dans différents textes de loi. Une véritable implication des citoyens dans les processus décisionnels en matière de gestion de la ressource en eau doit être mis en place sur les territoires. Cette participation du public peut se décliner selon différentes modalités.

En savoir plus dans la partie « La place du citoyen dans la gestion de l’eau »
La Vienne à Chauvigny (Vienne)
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