L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
Environnement et santé
Dioxines

Contexte d’exposition

Dernière mise à jour : 2009

Après leur formation, les dioxines se retrouvent dans tous les milieux : air, sol, eau.

  • La plupart des dioxines issues de combustions sont dispersées dans l’air, associées aux particules libérées lors de ces combustions.
  • L’utilisation de pesticides et les décharges industrielles contaminées sont responsables d’une part de la contamination des sols. Le dépôt de particules atmosphériques constitue cependant la source de pollution prédominante.
  • La contamination des eaux résulte du dépôt des particules atmosphériques, des rejets industriels, des débordements d’égouts, des pesticides à base de chlorophénol et du lessivage par les précipitations des décharges contaminées. Mais du fait de la très faible solubilité dans l’eau des dioxines, ce sont plus les sédiments que les eaux qui sont contaminés.

Le niveau moyen d’exposition de la population en France est de 1,3 pgTEQ/kg de poids corporel/jour (niveau proche de l’objectif de qualité de 1 pgTEQ/kg de poids corporel/jour recommandé par l’OMS). Source : afssa, 2000.

 Les quantités émises dans l’air sont déterminantes des quantités déposés dans l’eau et le sol.

En France

En 2006, les émissions de dioxines (PCDD-PCDF) représentent 127 g ITEQ (équivalent toxique international). Depuis 1990, ces émissions sont en très forte baisse (-93% soit -1 636 g ITEQ), dans l’ensemble des secteurs, mais en particulier dans celui de l’incinération des ordures ménagères.
Les secteurs prépondérants en termes d’émissions restent la métallurgie des dépôts ferreux (33%), le traitement des déchets (33 %) et le résidentiel (16 %)

Evolution des émissions de PCDD-PCDF par secteur en France métropolitaine

Evolution des émissions de PCDD-PCDF par secteur en France métropolitaine Evolution des émissions de PCDD-PCDF par secteur en France métropolitaine

Source : CITEPA, "Emissions dans l’air en France métropole, Substances relatives à la contamination par les polluants persistants", mise à jour, mai 2008.

Note : La majeure partie des émissions issues de la transformation d’énergie est engendrée par l’incinération des déchets avec récupération d’énergie. L’incinération des déchets sans récupération d’énergie est rattachée à l’industrie manufacturière.

En Poitou-Charentes

L’Ile-de-France est la région qui émet le plus de dioxines. Elle totalise environ 20 % des émissions nationales (102 506 mg équivalent toxique). Le poids de l’Ile-de-France s’explique par la densité de sa population concentrée sur une surface restreinte, et non par sa densité d’émissions par habitant (9,32 µg/hab) qui n’est pas supérieure aux autres régions.

Le Poitou-Charentes totalise un peu plus de 3 % des émissions nationales (17 447 mg équivalent toxique). Sa densité d’émissions par habitant (10,6 µg/hab) est supérieure à celle de l’Ile-de-France.

Emissions de PCDD-PCDF par région
Emissions en mg ITEQ Emissions en µg ITEQ/ha Emissions en µg ITEQ/hab
Ile de France 102 506 Ile de France 85,4 Nord-Pas-de-Calais 13,9
Nord-Pas-de-Calais 55 926 Nord-Pas-de-Calais 45,1 Centre 12,4
Rhône-Alpes 48 647 Alsace 24,8 Lorraine 12,2
Provence-Alpes-Côte d’Azur 48 482 Provence-Alpes-Côte d’Azur 14,9 Alsace 11,7
Centre 30 293 Haute-Normandie 13,9 Poitou-Charentes 10,6
Lorraine 28 209 Lorraine 12 Provence-Alpes-Côte d’Azur 10,3
Bretagne 24246 Rhône-Alpes 11,2 Haute-Normandie 9,59
Pays de la Loire 21 883 Bretagne 8,93 Ile de France 9,32
Alsace 20 560 Centre 7,77 Bourgogne 8,77
Aquitaine 20 023 Pays de la Loire 6,83 Rhône-Alpes 8,63
Poitou-Charentes 17 447 Poitou-Charentes 6,81 Bretagne 8,30
Haute-Normandie 16 979 Languedoc-Roussillon 5,98 Limousin 8,17
Midi-Pyrénées 16 203 Franche-Comté 4,90 Franche-Comté 7,07
Languedoc-Roussillon 16 155 Aquitaine 4,86 Languedoc-Roussillon 7,04
Bourgogne 14 004 Picardie 4,51 Aquitaine 6,86
Picardie 8 754 Bourgogne 4,49 Pays de la Loire 6,74
Franche-Comté 7 905 Midi-Pyrénées 3,60 Midi-Pyrénées 6,34
Champagne-Ardenne 7 027 Limousin 3,44 Champagne-Ardenne 5,22
Auvergne 6 160 Basse-Normandie 3,11 Auvergne 4,69
Limousin 5 821 Champagne-Ardenne 2,74 Picardie 4,69
Basse-Normandie 5 463 Auvergne 2,37 Basse-Normandie 3,82
Corse 913 Corse 1,08 Corse 3,60
Source : d’après CITEPA, « Inventaires départementalisé des émissions de polluants atmosphériques en France en 2000 », mise à jour de février 2005.

Pour plus de détails, ATMO Poitou-Charentes a réalisé plusieurs études d’impact environnemental sur des sources en région. Atmo Poitou-Charentes

Emissions de PCDD-PCDF par département

Emissions de PCDD-PCDF par département

Source : d’après CITEPA, « Inventaires départementalisé des émissions de polluants atmosphériques en France en 2000 », mise à jour de février 2005.
Emissions de PCDD-PCDF par secteur en région

Emissions de PCDD-PCDF par secteur en région

Source : d’après CITEPA, « Inventaires départementalisé des émissions de polluants atmosphériques en France en 2000 », mise à jour de février 2005
Principales Règlementations
  • L’arrêté du 25 janvier 1991 fixe des conditions de moyens pour limiter les émissions de dioxines (conditions de combustion, de traitement des gaz…) des usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) mais ne fixe pas de valeur limite pour les émissions.
    Site de l’INERIS
  • La circulaire du 24 février 1997 fixe une valeur limite de 0,1 ng TEQ/m3 (1ng/m3 = 1 nanogramme par mètre cube = 1 milliardième de gramme) pour les nouvelles usines d’incinération pour anticiper un changement probable de la réglementation communautaire.
    Circulaire du 24 février 1997
    Cette valeur s’appliquait déjà aux usines d’incinération de déchets dangereux (directive 94/67/CE du Conseil, du 16 décembre 1994) : Directive 94/67/CE
  • La directive européenne 2000/76/CE du 4 décembre 2000 relative à l’incinération des déchets fixe une valeur limite à l’émission de dioxines de 0,1 ng TEQ/m3 (1ng/m3 = 1 nanogramme par mètre cube = 1 milliardième de gramme) pour toutes les usines d’incinération.
    Directive européenne 2000/76/CE
    Au 28 décembre 2005, l’ensemble des usines d’incinération doit respecter cette valeur limite.
  • La circulaire du 9 octobre 2002 demande de réaliser une fois par an une mesure des dioxines à l’émission de chaque four d’incinération, indépendamment de sa capacité, ainsi que des mesures dans l’environnement dès lors que le flux total annuel de dioxines émis dépasse 0,5 g. Circulaire du 9 octobre 2002

 Deux voies de contaminations sont identifiées.

  • La voie respiratoire : les dioxines peuvent être absorbées sur des particules inhalées. Mais il semble que cette voie d’exposition soit mineure.

Par contre, la contamination des aliments par le dépôt de ces dioxines et leur entrée dans la chaîne alimentaire est plus dangereuse.

  • La voie digestive : l’exposition peut se faire par ingestion directe de poussières inhalées mais elle se fait surtout par ingestion indirecte par le transfert des contaminants au travers la chaîne alimentaire (l’absorption directe par l’homme de végétaux contaminés est limitée).

Leur forte affinité pour les graisses explique leur concentration dans la chaîne alimentaire de l’homme. On les retrouve donc dans les aliments riches en graisses (poissons, crustacés, lait, oeufs, abats). En raison d’une faible capacité de transfert des dioxines vers les tissus végétaux, les graisses végétales sont moins contaminées.

Le mode principal d’exposition chez l’homme, pour la population générale, est donc la voie alimentaire qui participe pour 90 % à 95 % à l’exposition globale.

Importance relative des différentes catégories d’aliments dans l’exposition par voie alimentaire
Importance relative des différentes catégories d'aliments dans l'exposition par voie alimentaire

Source : afssa, « Dioxines : données de contamination et d’exposition de la population française », juin 2000.

 Les capacités d’élimination sont ensuite particulièrement faibles chez l’homme, pour qui l’on estime le temps de demi-vie* des dioxines dans l’organisme humain à environ 7 ans.
(*temps de demi-vie = temps nécessaire pour que la concentration initiale d’un composé ait diminué de moitié).

Règlementation
  • Les teneurs maximales en dioxines dans les denrées alimentaires (viandes, poissons, lait et produits laitiers, oeufs, huiles et graisses) sont fixées par le règlement n° 2375/2001/CE modifiant le règlement n° 466/2001/CE. Règlement n° 2375/2001/CE
  • Ces teneurs maximales ont été une nouvelle fois adaptées (Règlement (CE) No 1881/2006 du 19 décembre 2006) afin de tenir compte d’informations nouvelles et des évolutions du Codex alimentarius. Règlement (CE) No 1881/2006

La Commission du Codex Alimentarius a été créée en 1963 par la FAO et l’OMS afin d’élaborer des normes alimentaires : Commission du Codex Alimentarius

Tableau récapitulatif des concentrations habituelles en France et des valeurs réglementaires dans les divers aliments en France
ALIMENTS CONCENTRATIONS HABITUELLES VALEURS REGLEMENTAIRES
Eau Inf. à 1 pg/l
sauf OCDD (1-100 pg/l)
Viande bovine et ovine Inf. à 1 pg/g MG
(0,2 à 0,6 pg/g MG)
3 pg TEQOMS /g de graisses
Volailles et gibier d’élevage 0,6 pg/g MG 2 pg TEQOMS /g de graisses
Porc 0,19 pg/g MG 1 pg TEQOMS /g de graisses
Lait 0,65 pg TEQ/g MG 3 pg TEQOMS /g de graisses
OEufs de poules et ovoproduits
- poules au sol
- poules en bâtiments
1,5 à 5,5 pg/g MG
0,3 à 1 pg/g MG
3 pg TEQOMS /g de graisses (excepté les oeufs de poules en libre parcours ou d’élevage semi-intensif jusqu’au 1er janvier 2004)
Poissons*

- truites de pisciculture

- poissons de mer

- saumons et poissons marins d’élevage

- moules et coquillages

- crustacés

0,02 à 0,5 pg/g p.f. (moy. 0,2 pg/g p.f.)

0,01 à 5,9 pg/g p.f. (moy. 0,3 pg/g p.f.)

0,05 à 1,4 pg/g p.f. (moy. 0,6 pg/g p.f.)

0,01 à 52 pg /g p.f. (moy. 1,34 pg/g p.f.)

0,1 à 3,2 pg/ g p.f. (moy. 0,8 pg/g p.f.)

4 pg TEQOMS /g de poids frais
Foie et produits dérivés 0,97 à 10,36 pg/g MG 6 pg TEQOMS /g de graisses
Huiles et graisses
Graisses animales :
- de ruminants

- de volailles et gibier d’élevage

- de porcs
- graisses d’animaux mixtes

Huile végétale

Huile de poisson destinée à l’alimentation humaine

Moy. 0,04 pg/g MG

3 pg TEQOMS /g de graisses

2 pg TEQOMS /g de graisses

1 pg TEQOMS /g de graisses

2 pg TEQOMS /g de graisses

0,75 pg TEQOMS /g de graisses

2 pg TEQOMS /g de graisses

* taux croissant avec l’âge des poissons. Les valeurs de dioxines sont exprimées par rapport au poids frais ; la norme s’applique au poids frais et pas à la matière grasse. La norme du règlement européen pour la "chair musculaire de poisson et produits de la pêche et produits dérivés" est de 4 pg TEQOMS/g de poids frais. A l’époque du premier plan de surveillance "panier de la ménagère", cette norme n’existait pas et le laboratoire exprimait les résultats par rapport à la matière grasse pour toutes les matrices.

Source : Institut de Veille Sanitaire, « 65 questions-réponses sur les incinérateurs et les dioxines », mars 2005.

Il n’existe aucune valeur de référence de l’OMS pour les dioxines dans l’air ambiant dans la mesure où la contamination directe par inhalation est jugée faible.

Certaines personnes peuvent être considérées plus à risque car elles sont exposées à de plus fortes doses de dioxines en raison de leur alimentation, de leur secteur d’activité ou de leur lieu d’habitation.

  •  Pour aller plus loin
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