L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
Les enjeux
Bruit

Eléments de diagnostic

Thème Bruit - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 01/12/2006

Le bruit constitue une nuisance quotidienne très souvent mentionnée par la population dans les enquêtes portant sur l’évaluation de la qualité de l’environnement. En région, la principale source de nuisances acoustiques est liée au secteur des transports. Cependant, les bruits subis sur le lieu de travail ainsi que les bruits de voisinage ne sont pas négligeables. De plus, il existe des disparités géographiques en matière de gêne sonore. C’est pourquoi, il convient de diminuer ces nuisances et de préserver les zones de calme puis d’améliorer la connaissance et d’informer les citoyens et les professionnels.

Une gêne sonore ressentie par 75% des Picto-Charentais

(contre 82% en France).

En effet, ce sont 18% de la population régionale qui déclarent être souvent gênés par le bruit, 31% parfois et 26% rarement. En 2000, la cause principale de cette gêne est la circulation. Viennent ensuite le bruit des machines et outils, les gens et la musique.

Source : Baromètre Santé Poitou-Charentes 2000. Enquête auprès des 12 -75 ans. 10 fiches thématiques ». ORSPEC, janvier 2003.
Principales causes de gêne sonore en région
Principales causes de gêne sonore en région

Une nuisance plus forte en milieu urbain et périurbain

La gêne provoquée par le bruit et subie par les ménages est plus forte en milieu urbain et périurbain qu’en milieu rural. Ainsi, au niveau français, à la question « quels problèmes dans votre quartier ou votre commune vous préoccupent le plus ? », les ménages habitant les unités urbaines de 50 000 habitants ou plus répondent en premier lieu le bruit et le manque de sécurité puis la pollution.

En 2001, dans les agglomérations moyennes (de 50 000 à 200 000 hab.) 24% de la population nationale se déclarent souvent gênée par le bruit et 24% de temps en temps. De plus, 38% des ménages vivant dans les Zones Urbaines Sensibles (ZUS) sont souvent gênés par le bruit. A noter que les quartiers où le taux de chômage est assez élevé, sont les quartiers où les habitants se plaignent le plus du bruit ou de la pollution, et où il y a le plus d’actes de vandalisme.

De plus, les logements d’immeubles collectifs construits entre 1949 et 1974 semblent les moins bien insonorisés.

Sources : Mesurer la qualité de vie dans les grandes agglomérations, INSEE Première N°868, oct.2002 -http://www.transport.equipement.gouv.fr - Citadins, votre quartier est-il agréable à vivre ? , INSEE Première N°934, déc.2003 – De plus en plus de maisons individuelles, INSEE Première N°885, fév2003.

Bien que la région soit parmi les plus rurales en 1999, elle recense 72 agglomérations dont 4 ayant plus de 50 000 hab et 14 ZUS qui regroupent 71 000 personnes soit 4% de la population régionale (5 en Charente, 5 en Charente-Maritime, 1 à Niort et 3 en Vienne). Ces ZUS se caractérisent par une concentration de HLM, bien souvent en immeubles collectifs de plus de dix logements, construits pour beaucoup après guerre et jusqu’au début des années 80.

Sources : INSEE Poitou-Charentes, Les cahiers décimal n°43 – TEPC, INSEE Poitou-Charentes, Décimal n°242-2004

Le secteur des transports terrestres

Les transports routiers jouent un rôle important ...

L’exposition de la population au bruit généré par la circulation routière est fonction du trafic et du maillage du territoire. Son intensité varie selon le type de véhicules et selon la localisation des personnes.

Un réseau routier et un trafic en croissance

Ainsi, entre 1995 et 2004, Poitou-Charentes a vu son réseau autoroutier augmenter de 32,5%, son réseau des routes nationales de 13,7% et celui des routes départementales de 2,7%.

Source : Observatoire Régional des Transports.

Ce maillage fin 2003 était constitué de 300 Km d’autoroutes, 1 051 Km de routes nationales (RN), 19 237 Km de routes départementales (RD) et de 32 084 Km de routes communales.

Source : Ministère de l’équipement, des transports, de l’aménagement du territoire, du tourisme et de la mer (Setra) – Ministère de l’intérieur, Direction générale des collectivités territoriales

Entre 1995 et 2004, le trafic moyen journalier tous véhicules confondus augmente de façon non négligeable sur les autoroutes et les routes nationales de la région. Il augmente également sur les routes départementales de la région hormis en Charente où il est relativement stable sur cette même période.

Evolution du trafic moyen journalier en région
Evolution du trafic moyen journalier en région

...une nuisance fonction du type de véhicule

Dans la hiérarchie des bruits gênants, les nuisances sonores générées par les deux roues à moteur sont le premier motif de plainte auprès des maires. Ainsi, au niveau français, sur les 20 500 verbalisations au regard des nuisances sonores, relevées par la Gendarmerie Nationale en 1998, 11 000 (54%) concernaient les cyclomoteurs, 7 700 (38%) les automobiles et 1 500 (7%) les motos. Un an après, l’ensemble des forces de l’ordre a dressé 29 919 procès-verbaux pour émission de bruits gênants.

Source : Direction de la Gendarmerie Nationale in Le bruit des deux roues à moteur – rapport du groupe de travail interministériel – MATE, 29/06/2001, 23 pages - http://www.transports.equipement.gouv.fr

Remarque : Le seuil de 65dB(A) est généralement considéré comme celui où apparaît une forte gêne. Les véhicules, du cyclomoteur au poids lourd (PL) émettent entre 71 et 80dB(A), les PL étant les plus bruyants.

Sources : http://www.inrs.fr et http://www.infobruit.org

Entre 1999 et 2004, le nombre d’immatriculations en région de motocyclettes (cylindrée > 50cm3) a augmenté de 23,2%, les camions, camionnettes et véhicules spéciaux de 21,6% et les voitures particulières de 6%. Source : Ministère de l’équipement, des transports et du logement

En région, l’exemple de la Vienne nous montre qu’en 2005, les procès verbaux établis au regard du bruit ont concerné pour 67,3% des deux roues et pour 23,1% des véhicules légers. De plus, parmi les plaintes relatives au bruit des véhicules, les deux roues apparaissent en premier. ( DDASS 86)

Répartition des Procès verbaux en Vienne
Répartition des Procès verbaux en Vienne

…et une nuisance localisée

En Poitou-Charentes, le trafic moyen journalier fait apparaître, en 2004, un trafic plus important de véhicules légers (VL) et de poids lourds (PL) :

  • à l’entrée des 4 chefs lieux de département
  • entre La Rochelle et Rochefort
  • sur l’A 10 entre Poitiers et Bordeaux

A noter que le trafic de PL est important sur :

  • la RN 10 entre Angoulême et Bordeaux ; il a augmenté de 45% entre 1993 et 2001.
  • l’A 10 entre Poitiers et Bordeaux, le trafic ayant augmenté de 32% entre 1993 et 2001.
Sources : Observatoire Régional des Transports – SATR - Ministère chargé de l’équipement - DRE Poitou-Charentes – SAIT

Par ailleurs, la région dispose d’un réseau de villes moyennes qui connaît un accroissement de la mobilité domicile-travail et un étalement urbain sous l’effet de la concentration de l’emploi en ville et de l’éloignement des actifs en périphérie pour leur logement. Ce phénomène a été particulièrement important entre 1990 et 1999 et continue de l’être, ce qui participe à l’augmentation de la gêne sonore subie par les Pictocharentais. A noter cependant que des outils de planification urbaine proposent des solutions.

Trafic moyen journalier annuel 2004 en région
Trafic moyen journalier annuel 2004 en région

Ainsi, sur les 620 000 actifs ayant un emploi en Poitou-Charentes, 57% ont déclaré travailler hors de leur commune de résidence en 1999 contre 46% en 1990.

La voiture particulière est utilisée par 75% des actifs et les deux roues par 4%.

De plus, pour les 4 communes offrant le plus d’emplois en 1999, c’est entre 18 000 et 21 000 personnes qui viennent d’une autre commune pour travailler à Niort, Angoulême ou La Rochelle et 30 000 à Poitiers. A l’inverse dans chacun des pôles, ce sont 5 000 à 7 000 habitants qui vont travailler dans une autre commune de la périphérie, ce qui engendre des nuisances sonores.

Sources : INSEE Poitou-Charentes – Décimal N°227 et Les cahiers de décimal N°43 – INSEE, Recensement de la population 1999 - http://www.recensement.insee.fr

Le secteur des transports ferroviaires

En région, le trafic de voyageurs a augmenté, entre 1999 et 2004, de 11,4% pour le TGV et de 6,5%, pour le TER.

Source : SNCF

Après avoir connu une augmentation en 1999, le transport ferroviaire de marchandises (trafic international exclu) diminue pour atteindre 4 031 203 tonnes en 2004.

Source : DAEI/SES/SITRAM

A noter que des progrès significatifs ont été réalisés sur les voies (soudage des rails, murs antibruit,...) mais également sur les trains, notamment par l’adoption des freins à disques pour les TGV et le remplacement des voitures anciennes par des récentes en particulier pour les TER. Cependant, cette modernisation a été plus faible pour les wagons de marchandises.

Source : http://www.transports.equipement.gouv.fr

Classement des voies bruyantes, Points noirs bruit, Cartes de bruit et Plans de prévention du bruit dans l’environnement

Concernant le classement des voies bruyantes en région, la Vienne a fait l’objet de 2 arrêtés de classement : l’arrêté du 22/12/2004 pour les routes départementales et voies communales qui complète l’arrêté du 31/12/2001 classant les voies ferroviaires, autoroutes, routes nationales, routes départementales et voies communales. En Charente-Maritime, 6 arrêtés préfectoraux en date du 17/09/1999 ont été pris et d’éventuels arrêtés modificatifs seront pris en fin d’année 2006. En Deux-Sèvres, l’arrêté du 30/11/2000 portant sur le classement des voies sonores a été abrogé le 13/10/2003 ; le classement des voies bruyantes est répertorié dans 6 arrêtés préfectoraux du 13/10/2003. En Charente, les arrêtés ont été pris le 19/10/2006. Source : DDE et Observatoire régional du bruit.

Dans chaque département, un observatoire du bruit est en cours de constitution et de définition ; il aboutira à la mise en évidence des points noirs bruit pour lesquels des propositions de résorption seront analysées.

Par ailleurs, la Directive européenne (2002/49/CE) relative à l’évaluation et à la gestion du bruit dans l’environnement et son décret d’application n°2006-361 du 24/03/2006 concernent 3 agglomérations régionales : Angoulême, Poitiers, et La Rochelle qui ont entre 100 000 et 250 000 hab.

Pour en savoir plus sur le classement des voies bruyantes : site de la DDE 79 : http://www.deux-sevres.pref.gouv.fr/dossiers.asp ?iS=159&iR=2 et site de la DRE / DDE 86 : http://www.poitou-charentes.equipement.gouv.fr/environnement/environnement.htm

Une carte de bruit et un plan de prévention du bruit dans l’environnement toutes sources confondues devront être établis pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants ; pour chacune des infrastructures routières et autoroutières dont le trafic annuel est supérieur à 3 millions de véhicules et pour chacune des infrastructures ferroviaires dont le trafic annuel est supérieur à 30 000 passages de train. L’échéance se situe au 30/06/2012 pour les cartes de bruit et au 18/07/2013 pour les plans de prévention.

Pour en savoir plus : http://www.bruit.fr

Le trafic aérien joue également un rôle

En région, la desserte aérienne est assurée par 4 aéroports qui proposent du trafic commercial, 13 aérodromes ouverts à la circulation aérienne publique (aviation légère et sportive), 2 aérodromes militaires et 1 aérodrome à usages restreints.

Trafic de passagers par aéroport en région
Trafic de passagers par aéroport en région

93% du trafic régional de voyageurs est le fait des aéroports de La Rochelle-Laleu et Poitiers-Biard. En 11 ans, ce trafic total de passagers a augmenté de 146,2%.

Le trafic de fret et trafic postal, avec 2 141 tonnes de marchandises en 2002, a connu depuis 1993 une diminution de 28,4%.

Source : Direction régionale de l’aviation civile du sud-ouest.

Ce trafic aérien régulier auquel il faut ajouter l’aviation touristique ainsi que les ULM provoquent à proximité des plates-formes aéroportuaires des nuisances sonores qui perturbent les conditions de vie des riverains, surtout la nuit. Afin de maîtriser l’urbanisation au voisinage des aéroports, les Plans d’Exposition au Bruit (PEB) sont en cours de révision.

En région, 7 PEB ont été approuvés concernant : les aéroports de La Rochelle et Poitiers en 1976, les aérodromes de Cognac en 1982, Rochefort et Royan en 1985, l’aéroport d’Angoulême en 1999 et celui de Niort Souché en 2005. Fin 2006, le PEB d’Angoulême et de Poitiers-Biard seront révisés. Début 2007, de nouveaux PEB devraient être définis pour Rochefort, Royan et Saint Pierre d’Oléron.

Sources : Direction de l’Aviation Civile Sud-Ouest, Délégation territoriale Poitou-Charentes et DDE

Remarques : un biréacteur au décollage à 300 mètres expose la population à 110 dB(A), le seul de la douleur étant à 120 dB(A). Source : http://www.transports.equipement.gouv.fr

Pour en savoir plus : http://www.aviation-civile.gouv.fr/html/actu_gd/bruit/index.html

Le bruit au travail.

Au niveau national, 7% des salariés sont exposés à des bruits nocifs susceptibles de porter atteinte au système auditif car ils subissent pendant plus de 20 heures par semaine des bruits dépassant le seuil de 85 décibels A ou comportant des chocs et impulsions. Par ailleurs, 25% des salariés sont soumis à des bruits ayant des conséquences moins dangereuses, même s’ils peuvent avoir également des effets sur la santé, la qualité de vie au travail, voire sur les performances auditives, notamment à plus long terme.

58% des salariés exposés à un bruit nocif appartiennent à l’industrie, alors que ce secteur emploie 22% des salariés ; à l’inverse, 28% des salariés exposés appartiennent au secteur tertiaire qui emploie 69% des salariés.

De plus, 11% des salariés de la construction sont exposés au bruit nocif et 3% dans l’agriculture. A noter que 32% des personnes exposées à des bruits nocifs n’ont pas de protection auditive à leur disposition. Quand le risque est rare dans un secteur, il est moins bien pris en compte au niveau de la protection individuelle. En revanche, plus le risque est élevé, plus la protection est disponible. Ainsi, 77% des salariés exposés dans l’industrie disposent d’une protection auditive ; ils sont 71% dans la construction et 67% dans l’agriculture. En revanche, dans le tertiaire, plus de la moitié des salariés exposés n’ont pas de protection auditive mise à disposition.

Source : Enquête SUMER, Premières informations et synthèses, le bruit au travail en 2003 – DARES, Ministère de l’emploi, du travail et de la cohésion sociale, juin 2005 N°25-3

Au 31 décembre 2003, l’INSEE estime que 652 593 personnes occupent un emploi en région ; le secteur tertiaire regroupant 69% de ces emplois, l’industrie 17%, l’agriculture 7% et la construction 7%.

Source : INSEE Poitou-Charentes - TEPC – édition 2005

Selon les rapports des médecins du travail de 2004, sur 257 268 salariés de la région relevant d’une surveillance médicale renforcée, 48 522 personnes étaient exposées au bruit (soit 18,9%) dont 3 116 personnes en travail temporaire (6,4%). Durant la même année, 34 déclarations de maladies professionnelles concernant le bruit ont été déposées au niveau régional par les victimes (ou leurs ayants droit) à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Il s’agit majoritairement d’hommes de 40 ans et plus ; les secteurs concernés sont le bâtiment, l’industrie mécanique (machines outil) et nautique, la menuiserie et fabrication de meubles, l’imprimerie, la métallurgie et les garages.

La même année, 20 ont été reconnues comme maladies professionnelles dont plus de la moitié a perdu 50% d’audition. Il faut noter que ces chiffres sont probablement sous-estimés. A noter qu’en termes d’effectif salariés exposés, le bruit est la deuxième rubrique des risques faisant l’objet d’une surveillance médicale renforcée après le travail sur écran.

Source : Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de Poitou-Charentes – Mission des relations du travail

Parfois, même si les protections auditives sont disponibles, les travailleurs ne mesurent pas forcément l’utilité du port de ces protections.

Bruits de voisinage et bruits liés aux activités économiques, industrielles, artisanales ou de loisirs

L’ensemble de ces bruits porte atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme par leur durée, leur répétition ou intensité.

Répartition des plaintes en Vienne en 2005
Répartition des plaintes en Vienne en 2005

En Vienne, par exemple, les bruits de voisinage constituent le principal motif de plaintes en 2005, très loin devant le bruit lié aux véhicules, aux installations classées et aux infrastructures de transport. Au sein des bruits de voisinage, ce sont les bruits liés au comportement des personnes qui représentent 2/3 des plaintes.

(Source : DDASS 86)

De plus, l’écoute des musiques amplifiées (concert, discothèque, baladeur) peut constituer un réel danger. Bien que des réglementations spécifiques existent dans la plupart des cas, cela ne suffit pas ; il est nécessaire d’informer, de sensibiliser et d’éduquer.

Les bruits de loisirs (sports mécaniques, y compris sur l’eau, armes à feu,...) et le bruit de comportement désinvolte posent également problème notamment en période touristique avec une population qui s’accroît et ceci plus particulièrement en zone littorale.

Viennent s’y ajouter les conséquences acoustiques des activités industrielles (ICPE) et artisanales ; la mise en place de champs d’éoliennes notamment pose question.

Les dépenses de lutte contre le bruit

En France, ces dépenses qui ne cessent de croître concernent principalement le renforcement de l’isolation acoustique des logements (fenêtre à double vitrage ou entrée d’air) et le remplacement de la partie silencieux des pots d’échappement des véhicules.

En aéronautique, la remotorisation des avions avec des moteurs moins bruyants et le retrait d’avions bruyants se sont beaucoup pratiqués ces dernières années. De plus, les profils de vols et les trajectoires sont étudiés pour éviter les zones habitées.

La dépense de lutte contre le bruit en France
La dépense de lutte contre le bruit en France

L’adoption de modes "préventifs" reste cependant en retrait comparée à celle de modes dits "curatifs", comme les écrans antibruit ou les remblais le long des infrastructures lorsque l’infrastructure existe, ce qui ne limite pas les nuisances sonores à la source mais leur impact.

De plus, les ménages financent majoritairement les actions de lutte contre le bruit comme la pose de fenêtres à double vitrage pour atteindre 844 millions d’euros en 2003. Les entreprises quant à elles dépensent 368 millions d’euros essentiellement pour l’isolation acoustique des bâtiments, la lutte contre le bruit industriel, le remplacement des pots silencieux des véhicules professionnels et les actions sur les infrastructures. Les financements en provenance des administrations publiques s’élèvent à 193 millions d’euros ; le programme de résorption des points noirs de bruit dû aux transports terrestres étant le principal poste de dépenses.

Sources : Ifen, Ministère de l’Écologie et du Développement durable, juin 2005. L’économie de l’environnement en 2003 - Rapport de la Commission des comptes et de l’économie de l’environnement. Orléans, 157 p., http://www.ifen.fr et Direction régionale de l’aviation civile du sud-ouest.

A noter qu’actuellement, tout nouveau projet intègre des modes de protection contre le bruit en prévention.

Source : DRE Poitou-Charentes

De la nécessité d’améliorer et d’approfondir la connaissance…

Pour améliorer l’action en matière de lutte contre les nuisances sonores, il est nécessaire de disposer de données au niveau local.

A ce jour, il apparaît nécessaire de renforcer les dispositifs de production et de valorisation de l’information sur ce sujet.

… vers l’information, la sensibilisation et l’éducation des citoyens et des professionnels.

Afin de prévenir et en tout état de cause réduire la gêne liée au bruit et sous l’impulsion législative de la loi Bruit n°92-1444 du 31/12/92, un plan gouvernemental de lutte contre le bruit a été élaboré le 6/10/2003 qui précise que l’information, la sensibilisation et l’éducation des citoyens et des professionnels sont nécessaires. De plus, des Pôles de compétence bruit ont été mis en place au sein des DDASS (circulaire du 27/03/95 du Ministère de la santé). Plusieurs circulaires ont été adressées aux Préfets de région et de département dont celle du 25/05/2004 relative au bruit des infrastructures de transports terrestres et celle du 23/05/2005 relative au renforcement et au suivi de la police du bruit en matière de bruit de voisinage et des deux roues. Dans cette dernière, il est notamment demandé de cibler les principales nuisances sonores (en matière de bruit des deux roues, bruit de voisinage, d’activités bruyantes) afin que des actions exemplaires puissent être menées. Il est, ainsi, recommandé de sensibiliser d’une part, les agents verbalisateurs aux possibilités offertes par les réglementations sanctionnant les nuisances et d’autre part, le grand public sur les gênes occasionnées et les moyens de les réduire en développant la concertation ou en instaurant si nécessaire des lieux de conciliation…

De plus, bien que cela ne soit plus une obligation, il est recommandé de préciser au propriétaire d’un terrain situé dans un secteur affecté par le bruit, lors d’une demande de certificat d’urbanisme, la catégorie sonore de l’infrastructure concernée, et de lui fournir les informations figurant dans l’arrêté préfectoral de classement sonore sur les prescriptions d’isolement acoustique à respecter dans la mesure où il est envisagé de réaliser un bâtiment d’habitation, un établissement d’enseignement, de santé ou un hôtel. Ces mesures concourent à la meilleure information des particuliers ou des professionnels de la construction.

Source : La prévention du bruit des infrastructures, le classement sonore des transports terrestres – Ministère de l’écologie et du développement durable – DPPR – Mission Bruit – oct. 2005 : http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/Bruit-JL_20051023_fiche2-classement-sonore_v2-oct2005.pdf

En région, des actions existent qu’il est nécessaire de renforcer et de poursuivre. Un programme régional de sensibilisation aux risques auditifs liés à la pratique et à l’écoute des musiques amplifiées a ainsi été mis en oeuvre par le Confort Moderne de Poitiers de 1999 à 2002. Parmi les différentes actions entreprises, un spectacle informatif sur le risque auditif a été présenté à 25 000 lycéens de la région.

Source : Evaluation du programme de sensibilisation aux risques auditifs liés à l’écoute et à la pratique de musiques amplifiées. ORS Poitou-Charentes - Avril 2003

Des opérations de sensibilisation ont également été menées par les Pôles de compétence bruit dans certains départements. Ex. « Opération deux roues » à proximité des établissements scolaires en Vienne avec remise une plaquette d’information en 2004 (dépliants « Pas de pot pour les oreilles » et « Face au bruit, à qui s’adresser ? … »), ainsi qu’en Deux-Sèvres et Charente-Maritime notamment.

  • Isolation acoustique : Ensemble des procédés mis en œuvre pour empêcher le bruit de se propager d’un endroit à un autre.
  • Acoustique : Science qui traite du son et du bruit, y compris sa production, sa transmission et ses effets.
  • Bruits, Bruit : Phénomène acoustique produisant une sensation auditive considérée comme désagréable.
  • Classement sonore : Démarche réglementaire prise en application de l’article L. 571-10 du code de l’environnement, détaillée par le décret n° 95-21 du 9 janvier 1995 et l’arrêté du 30 mai 1996. Elle conduit au classement par le préfet de département des infrastructures de transport terrestre en 5 catégories selon leur niveau d’émission et à la définition de secteurs affectés par le bruit. Des règles portant sur l’isolement acoustique des bâtiments nouveaux sont fixées dans ces secteurs en fonction du classement.
  • Décibels : Il s’agit de l’unité de mesure de l’intensité d’un bruit. L’ensemble des intensités de sons possibles est mesuré par une échelle logarithmique gradué en décibel (dB). Cette échelle logarithmique est conçue de telle manière que, lorsqu’une source sonore est multipliée par 2, le niveau est augmenté de 3 dB. Ainsi, 2 conversations identiques et simultanées, dont le niveau sonore est de 50 dB, ne donneront pas 100 dB, mais 53 dB.
  • Gêne sonore : Etat déclaré d’un individu ou d’un groupe d’individus soumis à un bruit. La gêne est un processus physiologique (sensoriel) et psychologique (perceptuel et cognitif) qui tend à enfermer l’individu dans un mal-être plus ou moins permanent. On sait que la gêne sonore dépend du niveau sonore, de la fréquence et de la répétabilité des phénomènes acoustiques auxquels l’individu ou le groupe d’individus est soumis. On sait néanmoins que d’autres facteurs non acoustique (histoire antérieure vécue...) peuvent influencer la gêne sonore. Pour l’appréhender, on réalise des tests sur un large échantillon d’individu. Le seuil de gêne est généralement fixé pour un niveau sonore équivalent (LEQ) supérieur ou égal à 60 dB(A).
Publications | Plan du site | Mentions légales | Cadenas fermé