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Environnement et santé
Monoxyde de carbone (CO)

Contexte d’exposition

Dernière mise à jour : 2006

Air…

Le monoxyde de carbone est présent aussi bien à l’extérieur des bâtiments qu’à l’intérieur où la pollution est due à l’entrée d’air extérieur et à l’émission de polluants à l’intérieur même des locaux.

On peut ainsi constater des taux importants de CO quand un moteur tourne au ralenti dans un espace clos (garage) ou en cas d’embouteillage dans des espaces couverts (tunnel), ainsi qu’en cas de mauvais fonctionnement d’un appareil de chauffage domestique.

Il est à noter que la principale source d’exposition au CO est le tabagisme actif et passif. La consommation de tabac peut ainsi élever la concentration de CO dans l’organisme d’un taux de 3 à 10 %. Cette intoxication chronique peut alors expliquer certains symptômes ressentis par les fumeurs.

Par ailleurs, les causes d’intoxications par le CO peuvent être domestiques, professionnelles, liées aux incendies ou encore volontaires (suicides).

Plus précisément, dans une majorité des cas, les intoxications domestiques résultent :

  • de la mauvaise évacuation des gaz brûlés à cause de l’obturation des conduits de fumée
  • de l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées)
  • du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude (inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint)
  • de la vétusté ou de la mauvaise utilisation de certains appareils (appareils de chauffage d’appoint utilisés en continu par ex., groupes électrogènes...)
  • de l’incompatibilité des différentes installations présentes dans un même logement (exemple : foyer ouvert et chaudière).

Certaines conditions météorologiques (froid intense, redoux, brouillard) peuvent accentuer les risques d’intoxication, du fait d’une mauvaise dispersion des gaz brûlés dans l’atmosphère. De plus, si l’inversion de température se conjugue avec un placage des fumées à un sol plus froid, cela peut provoquer un tirage défectueux des appareils. On observe également que les causes d’intoxication sont accentuées par les conditions sociales (habitat vétuste, défaut d’entretien des appareils, chauffages d’appoint) et les habitudes locales. En général, lors d’accident, il y a un cumul de défauts.

Quant aux causes professionnelles, elles sont nombreuses et liées à des activités particulières (métallurgie, boulangerie) : usage en locaux confinés de moteurs thermiques (dont les groupes électrogènes). On retrouve souvent ce type d’appareils employant des moteurs thermiques utilisés en milieu professionnel impliqués dans les intoxications domestiques dans un contexte de bricolage.

A noter que les intoxications au monoxyde de carbone ne font l’objet d’aucune déclaration obligatoire. Cependant, un dispositif de surveillance des intoxications par le monoxyde de carbone a été mis en œuvre à compter du 1er janvier 2005 dans le cadre de la Circulaire interministérielle DGS/SD7C/DDSC/SDGR/2005/552 du 14 décembre 2005 relative à la surveillance des intoxications au monoxyde de carbone et aux mesures à mettre en oeuvre modifiant la circulaire DGS/7C/2004/540 du 16 novembre 2004.
Ce dispositif a pour but l’information à visée préventive immédiate (isoler la personne intoxiquée de la source de CO et prévenir les récidives par la gestion du risque dans l’habitat) et l’information à visée épidémiologique (calculer au niveau local et national l’incidence des intoxications et évaluer la nature des situations d’exposition dans le but de concevoir des mesures collectives de santé publique).
Il consiste à ce que toute personne ayant connaissance d’un cas avéré ou soupçonné d’intoxication oxycarbonée informe la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) ou le Service Communal d’Hygiène et de Santé (SCHS) ou le Centre antipoison (CAP). La DDASS fait ensuite remonter les informations vers l’InVS (Institut de Ville Sanitaire) via un site Internet dédié.

La surveillance du CO dans l’air intérieur est actuellement limitée au milieu du travail. Toutefois, pour les particuliers, il existe des réglementations destinées à les protéger :

  • obligation d’entretien au minimum annuel des appareils à combustion et des conduits de fumée (règlement sanitaire départemental),
  • règles relatives à la conception et à l’installation des appareils à combustion (dispositifs de sécurités…),
  • diagnostics des installations de gaz lors de la vente des logements (à partir de novembre 2007)

Il n’existe pas de valeur limite concernant le CO dans les bâtiments. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé a proposé des valeurs guides à ne pas dépasser :

  • 100 mg/m3 (87 ppm) pendant 15 minutes
  • 60 mg/m3 (52 ppm) pendant 30 minutes
  • 30 mg/m3 (26 ppm) pendant 1heure
  • 10 mg/m3 (9 ppm) pendant 8 heures

Selon le décret n°2002-213 du 15 février 2002* : La valeur limite du CO pour la protection de la santé humaine s’élève à 10 mg/m³ pour le maximum journalier de la moyenne glissante sur 8 heures.

*décret portant transposition des directives 1999/30/CE du Conseil du 22 avril 1999 et 2000/69/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 novembre 2000 et modifiant le décret n°98-360 du 6 mai 1998 relatif à la surveillance de la qualité de l’air et de ses effets sur la santé et sur l’environnement, aux objectifs de qualité de l’air, aux seuils d’alerte et aux valeurs limites

En région :

En 2000, au sein des émissions atmosphériques produites en Poitou-Charentes, il a été émis 109 719 tonnes de monoxyde de carbone. Ces émissions ont pour origine les secteurs suivants :

  • Résidentiel et Tertiaire : 48,90%
  • Transports : 41,26%
  • Industries : 5,50%
  • Agricole : 3,63%
  • Traitement des déchets : 0,69%
  • Distribution de l’énergie : 0,01%
Source : Inventaire spatialisé des émissions de polluants atmosphériques de Poitou-Charentes pour l’année 2000 – Juillet 2004 - ATMO Poitou-Charentes - Cadastre des émissions

En 2005, ATMO Poitou-Charentes a participé au Réseau Santé Environnement Intérieur piloté par l’INERIS et a réitéré ses mesures de qualité de l’air dans le Parking Carnot à Poitiers.
Le monoxyde de carbone est aujourd’hui le seul polluant réglementé en air intérieur pour les parkings et ses concentrations au cours de cette campagne sont restées inférieures à la valeur réglementaire en vigueur dans les parcs de stationnement ; la valeur de 50 mg/m3 sur 30 minutes préconisée pour le CO n’a pas été dépassée du 4/11/2005 au 8/12/2005.
La comparaison des données entre 2005 et 2004 a montré une diminution des valeurs moyennes et de la plupart des valeurs maximales pour le CO. Cette amélioration en 2005 est très probablement liée au bon fonctionnement des installations de ventilation : la plus grande fréquentation du parking en avril 2004 (+ 2000 véhicules par rapport à 2005) est contrebalancée par des conditions météorologiques extérieures plus favorables à une plus grande émission des moteurs thermiques des véhicules.

Source : Rapport d’activité ATMO Poitou-Charentes - année 2005 – Mai 2006 - ATMO Poitou-Charentes
  •  Pour aller plus loin
  • Monoxyde de carbone : Gaz incolore et inodore, peu soluble dans l’eau, très toxique (il bloque le site de l’oxygène dans l’hémoglobine provoquant ainsi l’asphyxie). Il provient de la combustion incomplète des combustibles et carburants. Il constitue un bon indicateur d’exposition à la circulation automobile.
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