L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
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Thème Air ambiant - Edition 2015
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Dernière mise à jour : 11/10/2006

Les émissions de gaz produits par les véhicules, les industries, le chauffage, l’évaporation des solvants et des hydrocarbures...sont à l’origine de la pollution atmosphérique. S’y rajoute à l’intérieur des bâtiments les fumées de tabac, les émanations des chauffages individuels, des cuisines, le radon, ... Ces pollutions ont des conséquences non négligeables sur la santé humaine, les écosystèmes et les matériaux, c’est pourquoi, il convient de les diminuer, d’améliorer la connaissance et d’informer les citoyens.

Les émissions atmosphériques produites en région en 2000

Emissions de la région et émissions de polluants atmosphériques par secteur
Emissions atmosphériques produites en région en 2000
Emissions de polluants atmosphériquesen tonne/an
CO2 11 993 477
CH4 112 134
COVNM 110 898
CO 109 719
NOX 48 784
NH3 35 368
N2O 12 087
SO2 10 415
Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000 – Juillet 2004 - ATMO Poitou-Charentes - Cadastre des émissions
Emissions de polluants atmosphériques par secteur.
Emissions de polluants atmosphériques par secteur.

Diminuer les gaz à effet de serre (GES)

L’effet de serre est un phénomène naturel de piégeage par l’atmosphère du rayonnement de chaleur émis par la terre sous l’effet des rayons solaires. Sans lui, la température moyenne à la surface de la terre serait de -18°C au lieu des 15°C enregistrés actuellement. Les gaz responsables de ce phénomène, présents dans l’atmosphère à l’état de trace, sont pour l’essentiel de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone (CO2), du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (N2O). C’est parce que les teneurs atmosphériques du CO2, CH4 et N2O sont naturellement très faibles que les émissions dues aux activités humaines sont en mesure de les modifier sensiblement, entraînant a priori, un renforcement de l’effet de serre, et par suite, des modifications du climat.

Les émissions de GES de la région représentent 3% des émissions françaises. Bien que le CH4 et le N2O aient un pouvoir de réchauffement global largement supérieur à celui du CO2 (1 tonne de CH4 équivaut à l’émission de 21 t de CO2 et une tonne de N2O correspond à l’émission de 310 t de CO2), c´est bien le CO2 qui représente plus des 2/3 des GES de la région, les valeurs les plus élevées étant en Charente et Deux-Sèvres. Vient ensuite le CH4 avec 69 kg/hab en région ; les Deux-Sèvres avec 120 kg/hab se détachent des autres départements. Les émissions de N2O en région sont moindres avec 7 kg/hab.

(Source : Inventaire spatialisé des émissions en Poitou-Charentes – 2004 )– ATMO Poitou-Charentes - Inventaire spatialisé des émissions en Poitou-Charentes)

Diminuer la pollution photochimique (ozone) et la pollution acide

La pollution photochimique est un ensemble de phénomènes complexes qui conduisent à la formation d’ozone et d’autres composés oxydants à partir des oxydes d’azote (NOx), de Composés Organiques Volatils (COV) et d’énergie apportée par le rayonnement Ultra Violet (UV) solaire. Le CO participe également à la formation de l’ozone troposphérique. Cette pollution s’observe surtout en été dans les régions périurbaines et rurales sous le vent des agglomérations. Les sources d’émission à l’origine de la pollution acide et des phénomènes d’acidification des milieux sont le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d’azotes (NOx) et l’ammoniac (NH3). Elle peut toucher des zones très éloignées des sources d’émissions.

La pollution photochimique avec 29,7 kg/hab pour les NOx et 66 kg/hab pour les COVNM (COV non méthaniques) apparaît en région comme une pollution à suivre. C’est en Charente que les émissions de NOx et de COVNM par habitant sont les plus élevées, viennent ensuite les Deux-Sèvres, la Vienne et la Charente-Maritime. Le CO participe également à la pollution photochimique, les valeurs les plus élevées sont en Charente et Deux-Sèvres. Les NOx participent également à la pollution acide. Cette dernière est surtout le fait des Deux-Sèvres où le NH3 est prédominant avec 54 kg/hab, les concentrations allant de 11 à 18 kg/hab dans les autres départements. Les émissions de SO2 sont deux fois plus élevée en Charente et Deux-Sèvres de l’ordre de 10 kg/hab.

(Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000 – Juillet 2004) - ATMO Poitou-Charentes - Inventaire spatialisé des émissions en Poitou-Charentes

En région, 3 secteurs prépondérants dans l’émission des Gaz à Effet de Serre : le secteur agricole, le secteur des transports routiers et le secteur industriel…

Le Secteur agricole

Il représente le principal émetteur de GES de la région dans la mesure où sa participation au Réchauffement Global s’élève à 5 836 204 tonnes équivalents CO2. (Pouvoir de Réchauffement Global=CO2 x 1+ CH4 x 21 + N2O x 310)

Seuls 15% des émissions de GES agricoles sont liés à des consommations d´énergies (tracteurs et chaudières), le reste est principalement lié à l´élevage et aux cultures, en particulier en Deux-Sèvres et sur la bordure centre-Est de la région. Ce secteur joue également un rôle dans la pollution acide.

L’agriculture régionale est ainsi à l’origine de la quasi-totalité des émissions de N2O et de NH3. Principale émettrice de CH4, elle émet également des quantités conséquentes de NOx, CO2 et dans une moindre mesure du SO2. Remarque : le N2O est émis en faible quantité, mais son pouvoir de réchauffement étant 310 fois supérieur à celui du CO2, il représente ainsi 20 % des GES de la région.

La quasi-totalité du CH4, les 2/3 du NH3, et 12% du N2O sont liés à l’élevage. Une partie du CH4 est émise lors de la fermentation entérique par les animaux, l’autre part, ainsi que les émissions de NH3 et N2O sont émises lors de la gestion des rejets (stockage, épandage,…).

(Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000.)

A noter qu’en 2003, la densité des cheptels de bovins, ovins, caprins et porcins regroupés montre la prédominance des Deux-Sèvres avec 194 têtes/km² (contre 119 en 1961) devant la Vienne (102 têtes/km² contre 82 en 1961), la Charente (70 contre 80 en 1961) et la Charente-Maritime (25 contre 72 en 1961)

(Source : Agreste- SAA)

La majorité du N2O, ainsi qu’1/3 du NH3 sont émis au niveau des cultures suite à la transformation dans les sols de l’azote apporté par les engrais. Entre 1997 et 2003, on peut noter que l’apport d’engrais azoté diminue de 20% en région. Sa présence est plus forte en Charente-Maritime et en Vienne.

(Source : SCEES - SNIEUNIFA).

A noter que plus l’apport d’azote est élevé par rapport aux besoins de la plante et plus les émissions de N2O dans l’air seront importantes.

L’agriculture participe principalement à la pollution par les pesticides. Pour les produits phytosanitaires, la quantité totale de substances actives utilisée par ce secteur entre 1996 et 2000 sur la région a diminué de 32 %. La Charente-Maritime est la plus consommatrice (les cultures principales sont la vigne et les céréales), suivie de la Charente (dont la culture principale est la vigne), de la Vienne et des Deux-Sèvres. Cette diminution observée peut s’expliquer en partie par les changements de pratiques d’utilisation des produits et par les évolutions réglementaires ayant principalement touché la vigne et le maïs.

(Source : Enquête sur les utilisations de produits phytosanitaires – GRAP Poitou-CharentesFREDON).

A noter que grâce à la photosynthèse, les plantes absorbent le CO2 atmosphérique et le transforment en composés carbonés organiques (sucres, cellulose…) pour subvenir à leurs besoins énergétiques et une partie de ce CO2 absorbé est rejetée dans l’atmosphère par le mécanisme de la respiration. Lorsque la plante meurt, les microorganismes du sol décomposent la matière organique végétale et libèrent une partie du carbone de la plante dans l’air sous forme de CO2 ; l’autre partie du carbone étant stockée dans le sol. Ainsi, si l’on se réfère au bilan annuel en terme d’absorption de CO2 d’une forêt mature ; il est très faible car la fixation de CO2 est compensée par les rejets de CO2 dus aux processus de décomposition de la matière organique. C’est par contre pendant la période de croissance d’une forêt que le stockage du CO2 atmosphérique se fait dans le bois et les sols. L’augmentation des surfaces de boisement peut ainsi créer des "puits de carbone" et réduire le taux de CO2 dans l’atmosphère à condition que les ressources en eau soient suffisantes. L’agriculture et la sylviculture peuvent donc jouer un rôle dans la réduction des GES en affectant des parcelles agricoles à de nouveaux usages visant à stocker le carbone : conversion en prairies et en terres boisées.

(Sources : ONF et INRA)
Pour en savoir plus : ONF - INRA

Le secteur des transports routiers

Avec une participation au Réchauffement Global de 4 141 854 tonnes équivalents CO2, le secteur des transports routiers joue un rôle important dans la production de GES, mais également dans l’émission de polluants précurseurs de l’ozone et la pollution acide. En Poitou-Charentes, il participe ainsi pour une part importante aux émissions de CO2 et CO, et plus accessoirement de COVNM. Il est également le principal émetteur de NOx.

Les autoroutes de la région (0,5% de la longueur totale du réseau) concentrent une part importante des émissions en raison de leur trafic élevé, soit 17% pour le CO2 et les NOx. Les poids lourds circulant en région représentent 6% des GES.

(Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000).

Remarques : Les émissions de NOx et CO2 ramenées au kilomètre sont en moyenne près de 2 fois plus élevées sur autoroutes que sur routes nationales, et 23 à 24 fois plus élevées que sur une route départementale. L’âge des véhicules et la vitesse des véhicules jouent un rôle dans la diminution des émissions de CO2.

A noter qu’entre 1995 et 2004, Poitou-Charentes a vu son réseau autoroutier augmenter de 32,5%, son réseau des routes nationales de 13,7% et de routes départementales de 2,7%.

(Source : Observatoire Régional des Transports).

Sur cette même période, le trafic moyen journalier tous véhicules confondus a augmenté de façon non négligeable sur les autoroutes et les routes nationales de la région. Il en est de même sur les routes départementales de la région hormis en Charente où il est relativement stable sur cette même période. (Cf. graphique Enjeux Bruit) Ce qui a entraîné une croissance du nombre de kilomètres parcourus sur l’ensemble du réseau routier de la région et une croissance des consommations de carburants à l’origine de pollutions.

(Source : ORT).
Evolution du parcours moyen journalier en région
Evolution du parcours moyen journalier en région
Evolution du parcours moyen journalier en région

Tout ceci s’explique en partie par le fait que la région dispose d’un réseau de villes moyennes qui connaît un accroissement de la mobilité domicile-travail et un étalement urbain sous l’effet de la concentration de l’emploi en ville et de l’éloignement des actifs en périphérie pour leur logement. Ce phénomène a été particulièrement important entre 1990 et 1999 et continue de l’être.

(Source : INSEE Poitou-Charentes – Décimal N°227)

De plus, les émissions de polluants sont fonction du type de véhicule.

Emissions par type de véhicules en 2000
Emissions par type de véhicules en région en 2000
Emissions par type de véhicules en région en 2000

Quant aux poussières en suspension, les valeurs annuelles mesurées respectent la réglementation sur l’ensemble des agglomérations et villes. Cependant, ces valeurs sont supérieures ou très voisines de la valeur limite à respecter si on se projette à l’horizon 2010. De plus, les valeurs maximales horaires et journalières sont majoritairement relevées en hiver qui est propice à leur émission notamment à travers l’usage des transports. Il est important de noter que ces particules en suspension, principalement issues des véhicules automobiles, véhiculent de nombreuses substances telles que les HAP, les métaux, le SO2... De plus, les poussières très fines (inférieures à un micron) se retrouvent à l’intérieur des bâtiments dans les mêmes proportions qu’à l’extérieur.

(Source : ATMO Poitou-Charentes – Rapport d’activité 2004)

Répartition des particules selon leur diamètre et leur origine
Répartition des particules selon leur diamètre et leur origine
Répartition des particules selon leur diamètre et leur origine

Le secteur industriel

Le secteur industriel participe également de façon conséquente à l’émission de GES. Il participe au Réchauffement Global pour 3 617 311 tonnes équivalents CO2. Il joue également un rôle dans la pollution à l’ozone et la pollution acide.

Il intervient, ainsi, de manière importante dans les émissions de CO2, et dans une moindre mesure, dans les émissions de COVNM, SO2, NOx et CO.

Le secteur « production de produits minéraux » est le plus gros émetteur de CO2, SO2 et NOx. Les émissions de CO2 sont pour moitié liées aux trois cimenteries de la région qui représentent environ 9% des GES de Poitou-Charentes, en raison de leur forte consommation en combustibles et aux procédés de production utilisés (décarbonatation).

Vient ensuite l’industrie alimentaire qui est un secteur très important sur la région, puisqu’il est le principal employeur du secteur industriel. Très hétérogène, il comprend de nombreuses activités consommatrices d’énergies.

Bien que les industries émettent près des 2/3 de SO2 en raison de leurs consommations de fioul lourd, charbon et coke, riches en impuretés soufrées, les concentrations atmosphériques mesurées, en région, restent très faibles et l’impact sur l’environnement est par conséquent minime.

Les principaux émetteurs de COVNM sont les industries de fabrication de meubles, voitures..., les industries chimiques, les imprimeries,….Il s’agit de secteurs qui ne sont pas forcément de gros consommateurs d’énergie, mais qui utilisent des quantités importantes de solvants responsables de cette pollution. Contrairement aux autres polluants, il n’y a pas de gros émetteurs de COVNM responsables de la majeure partie des émissions

(Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000).

Par ailleurs, en 2004, les mesures réalisées en région au niveau des installations classées soumises à autorisation font apparaître des dépassements de seuils.

Il est à noter que le nombre d’établissements ayant dépassé les différents seuils a augmenté entre 2002 et 2004. Pour en savoir plus : Registre français des émissions polluantes, Ministère de l’écologie et du développement durable, direction de la prévention des pollutions et des risques. Registre français des Emissions Polluantes sur Internet ou IREP

Dépassements de seuils des installations classées soumises à autorisation préfectorale
Polluants Seuil par ICPE Nombres d’établissements en région concernés par le dépassement de seuil
(kg/an)en 2002en 2003en 2004
CO2 10 000 000 21 25 30
COV(NM) 30 000 16 17 22
NOx(NO+ NO2)
(en eq. NO2)
100 000 6 7 7
CH4 100 000 6 7 9
SOx(SO2 + SO3)
(en eq. SO2)
150 000 4 5 5
Source : Arrêté du 24/12/2002 relatif à la déclaration annuelle des émissions polluantes des installations classées soumises à autorisation modifié et La prévention des pollutions et des risques industriels en Poitou-Charentes – Bilans 2003 et 2004 – DRIRE Poitou-Charentes

En 2004 sur les 30 industries qui dépassent le seuil pour le CO2, 13 sont en Charente, 7 en Charente-Maritime, 6 en Vienne et 4 en Deux-Sèvres (dont la plus polluante). Pour les COV(NM), les dépassements de seuil concernent 8 entreprises des Deux-Sèvres, 6 en Charente, 5 en Vienne et 3 en Charente-Maritime. Le plus gros émetteur de COV(NM) se situe en Charente. Pour les NOx, 4 ICPE sont en Charente, 2 en Charente-Maritime et 1 en Deux-Sèvres. Pour les dépassements de CH4, il s’agit d’ICPE dont l’activité principale concerne les déchets et leur traitement ; 4 sont basées en Vienne, 3 en Charente et une en Deux-Sèvres et Charente-Maritime. Ce sont uniquement les industries minérales qui dépassent le seuil pour les SOx dont 3 sont en Charente, une en Charente-Maritime et la plus polluante en Deux-Sèvres.

... puis le Secteur résidentiel et tertiaire

Les bâtiments ont un impact sur la qualité de l’air à l’extérieur et à l’intérieur des bâtiments. A l’extérieur, l’impact de la pollution porte davantage sur l’environnement alors qu’à l’intérieur, l’impact porte essentiellement sur la santé humaine.

Les émissions de polluants de ce secteur sont liées aux consommations d’énergie auxquelles il faut ajouter l’utilisation domestique de solvants, les produits de construction et de revêtement, le mobilier, les activités de cuisine, les appareils de reproduction (photocopieurs, imprimantes) ….

A l’extérieur des bâtiments

En région, ce secteur intervient d’une façon non négligeable dans l’émission de GES en émettant 27% du CO2, sa contribution au Réchauffement Global étant de 3 276 915 tonnes équivalents CO2. Il participe également à la pollution à l’ozone et la pollution acide en rejetant du CO, des COVNM et du SO2.

Les émissions régionales de GES de ce secteur, principalement représentées par le CO2, ne sont pas liées à un combustible en particulier. A noter cependant que 8,5% des émissions totales de CO2 sont liées à la combustion du bois.

Remarques : Le gaz naturel ou le GPL émettent 26% de moins de CO2 que le fioul domestique. Les émissions de CO et COVNM par combustion sont presque exclusivement liées aux consommations de bois. Par ailleurs, une part importante des émissions de COVNM est liée à l’utilisation de solvants domestiques. Le SO2 est presque exclusivement émis par les logements se chauffant au fioul. Quant aux consommations de bois, elles émettent plus de CO2 que le gaz ou le fioul, mais il s’agit d’une énergie renouvelable, c’est-à-dire que son usage stimule la sylviculture ; de fait, le bilan CO2 émis/CO2 absorbé par l´arbre durant sa croissance est nul à grande échelle et à long terme.

Bien que les émissions de ce secteur soient regroupées principalement sur les agglomérations, les taux d’émissions par habitant y sont les plus faibles du fait des consommations plus importantes de gaz naturel. Par contre, dans les zones les moins densément peuplées, les taux d’émissions par habitant sont plus importants, particulièrement, pour les émissions fortement liées aux consommations de bois (CO, COVNM).

Quant à la bande littorale de la région, elle est occupée par une majorité de logements utilisant l’électricité comme énergie principale et apparaît donc comme une zone où les taux d’émissions par habitant sont également faibles.

Les émissions de SO2 sont plus importantes sur la moitié nord de la région où les habitants se chauffent d’avantage au fioul (Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000).

A noter que les consommations d’énergie à partir d’énergies renouvelables progressent peu au niveau du secteur résidentiel.

Consommations d’énergie du secteur résidentiel et Consommations d’énergie du secteur tertiaire
Consommations d’énergie du secteur résidentiel
Taux de croissance 1990-2002
Charbon non significatif
Pétrole (GPL) et fioul domestique 9,2%
Gaz 30,5%
Electricité 47,8%
Energies renouvelables 2,3%
Total résidentiel 20%
Source : APCEDE - Tableau de bord des consommations régionales d’énergie
Consommations d’énergie du secteur tertiaire
Consommations d’énergie du secteur tertiaire

A l’intérieur des bâtiments

La pollution intérieure concerne les lieux de vie clos ou semi-clos (habitations, bureaux, espaces de loisir, gare…). Il faut noter que la majorité des citadins passe entre 80 et 90% de son temps à l’intérieur de locaux, ce qui peut représenter une cause majeure d’exposition aux polluants de l’air.

Les polluants produits directement ou indirectement par les occupants et leurs activités, ou par le bâtiment et ses équipements, polluent un air intérieur de plus en plus confiné du fait des limitations du renouvellement d’air imposées par la réglementation thermique des bâtiments.

On y trouve entre autres, du CO, de la fumée de tabac, des moisissures, des endotoxines, des acariens, des allergènes d’animaux domestiques, des fibres minérales artificielles, des COV, des aldéhydes et des NOx.

Le problème du renouvellement d’air est également critique dans un certain nombre de lieux publics : ATMO Poitou-Charentes a ainsi réalisé plusieurs études permettant d’évaluer l’impact sur la qualité de l’air de la fréquentation d’un parking par les transports automobiles. Il en ressort que les niveaux de pollution rencontrés y sont nettement supérieurs à ceux mesurés en air ambiant extérieur du fait de moins bonnes conditions de dispersion de la pollution.

(Sources : Etude de la qualité de l’air dans le parking souterrain de la Place de Verdun à La Rochelle, 2003 et La qualité de l’air dans le parking Carnot à Poitiers, 2004 - http://www.atmo-poitou-charentes.org)

Enfin, une étude menée conjointement par le LEPTAB de l’Université de La Rochelle et ATMO Poitou-Charentes sur un certain nombre d’écoles de l’agglomération rochelaise, a montré que la perméabilité à l’air des bâtiments avait une très forte influence sur le transfert de certains polluants atmosphériques (ozone notamment) vers les ambiances intérieures.

L’étude a également permis de vérifier que les bâtiments ne constituaient globalement pas un abri à la pollution atmosphérique, soulignant par là la nécessité de prendre en compte ce paramètre pour l’implantation de nouveaux établissements.

(Source : BLONDEAU P., POUPARD O., ALLARD F., IORDACHE V., GHIAUS C., GENIN D., BURLOT M. et CAINI F. Etude de l’impact de la pollution atmosphérique sur l’exposition des enfants en milieu scolaire ­ recherche de moyens de prédiction et de protection. Rapport final du contrat n°99.04.054 entre l’ADEME et le LEPTAB de l’Université de La Rochelle. Décembre 2002. 155 p.)

Concernant le CO, sur la période 1999-2003, 455 personnes ont été intoxiquées en région et 10 sont décédées

(Sources : DDASS 16, 17, 79, 86) .

A noter que la présence d’amiante a été repérée dans quelques dizaines d’établissements en région exposant les résidents à des risques sanitaires.

A ces pollutions, on peut ajouter la pollution par le radon, gaz radioactif naturel présent dans certaines habitations du Poitou-Charentes. Du fait de la présence du socle granitique vendéen, le département des Deux-Sèvres fait partie des 31 départements prioritaires retenus au niveau national (moyenne des concentrations supérieures à 100 Bq/m3). Ainsi, le propriétaire d’un lieu ouvert au public pour des séjours prolongés situé dans l’un de ces départements prioritaires est tenu de mettre en œuvre des actions correctives si le niveau de l’activité volumique de radon dépasse 400 Bq/m3 en valeur moyenne annuelle. En région, les mesures effectuées par les DDASS, jusqu’en 2002, dans 762 établissements recevant du public ont ainsi déterminé que 11% des établissements nécessitaient d’entreprendre des actions correctrices simples et que 9% devaient mettre en œuvre des actions de plus grande envergure.

(Sources : Panorama de la santé en Poitou-Charentes, ARH - CRES - DRASSIAAT – INSEE – ORS – URCAM, août 2005, fiche 4.8, Pour en savoir plus : Site DDASS 79  : http://www.marcireau.fr/ddass79/radon/web.htm, Site de l’ IRSN : http://www.irsn.org)

… le Secteur de traitement des déchets

Il participe aux émissions de GES dans la mesure où le traitement des déchets est principalement source de CH4 (31%), sa participation au Réchauffement Global s’établit à 1 118 113 tonnes équivalents CO2.

Il comprend les décharges, les usines d’incinération d’ordures ménagères (U.I.O.M.), les stations d’épuration et les centres de compostage.

(Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000).

En outre, les usines d’incinération produisent la majeure partie du HClet des dioxines.

En région, 3 U.I.O.M. de Charente-Maritime ont vu leur fonctionnement suspendu par le préfet fin 2002 pour cause de non respect de la réglementation (en particulier en ce qui concerne les rejets atmosphériques), elles ont repris leur activité fin 2003 après des travaux de mise aux normes.

(Source : La prévention des pollutions et des risques industriels en Poitou-Charentes – Bilan 2003 – DRIRE Poitou-Charentes)

La moitié du CH4 produit par les décharges est brûlé sur des torchères qui permettent de le transformer en CO2, dont le Pouvoir de Réchauffement Global est 21 fois moindre.

… et enfin, les émissions du « Secteur biotique »

Elle sont liées à la végétation, aux zones humides et à la transformation de l’azote dans les terres non agricoles. Elles concernent essentiellement les COVNM (57%) et participent par la même à la pollution à l’ozone et dans une moindre mesure à la production de GES (sa contribution au Réchauffement Global est de 54 453 tonnes équivalents CO2).

En Poitou-Charentes, la végétation des forêts et des cultures est responsable de plus de la moitié des émissions de COVNM, les maxima d’émissions étant atteints pendant l’été.

Les zones humides de la région émettent du CH4. Bien que représentant une faible part des émissions, elles peuvent être localement plus importantes. Principalement localisées sur les zones marécageuses à proximité du littoral, elles représentent 17% des émissions de CH4 de la Charente-Maritime en 2000.

(Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes).

Ce secteur participe également à la production de pollens (arbres de février à avril, graminées de mai à juin, urticacées de juillet à août).

De la nécessité d’améliorer et d’approfondir la connaissance ...

En Poitou-Charentes, 59% de la population redoutent la pollution de l’air. En effet, pour ne prendre que l’exemple de la santé humaine, l’impact de la pollution atmosphérique peut parfois être difficile à évaluer. Pour apporter des éléments de réflexion, quelques études sur l’impact de la pollution de l’air ont ainsi été réalisées à La Rochelle, Angoulême, Niort et Poitiers.

(Source : DRASS, DDASS 16, 17, 79, 86).

Cependant, l’évaluation de l’impact de la pollution de l’air sur l’environnement et sur la santé publique étant complexe à aborder et pour approfondir la connaissance, il est nécessaire de mener des études épidémiologiques complémentaires.

… vers l’information et la sensibilisation des citoyens sur la qualité de l’air respiré à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments.

Actuellement, des procédures d’alerte avec information du public existent pour le SO2, le NO2 et l’ozone. Elles sont déclenchées dès qu’il y a un pic de pollution. Deux seuils sont définis : le seuil d’alerte au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine et le seuil d’information et de recommandation où la valeur de ces seuils correspond à la moitié des seuils d’alerte. Ils sont fixés dans le but de prévenir ou de réduire les effets nocifs de ces substances pour la santé humaine ou pour l’environnement.

Il existe également des démarches d’information et de sensibilisation du public qui méritent d’être développées car 57% de la population régionale estiment l’information concernant la pollution de l’air comme insuffisante en 2000.

(Source : ORSPEC)

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Ainsi, depuis 2002, des relais d’information ont été développés en partenariat avec les lieux traditionnels de documentation (bibliothèques, médiathèques, bibliothèques universitaires, bibliobus ...) et avec les communes afin de proposer à chacun une information régulière (bulletin bimestriel Vent d’Ouest d’ATMO Poitou-Charentes) et de la documentation générale sur l’air. De même, la DRIRE, réalise des opérations de sensibilisation et d’information auprès des industriels.

Pour en savoir plus : DRIRE Poitou-Charentes

Ainsi, pour réduire les émissions de GES et améliorer la connaissance des citoyens concernant la problématique de l’air à l’intérieur et à l’extérieur des locaux, il convient de renforcer l’information, la sensibilisation et l’éducation sur ce sujet.

  • Effet de serre : À l’origine, l’effet de serre est un phénomène naturel. Environ la moitié de l’énergie émise par le soleil est absorbée par la Terre, le reste est émis sous la forme de rayonnements infrarouges. Or les gaz à effet de serre (GES) empêchent une grande partie de cette chaleur de s’échapper dans l’espace. Sans les GES, la température moyenne du globe terrestre serait de 35°C plus basse. Pour comparaison, sur la planète Mars, où les GES sont absents, la température au sol est de -38°C. A l’opposé, sur la planète Vénus, où les GES sont très abondants, elle dépasse les 300°C.
  • Gaz à effet de serre : Gaz présent dans l’atmosphère, d’origine naturelle ou anthropique, qui absorbe et renvoie les rayons infrarouges en provenance de la surface terrestre. La concentration accrue des gaz à effet de serre dans l’atmosphère contribue au réchauffement climatique. La vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbonne (CO2), l’oxyde nitreux (N2O), le méthane (CH4) et l’ozone (O3) sont les principaux gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère terrestre. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Dioxyde de soufre : Le SO2 est un marqueur traditionnel de la pollution d’origine industrielle, il provient de la combustion des fiouls, des charbons et du gazole contenant des impuretés soufrées. En brûlant, ces combustibles libèrent du soufre qui se combine avec de l’oxygène de l’air pour former du SO2.
  • Oxydes d’azote : Monoxyde d’azote (NO), dioxyde d’azote (NO2), protoxyde d’azote (N2O). Certains de ces composés sont formés à haute température dans des réactions entre l’azote et l’oxygène de l’air, qui sont favorisées par les hautes températures atteintes au cours de la combustion des combustibles fossiles. Ils sont principalement émis par les véhicules automobiles, les installations de combustion et certains types d’industries. L’émission de ces gaz constitue une pollution importante, à l’origine, notamment, des pluies acides (via l’acide nitrique). Ils contribuent à la formation d’ozone dans la troposphère. Au niveau de la stratosphère, en revanche, leur présence participe à la destruction de la couche d’ozone. La plupart des oxydes d’azote sont gazeux à température ordinaire. Les sources naturelles sont, à l’échelle planétaire, les orages, les éruptions volcaniques et les activités bactériennes qui produisent de très grandes quantités d’oxydes d’azote. Toutefois, en raison de la répartition de ces émissions sur la surface terrestre, les concentrations atmosphériques naturelles d’oxydes d’azote demeurent très faibles par comparaison aux sources relatives à l’industrie humaine.
  • Ammoniac : L’ammoniac est un gaz incolore à odeur caractéristique forte. C’est un irritant des yeux et des voies respiratoires. Il est toxique à forte concentration et très soluble dans l’eau. Les concentrations atteintes dans l’air dépassent rarement le seuil de détection olfactive et elles ne représentent qu’un risque d’impact sur les milieux.
  • Azote : Numéro atomique 7. L’azote est un constituant de l’atmosphère (75% de l’air que nous respirons est composé d’azote) et de la croûte terrestre. L’azote sous sa forme ammoniacale est un nutriment pour les végétaux. L’azote peut se trouver sous différentes formes (nitrate NO3-, nitrite NO2-, ammoniac NH4+).
  • COVNM : Les composés organiques volatils non méthaniques ont des origines diverses, l’agriculture produit des COVNM par le biais de l’activité vinicole (éthanol) en Poitou-Charentes.
  • Dioxyde de carbone : Gaz incolore produit par la combustion du carbone. Son émission dans l’atmosphère contribue à l’accroissement de l’effet de serre. L’augmentation de sa concentration atmosphérique, passée de 280 ppmv (parties par million en volume) à la fin du XIXème siècle à 355 ppmv de nos jours, est attribuée aux émissions anthropiques (industrie, transport).
  • Méthane : Le méthane est un gaz incolore et inodore (hydrocarbure saturé), présent dans le gaz naturel ou formé par fermentation de matières organiques.
  • Ozone :

    Gaz bleu, odorant et toxique. Polluant secondaire, c’est à dire qu’il n’est pas rejeté directement dans l’air, mais qu’il résulte de la transformation par réaction chimique des gaz précurseurs d’origine automobile et industrielle (NOx, hydrocarbures et CO) initiés par les rayons ultraviolets émis par le soleil. Polluant de la troposphère. Sa concentration a crû de manière significative dans les cinquante dernières années. Dans la stratosphère, l’ozone est formé par dissociation de l’oxygène sous l’effet des rayons ultraviolets du rayonnement solaire. La destruction de la couche d’ozone stratosphérique est liée à la pollution atmosphérique.

    NO2 + O2 → NO + O3

  • Poussières, particules : Les poussières sont émises par les installations de combustion, certaines activités industrielles (engrais, cimenteries, incinération de déchets…) et par les véhicules (moteurs diesel).
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