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Paysages

Eléments de diagnostic

Dernière mise à jour : 14/09/2006

La modification des pratiques culturales a l’origine des transformations marquantes des paysages

L’impact des remembrements agricoles, le développement des cultures céréalières, la mécanisation de l’activité agricole et viticole sont autant de facteurs qui ont contribué à faire disparaître progressivement les haies et les arbres isolés du paysage (ainsi que le comblement des fossés). Les paysages ouverts sont certes traditionnels dans la région, mais certains bocages se sont ainsi transformés en plaines ouvertes ou semi-ouvertes (Bressuire, plateau mellois, nord Charente, plaine de Neuville).

Les données existantes témoignant de la disparition des haies sont les données Agreste d’après l’enquête TERUTI : entre 1982 et 1991, 28 % des surfaces en haies ont été arasées (de 33 259 ha, elles sont passées à 23 929 ha). Avant 1982, seule l’évolution des surfaces remembrées laisse supposer une forte diminution.Voir fiche « Enjeux Patrimoine naturel »

L’application de la loi du 9 mars 1941 sur le remembrement agricole a conduit en effet à une nouvelle répartition parcellaire. L’évolution des surfaces aménagées de 1944 à 2003 montre une forte redistribution des propriétés entre 1960 et 1970 : 30 000 hectares par an en moyenne remembrés sur ces dix années (source : Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche et des affaires rurales), favorisant le regroupement des terres et la constitution de grandes parcelles ; opération en grande partie liées aux orientation agricole plus productivistes d’après guerre.
Les paysages de cultures intensives (blé et maïs) et de champs de colza ont remplacé les paysages agricoles traditionnels de bocages.

  • Entre 1970 et 2000, les surfaces en blé tendre et maïs ont été multipliées par 2 environ. Les surfaces en oléagineux ont été multipliées par 13.
  • Dans le même temps, l’ensemble des Surfaces Toujours en Herbe ont diminué de plus de moitié (source : DRAF/SRSA Poitou-Charentes).

La Politique Agricole Commune a conduit en effet au retournement fréquent des prairies pour augmenter la surface des terres labourables, mais le remplacement de l’herbe et de la luzerne par le maïs dans les rations animales a accentué le phénomène, transformant donc les paysages d’élevage.

La corrélation Remembrement/Cultures céréalières/Paysages (cas de la Vienne)
Corrélation Remembrement/Cultures céréalières/Paysages.
Corrélation Remembrement/Cultures céréalières/Paysages.

Les zones humides des vallées alluviales ont également souffert d’importantes dégradations imputables aux pratiques agricoles intensives (le drainage est particulièrement en cause). L’exploitation de certaines terres a en effet été rendu possible grâce à l’installation de systèmes artificiels d’évacuation de l’eau. Les superficies drainées (réseaux de drains enterrés) ont augmenté de façon constante :
elles ont été multipliées par 12 environ entre 1970 et 2000, passant de 9 402 ha à 109 914 ha

(source : Agreste – Recensements agricoles). Voir fiche « Enjeux Patrimoine naturel »

Les prairies humides sont des milieux qui ont fortement régressé (source : Ifen).

L’urbanisation et le developpement des infrastructures s’etend au-dela de la limite des villes

Aujourd’hui, les paysages ruraux sont progressivement grignotés par les phénomènes d’urbanisation et de mitage.
Entre 1990 et 1999, la population de Poitou-Charentes vivant en aire urbaine a augmenté de 13,7 %. Cette hausse résulte pour les 2/3 de l’étalement géographique de ces aires urbaines (source : O. BOUBA OLGA, P. CHAUCHEFOIN). La superficie de l’aire urbaine de Poitiers s’est accrue de plus de 600 km2 entre 1990 et 1999, celle de La Rochelle, Angoulême, Niort, Châtellerault de plus de 300 km2 (source : IAAT).

Le développement des périphéries engendre alors la multiplication des aménagements péri-urbains : équipements de types industriel et commercial (avec panneaux publicitaires), voies de communication, lignes aériennes des réseaux, …soit une augmentation des zones dites artificialisées aux dépens des paysages agricoles.Voir encadré page suivante « L’occupation des sols »

Le milieu rural n’échappe pas au phénomène. Les lotissements sont souvent distribués en marge du bourg. Les demandes de plus en plus soutenues de terrains à bâtir amplifient souvent le mitage de l’espace. Il est difficile alors d’éviter la banalisation des paysages avec une non maîtrise ou une maîtrise très partielle du style de construction qui ne renforce pas forcement l’identité de la région.

Informations en bref :

  • En 2004, la région dispose de 310 Km d’autoroutes, 1 119 Km de routes nationales et 19 485 Km de routes départementales, soit respectivement, 32,4/13,7/2,6 % d’augmentation de ces réseaux depuis 1995 (source : ORT).
  • Le réseau électrique Haute et Très Haute Tension représente quant à lui 3 105 km (dont 490 km en 400 kV et 725 km en 225 kV) (source : RTE).
  • On estime à environ 450 le nombre d’antennes de téléphonie mobile (source : DIREN).
Nombre de résidences principales autorisées -de 1999 à 2004-
Résidences Principales autorisées.
Résidences Principales autorisées.

— Le Poitou-Charentes a connu un boom de la construction neuve. Le nombre de logements autorisés est ainsi passé de 10 000 en 1996 à 17 500 en 2004.

— La construction neuve se déplace de plus en plus vers les espaces ruraux, principalement au sein des aires urbaines, mais aussi dans le rural dit « profond ».

Dans la vienne par exemple, c’est essentiellement dans l’ouest et le long des principaux axes de communication que les demandes d’autorisation pour des logements neufs ont le plus augmenté ces cinq dernières années : Avanton, Ayron, Beruges, Cissé, Fontaine Le Comte, Neuville du Poitou, Quincay, Vouneuil sous Biard, Vouillé… http://sitadel.application.equipeme...

Enfin, la difficulté d’appréhender l’impact paysager des champs d’éoliens est présente en Poitou-Charentes. Les projets éoliens dont le permis de construire est délivré sont ceux de St Germain de Marencennes et de St Crépin en Charente-Maritime (11 aérogénérateurs au total)

(Source : http://www.eolien-poitou-charentes.com/)

.Sans aucun doute, les éoliennes marquent l’espace ; facteurs de dégradation pour les uns, elles peuvent participer à la création de nouveaux paysages pour les autres. Il est également vrai que leur rôle dans la production énergétique décentralisée et non polluantes peut influer sur la perception qu’on en a.

Le tourisme côtier facteur de pressions

Le développement touristique peut également agir sur les paysages, en particulier le paysage littoral. L’importance des flux touristiques génère en effet une pression accrue (urbanisation, création d’équipements et d’infrastructures, dégradations liées aux sur-fréquentations).
Phénomène également préoccupant, celui du camping-caravaning sur parcelles privées. L’implantation de ces installations de plein air (souvent hétéroclites) conduit à une banalisation très forte et impose une dégradation visuelle des paysages (source : Observatoire du Littoral).

Informations en bref qui concernent le littoral charentais :

  • Le taux de fonction touristique (rapport de la capacité d’accueil en lits touristiques et de la population permanente de la commune), qui caractérise l’importance du tourisme pour la population locale, oscille entre 200 et 1 000 % pour certaines communes littorales (source : Ifen).
  • Dans les communes littorales, 732 hectares se sont transformés en surfaces artificialisées entre 1990 et 2000. Entre ces mêmes dates, les terres agricoles ont perdu 661 ha et les milieux naturels 116 ha (source : Observatoire du Littoral).
  • Pour l’année 2003, il a été constaté une concordance entre pression foncière urbaine forte et situation fragile de l’agriculture, en particulier sur le littoral sud charentais (source : Observatoire du Littoral).
  • Le parc des résidences secondaires sur les communes du littoral a augmenté de près de 30 % entre 1990 et 1999 (source : Insee).
  • Entre 1990 et 2003, une extension des constructions des communes littorales vers l’arrière-pays et un début d’étalement de l’urbanisation dans les terres ont été observés : + 10,5 % de permis délivrés sur les communes littorales et + 60 % de permis délivrés en arrière-pays (source : Observatoire du Littoral).
L’occupation du sol
 Occupation du sol.
Occupation du sol.
Utilisation du territoire.
Utilisation du territoire.

— Les surfaces artificialisées qui regroupent l’habitat, les infrastructures, les équipements sportifs et de loisirs, les bâtiments divers (industries, commerces, entrepôts, dépôts et décharges, services….) représentent 8,5 % du territoire. Leur étendue est en croissance rapide : de 191 086 hectares à 219 574 hectares entre 1992 et 2003 (28488 ha, soit plus de 285 km2) : une progression de près de 1,6 % par an.
— Avec près de 2 millions d’hectares, les sols agricoles couvrent 73 % du territoire. Association de cultures annuelles ou pérennes, de prairies, de chemins et de haies, ces espaces ont perdu, dans le même temps, 47 556 ha (soit en moyenne plus de 4000 ha par an). Le repli des sols agricoles profite certes aux espaces artificialisés, mais il provient aussi et surtout de l’abandon de territoires (friches, zones boisées par colonisation naturelle…). C’est ainsi en effet que l’agriculture a libéré près de 21 000 hectares au profit des espaces naturels.
— Les espaces naturels (roches et eaux, landes, parcours et friches, forêts) occupent 18,5 % du territoire.

Source : d’après enquête TERUTI – « L’utilisation du territoire en 2003 », Agreste Chiffres et Données Agriculture, n° 157, mars 2004.
L’atlas des paysages, réalisé sous maîtrise d’ouvrage du Conservatoire d’Espaces Naturels, inventorie les divers paysages régionaux : http://www.observatoire-environneme...
  • Aires urbaines : L’aire urbaine est l’ensemble des communes d’un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain et une couronne périurbaine.
    Le pôle est une unité urbaine, c’est-à-dire un ensemble d’une ou plusieurs communes présentant une continuité de l’habitat : pas de coupure de plus de 200 mètres et comptant au moins 2 000 habitants. Il offre au moins 5 000 emplois.
    La couronne périurbaine est formée des communes rurales ou unités urbaines dont 40 % ou plus de la population résidente ayant un emploi travail dans le pôle ou dans les communes attirées par celui-ci.
    Les aires urbaines construites sur la base de l’analyse des déplacements domicile-travail traduisent le développement de la périurbanisation.
  • Mitage : Développement non contrôlé d’un habitat dispersé en milieu rural.
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