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L’eau, échéance 2015
> L’atteinte du bon état des eaux

De quel état des eaux part-on ?

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

2.1. Comment est évalué l’état des masses d’eau ?

2.2. Le rapportage des données

2.3. L’état « initial » des masses d’eau en Poitou-Charentes

> 2.3.1. L’état des lieux de 2004 et ses résultats en Poitou-Charentes

> 2.3.2. L’état des masses d’eau en 2009


2.1. Comment est évalué l’état des masses d’eau ?

L’évaluation de l’état s’appuie sur les données du réseau de contrôle de surveillance (réseau de mesure de la qualité des milieux aquatiques mis en place en 2007 conforme aux spécifications (D.C.E.) et du réseau de contrôle opérationnel (réseau de mesure de la qualité des milieux aquatiques mis en place en 2010 pour suivre spécifiquement les masses d’eau en risque de ne pas atteindre le bon état d’ici 2015).

Elle s’appuie également sur des données de réseaux départementaux, des simulations ou des dires d’experts pour les masses d’eau sans données milieu.

La qualité de l’eau peut également s’évaluer à partir d’informations relatives aux activités s’exerçant sur le territoire et pouvant avoir une incidence sur les eaux (données dites de pression). Ainsi, en fonction de l’usage qui en est fait, on pourra s’intéresser à la qualité des eaux destinées à l’alimentation en eau potable (teneurs en nitrates et pesticides notamment), à celles relatives à la baignade (bactériologie), ou à la consommation des coquillages (bactériologie, toxines…).

Pour certaines masses d’eau, les méthodes et données disponibles sont insuffisantes et ne permettent pas d’évaluer leur état actuel. C’est le pourcentage d’indétermination, qui retrace l’insuffisance de certaines connaissances à une date donnée.

L’évaluation de l’état écologique d’une eau de surface est assortie d’un niveau de confiance (faible, moyen, haut, indéterminé) qui est fonction de l’historique et de la cohérence des données disponibles. Un niveau de confiance faible révèle la nécessité d’améliorer les connaissances. Les méthodes et règles d’évaluation de l’état des eaux pour l’application de la D.C.E. font l’objet d’un travail d’harmonisation entre les États membres, afin de garantir que les limites du bon état retenues par chacun correspondent à des niveaux d’altération comparables, et à des degrés d’exigence semblables vis-à-vis des pressions subies par les milieux.

Dans cette optique, des préconisations techniques et réglementaires, visant à actualiser, remplacer ou compléter les anciens systèmes d’évaluation, plus totalement adaptés dans le cadre de la D.C.E, sont mises à disposition.

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2.2. Le rapportage des données

Les données sont recueillies, au niveau de chaque bassin, par de nombreux acteurs (notamment les services de l’État, les agences de l’eau et l’ONEMA, sous couvert de la direction de l’Eau et de la Biodiversité du Ministère de l’Écologie) suivant des protocoles conformes aux prescriptions européennes .

Les données, une fois compilées, sont rapportées à la Commission Européenne pour rendre compte de la mise en oeuvre de la directive cadre sur l’eau : c’est le « rapportage » qui a pour but de présenter un ensemble de données sous une forme cohérente, homogène et structurée. Chaque État membre de l’Union Européenne réalise de manière régulière cette opération afin que la Commission Européenne puisse vérifier le respect des exigences de la directive.

En France, les données sont regroupées sous un S.I.E. , Système d’Information sur l’Eau, celui-ci alimentant directement le système d’information européen WISE, Water Information System for Europe.

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2.3. L’état « initial » des masses d’eau en Poitou-Charentes

2.3.1. L’état des lieux de 2004 et ses résultats en Poitou-Charentes

Champigny le Sec (Vienne)
Champigny le Sec (Vienne)

Les états des lieux réalisés en 2004 sur les bassins Loire Bretagne et Adour Garonne sont des diagnostics de l’ensemble des milieux aquatiques (cours d’eau, lacs, eaux souterraines, eaux côtières...), et identifient les différentes catégories de milieux, classées en types de masses d’eau (lacs d’altitude, rivières de fond de vallées, ...). Pour chacune d’entre elles, les taux de pollutions, les incidences des activités humaines et les populations présentes sont analysées (exemple : tel poisson devrait se trouver en telle quantité dans tel type de masse d’eau...). Ces critères ont permis de faire ressortir les enjeux de la gestion de l’eau pour chaque bassin hydrographique.
Sur cette base, l’état des milieux aquatiques en 2015 a été estimé, selon l’hypothèse que les politiques déjà engagées persistent.
Ainsi, en Poitou-Charentes, compte-tenu des politiques engagées en 2004, quatre masses d’eau sur cinq risqueraient de ne pas atteindre le bon état sur l’ensemble de la région en 2015.

Cet objectif ne serait pas assuré pour 85 % des eaux superficielles (rivières, lacs ou plans d’eau) à cause de modifications physiques (seuils, étangs...), de la présence de matières organiques, des pesticides, des nitrates et des perturbations hydrologiques. Les bassins présentant le plus gros risque de ne pas atteindre le bon état d’ici 2015 sont ceux de la Dive du Nord, de la Sèvre Nantaise, du Clain, de la Boutonne, de la Seudre et de l’estuaire de la Gironde.

Et parallèlement, 70 % des eaux souterraines risqueraient de ne pas atteindre un bon état en 2015 dans la région à cause de la présence des nitrates, des pesticides, et des prélèvements excessifs.

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2.3.2. L’état des masses d’eau en 2009

En 2009, l’évaluation rapporte qu’en Poitou-Charentes, 14 % des masses d’eau de surface sont en bon état écologique et 38 % en bon état chimique, tandis que 35 % des eaux souterraines sont en bon état chimique et 61 % en bon état quantitatif (Observatoire Régional de l’Environnement, 2013b).

La Dive à Couhé (Vienne)
La Dive à Couhé (Vienne)

Ces résultats sont à prendre avec précaution car les réseaux de mesures sont en 2009 encore en déploiement, les données sont incomplètes, la représentativité des points de mesures est à consolider et l’incertitude de la mesure biologique est encore mal prise en compte mais les progrès sur la fiabilité des techniques de mesures devraient permettre de mieux qualifier l’état des masses d’eau lors des prochaines campagnes.

État global des masses d’eau en Poitou-Charentes (2009)
État global des masses d’eau en Poitou-Charentes (2009)

Visualisez la carte dans l’atlas cartographique de l’ORE

Les masses d’eau de surface

Le bon état écologique requiert une bonne qualité de l’eau mais aussi un bon fonctionnement des écosystèmes du milieu aquatique.

En Poitou-Charentes, aucune masse d’eau n’est en très bon état écologique et 14 % sont en bon état.

L’état des masses d’eau de surface en 2009
L’état des masses d’eau de surface en 2009

La proportion de masses d’eau en bon état écologique diffère cependant selon leur catégorie. Elle est d’environ :

Les altérations hydromorphologiques (barrages, seuils, rectification du tracé, bétonnage des berges) expliquent bien souvent la mauvaise qualité biologique constatée des cours d’eau. Elles entravent la dynamique fluviale et altèrent la diversité et la qualité des habitats biologiques, indispensables à la reproduction, la nutrition et le repos des espèces.

L’apport en excès de substances nutritives (nitrates et phosphates), entraînant une eutrophisation du milieu (prolifération des végétaux), est également un obstacle au bon état écologique.

Le principal facteur déclassant des plans d’eau est également l’excès de nutriments, en particulier de phosphore.

Le bon état chimique se définit au travers de la surveillance de 41 substances prioritaires (pesticides, métaux...). Les progrès sur la fiabilité des techniques de mesures devraient permettre de mieux qualifier l’état chimique des masses d’eau lors des prochaines campagnes. Les pesticides sont toutefois très présents.

Pour les eaux littorales, l’IFREMER et les Agences de l’eau travaillent conjointement à la mise en oeuvre des réseaux de surveillance littoraux qui répondent aux prescriptions de la D.C.E.. Dans les bassins Loire-Bretagne et Adour-Garonne, ce partenariat a permis d’acquérir de nombreuses données depuis 2007 (paramètres physico-chimiques, contaminants chimiques, phytoplancton, invertébrés,…) et la valorisation des résultats, sous la forme d’un atlas interactif. Des synthèses cartographiques, complétées de fiches explicatives, permettent ainsi de visualiser la qualité des masses d’eau en fonction des différents paramètres analysés.

Les masses d’eau souterraines

L’état des masses d’eau souterraines en 2009
L’état des masses d’eau souterraines en 2009

Dans les eaux souterraines, il n’y a que très peu de vie aquatique et la notion d’état écologique ne s’y applique pas. L’évaluation se fait au regard de l’état chimique et de l’état quantitatif.

Le mauvais état chimique porte principalement sur les teneurs en nitrates et pesticides les deux principales familles qui affectent les eaux souterraines.

Le mauvais état quantitatif fait souvent référence à une alimentation insuffisante des eaux de surface en période d’étiage.

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À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau :www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :

    • l’eau : échéance 2015 > Atteindre le bon état des eaux
    • l’eau : échéance 2015 > Le suivi près de chez moi
  •  Pour aller plus loin
  • écosystèmes : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • Berges : Bord permanent d’un cours d’eau, situé au dessus du niveau normal de l’eau. La berge est caractérisée par sa forme transversale (berge en pente douce, berge abrupte), sa composition (sableuse, marneuse), sa végétation (herbacée, arbustive, fréquemment soumises au débordement et à l’érosion du courant, les berges sont des habitats pour de nombreuses espèces. Elles permettent le passage d’animaux discrets comme le rat d’eau, le rat musqué, la musaraigne d’eau ou encore le desman des Pyrénées. Certaines ruptures de niveau permettent aux blocs rocheux d’apparaître et forment d’excellents perchoirs pour le cincle plongeur. Les hirondelles de rivages profitent des berges vives pour y faire leur nid. Les écrevisses, les poissons et les macro-invertébrés se servent des abris sous berges pour se cacher, se reproduire ou se nourrir. Benthique : qualifie l’ensemble des organismes aquatiques vivant en étroite relation avec les fonds aquatiques d’une manière fixée ou non. L’ensemble de ces êtres forme le benthos.
  • Bon état : Le bon état est l’objectif à atteindre pour l’ensemble des eaux en 2015, conformément à la directive cadre sur l’eau, sauf en cas de report de délai ou de définition d’un objectif moins strict. Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins "bons". Le bon état d’une eau souterraine est atteint lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons". (Glossaire EauFrance)
  • Bon état chimique : Appréciation de la qualité d’une eau sur la base des concentrations en polluants incluant notamment les substances prioritaires. L’état chimique comporte deux classes : bon et médiocre. Le bon état chimique d’une eau souterraine est atteint lorsque les concentrations de polluants ne montrent pas d’effets d’entrée d’eau salée, ne dépassent pas les normes de qualité et n’empêchent pas d’atteindre les objectifs pour les eaux de surface associées. (Glossaire EauFrance)
  • Bon état écologique : L’état écologique est l’appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés aux eaux de surface. Il s’appuie sur ces critères appelés éléments de qualité qui peuvent être de nature biologiques (présence d’êtres vivants végétaux et animaux), hydromorphologique ou physico-chimiques. L’état écologique comporte cinq classes : très bon, bon, moyen, médiocre et mauvais. Pour chaque type de masse de d’eau il se caractérise par un écart aux conditions de références qui sont les conditions représentatives d’une Eau de surface pas ou très peu influencée par l’activité humaine. (Glossaire EauFrance)
  • Bon état quantitatif : Le bon état quantitatif d’une eau souterraine est atteint lorsque les prélèvements ne dépassent pas la capacité de renouvellement de la ressource disponible, compte tenu de la nécessaire alimentation des écosystèmes aquatiques de surface, des sites et zones humides directement dépendants. (Glossaire EauFrance)
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Eaux de transition : Eaux de surface situées à proximité des embouchures de rivières ou de fleuves, qui sont partiellement salines en raison de leur proximité des eaux côtières mais qui restent fondamentalement influencées par des courants d’eau douce. (Glossaire EauFrance)
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
  • Rapportage : Action consistant à rendre compte de la mise en oeuvre des directives européennes ou des conventions internationales (rapport de mise en oeuvre) ou à communiquer des informations requises sur l’état de l’environnement et les pressions sur l’environnement. Dans le cas de la directive cadre sur l’eau 2000/60/CE, à chaque étape de mise en oeuvre (délimitation des bassins DCE, état des lieux, programme de surveillance, plan de gestion), un rapport est transmis par chaque État membre à la Commission européenne. (Glossaire EauFrance)
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