L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
Accueil du siteLa situationEauLa place du citoyen dans la gestion de l’eauLes questions en débat et les grands enjeux à venir
La situation
Eau
La place du citoyen dans la gestion de l’eau
> Les questions en débat et les grands enjeux à venir

Ce qui fait débat

Thème Eau - Edition 2015
Nouveau !
Dernière mise à jour : 2015

1.1. Les impacts du changement climatique sur la ressource en eau

1.2 Les retenues de substitution

1.3. La gouvernance de l’eau

1.4. Les conflits d’usage


1.1. Les impacts du changement climatique sur la ressource en eau

Les changements climatiques désignent une variation statistiquement significative de l’état moyen du climat ou de sa variabilité, persistant pendant de longues périodes. Les changements climatiques peuvent être attribués aux activités humaines altérant la composition de l’atmosphère, et à des causes naturelles.

L’effet de serre est un phénomène naturel important pour la survie de la planète. Il permet d’avoir une température moyenne sur Terre de 15° C contre -18°C si cet effet n’existait pas. Les gaz à effet de serre sont naturellement peu abondants dans l’atmosphère mais du fait de l’activité humaine, la concentration de ces gaz s’est sensiblement modifiée (la concentration de CO2 a augmenté de 30% depuis une centaine d’années). (Ministère de l’Écologie, 2012)

Cette augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère n’est pas sans conséquence puisqu’elle contribue au réchauffement de la planète. Cette tendance a été constatée par le Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) en 2007.

Il a également indiqué que l’augmentation de la température moyenne de la planète et du niveau moyen des mers ainsi que d’autres changements globaux (augmentation de l’acidité des océans, diminution de la couverture neigeuse de la banquise, fortes précipitations et vagues de sécheresse plus fréquentes, multiplication de certains événements météorologiques extrêmes, cyclones tropicaux plus intenses, ralentissement des courants océaniques …) touchent et toucheront de nombreux systèmes naturels parmi lesquels la ressource en eau.

Les impacts envisageables pour la région Poitou-Charentes sont :

  • un déficit chronique des pluies en été, mais il faut être prudent car moins de jours de pluie ne signifie pas obligatoirement moins de quantité tombée. Cependant au final un déficit de la ressource en eau dans les sols pourra être observé, entraînant un déficit d’eau dans les plantes, au niveau des cours d’eau et donc un déficit hydrique généralisé.
    En hiver, une augmentation des évènements pluvieux intenses est envisageable, mais la tendance globale est cependant à la diminution des jours de pluie et des jours de gel. Cela rendra plus sensible les sols à l’érosion, risque de dégrader la qualité des eaux suite aux nombreuses inondations liées aux variations de débits des cours d’eau et engendrera des problèmes de développement de parasites (diminution de leur mortalité à cause de la hausse de température).
  • en l’absence de politique climatique, les modèles du GIEC projettent un réchauffement compris entre environ 1.5°C et 8°C sur la France. Cette hausse des températures augmentera les risques d’invasion d’espèces allochtones. Associés au changement du régime hydrique, les effets observables seront une modification importante de la répartition géographique des communautés de plantes, d’animaux aquatiques et le développement d’espèces invasives qui pallient au bon état des écosystèmes.
  • l’élévation du niveau de la mer et les phénomènes de submersion, ainsi que la modification des vents d’Ouest risquent de dégrader les habitats littoraux (risque de pertes arrière dunaires avec le recul des plages) et d’accélérer l’érosion des côtes.

La biodiversité littorale subira aussi les effets de la réduction des zones d’interface terre/mer. Un autre problème lié à ce phénomène est la salinisation des aquifères côtiers, augmentant les problèmes de disponibilité des ressources d’eau face à des demandes croissantes.

Ces modifications climatiques auront de nombreux impacts socio-économiques.

Actuellement des études sont menées par le CNRS Paris Jussieu pour appréhender les conséquences environnementales du fonctionnement des hydrosystèmes (surfaces continentales et compartiments souterrains), qu’il s’agisse d’interactions avec d’autres processus (physiques comme la température de l’eau ou le climat écologiques comme la dénitrification dans les zones humides), ou des impacts des changements globaux (changement climatique, occupation des terres), en bénéficiant des modèles et connaissances acquis par la compréhension et la modélisation du fonctionnement de ces hydrosystèmes. Ces travaux sont notamment menés sur le bassin de la Loire. Consultez les travaux menés par le CNRS sur le site : www.insu.cnrs.fr.

Le changement climatique suscite de nombreux débats notamment autour des conséquences du réchauffement de la planète qui restent fonction de l’ampleur du réchauffement.

Les actions à mener et à mettre en place pour limiter le réchauffement sont également très débattues car elles sont fortement liées aux choix politiques et de société, et concernent plusieurs domaines (social, économique, technologique, environnemental, et sanitaire …).

D’autre part, le niveau de connaissances actuel sur ces différentes questions reste faible et relativement récent.

> Haut de page

1.2 Les retenues de substitution

Comme le soulignent les SDAGE, la maîtrise des prélèvements d’eau est un élément essentiel afin de maintenir ou rétablir l’équilibre entre ressources et besoins.

Afin d’atteindre l’équilibre entre prélèvements et disponibilité de la ressource, divers outils de gestion quantitative existent. Au sens large, on retrouve notamment des instruments règlementaires (arrêtés préfectoraux, quotas, etc.), des instruments économiques (redevances) et des instruments de gestion participatifs locaux (SAGE, contrats de rivière ou de nappes).

Certains moyens complémentaires comme les économies d’eau, la gestion volumétrique, la définition des volumes prélevables, la diminution des prélèvements estivaux et le stockage de l’eau sont préconisés.

Le stockage de l’eau implique la création de retenue(s) (ou l’utilisation d’un plan d’eau naturel) mobilisant la ressource pour de nombreux usagers (soutien d’étiage, tourisme, agriculture, eau potable, etc.).

Une retenue est définie comme un plan d’eau artificiel à vocation spécifique : hydroélectricité, soutien des étiages, irrigation, alimentation en eau potable. Généralement ces plans d’eau sont caractérisés par une profondeur irrégulière, un niveau variable (marnage) et une masse d’eau homogène.

On distingue ainsi différents types de retenues selon le mode, la source et la période d’alimentation :

Les différents types de retenues
Type de retenue Source d’alimentation Période d’alimentation
Retenue de substitution* Cours d’eau ou nappe alluviale Hors période d’étiage
Pompage dans une nappe
Retenue collinaire** Eaux de ruissellement uniquement Toute l’année

* Retenue (ou réserve) de substitution : réserve semi enterrée, bâchée et alimentée artificiellement par pompage dans le milieu naturel, cours d’eau ou nappe (alluviale, profonde…). L’objectif est de substituer un volume hivernal à un volume prélevé en période d’étiage. (Agence de l’eau Loire-Bretagne, 2009)

** Retenue collinaire : retenue artificielle d’eau, en fond de terrains vallonnés, alimentée naturellement en période de pluies par ruissellement des eaux. (Agence de l’eau Adour-Garonne, 2009)

Retenue de substitution
Retenue de substitution

Un certain nombre de retenues est actuellement en fonctionnement dans la région Poitou-Charentes.

Face aux problèmes quantitatifs récurrents liés aux différents usages de l’eau, de nombreux projets de création de réserve de substitution ont été déposés par les irrigants.

Les Directions Départementales des Territoires (DDT) travaillent actuellement sur un état des lieux recensant les différentes réserves pour chaque département de la région.

La Coopérative agricole de Poitou-Charentes dénombre en 2012, 21 bassins hydrologiques concernés par 200 projets de réserve, soit 42,7 millions de m3 répartis par département de la manière suivante (Irrigo Coop, 2013) :

  • Charente : 20 réserves pour 2,9 millions de m3
  • Charente-Maritime : 65 réserves pour 19,4 millions de m3
  • Deux-Sèvres : 33 réserves pour 11,9 millions de m3 dont 27 projets dans le bassin Sèvre Niortaise Marais Poitevin (8,94 millions de m3)
  • Vienne : 82 réserves pour 13 millions de m3

De nombreux projets en cours n’ont pas entamé les études. Le volume final pourrait être inférieur à ces 47 Mm3 si les études font apparaître des projets non viables pour des raisons économiques et/ou techniques.

L’utilisation et la création des réserves de substitution soulèvent de vives réactions. Certains considèrent que ce dispositif constitue la solution la plus adaptée car il permet de garantir un volume disponible pour l’irrigation en effectuant les prélèvements dans le milieu à une période où la ressource est abondante. D’autres estiment que nous ne disposons pas d’assez de recul pour évaluer l’impact environnemental, et que ce dispositif ne résoudra pas les problèmes de gestion quantitative car il reste ancré dans un système d’agriculture intensive où le type de culture est inadapté aux conditions climatiques de la région.

Enfin, le financement en grande partie par des fonds public des réserves de substitution, qui sont destinées à des activités économiques privées, peut également faire débat.

> Haut de page

1.3. La gouvernance de l’eau

La gouvernance peut être définie comme un processus de coordination d’acteurs, de groupes sociaux, d’institutions pour réaliser des buts débattus et définis collectivement.

Dans le cas de la thématique de l’eau et de la gestion de la ressource, la gouvernance est également associée à celle du développement durable partant du constat que pour atteindre ce développement, il faut s’assurer une gouvernance efficace.

Une gouvernance appropriée favorise la répartition équitable de l’eau entre les usagers tout en assurant la protection du « patrimoine commun de la nation » (loi sur l’eau de 1992). Elle doit permettre à toutes les parties d’exprimer leurs points de vue et d’être entendue et dans le même temps d’être un cadre favorable à la protection de l’environnement. Pour ce faire, les instances en charge de la gestion de l’eau ont des missions encadrées par la législation. (Lanfranchi G., 2008)

La gestion de l’eau est une problématique complexe impliquant des parties prenantes à tous les niveaux de gouvernement et dont les opinions et objectifs diffèrent. L’absence de gestion efficace des interdépendances parmi ces parties prenantes peut freiner l’élaboration et la mise en oeuvre de réforme dans le secteur de l’eau. (Organisation de Coopération et de Développement Economiques, 2013)

Dans le cadre de son programme de travail sur l’eau, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) réalise un travail approfondi visant à aider les décideurs à faire face aux principaux défis de gouvernance, conduire des réformes de l’eau, et améliorer les résultats de l’élaboration et de la mise en oeuvre des politiques de l’eau.

Pour certains, la gestion de l’eau en France s’appuie sur un enchevêtrement des niveaux de responsabilités et un manque de transparence. Cependant, à l’étranger, certains pays sollicitent la France pour les aider à mettre en place ce type de gouvernance sur leurs territoires.

En effet, le modèle de gestion de l’eau français est perfectible mais s’appuie sur une gestion par bassin versant qui a fait ses preuves en oeuvrant au plus près des réalités locales.

Dans le cadre du 10ième programme des Agences de l’Eau (2013-2018), le rôle des commissions géographiques sera accentué et la gouvernance renforcée pour atteindre les objectifs fixés par la directive cadre sur l’eau. Créer les conditions favorables à une bonne gouvernance est en effet un axe des orientations majeures du SDAGE.

Des débats autour de la gouvernance de l’eau subsistent notamment en ce qui concerne la participation des agriculteurs et du public, la prise en compte de toutes les parties prenantes et la mise en place d’actions pour préserver la ressource et respecter les exigences réglementaires.

> Haut de page

1.4. Les conflits d’usage

La ressource eau, utilisée pour de nombreux usages, assure des fonctions différentes sur un même territoire :

  • une fonction économique ou de production (irrigation pour les agriculteurs, nutritionnelle pour les conchyliculteurs, soignante pour les établissements thermaux ou de thalassothérapie, génératrice d’électricité pour EDF…),
  • une fonction résidentielle ou récréative (desserte en eau potable dans les villes, baignade pour les touristes…),
  • une fonction de conservation (maintien de la biodiversité des cours d’eau ou de la mer…), assurée par les associations de protection de la nature ou les institutions.

Plus s’intensifie l’usage de la ressource, plus se développent des interdépendances entre ces fonctions (ou au sein d’une même fonction). En effet, les forts prélèvements en eau de certaines activités, de même que les pollutions, ne permettent plus de satisfaire tous les usages dans de bonnes conditions d’où la multiplication de tensions et/ou de conflits d’usage portant aussi bien sur la quantité d’eau disponible pour chacun, que sur la qualité.

Pour rappel, un conflit d’usage est une situation d’opposition déclarée entre deux catégories d’agents (individus ou groupes d’individus) dont les intérêts divergent à un moment précis, lors de l’usage de biens localisés à dimension environnementale et territoriale (sols, espaces naturels, ressources naturelles...). Cette opposition concerne les usagers de la ressource mais aussi la puissance publique locale, souvent contestée pour son action de règlementation d’usage. (P. Jeanneaux, 2006)

L’eau, des fonctions diverses, un « réseau d’acteurs potentiellement en conflit »
Fonction Ressources Acteurs du territoire Utilisation de la ressource Impacts éventuels sur la ressource Impacts sur les usagers (en plus de l’écosystème eau)
Fonction économique ou de production Eaux continentales /Eaux marines Agriculteurs Prélèvements (irrigation)Participation aux assecs ou aux absences d’écoulements en période d’étiage
Pollution (nitrates, pesticides)
Ostréiculteurs
Touristes
Loisirs aquatiques
Usagers domestiques
Associations de protection (conflit)
Producteurs d’électricitéPrélèvements (refroidissement des circuits) Élévation de la température de l’eau lors de son retour vers le milieu naturelAssociations de protection (conflit)
Centres de thalassothérapiePrélèvements (soins) - -
Ostréiculteurs et Pêcheurs Utilisation de l’espace maritime et de la ressource (élevage)Fonction résidentielle ou récréativeEaux continentales /Eaux marines
Pratiquants d’activités de loisirsUtilisation de l’espace (pêche, canoë-kayak...)Pollution (déchets), perturbation de la faune/flore, dégradation habitats (pêche à pied) Associations de protection (conflit)
PlaisanciersUtilisation de l’espace maritime (navigation et mouillage)Pollution (déversements d’eaux contaminées provenant des aires de carénage et des sanitaires des bateaux)
Perturbation de la faune et de la flore
Dégradation habitats (mouillage, ancrage)
Ostréiculteurs
Fonction de conservation ou de protectionToutes eauxAssociations de protection de la nature - - -
Institutions - - -

Faculté de Sciences Economiques de Poitiers pour la DRE Poitou-Charentes, 2008

En Poitou-Charentes, un des conflits important et reconnu au sein du territoire est celui entre les activités agricoles et conchylicoles. Poitou-Charentes est une région agricole où le secteur des grandes cultures se démarque (céréales, oléagineux). Or certaines de ces cultures impliquent un fort besoin en eau. L’irrigation est donc souvent importante en période d’étiage, d’autant plus si la pluviométrie de l’année a été déficitaire. C’est l’assurance d’un certain rendement et donc de revenus pour de nombreux agriculteurs.

Dans le même temps, la conchyliculture peut être affectée par de faibles débits d’eau douce parvenant au littoral (prélèvements des agriculteurs pour l’irrigation). Or ces eaux continentales sont essentielles pour le maintien des éléments fertilisants et nutritifs qu’elles véhiculent, et les variations thermiques qu’elles induisent, essentielles pour le déclenchement des pontes d’huîtres.

Le conflit peut également porter sur des questions qualitatives en lien avec les pollutions diffuses engendrées par l’utilisation d’intrants (pesticides notamment). Certains nutriments en provenance de l’élevage, tels l’azote et le phosphore, semblent également favoriser la prolifération de micro-algues toxiques. Une mauvaise qualité des eaux peut alors entraîner la fermeture temporaire de certaines zones de pêche ou leur déclassement avec des répercussions négatives sur le revenu des conchyliculteurs : interdiction de commercialisation des produits ou obligation d’une épuration préalable (séjour de plusieurs semaines des produits conchylicoles dans des bassins d’eau propre). Les coûts supplémentaires qui en résultent sont très importants.

Système d’interdépendances des activités littorales
Système d’interdépendances des activités littorales

Plus récemment, de nouvelles tensions apparaissent entre ostréiculteurs et plaisanciers, qui pourraient se transformer en conflits en raison de la concurrence liée à l’espace maritime.

L’activité de plaisance maritime s’est considérablement développée tandis que les plaisanciers sont en manque chronique de place dans les ports qu’il faut régulièrement agrandir. Les plaisanciers souhaiteraient que les ostréiculteurs puissent s’éloigner et produire plus au large mais ses derniers y sont opposés.

Les conflits entre agriculteurs et associations de protection de la nature sont également nombreux. La pression de prélèvement printanière et estivale est l’une des sources d’assecs (rivières qui se retrouvent sans eau) ou d’absences d’écoulement (fragmentation du milieu). Or, ces situations tendent à fragiliser les écosystèmes aquatiques et la vie piscicole. Une gestion équilibrée de la ressource en eau est donc recherchée par les associations de défense de l’environnement. Mais les modes de régulation eux-mêmes font l’objet de controverses. C’est le cas notamment des projets de construction de réserves de substitution (cf. 1.2. Les retenues de substitution). Elles sont présentées comme la solution contre les prélèvements directs dans la ressource des irrigants en période estivale (la diminution des prélèvements en rivière limiterait la baisse des débits d’étiage et contribuerait à l’équilibre du milieu). Les défenseurs de l’environnement estiment cependant que ces « prélèvements » hivernaux confisquent aux nappes et aux rivières une partie des apports indispensables à leur recharge, et que le risque de prélèvements illégaux dans les nappes durant les périodes interdites peut être grand.

Les conflits d’usage ne sont pas toujours aussi connus et médiatisés, mais ils n’en sont pas moins réels. Les concurrences entre l’irrigation et l’alimentation en eau potable constituent également des sources de tension comme le sont les rejets d’eau utilisée à des fins énergétiques dans le milieu (leur température est supérieure à la température initiale lors du prélèvement), et qui ont de réelles conséquences sur les écosystèmes, défendus par les associations.

Les conflits d’usage de l’eau donnent lieu également à des contestations de la gestion quantitative de l’eau mise en oeuvre par l’État avec notamment des désaccords sur les mesures de gestion de crise lui permettant de limiter ou suspendre provisoirement les usages de l’eau en cas de risque de pénurie, des désaccords sur l’attribution des volumes ainsi que des désaccords sur le choix des indicateurs, des seuils de mesure, des cultures dérogatoires …

Analyse des conflits d’usage en Poitou-Charentes

Une étude du laboratoire CRIEF de la faculté de Sciences Economiques de Poitiers a permis de repérer et d’analyser les différentes formes de conflits présentes sur le territoire Picto-Charentais. Dans le cadre de cette étude, une analyse de la Presse Quotidienne Régionale en 2005 avait permis de mettre en évidence les conflits les plus médiatisés et de repérer le poids relatifs des conflits d’acteurs. 119 des 301 articles portent sur l’eau et sur ces 119, 88 concernent l’irrigation (il est rappelé que l’année 2005 a été marquée par un déficit pluviométrique important qui a donc exacerbé les conflits autour de la ressource en eau). Les conflits sur le thème du patrimoine naturel concernent en partie l’eau puisqu’il s’agit de conflits autour de la pêche (en rivière et à pied).

Une enquête à dire d’experts sur les années 2007 et 2008 a, de plus, été réalisée auprès de 16 acteurs locaux concernés par les conflits d’usage. Ces entretiens ont permis de mettre en évidence le point de vue et le ressenti des acteurs vis à vis de cette problématique, ainsi que les éventuelles divergences d’opinions en fonction des appartenances institutionnelles de chacun. Il en est notamment ressorti que le type de zone le plus conflictuel sur le territoire est le littoral (11 réponses sur 16) et que les types de conflits les plus cités sont les conflits sur l’eau (8 réponses sur 15). Viennent ensuite le foncier et le patrimoine naturel. Les collectifs d’acteurs les plus impliqués dans le conflit « eau » sont les agriculteurs, les conchyliculteurs et les services de l’État.

Enfin, une analyse du contentieux en 2006 à partir de requêtes portées devant le tribunal administratif de Poitiers a été réalisée. 70 affaires ont été recensées (il s’agit d’affaires jugées et non pas de décisions prises par un juge unique (ordonnances) qui correspondent généralement à des procédures simplifiées). 63 requêtes portaient sur la thématique eau, majoritairement des requêtes à l’encontre d’arrêtés préfectoraux (en particulier dans les Deux-Sèvres). Les conflits opposaient agriculteurs (plaignants) au préfet.

> Haut de page

À VOIR SUR LE SITE DE L’EAU EN POITOU-CHARENTES … RPDE, Réseau Partenarial des Données sur l’Eau : www.eau-poitou-charentes.org, rubriques :
connaître l’eau et ses usages en région > Sa quantité > Suivi des écoulements
la gestion de l’eau > Rivières et crues

 Pour aller plus loin
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • étiages, étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Gestion volumétrique : La gestion de l’irrigation se fait par l’attribution d’un volume annuel maximal utilisable par l’agriculteur. Ce volume est défini généralement défini suivant les besoins des plantes, le type de sol. Le contrôle des volumes utilisés est réalisé au moyen de compteur installé sur le matériel de pompage. L’utilisation des volumes peut être soumise à différentes contraintes : état de la ressource avant le début de la campagne d’irrigation, utilisation des volumes suivant un calendrier de répartition, évolution des débits aux niveaux des indicateurs SDAGE (points nodaux par exemple)…
  • Grandes cultures : Elles regroupent les céréales, les oléagineux et les protéagineux (ou COP).
  • Indicateurs : "Paramètre, ou valeur calculée à partir de paramètres", qui décrit ou donne des indications sur "l’état d’un phénomène, de l’environnement ou d’une zone géographique, d’une portée supérieure aux informations directement liées à la valeur d’un paramètre."
  • Phosphore : Numéro atomique 15. Le phosphore est présent dans les milieux aquatiques sous des formes phosphatées ((PO4)3-) combinées (orthophosphates, polyphosphates) ou liées à d’autres molécules organiques. Les phosphates sont des nutriments pour les végétaux.
  • Risques, Risque : Exposition possible d’enjeux à un aléa qui constitue une menace. Les deux principaux critères des risques sont la fréquence et la gravité. Un événement « potentiellement dangereux » -aléa- n’est un risque majeur que s’il s’applique à une zone où des enjeux forts sont en présence, donc si les effets prévisibles mettent en jeu de nombreuses personnes, des biens… Ce risque majeur devient une catastrophe quant l’événement a lieu et qu’il provoque des dommages pour la société, l’environnement ou l’économie : des pertes en vies humaines par exemple, etc.
  • SDAGE : Créé par l’article 3 de la loi sur l’eau de 1992, le SDAGE "fixe pour chaque bassin les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau". Un SDAGE a donc été élaboré (l’échéance de réalisation était prévue par la loi de 1992 au 3 janvier 1997), à l’initiative des préfets de bassin, sur le territoire couvert par chaque Agence de l’Eau. La réalisation des SDAGE a conduit à la constitution de groupes de travail associant les industriels, les agriculteurs, les professionnels du tourisme, les associations de protection de l’environnement, etc. Les comités de bassin ont finalisé le contenu des SDAGE. Un SDAGE est un document d’orientation définissant des objectifs de gestion des milieux aquatiques. Il contient un diagnostic (état des lieux, des usages, impacts des gestions et enjeux), les objectifs à atteindre, et les moyens de mise en œuvre. Pour ce faire des tableaux de bord synthétisant des indicateurs ont été mis en place, les thèmes sont : prévention et gestion des risques, gestion et protection des milieux, gestion qualitative et quantitative de la ressource, alimentation en eau potable et santé publique, organisation de la gestion concertée.
  • Soutien d’étiage : Action d’augmenter le débit d’un cours d’eau en période d’étiage à partir d’un ouvrage hydraulique (barrage réservoir ou transfert par gravité ou par pompage...).
  • Aquifères : Le terme aquifère est utilisé dans deux acceptations : pour décrire les propriétés d’un milieu capable de contenir de l’eau en partie mobilisable. Et ce terme décrit aussi l’ensemble de "roches perméables comportant une zone saturée [...] suffisamment conducteur d’eau souterraine pour permettre l’écoulement significatif d’une nappe [...] et le captage de quantités d’eau appréciables" (castamy et al., 1977)
  • Assecs : Assèchement temporaire d’un cours d’eau ou d’un tronçon de cours d’eau.
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Bon état : Le bon état est l’objectif à atteindre pour l’ensemble des eaux en 2015, conformément à la directive cadre sur l’eau, sauf en cas de report de délai ou de définition d’un objectif moins strict. Le bon état d’une eau de surface est atteint lorsque son état écologique et son état chimique sont au moins "bons". Le bon état d’une eau souterraine est atteint lorsque son état quantitatif et son état chimique sont au moins "bons". (Glossaire EauFrance)
  • Conchylicoles : Relatif à la conchyliculture.
  • Conchyliculture : Élevage traditionnel des coquillages, essentiellement l’huître et la moule.
  • Débits : le débit d’un cours d’eau en un point donné est la quantité d’eau (m3 ou litres) passant en ce point par seconde il s’exprime en m3/s ou en l/s.
  • Déficit Hydrique : Différence cumulée entre l’évapotranspiration potentielle (évaporation du sol et transpiration de la végétation) et les précipitations pendant une période où ces dernières sont inférieures à la première.
  • Eau potable : Eau propore à la consommation, ne devant contenir aucun germe pathogène. L’eau prélevée directement dans le sol ne peut pas toujours être bue telle que. Elle doit être contrôlée et éventuellement purifiée avant d’être distribuée chez l’usager. Ses caractéristiques sont définies par la directive européenne de 1998, reprise en droit français. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Marais : Milieu humide de type intermédiaire, à la fois aquatique (de faible profondeur) et terrestre et caractérisé par des inondations saisonnières. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Nappes : Volume d’eau souterraine.
  • Nappe alluviale : Volume d’eau souterraine contenu dans les terrains alluviaux (terrains composés de sédiments transportés puis déposés par des cours d’eau, tels que les sables, graviers, cailloux et de l’argile en proportion variable), en général libre et souvent en relation avec un cours d’eau. (Agence de l’Eau Adour Garonne)
  • Nitrates : Ils jouent un rôle important comme engrais, car ils constituent le principal aliment azoté des plantes, dont ils favorisent la croissance. Toutes les eaux naturelles contiennent normalement des nitrates à des doses variant selon les saisons (de l’ordre de quelques milligrammes par litre). • Niveau piézométrique : Il s’agit d’une mesure ponctuelle du niveau atteint par l’eau dans le sol à l’aplomb d’un point précis.
Publications | Plan du site | Mentions légales | Cadenas fermé