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7 - Les Forêts

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
  • disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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Les forêts de Poitou-Charentes
Les forêts de Poitou-Charentes
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(Cocher : Occupation du sol > Forêts et milieux semi-naturels)

Une forêt, encore appelée massif forestier, est une surface boisée, plus ou moins dense. Elle peut être constituée d’une ou de plusieurs essences d’arbres.
Les forêts comptent au nombre des écosystèmes les plus évolués et les plus complexes. Présentes sur 10 % de la surface terrestre, elles produisent environ 45 % de la biomasse totale.

Même s’ils n’en sont pas les seuls constituants, les arbres prédominent en forêt, au point de modifier les conditions écologiques régnant au sol. En peuplements naturels, ou en forêts gérées avec le souci de l’environnement, la végétation se répartit en divers niveaux appelés « strates ». Ainsi, on parle de strate muscinale (mousses, champignons, lichens), puis herbacée (fougères et plantes), puis arbustive (arbrisseaux et arbustes) et enfin arborescente (arbres), sans oublier l’existence d’une strate souterraine où se développe la pédofaune et où s’effectue une partie importante de la nutrition des arbres.

La forêt : écosystème fragile avec de nombreux rôles

> Rôles physique et climatique :

La forêt :
> piège et stocke le dioxyde de carbone en réalisant la photosynthèse,
> contrôle l’érosion : les racines des arbres retiennent les sols et réduisent le ruissellement des eaux de pluie,
>intercepte et redistribue les précipitations.

> Rôle écologique :

L’organisation de la végétation en strates favorise l’abondance des niches écologiques disponibles pour de nombreuses espèces. L’ existence de milieux naturels associés à la forêt assure également la maintenance d’une mosaïque de biotopes variés. Les landes (humides ou sèches), les mares et autres zones humides, les pelouses sèches, les talus et lisières sont autant de milieux de vie précieux.

La forêt est un réservoir de biodiversité qui abrite de nombreuses espèces végétales : des mousses, des lichens, des plantes et des espèces animales tels que des oiseaux, des invertébrés, des mammifères, des reptiles. Elle est donc une formidable source de diversité biologique. Malgré toutes les espèces sauvages que l’on peut y rencontrer, il faut garder à l’esprit que les forêts sont le plus souvent cultivées et entretenues par l’Homme (sylviculture). Cependant, produire économiquement, du bois de qualité, peut être compatible avec le respect de l’écosystème forêt dans sa globalité.

CRPF, Centre Régional de la Propriété Forestière - Milieux naturels

> Rôle économique :

La forêt produit :
> des ressources alimentaires comme des fruits, des baies, du miel, du pollen, de la sève, la grande faune,
> des matériaux pour la construction de maisons, de bateaux et de meubles,
> du bois énergie (bois de chauffage, plaquettes,...)
> du bois matière première : pâte à papier, fibres pour panneaux de particules,...

La forêt française (taillis, futaie) couvre environ 16,1 millions d’hectares, soit 29,4 % du territoire (Inventaire Forestier National, 2011) ce qui fait de la France l’une des plus grandes étendues forestières d’Europe.

Futaie régulière
Futaie régulière

Poitou–Charentes est une petite région forestière au niveau national : le taux de boisement est de 14,7 %, ce qui représente environ 380.000 ha de forêts :
> dont 9 % sont domaniales et comprennent les 18 grands massifs régionaux (Moulière, Chizé, La Braconne, La Coubre, etc.)
> et dont 91 % sont privées et extrêmement morcelées (plus de 230 000 propriétaires pour 350 000 ha).

Le tableau ci-dessous présente les principaux massifs domaniaux par département.

Principaux massifs domaniaux par département
Vienne Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres
Moulière Braconne Oléron Aulnay
Saint Sauvant La Mothe Clédou Chizé
Mareuil Bois Blanc La Coubre l’Hermitain
Chatellerault Secondigny
Vouillé

Source : Alain Persuy (2003)

Avec 90 % de propriétaires qui possèdent moins de 4 ha et une surface moyenne de 1,4 ha par propriétaire, la grande fragmentation de la forêt privée est l’une des principales difficultés pour une bonne gestion régionale.

Comme l’indique le tableau récapitulatif ci-après, la couverture forestière est assez contrastée selon les départements de la région.

Superficie des forêts en Poitou-Charentes (en ha)
Département Année de référence Forêts publiques Forêts privées Superficie totale de la forêt
Charente 1993 6 332 111 356 117 688
Charente-Maritime 1993 10 288 92 707 102 995
Deux-Sèvres 1995 7 742 41 091 48 833
Vienne 1996 7 761 104 962 112 723
Poitou-Charentes 32 123 350 116 382 239

Source : ONF et 3ème Inventaire Forestier National

Dans la région deux grands types de peuplements forestiers sont rencontrés :

Les peuplements réguliers :

> Le taillis simple où les arbres sont issus de rejets de souches. Dans la région, cette formation couvre 110 000 ha.
> Les futaies régulières où les arbres sont majoritairement du même âge et issus de graines ou de plants. Dans la région, cette formation couvre 102 000 ha. On distingue trois types de futaies régulières : feuillues (48 %), résineuses (37 %) et mixtes (15 %).

CRPF : Essences et peuplements
Les futaies régulières dans le domaine forestier privé de Poitou-Charentes
Les futaies régulières dans le domaine forestier privé de Poitou-Charentes
Atlas cartographique : Occupation du sol

Les peuplements irréguliers :

> Les futaies irrégulières où l’amplitude de l’âge des arbres est grande. Dans la région cette formation couvre 7000 ha. Elles sont soit feuillues, résineuses ou mixtes.
> Les mélanges taillis-futaie sont présents sur 147 000 ha dans la région et proviennent, le plus souvent, d’anciens Taillis Sous Futaie (TSF).

Les forêts de Poitou-Charentes sont essentiellement feuillues, avec pour essences dominantes les chênes. Mais en Deux-Sèvres le châtaignier (Castanea sativa) est de grande importance, tandis que dans le Sud Charente et en Charente Maritime le pin maritime (Pinus pinaster) est l’objet d’une sylviculture dynamique. Les peupliers font également l’objet d’une production essentielle dans la région, particulièrement pour la fabrication de contreplaqué.

Ces différents peuplements sont composés d’essences variées :
> Chêne pédonculé
> Chêne sessile
> Chêne pubescent
> Chêne vert
> Chêne tauzin
> Châtaignier
> Hêtre
> Frêne
> Merisier
> Charme
> Robinier
> Autres feuillus (cormier, alisier, érables, etc)
> Peuplier
> Pin maritime
> Pin laricio
> Pin sylvestre
> Douglas
> Autres résineux

Le site du Centre Régional de la Propriété Forestière du Poitou-Charentes propose des fiches descriptives des peuplements et essences en Poitou-Charentes.

CRPF, Centre Régional de la Propriété Forestière - Milieux naturels

Les forêts littorales de La Coubre et des Saumonards sont classées en forêts de protection pour des raisons de fixation des sols (dunes) et d’accueil d’une faune et d’une flore parfois remarquables. Par ailleurs, très fréquentées par le public, elles sont gérées avec des précautions particulières en raison de leur très grande sensibilité environnementale.

Forêt de protection
Forêt de protection

En Poitou-Charentes, 147 espèces végétales forestières, dont 8 orchidées (tel le limodore à feuilles avortées - Limodorum abortivum, espèce inscrite sur la liste rouge nationale), 22 arbustes et 8 arbres, sont considérées comme patrimoniales par les botanistes. Les forêts régionales abritent également une espèce d’arbre protégée à l’échelle nationale : l’alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia).

Proportion des essences des forêts en Poitou-Charentes
Proportion des essences des forêts en Poitou-Charentes

Les forêts et la biodiversité

La fougère aigle (Pteridium aquilinum) est une espèce répandue dans les forêts et sous-bois du Poitou-Charentes. C’est la plus grande fougère française : ses feuilles peuvent mesurer jusqu’à 2 m. La préférence de ces fougères aigles pour les hivers doux et les milieux humides, explique leur répartition dans les forêts du domaine atlantique.

Fougère aigle
Fougère aigle

Sur le plan faunistique, les invertébrés sont les mieux représentés tant par leur biomasse que par le nombre d’espèces (plus de 10 000 espèces forestières d’insectes recensées en région). Au-delà d’être la source principale de nourriture pour la plupart des oiseaux et autres prédateurs, ils participent activement au recyclage de la matière organique et à l’entretien des sols. On rencontrera, entre autres, diverses espèces d’arachnides (araignées et acariens), de vers, de mollusques et d’insectes. Parmi ces derniers, on citera des papillons comme les espèces de sylvains, de bombyx ou encore le fadet des laîches (Coenonympha oedippus), diverses espèces de fourmis, et des espèces déterminantes comme la rosalie des Alpes (Rosalia alpina), le grand capricorne (Cerambyx cerdo) qui occupent de vieux arbres morts ou sénescents.

Le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) est également un coléoptère de nos forêts : c’est le plus grand coléoptère d’Europe, sa taille pouvant dépasser 8 cm de long. Les adultes volent au crépuscule en juin et juillet.

Ses larves se développent dans les parties souterraines des souches de diverses essences.

Larve de Lucane
Larve de Lucane

Les forêts pictocharentaises accueillent aussi de nombreux oiseaux : la sittelle torchepot (Sitta europaea) se loge dans de vieux chênes creux, la chouette effraie (Tito alba) fréquente les lisières, le pic épeiche (Dendrocopos major) et le pic noir (Dryocopus martius) creusent leur nid dans le bois dur et se nourrissent d’insectes xylophages, etc.

Pic noir
Pic noir
Lucane mâle
Lucane mâle

Divers mammifères sont inféodés aux milieux forestiers :
> l’écureuil roux (Sciurus vulgaris),
> la genette (Genetta genetta),

Mulot sylvestre
Mulot sylvestre

> le blaireau (Meles meles),

Blaireau
Blaireau

> le chevreuil (Capreolus capreolus),

Chevreuil brocard
Chevreuil brocard

> le sanglier (Sus scrofa)

Sanglier
Sanglier

> ou encore le cerf élaphe (Cervus elaphus),

Cerf élaphe
Cerf élaphe

> ainsi que certaines espèces de chauves-souris (l’oreillard roux - Plecotus Auritus, la barbastelle - Barbastella barbastellus, ou le murin de Bechstein - Myotis bechsteinii).

Des amphibiens telle la salamandre tachetée (Salamandra salamandra) ou des reptiles telle la vipère aspic (Vipera aspis) occupent également les habitats forestiers.

Salamandre tachetée
Salamandre tachetée
  •  Pour aller plus loin
  • Amphibiens : Classe de vertébrés tétrapodes (quatre pattes) poïkilothermes, à peau nue, généralement ovipares.
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Biomasse : Masse de l’ensemble des organismes vivant dans un système délimité (biotope).
  • Biotopes : espace localisé où l’ensemble des facteurs physiques et chimiques (substrat et climat) de l’environnement reste constants et où se cantonnent une ou plusieurs espèces, ensemble des facteurs physiques et chimiques qui caractérisent un milieu.
  • Diversité biologique : expression de la variété de la vie sur la planète à tous ses niveaux d’organisation. Elle comprend notamment les microorganismes, les espèces sauvages végétales et animales. Ce sont aussi des milieux comme les eaux douces, les eaux marines, les forêts, les tourbières, les prairies, les marais, les dunes,...
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Espèces déterminantes : Sont qualifiées de déterminantes : les espèces en danger, vulnérables, rares ou remarquables répondant aux cotations mises en place par l’IUCN ou extraites des livres rouges publiés nationalement ou régionalement ; les espèces protégées nationalement, régionalement ou faisant l’objet de réglementations européennes ou internationales lorsqu’elles présentent un intérêt patrimonial réel au regard du contexte national ou régional ; les espèces ne bénéficiant pas d’un statut de protection ou n’étant pas inscrites dans des listes rouges, mais se trouvant dans des conditions écologiques ou biogéographiques particulières, en limite d’aire ou dont la population est particulièrement exceptionnelle.
  • Forêt alluviale : écosystème forestier inondé de façon régulière ou exceptionnelle.
  • Forêt privée : Propriété privée et terrain appartenant au domaine privé de l’Etat, à une collectivité publique ou à un propriétaire privé, mais non soumis au régime forestier.
  • Habitats : Entité écologique correspondant au lieu où vit une espèce et à son environnement immédiat.
  • Insectes : Arthropodes dont le corps, en trois parties (tête, thorax, abdomen), porte trois paires de pattes, deux paires d’ailes et une paire d’antennes. Leur respiration est trachéenne (par la trachée) et ils peuvent subir une ou plusieurs mues et/ou métamorphoses.
  • Landes : une lande est une formation arbustive occupant des terres assimilables à des podzols, c’est-à-dire des sols pauvres en nutriments et minéraux, souvent acides et secs, et avec une très forte prépondérance des sables. Ce sont des zones d’inculture.
  • Littorales : Relatif aux rivages marins. La largeur de ce domaine est variable : il englobe l’arrière côte dans la terre ferme (on parle de zone supra littorale, située au-dessus de la mer mais soumise cependant à l’influence marine), le rivage proprement dit et la zone de balancement des marées ou estran (zone médio littorale ou zone littorale s.str.), ainsi que l’avant côte submergée en permanence (zone infra littorale jusqu’à -50 m et zone circa littorale de -50 à -200 m). Chacune des zones présente des associations de faunes et flores caractéristiques.
  • Mammifères : Classe de vertébrés supérieurs homéothermes ("à température constante"), portant des mamelles.
  • Milieux naturels : Un milieu naturel et caractérisé par un ensemble d’éléments qui agissent directement ou indirectement sur tout ou partie des organismes qui l’habitent. Les éléments constituants d’un milieu naturel sont principalement le sol, le relief, le climat et les êtres vivants qui le peuplent. Ainsi, biotopes et biocénoses forment des écosystèmes dont les multiples interactions conditionnent la stabilité ou l’évolution du milieu. Des perturbations naturelles ou anthropiques peuvent rompre cet équilibre et entraîner la régression ou la disparition du milieu.
  • Mollusques : Embranchement d’animaux au corps mou non segmenté souvent pourvu d’une coquille calcaire (interne ou externe).
  • Oiseaux : Classe des vertébrés au corps recouvert de plumes présentant des caractéristiques anatomiques, les ailes, qui leur permettent de voler.
  • Pédofaune : faune du sol.
  • Peuplements : ensemble des individus appartenant à plusieurs espèces qui coexiste dans un même milieu et qui forment des ensembles fonctionnels en interaction les uns avec les autres ; partie d’une biocénose.
  • Photosynthèse : phénomène biochimique au cours duquel les végétaux absorbent le gaz carbonique de l’air et le transforme en glucose, élément nutritif, grâce à l’énergie lumineuse, et à l’eau puisée dans le sol par les racines, tout en rejetant de l’oxygène. Cette énergie lumineuse est captée grâce aux pigments assimilateurs, les chlorophylles, situées dans des organites particuliers des cellules végétales, les chloroplastes.
  • Reptiles : De la classe des vertébrés tétrapodes (quatre pattes), les reptiles ont une peau recouverte d’écailles et ils respirent à l’aide de poumons (contrairement aux poissons qui respirent grâce à des branchies). Ce sont des animaux poïkilothermes et généralement ovipares.
  • Sols : Formation superficielle en place (formation pédologique) résultant de l’altération des roches. On caractérise un sol par ses différents niveaux que l’on nomme horizons, avec de haut en bas tout ou partie des horizons suivants : A (ou éluvial, ou de lessivage), B (ou illuvial, ou d’accumulation, C (correspondant à la roche mère fragmentée et peu transformée, R (roche mère indemne).
  • Sylviculture : Ensemble des techniques permettant la création et l’exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur régénération.
  • Xylophages : se dit d’un être vivant (le plus souvent insecte ou champignon) qui peut s’attaquer au bois et le consommer.
  • Arachnide : Les arachnides sont une classe d’arthropodes chélicérés terrestres, souvent insectivores. C’est le groupe qui comprend, entre autres, les araignées, les scorpions et les acariens. Ils se distinguent au sein de leur embranchement par le fait qu’ils possèdent quatre paires de pattes, qu’ils n’ont ni ailes ni antennes, et que leurs yeux sont simples (ocelles) et non composés. La plupart des arachnides sont ovipares et les sexes sont généralement de morphologies distinctes.
  • Champignons : Champignon est un terme ambigu qui désigne en français divers organismes biologiques sans chlorophylle et sans plastes (donc hétérotrophes), pas ou peu mobiles, constitués de cellules pourvues de noyaux et qui font donc partie des Eucaryotes.
  • Lichens : Les lichens sont des organismes composés résultant d’une symbiose entre un champignon hétérotrophe appelé mycobionte, représentant 90% de l’ensemble, et des cellules microscopiques possédant de la chlorophylle, algue verte ou cyanobactérie autotrophe, nommées « photobiontes ».
  • Domaniales : Voir Forêt Domaniale
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