L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
La situation
Bruit

Généralités

Thème Bruit - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : Mars 2012

Définitions

Un bruit est un mélange complexe de sons produisant une sensation auditive considérée comme désagréable, gênante ou dangereuse pour la santé (Bruitparif).

Le bruit, ensemble de sons produit par les vibrations de l’air, peut être caractérisé par sa fréquence (grave ou aigu), son niveau sonore (aussi appelé intensité), et sa durée (court ou long).

Chaque personne possède sa propre perception du bruit car la gêne due au bruit n’est pas ressentie de la même manière par tous les individus. Aux facteurs physiques caractérisant le bruit perçu (fréquence, niveau, durée…) s’ajoutent des facteurs subjectifs (état de santé, sensibilité, refus de l’activité produisant le bruit) et même d’éléments « externes » comme la propagation du bruit dans l’espace en fonction de la météorologie, de la topographie…

Le volume sonore se mesure en décibels (dB) dans une échelle allant de 0 dB, seuil de l’audition humaine, à 120 dB, limite supérieure des bruits usuels de notre environnement où apparaît la douleur. Le seuil de 85 dB(A) est généralement considéré comme le seuil où apparaît une forte gêne et à partir duquel l’appareil auditif est en danger.

Echelle du bruit (en décibel)
Echelle du bruit (en décibel)

-> Les sources de bruit dans l’environnement sont nombreuses : bruit de voisinage découlant de la concentration de l’habitat en milieu urbain et de la qualité des matériaux de construction, bruit d’activités lié surtout à l’utilisation de machines ou bruit de la circulation lié aux transports routiers, ferroviaires et aériens.

-> Longtemps désigné comme une nuisance affectant le seul bien-être, le bruit est aujourd’hui considéré comme une atteinte à la santé. Ces impacts sanitaires sont divers comprenant l’impact sur l’audition (pouvant aller jusqu’à la perte auditive définitive), les effets dits « extra-auditifs » (effets sur le sommeil, sur le système immunitaire, sur la santé mentale…) et des effets « subjectifs » (effets du bruit sur les attitudes, les comportements…).

-> Les nuisances sonores générées par les activités humaines sont également subies par la faune avec des conséquences non négligeables. En effet, la pollution sonore peut causer un stress à certains animaux sensibles qui va se manifester par des troubles comportementaux, entraînant une baisse de la dynamique de l’espèce. Les animaux vont alors passer moins de temps à se nourrir, à rechercher un partenaire... Il peut également induire le dérangement des espèces animales, critique au moment de la reproduction.

Les sources de bruit
Bruit de voisinage Bruits de comportements : bruit des personnes (bruit de pas, fête, musique…) + bruit de matériel (bricolage, jardinage, télé…) + bruit des animaux (aboiements, chant du coq…)
Bruit des activités professionnelles non classées pour la protection de l’environnement
Activités de loisirs
Bruit des chantiers
Bruit des activités Sports et loisirs
Commerces, ateliers, PMI
Chantiers, travaux publics
Bruit des installations classées pour la protection de l’environnement
Bruit des transports Transports terrestres
Transports ferroviaires
Transports aériens

Légende : les rubriques de couleur correspondent à ce que l’on appelle "Bruit dans l’environnement"

Le bruit dans l’environnement est défini comme le son extérieur non désiré ou nuisible résultant d’activités humaines, y compris le bruit émis par les moyens de transports, le trafic routier, ferroviaire ou aérien et provenant de sites d’activité industrielle classée (directive européenne 2002/49/CE du 25 juin 2002).

Cela correspond au bruit dû aux activités humaines à l’extérieur et donc au bruit qui est perçu dans le milieu ambiant.

Le bruit dans l’environnement concerne en particulier les personnes exposées dans les espaces bâtis, les parcs publics ou d’autres lieux calmes d’une agglomération, dans les zones calmes en rase campagne, à proximité des écoles, aux abords des hôpitaux ainsi que dans d’autres bâtiments et zones sensibles au bruit.

Le bruit dans l’environnement ne fait pas référence au bruit produit par la personne exposée elle-même, au bruit résultant des activités domestiques, aux bruit de voisinage, au bruit perçu sur les lieux de travail ou à l’intérieur des moyens de transport, ni au bruit résultant d’activités militaires dans les zones militaires.

Toutefois

Pour en savoir plus sur les bruits de voisinage
- Centre d’Information et de Documentation sur le Bruit (CIDB)
- Agence Régionale de Santé Poitou-Charentes

Pour en savoir plus sur les bruits au travail
- Journal LE MONDE - Le bruit au travail gêne un Français sur trois, selon un sondage
- Centre d’Information et de Documentation sur le Bruit (CIDB)
- INRS - Une nouvelle réglementation sur le bruit au travail


-> Les zones calmes sont des espaces extérieurs remarquables par leur faible exposition au bruit, dans lesquels l’autorité souhaite maîtriser l’évolution de cette exposition compte tenu des activités humaines pratiquées ou prévues.


Sondages

L’opinion des français sur le bruit

L’opinion des Français à l’égard du bruit semble paradoxale : les enquêtes montrent qu’ils attribuent une valeur importante et croissante au droit à la tranquillité sonore dans leur cadre de vie, mais simultanément le bruit n’occupe qu’une place mineure en tant que problème lié à l’environnement.

En effet, le bruit ne fait pas parti des problèmes d’environnement qui préoccupent les français. Une enquête de l’IRSN (2011) montre que parmi les problèmes d’environnement, la pollution de l’air (17,8 %), l’effet de serre (14,8 %) et la pollution de l’eau (13,7 %) sont le trio des préoccupations environnementales des Français. Le bruit (1,9 %) est en ultime position.

Les problèmes d’environnement préoccupants les français
Les problèmes d’environnement préoccupants les français

Le bruit n’éveille pas les mêmes inquiétudes que les autres préoccupations environnementales puisqu’il ne compromet pas les éléments comme l’air ou l’eau et ne déclenche pas d’évènements catastrophiques.

Par contre, le bruit figure parmi les préoccupations majeures des Français dans leur vie quotidienne.
Selon la Sofres (2010), 2 français sur 3 déclarent être personnellement gênés par le bruit à leur domicile avec des fréquences diverses : 43 % ne le sont que rarement, 19 % souvent et 4 % en permanence.

Français déclarant être gênés par le bruit
Français déclarant être gênés par le bruit

Une gêne qui reste cependant relative au regard des autres nuisances.
Interrogés sur ce qui trouble le plus leur qualité de vie, 34 % répondent la saleté et les déchets, 32 % la pollution de l’air et 22 % le bruit.

Le classement des nuisances par les français (en %)
Le classement des nuisances par les français (en %)

La sensibilité à ces différentes nuisances diffère selon le lieu et le type d’habitation : 45 % des habitants des communes rurales se disent particulièrement gênés par la saleté et les déchets alors que 29 % de ceux des grandes agglomérations se montrent plus sensibles au bruit mais surtout gênés par la pollution de l’air (40 %).

Les transports restent la principale source de nuisance sonore…

Les principales sources des nuisances sonores (en %)
Les principales sources des nuisances sonores (en %)

En effet, 54 % des français estiment que les principales sources de nuisances sonores sont liées au transport, 21 % aux comportements et 9 % aux activités industrielles et commerciales.

… et la circulation routière est la première source de gêne parmi les bruits liés aux transports.

La gêne liée aux transports (en %)
La gêne liée aux transports (en %)

Les deux-roues sont ensuite la première source de gêne parmi les bruits liés aux comportements.

Enfin les travaux et les chantiers sont la première source de gêne parmi les bruits liés aux activités industrielles et commerciales.


Les régions et le bruit

La gêne occasionnée par le bruit est donc très liée au cadre de vie, notamment au degré d’urbanisation de la zone de résidence. Le Poitou-Charentes fait partie des régions où la part de la population se disant gênée par le bruit est la plus faible (39 %).

Part de la population se disant gênée par le bruit en 2001 (%)
Part de la population se disant gênée par le bruit en 2001 (%)


Les indicateurs de bruit

Un indicateur de bruit est une grandeur physique décrivant le bruit dans l’environnement qui est corrélé à un effet nuisible (effet néfaste pour la santé humaine). L’établissement d’indicateurs de bruit est destiné à mesurer la gêne causée.

L’indicateur utilisé dans la réglementation française est le LAeq (niveau continu équivalent) qui correspond au niveau sonore moyen sur une période déterminée. Les textes réglementaires prescrivent de calculer ces moyennes pour trois périodes :

6H00-18H00 = LAeq jour (aussi appelé Lday) = indicateur de bruit associé à la gêne pendant la période diurne.

18H00-22H00 = LAeq soirée (aussi appelé Levening) = indicateur de bruit associé à la gêne le soir.

22H00-6H00 = Laeq nuit ou Ln (aussi appelé Lnight) = indicateur de niveau sonore pour la période nocturne (22h-6h), qui rend compte des perturbations du sommeil observées chez les personnes exposés au bruit en période nocturne. C’est un indicateur de bruit associé aux perturbations du sommeil.

On peut aussi rencontrer le LAeq (6H00- 22H00) => LAeq jour → LAeq soirée.


Les indicateurs de bruit
Les indicateurs de bruit


Cependant, à niveau équivalent, le même bruit sera perçu plus gênant la nuit que le jour. Un indicateur global, harmonisé à l’échelle européenne et tenant compte de cette différence de perception, a été crée : le Lden.

Le Lden est un indicateur de niveau sonore signifiant Level Day-Evening-Night (jour-soir-nuit), qui rend compte de l’exposition au bruit sur 24 heures et de la sensibilité particulière de la population dans certaines tranches horaires. C’est un indicateur de bruit associé globalement à la gêne.

Cet indicateur est calculé sur la base des niveaux équivalents sur les trois périodes de base : jour, soirée et nuit, auxquels sont appliqués des termes correctifs majorants, prenant en compte un critère de sensibilité accrue en fonction de la période. Ainsi, on ajoute 5 dB(A) en soirée et 10 dB(A) la nuit.

  • Bruits, Bruit : Phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme désagréable.
  • Décibels : Il s’agit de l’unité de mesure de l’intensité d’un bruit. L’ensemble des intensités de sons possibles est mesuré par une échelle logarithmique gradué en décibel (dB). Cette échelle logarithmique est conçue de telle manière que, lorsqu’une source sonore est multipliée par 2, le niveau est augmenté de 3 dB. Ainsi, 2 conversations identiques et simultanées, dont le niveau sonore est de 50 dB, ne donneront pas 100 dB, mais 53 dB.
  • Zones calmes : « Les zones calmes sont des espaces extérieurs remarquables par leur faible exposition au bruit, dans lesquels l’autorité qui établit un PPBE souhaite maîtriser l’évolution de cette exposition compte tenu des activités humaines pratiquées ou prévues » (art L.572-6 du code de l’environnement). Les zones calmes ne sont pas concernées par la phase d’élaboration des cartes de bruit stratégiques.
Publications | Plan du site | Mentions légales | Cadenas fermé