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5 - Les zones humides et les milieux aquatiques non marins

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
  • disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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Généralités

Les zones humides et les milieux aquatiques non marins sont caractérisés par la présence d’eau douce, saumâtre ou salée. La notion de zone humide a reçu une définition juridique dans la Loi sur l’eau de 1992 (article L211-1) : « on entend par zone humide les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».
L’hydromorphie et la présence d’une végétation typique sont alors considérées comme déterminantes.

La Boivre à Vouneuil-sous-Biard (86)
La Boivre à Vouneuil-sous-Biard (86)

Les critères à retenir pour la définition des zones humides sont relatifs à la morphologie des sols liée à la « présence prolongée d’eau d’origine naturelle et à la présence éventuelle de plantes hygrophiles. En l’absence de végétation hygrophile, la morphologie des sols suffit à définir une zone humide ». (Décret n°2007-135 du 30 janvier 2007) relative à la loi sur le développement des territoires ruraux, du 23 février 2005.

Les zones humides constituent des écotones puisqu’ elles sont l’interface entre le milieu terrestre et le milieu aquatique. Ce sont donc des zones de transition écologique entre deux écosystèmes différents.

Les zones humides sont des espaces pour lesquels l’eau représente l’un des principaux facteurs d’influence des espèces floristiques, des espèces faunistiques, des habitats... Elles présentent donc des sols régulièrement saturés en eau dits hydromorphes induisant certaines conséquences, notamment d’ordre physico-chimique.

Les zones humides ont un statut d’infrastructure naturelle identifiable du fait de leurs fonctions et de leurs valeurs.

Les fonctions écologiques sont de plusieurs ordres :
> hydrologiques : épuratrices (rôle de filtre, physique et biologique) et régulatrices (des régimes hydrologiques) ;
> biologiques : réservoir de biodiversité et production de biomasse (productivité primaire) ;
> climatiques : les zones humides participent à la régulation des microclimats.

Les valeurs des zones humides :
> économique : ressource (eau et biomasse), exploitation touristique, protection des milieux (protection des sols et limitation des inondations) ;
> sociétale : considération par les sociétés d’un patrimoine paysager et culturel, prise en compte d’une fonction récréative.

Les fonctions hydrologiques
Les zones humides participent à la régulation mais aussi à la protection physique du milieu. Elles contrôlent et diminuent l’intensité des crues par le stockage des eaux prévenant ainsi des inondations. Elles jouent un rôle dans le ralentissement du ruissellement. En retenant l’eau, elles permettent aussi son infiltration dans le sol pour alimenter les nappes phréatiques et éviter leur disparition lors de périodes chaudes. Elles peuvent de la même façon, soutenir les débits des rivières en période d’étiage grâce aux grandes quantités d’eau stockées et restituées progressivement.

Les fonctions de régulation biogéochimiques
Véritables éponges, les zones humides participent également au maintien et à l’amélioration de la qualité des rivières et à la protection des ressources d’eau potable. Elles favorisent le dépôt des sédiments, le recyclage et le stockage de matières en suspension, l’épuration des eaux mais surtout la dégradation ou l’absorption par les végétaux de substances nutritives ou toxiques. Enfin, l’écrêtement des crues et la végétation des berges jouent un rôle important pour la protection contre l’érosion.

Elles sont des lieux d’enjeux multiples et jouent un rôle important dans la régulation du régime des eaux ou l’épuration des eaux. Dans les cas extrêmes, les dégradations de zones humides conduisent à des risques d’inondations ou de sécheresses accrus, à une épuration naturelle des eaux réduite, et à une détérioration des milieux naturels.

Les fonctions support de la biodiversité
Les zones humides ont un intérêt patrimonial notamment dû aux nombreuses espèces végétales et animales qui leur sont inféodées. Elles abritent plus de 30 % des plantes remarquables et menacées de France ainsi que 50 % des espèces d’oiseaux.

Utriculaire citrine
Utriculaire citrine

Les zones humides assurent donc des fonctions vitales pour beaucoup d’espèces végétales et animales. Elles font office de corridors écologiques ou de connexions biologiques (zones d’échanges et de passage entre différentes zones géographiques) et participent ainsi à la diversification des paysages et des écosystèmes. Elles offrent des étapes migratoires, zones de stationnement ou dortoirs aux espèces migratrices comme les oiseaux.

L’ expression de ces fonctions est support de nombreuses activités humaines économiques, récréatives. Elles sont à l’origine également d’une importante production biologique (pâturage, fauche, sylviculture, aquaculture, pêche, chasse,...).

Il est estimé qu’en un demi-siècle, les deux tiers des zones humides ont disparu de France (Fédération des Conservatoires d'Espaces Naturels de France, 1998).
Actuellement, les principales zones humides françaises métropolitaines (hors vasières, milieux marins, cours d’eau et grands lacs) représentent entre 1,5 et 1,7 millions d’ha, soit 3 % du territoire métropolitain.

La façade Manche-Atlantique compte 900 000 ha de zones humides littorales dont 110 000 ha en Poitou-Charentes. La région compte également de nombreuses zones humides continentales. 8,1 % de la surface régionale est classée en zones humides et 4 zones humides littorales d’importance européenne sont répertoriées en Poitou-Charentes ().

D’une surface de plus de 100 000 ha, répartis en Vendée, Deux-Sèvres et Charente-Maritime, le marais Poitevin constitue la deuxième plus grande zone humide de France, après la Camargue. En Poitou-Charentes, il couvre environ 30 000 ha.

De nombreuses zones humides remarquables sont observées en Poitou-Charentes. À ce titre on peut par exemple citer le marais du Fiers d’Ars qui est reconnu comme zone humide d’importance internationale (seul site RAMSAR en Poitou-Charentes en 2010) grâce notamment à sa richesse floristique.

La plupart de ces zones remarquables nécessitent des mesures de protection car elle sont soumises à diverses pressions.
D’un point de vue qualitatif, les zones humides subissent de nombreuses dégradations (asséchement par drainage, fractionnement, suppression de corridors, comblement, disparition des habitats, perturbation fonctionnelle,...) du fait de l’intensification de certaines pratiques agricoles, des aménagements liés aux infrastructures routières et à l’urbanisme, du prélèvement d’espèces, des espèces envahissantes.... Ces dégradations sont également liées à l’eutrophisation des milieux (qualité des eaux superficielles), à l’envasement, à la déstructuration du réseau hydrographique...
D’un point de vue quantitatif, de nombreux problèmes sont liés au déficit en eau récurrent observé sur de nombreux bassins versants de la région.

Au niveau national, toutes catégories confondues, les superficies des milieux sont restées stables dans environ 80 % des zones humides sur la période 1990-2000 (). Par contre, certains critères visuels sur le terrain permettent d’estimer l’évolution de l’état de conservation des milieux. Enfrichement d’une prairie humide, comblement d’une dépression arrière-littorale ou boisement d’une annexe alluviale sont les signes d’une dégradation de leur état et d’une perturbation. Les principales causes sont les modifications d’usages ou de fonctionnement (en nombre et en intensité) et notamment la baisse des niveaux d’eau en hiver.

Les zones humides protégées de Poitou-Charentes
Les zones humides protégées de Poitou-Charentes
Atlas Cartographique : Eau

Les cours d’eau

La Sèvre Niortaise à Chauray (79)
La Sèvre Niortaise à Chauray (79)

Par définition, les cours d’eau sont des écosystèmes où l’eau est soumise à un courant. Les facteurs écologiques essentiels y sont la vitesse du courant, la nature du fond, l’éclairement, la température, l’oxygénation et la composition chimique. Ces facteurs varient en fonction de la zone du cours d’eau (source, cours supérieur ou cours inférieur) et influent sur la composition des peuplements animaux et végétaux qui peuvent être très diversifiés.

Site du RPDE - Usages de l’eau

Diverses parties peuvent caractériser un cours d’eau :

> la source qui représente le point d’origine du cours d’eau,
> l’amont (la partie la plus élevée du cours d’eau topographiquement) en opposition à l’aval (la partie la moins élevée),
> le lit mineur c’est-à-dire l’espace qui est occupé de manière permanente ou temporaire par le cours d’eau,
> le lit majeur qui est occupé temporairement en période de crue lors des inondations,
> les berges qui délimitent le lit mineur maintenues par la végétation (les saules, aulnes...).
> l’embouchure ou estuaire qui est le lieu où le cours d’eau (fleuve) termine sa course (généralement dans un océan, dans la mer ou dans un lac). D’autres éléments secondaires permettent de caractériser un cours d’eau comme les méandres par exemple qui sont des boucles formées par le cours d’eau.

En fonction de ces caractéristiques mais également de la longueur, de la localisation géographique ou d’autres paramètres, différents types de cours d’eau peuvent être distingués tels que :
> les ruisseaux : petits cours d’eau de faible largeur et de faible longueur,
> les torrents : cours d’eau situés généralement en montagne ou sur des terrains accidentés, au débit rapide et irrégulier,
> les rivières : cours d’eau moyennement importants dont l’écoulement est continu ou intermittent, elles se jettent dans d’autres rivières ou dans des fleuves,
> les fleuves : cours d’eau parfois importants se jetant dans l’océan ce qui les différencient des rivières. D’ autres types de cours d’eau existent tels que les ruisselets, les cours d’eaux souterrains ou les ravines par exemple.

A l’échelle de la région, la ressource en eau apparaît diversifiée : eaux superficielles continentales, eaux souterraines et eaux littorales peuvent en effet être distinguées.
Les eaux superficielles sont en étroite relation avec l ’ensemble des autres ressources :
> des échanges nappes/rivières sont fréquemment observés. Les eaux souterraines jouent un rôle important dans l’alimentation des rivières et réciproquement les rivières dont les fonds sont parfois poreux réalimentent la nappe notamment dans les systèmes karstiques (roches calcaires dissoutes par l’action de l’eau ) ;
> des échanges d’eaux marines/eaux continentales (les eaux apportées par les rivières rejoignent les eaux du littoral) ;
> des échanges eaux superficiel les /zones humides (les zones humides jouant un rôle d’« éponge » vis-à-vis des eaux superficielles) ;
> recharge des eaux souterraines ...

Le réseau hydrographique de la région Poitou-Charentes apparaît donc dense et très diversifié. En effet, fleuves, rivières et petit chevelu (têtes de bassins et ruisseaux) totalisent une longueur de près de 17 000 km et forment plus de la moitié des zones humides continentales.

Cet important réseau hydrographique peut d’ailleurs être dissocié en 2 bassins principaux comme le montre la carte ci-après :
- la partie Nord de la région, rattachée au bassin de gestion Loire-Bretagne, est dominée par le bassin de la Loire avec les bassins versants suivants : Vienne, Sèvre Nantaise, Thouet, Dive et Sèvre Niortaise, le fleuve côtier traversant le marais Poitevin ;
- la partie Sud Est, quant à elle, est dominée par le bassin de la Charente ; ce fleuve côtier est rattaché au bassin de gestion Adour-Garonne tout comme la Seudre (autre fleuve côtier) et la Dronne (affluent de la Dordogne qui se jette dans l’estuaire de la Gironde).

Il est à noter que de multiples aménagements (dérivations, plans d’eau, bras secondaires...) ont été entrepris sur ces cours d’eau depuis ces dernières années en vue de satisfaire les différents usages. La gestion des débits et des niveaux d’eau au sein de ces aménagements étant ensuite fonction de nombreux ouvrages hydrauliques.

Les différents usages liés à cet important réseau hydrographique sont multiples autant pour la ressource quantitative en eau (usages domestiques et agricoles) que pour la pêche ou le tourisme nature. Les écosystèmes aquatiques ont ainsi une grande importance économique et font l’objet de nombreux conflits d’usages. La conciliation n’est pas toujours en faveur du milieu et, à l’heure actuelle, les pollutions diverses, les aménagements et surtout les prélèvements estivaux bouleversent les écosystèmes aquatiques.

Réseau hydrographique de Poitou-Charentes
Réseau hydrographique de Poitou-Charentes
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(Cochez : Eau > Rivières > Réseau hydrographique complet ou simplifié)

Les cours d’eau et la biodiversité

Les cours d’eaux présentent parfois des réseaux trophiques très complexes, un réseau aquatique « classique » étant composé de végétaux assurant la production primaire, d’invertébrés brouteurs et filtreurs, et de plusieurs niveaux de prédateurs (invertébrés et vertébrés) et de décomposeurs (invertébrés, bactéries, etc.).

Dans ces réseaux trophiques, certaines espèces sont très sensibles aux pollutions diverses et aux aménagements hydrauliques. C’est le cas des espèces de poissons migrateurs comme les lamproies ou le saumon atlantique (Salmo salar), mais aussi du martin pêcheur d’Europe (Alcedo atthis), présent toute l’année. Celui-ci creuse son nid dans les berges abruptes et meubles des cours d’eau, et se nourrit essentiellement de poissons de petite taille qu’il pêche à l’affût depuis un perchoir.

En Poitou-Charentes, certaines rivières sont encore peu touchées par l’intensification agricole et conservent leur richesse floristique et faunistique. C’est le cas du Salleron, petite rivière d’eaux vives de la Vienne, où l’on rencontre des populations stables de cistude d’Europe (Emys orbicularis) et de lamproie de planer (Lampetra planeri), espèce en forte régression dans les plaines de l’Europe de l’Ouest. Quelques têtes de bassins abritent également des populations d’espèces patrimoniales aux fortes exigences écologiques comme l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes).

Natura 2000 - Vallée de Salleron

On note la présence dans les cours d’eau picto-charentais de deux espèces patrimoniales que sont la truite fario et le brochet. Ces deux espèces représentent un intérêt fort pour la pêche mais sont également utilisées comme espèce repère du bon fonctionnement des milieux aquatiques.

D’autres cours d’eau sont également importants de par leurs caractéristiques floristiques et faunistiques. Parmi ceux-ci la Charente, fleuve traversant la Charente et la Charente-Maritime, ne présente, sur sa partie moyenne, pas moins de 35 espèces animales patrimoniales (grande alose, lamproie marine, cistude d’Europe, grand murin, rosalie des Alpes ...), 1 espèce végétale patrimoniale et 12 habitats naturels communautaire.

Natura 2000 - Vallée de la Charente entre Angoulème et Cognac et ses principaux affluents

En Charente-Maritime également, la vallée de l’Antenne, petit affluent de la Charente, montre un intérêt faunistique très élevé grâce à la présence d’invertébrés tels que la rosalie des Alpes, la cordulie à corps fin ou le lucane cerf-volant ; de mammifères dont la loutre, le vison d’Europe, le vespertilion à oreilles échancrées (chauvesouris) ; et de poissons comme le chabot, la lamproie de planer ou la lamproie de rivière.

Natura 2000 - Vallée de l’Antenne

En Deux-Sèvres et en Charente-Maritime, la vallée de la Boutonne présente elle aussi un certain nombre d’espèces particulières telles que le cuivré des marais (papillon), le grand rhinolophe (chauve souris) ou bien le chabot (poisson d’eau vive).

Natura 2000 - Vallée de la Boutonne
Martin Pêcheur
Martin Pêcheur

Les mares et étangs

A la différence des cours d’eau, les eaux des mares et étangs sont stagnantes. La profondeur est faible de sorte que la lumière, qui permet la photosynthèse, pénètre souvent jusqu’au fond.
On considère en général qu’un étang est plus grand qu’une mare, et que celle-ci est susceptible de s’assécher naturellement (mare temporaire).

Plans d’eau
Plans d’eau

La genèse de ces milieux dulçaquicoles (eau douce) peu profonds dépend généralement de l’Homme : ancienne carrière, réserve d’eau à usage domestique ou pour les cultures, abreuvoir pour le bétail, bassin d’élevage de poissons ou de canards, mares de tonnes de chasse, etc. Ces plans d’eau présentent des ceintures de végétation diversifiées et typiques des zones humides et qui jouent un rôle épurateur tout en offrant nourriture, abri et support de ponte pour de nombreux animaux. Lorsqu’ils ne sont pas entretenus, mares et étangs peuvent se combler assez rapidement car la végétation produite chaque année se dépose sur le fond sous forme de matière organique.
En outre, il paraît important de préciser qu’une présence trop importante d’étangs au sein d’un bassin versant, notamment au niveau des têtes de bassins, peut être néfaste pour les cours d’eau. Cela peut en effet engendrer divers phénomènes tels que le réchauffement, l’évaporation, la dégradation de la qualité de l’eau, la colonisation d’espèces invasives...

Mare de la Réserve du Pinail
Mare de la Réserve du Pinail

Les mares et étangs et la biodiversité

La végétation de ces milieux est dite spécialisée (hydrophytes et hélophytes). Elle est composée de roseaux, nénuphars, renoncules, etc. Beaucoup de plantes de ces milieux font l’objet de mesures de protection. C’est le cas du flûteau nageant (Luronium natans) d’intérêt communautaire et protégé régionalement.
Sur le plan faunistique, les mares et étangs constituent également de véritables îlots de diversité. Leur rôle, dans les écosystèmes ruraux et forestiers, est reconnu pour de nombreux groupes qui y vivent, s’y nourrissent (vers, arthropodes, amphibiens, oiseaux et mammifères) ou s’y reproduisent.
Ces milieux hébergent une faune d’autant plus riche que la ceinture de végétation est développée et diversifiée. Par exemple, les roselières servent d’abri et de site de reproduction pour de nombreuses espèces protégées d’oiseaux : > héron pourpré (Ardea purpurea) > busard des roseaux (Circus aeruginosus)

Héron pourpré
Héron pourpré
Busard des roseaux
Busard des roseaux

Les mares et étangs du Poitou-Charentes abritent aussi des populations de salamandre tâchetée (Salamandra salamandra), de tritons (marbré, palmé ou crêté), et de couleuvre vipérine (Natrix maura) espèces protégées au titre de la Convention de Berne.
D’après un inventaire réalisé par les associations départementales de protection de l’environnement entre 1998 et 2002, on estime que la région Poitou-Charentes compte environ 30 000 mares (Poitou-Charentes Nature, 2003), dont 3 000 sont situées sur la Réserve Naturelle du Pinail. Selon cet état des lieux, les mares sont particulièrement présentes dans les zones bocagères et d’élevage, et ont presque disparu des plaines céréalières. Cet inventaire a montré qu’au total, plus de 26 % des mares de la région avaient disparu au cours des vingt années précédentes.

Poitou-Charentes Nature - Inventaire des mares de Poitou-Charentes
Répartition et densité des mares du Poitou-Charentes
Répartition et densité des mares du Poitou-Charentes
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(Cochez : Patrimoine naturel > Connaissances naturalistes > Habitats naturels > Poitou-Charentes Nature > Mares)

Zoom sur la réserve naturelle du Pinail

Située à environ 30 km au Nord-Est de Poitiers, sur la commune de Vouneuil sur Vienne, la réserve naturelle nationale du Pinail, créée en 1980, présente une surface de près de 135 hectares. Ses landes à bruyère à balai associées à plus de 5000 fosses dont plus de la moitié sont des mares permanentes accueillent une faune et une flore riches et remarquables. D’autres habitats sont également recensés au sein de cette réserve tels que des tourbières ou des prairies oligotrophes à submersion temporaire...

L’apparition d’un si grand nombre de mares résulte de l’exploitation de la pierre meulière qui a engendré de nombreuses fosses d’extraction. Ces dernières ont alors été remplies progressivement par les eaux de pluie créant ainsi les mares. En plus des eaux pluviales, elles sont alimentées par l’intermédiaire d’une nappe d’eau perchée.

Les mares peuvent être dissociées en deux catégories : permanentes ou temporaires. Ces dernières sont caractérisées par des alternances de phase inondée et asséchée.
Chaque mare présente des caractéristiques floristiques et faunistiques particulières ainsi qu’un fonctionnement qui lui est propre.

Quelques espèces remarquables trouvées au sein de la réserve peuvent être citées : l’azuré des mouillères, le triton de blasius, la fauvette pitchou ou bien encore le cerf élaphe pour ce qui est des espèces faunistiques ; la spiranthe d’été, le drosera à feuilles rondes, la gratiole officinale ou bien la pilulaire à globules pour ce qui est des espèces floristiques.

Localisation de la réserve naturelle du Pinail
Localisation de la réserve naturelle du Pinail
La Réserve Naturelle du Pinail

Les marais

Selon leur situation à l’intérieur des terres ou en bordure maritime, les marais peuvent être continentaux ou littoraux. Les marais continentaux constituent souvent la frange ou les reliques de lacs et sont appelés à disparaître par un long processus de comblement naturel. Ils peuvent également être convertis à l’agriculture après drainage.

Les marais littoraux sont généralement des terres gagnées sur la mer et leur permanence est liée à la stabilité du niveau de la mer. Mais le réchauffement climatique et l’élévation du niveau de la mer risque de modifier ce fragile équilibre. Ces marais sont le plus souvent bordés du côté de la mer par des vasières. Ils sont issus du comblement des vasières des baies côtières par floculation des argiles en suspension dans les eaux du fleuve. Ils s’étendent sur toute la zone de balancement des marées (entre les niveaux de la marée basse et de la marée haute des vives eaux).

Les eaux peuvent être douces, saumâtres ou salées ce qui détermine le type de végétation. Les marais abritent une biodiversité importante et originale. En plus d’être le lieu de vie d’une faune et d’une flore remarquable, ils jouent un important rôle de régulation hydraulique et d’épuration des eaux par décantation et oxygénation.

Pour des raisons de salubrité, de prélèvements de la ressource en eau, ou de gain de place, les marais ont souvent été drainés artificiellement, par le creusement de réseaux de fossés et de canaux. Aujourd’hui ces canaux et fossés sont approfondis et associés à des stations de pompage dans le cadre de drainage intensif. Ces nouvelles techniques sont défavorables à la faune et la flore des marais dont elles provoquent l’assèchement.

En fonction de leurs caractéristiques physiques et hydrologiques, on distingue différents types de marais :
> les marais mouillés qui sont des marais inondables servant de zones d’expansion des crues en hiver et constituant des réserves d’eau restituables en période estivale,
> les marais desséchés correspondant à des marais isolés des influences des crues fluviales par endiguement (polder),
> les marais intermédiaires, marais équipés de structures d’assèchement tels que des digues ou des pompes par exemple.

Lorsqu’un marais a complètement été asséché pour l’élevage, la culture ou la construction, il fait place à ce que l’on appelle un polder. En Poitou-Charentes, des zones de polder se rencontrent, par exemple, en baie de l’Aiguillon et dans les marais de Brouage.

Les marais de Poitou-Charentes
Les marais de Poitou-Charentes
Atlas cartographique : Paysage

En Poitou-Charentes, alors que les marais continentaux représentent une faible surface (moins de 1 % de la superficie picto-charentaise) comme à l’échelle du territoire nationale (3 %), les marais littoraux couvrent eux près de 4,3 % de la surface régionale totale.

Les marais continentaux

Les marais continentaux constituent un ensemble de milieux d’eau douce très variés et sont caractérisés par leur grande richesse biologique. Ils tiennent donc un rôle majeur dans le maintien des équilibres naturels et de la biodiversité.

Quelques sites remarquables ont été recensés en Poitou-Charentes malgré une régression progressive de ces espaces qui tendent à disparaître par drainage au profit des terres agricoles.

En Charente-Maritime, des marais continentaux sont localisés en bordure de la Seugne. Il s’agit des marais de Breuil, de l’Anglade et de l’Aubrade. Ils sont définis en tant que Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type 1. Ces marais ont un rôle fondamental notamment vis-à-vis du cours d’eau de la Seugne. En effet, en période de crue, ils assurent la régulation et l’absorption de l’eau.
Des espèces menacées sont répertoriées au sein de ces milieux tels que le vison d’Europe (Mustela lutreola) et la loutre d’Europe (Lutra lutra) ; on peut y retrouver aussi la cistude d’Europe (Emys orbicularis) ou la lamproie de Planer (Lampetra planeri). Des frayères à brochets y sont également recensées.

Dans le Sud des Deux-Sèvres, le marais de Clussais la Pommeraie est un milieu aux multiples faciès : prairies naturelles humides, landes, boisements, mares et fossés, le tout répartit sur près de 30 hectares.

CREN : Marais du Clussais-la-Pommeraie

Une importante diversité d’habitats, d’espèces faunistiques (pie-grièche écorcheur, rainette arboricole, cuivré des marais...) et floristiques (orchidées, gentiane pneumonanthe, , gratiole officinale, flûteau nageant...) est recensée sur ce site.
Cet espace remarquable est un des milieux d’intervention prioritaire pour le Conservatoire d’espaces naturels de Poitou-Charentes et le Conseil Régional.

Les marais littoraux

Les marais littoraux sont des espaces répartis généralement sur de grandes étendues qui constituent des lieux de nourrissage et de repos privilégiés pour les espèces faunistiques, notamment pour les oiseaux.

En Poitou-Charentes, ils représentent une surface importante, offrent de nombreux faciès de zones humides et remplissent de multiples fonctions.

Les marais littoraux et la biodiversité

Pour la faune, les marais sont à la fois des lieux de nourrissage et d’accueil pour les oiseaux migrateurs ; des zones de reproduction indispensables pour de nombreux oiseaux ; des « nurseries » pour la faune marine ; des espaces de nourrissage et de croissance essentiels pour le développement de nombreux poissons (alose feinte, esturgeon...), crustacés et mollusques...

Les oiseaux rencontrés au sein des marais littoraux de Poitou-Charentes sont très diversifiés : de l’aigrette gazette au balbuzard pêcheur, on pourra également y rencontrer le busard des roseaux ainsi que le martinpêcheur d’Europe ou bien encore la sterne naine (qui ne niche pas en Poitou-Charentes mais qui est observée en mer lors des migrations).

Les espèces floristiques rencontrées à l’échelle des marais littoraux sont variées ; elles peuvent être communes, rares ou menacées. On pourra alors trouver au sein de ces espaces les espèces suivantes : l’angélique des estuaires (Angelica heterocarpa), la lavande de mer (Limonium dubyi), l’oenanthe de Foucaud (Oenanthe foucaudii), le faux cresson de Thore (Thorella verticillatinandata), la glycérie de Foucaud (Puccinellia foucaudii), le cynoglosse des dunes (Omphalodes littoralis)...

De nombreuses fonctions sont attribuées aux marais littoraux telles que la protection des rivages contre l’érosion, la contribution à l’épuration des eaux, le support d’activités de pêche, de chasse, d’élevage...

Il paraît cependant important de noter que du fait de nombreuses pressions, ces espaces sont menacés : une régression globale qualitative et quantitative des zones humides littorales est en effet observée depuis quelques années en raison de l’influence des activités anthropiques.

On peut par exemple citer le Marais Poitevin qui a vu 45 000 ha de prairies naturelles dont une majorité de prairies humides retournées ces dernières années.

Les principaux marais littoraux de la région Poitou- Charentes sont les suivants (voir zoom ci-après) :

> Le Marais Poitevin et la Baie de l’Aiguillon
> Les marais périurbains de la Rochelle
> Les marais de l’île de Ré et la vasière d ’Ars
> Les marais de Rochefort Nord
> Les marais de la Charente et ses affluents
> Les marais de Brouage
> Les marais de l’île d’Oléron
> Les marais de la Seudre et de la Presqu’île d’Arvert
> Les marais de bordure de Gironde

Le Mazeau
Le Mazeau

Zoom sur les principaux marais littoraux de Poitou-Charentes

Les marais littoraux de Poitou-Charentes offrent de nombreux faciès de zones humides et couvrent plus de 110 000 ha. Leurs paysages ont des charmes spécifiques et ils abritent tous des espèces animales et végétales en grand nombre et de grande valeur patrimoniale. Ils sont tous structurés autour des réseaux hydrauliques et de leurs ouvrages. De nombreuses structures régionales y travaillent pour les entretenir, les restaurer et les mettre en valeur

Le Marais Poitevin

Le Marais Poitevin est le plus vaste des Marais de l’Ouest. Il s’étend sur 3 départements (Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée) et 2 régions (Pays de la Loire et Poitou-Charentes). Sa superficie est supérieure à 100 000 ha (30 000 ha en Poitou-Charentes) sur lesquels se distinguent :
> les marais dits « desséchés » : 46 820 ha, qui peuvent être couverts par des prairies ou des cultures drainées ;
> les marais dits « mouillés » : 28 690 ha, remarquables par la « Venise Verte » (15 000 ha), ils peuvent avoir par endroit un caractère tourbeux (liés à la Sèvre, au Mignon) ;
> les marais dits « intermédiaires » : 18 768 ha,
> les fonds de vallées humides : 3 572 ha,
> le milieu maritime (vasières et dunes) : 9 647 ha,
> les îles calcaires à l’intérieur de cet ancien golfe : 4 670 ha.

Les habitats du Marais Poitevin ont été particulièrement bien décrits dans le document d’objectif Natura 2000 du site.

Le réseau hydraulique des marais mouillés qui est très dense se structure autour de la Sèvre Niortaise, gérée par biefs de Niort à la mer. Plusieurs noeuds hydrauliques importants se situent en bordure de la Baie de l’Aiguillon. Les trois syndicats de marais mouillés (un par département) sont regroupés en une union qui travaille en partenariat avec l’Institution Interdépartementale de la Sèvre Niortaise et la DDT des Deux-Sèvres (Service Eau, Environnement, subdivision Sèvres et marais). Dans les marais desséchés, quatorze syndicats de marais ont en charge la gestion des ouvrages hydrauliques principaux et sont regroupés au sein du Syndicat mixte du Nord Aunis qui comprend les communes et le Conseil Général de Charente-Maritime.

Le réseau hydraulique du Marais Poitevin doit faire face à plusieurs difficultés : la détérioration des berges par les ragondins, la prolifération de la jussie, une alimentation en eau estivale trop faible. La lutte contre le ragondin est organisée de manière coordonnée avec les FDGDEC 79 (Fédération Départementale des Groupements de Défense contre les Ennemis des Cultures des Deux Sèvres), le PIMP et le syndicat mixte du Nord Aunis. La lutte contre la jussie est structurée depuis plus de 10 ans par l’IIBSN. Le réseau a été perturbé par les nombreux chablis lors de la tempête de décembre 99 : le PIMP a créé une équipe d’intervention tempête qui, avec les partenaires, a pu nettoyer ces chablis.

Depuis quelques années, des programmes de réhabilitation des poissons migrateurs sont en cours avec le PIMP et les fédérations de pêche. Plusieurs secteurs du Marais Poitevin ont été acquis par les acteurs de l’environnement pour préserver les espèces et habitats les plus remarquables. Plusieurs structures proposent des sorties naturalistes : la LPO, l’ONCFS-réserve de la Baie de l’Aiguillon, le PIMP, etc. Par ailleurs, il existe plusieurs parcours en barque.

Les marais périurbains de la Rochelle

La communauté d’Agglomération comprend plusieurs petits marais indépendants les uns des autres ; ils totalisent 2070 ha. Ils ont fait l’objet d’une étude spécifique détaillée à la demande de la communauté d’Agglomération de la Rochelle (UNIMA, 2002) :
> Le marais doux d’Esnandes (360 ha) est rattaché au Marais Poitevin ; il est drainé à 80 % mais comprend d’intéressantes zones de mizotte. L’ ouvrage à la mer est situé au Nord de « l’ écluse des Prises ».
> Le marais salé de la Pointe Saint Clément (10ha) est aménagé entièrement en claires ostréicoles avec prises individuelles sous la digue.
> Le marais de « coup de vague » est une poche de marais saumâtre de 7ha dont l’ouvrage à la mer est défectueux faute d’entretien.
> Le marais de la Sauzaie (115 ha sur la commune de Saint Xandre) est un marais mouillé bocager rattaché au Marais Poitevin. Son exutoire hydraulique s’effectue dans le canal de Villedoux.
> Les marais du Plomb (ou marais de Lauzières) comprennent 60 ha dont l’aval est utilisé par les claires des ostréiculteurs. Il est alimenté en eau douce par le ruisseau du Gô et de la Fontaine Grimeau.
> Le marais saumâtre de Pampin (25ha) est une ex- Réserve Naturelle Volontaire (future Réserve Naturelle Régionale) gérée par la communauté d’Agglomération de La Rochelle. L’ouvrage à la mer est géré par l’EID.

Entente Interdépartementale de Démoustication du littoral atlantique

> Le marais de Tasdon (40 ha), situé dans le secteur de Villeneuve les salines, est une ex-Réserve Naturelle Volontaire (future Réserve Naturelle Régionale) de 18 ha. En aval, il est isolé de l’eau salée par le barrage de la Moulinette mais les eaux y sont saumâtres.
> Les marais doux (290 ha) d’Aytré - La Jarne – Angoulins possède un seul exutoire à la mer : « La Colonnelle ». Le marais doux des Sables est géré par la ville d’Aytré de manière écologique avec les conseils techniques du Conservatoire Régional des Espaces Naturels.
> Le marais du Chay (95ha) est ostréicole (25 exploitants environ) mais doit faire face à une importante pression urbaine.

Puis viennent trois secteurs de marais (soit 1 143 ha) que nous rattacherons aux marais de Rochefort Nord :
> Le marais doux de Salles Angoulins (229 ha).
> Le marais de Salles-Chatelaillon (494 ha) comprend un exutoire complexe à la mer à Saint Jean des Sables.
> Les marais de Port Punay (420 ha).

Les marais de l’île de Ré

Les marais salés endigués de l’île de Ré s’étendent sur environ 1 500 ha et la vasière du Fier d’Ars sur presque 4000 ha. L’ ensemble forme un site exceptionnel sur les plans paysager, hydraulique, ornithologique et humain. Les marais sont exploités pour le sel mais sont également utilisés par les conchyliculteurs. Concernant les marais endigués, le travail de thèse de Paticat (2007) totalise 979,5 ha en eau : 282,54 ha utilisés par la saliculture ; 87,88 ha par l’ostréiculture et 23,59 par la pisciculture marine. Le site des marais du Fier d’Ars, a par ailleurs été inscrit à la convention RAMSAR en février 2003.

Les marais comprennent la Réserve Naturelle Nationale de Lilleau des Niges, les marais acquis par le Conservatoire du littoral et offrent deux maisons de découverte : la maison du Fiers (gérée par la LPO) et l’écomusée des marais salants. De nombreuses activités de découverte des marais sont proposées. Les marais sont également utilisés pour la chasse et la pêche de loisir.

Marais salants de l’Ile de Ré
Marais salants de l’Ile de Ré

Les marais Nord de Rochefort

On entend par cet ensemble la poche de marais située au nord de Rochefort et non liée à l’estuaire, elle bénéficie d’une alimentation en eau douce depuis la station de réalimentation de l’UNIMA, le pompage à Saint Savinien, le canal de l’UNIMA, la station du Pont Rouge puis le canal de Charras. Sa surface est d’environ 15 000 ha. Il comprend plusieurs îlots calcaires d’un grand intérêt botanique, qui lui confèrent un paysage original et particulier.
Le site Natura 2000 fait, lui, 13 640 ha. Les données citées ci-après sont celles rassemblées dans le Document d’Objectif réalisé par la Chambre d’agriculture et la LPO. Le site comprend essentiellement des marais doux et desséchés, une petite section de marais mouillé, quelques marais arrière-dunaires le long de l’anse de Fouras et des secteurs de marais boisés et bocagers. Il abrite la réserve naturelle d’Yves gérée par la LPO. Les chasseurs (sur le site de Breuil Magné) et la LPO (sur le site de Voutron) sont propriétaires de marais et organisent la gestion afin de préserver certains aspects de leur richesse biologique.
250 exploitants développent leurs activités en marais. Plus de 3860 ha de prairies naturelles ont bénéficié de contrats agri-environnementaux. Ces prairies présentent une grande diversité végétale. La gestion de l’eau y est assurée par l’UNIMA (notamment pour l’alimentation en eau douce depuis la Charente en été) et 21 associations syndicales de marais. Le marais présente plusieurs parcours pour la promenade et l’observation de la nature. Il est également utilisé pour la chasse et la pêche.

Les marais de la Charente et de ses affluents

Le lit majeur de la Charente et celui de la Seugne, comprennent des marais inondables par les crues fluviales jusqu’à hauteur de Saint Savinien ; plus en aval, les marais (4 200 ha) sont protégés par des digues qui ont été franchies lors de la tempête de 1999. La Boutonne, affluent rive droite de la Charente, comprend de nombreux marais dont certains tourbeux ; ils totalisent environ 3 500 ha. L’Arnoult, dernier affluent rive gauche, comprend des marais utilisés pour le maraîchage (environ 1 760 ha de marais).
Ces marais comprennent des sites et des habitats naturels remarquables dont les marais périurbains de Rochefort, des roselières, des prairies naturelles propices au frai du brochet. La gestion de l’eau y est assurée par plusieurs syndicats de marais. L’Institution Interdépartementale du fleuve Charente coordonne une action en faveur des poissons migrateurs et une autre autour de la gestion des étiages et des inondations.

Les marais de Brouage

D’une surface de 11 500 ha de marais, il s’étend de la Tour de Broue à la citadelle de Brouage et se prolonge en mer par une vasière de 2700 ha. Ancien marais salants (dont le déclin est engagé au XVII siècle), aujourd’hui géré principalement en eau douce, il garde une physionomie de jas et de bosses avec un réseau hydraulique de fossés particulièrement dense et tortueux.
Il est à cheval sur deux cantons et deux pays (rochefortais et royannais). La gestion de l’eau est assurée par la DDE pour les canaux principaux rectilignes creusés fin du XVIII et début XIX (Canal de St Agnant, de Broue et de Mérignac) et par quatre syndicats de marais pour les ouvrages collectifs secondaires. C’est un marais peu habité à part l’île de Hiers et la citadelle de Brouage ; il présente des coteaux boisés très intéressants sur le plan paysager et écologique qui forment comme un écrin où s’expriment de nombreuses composantes de la vie animale et végétale. Il est connu pour sa population de cistudes d’Europe.

Brouage au milieu des marais
Brouage au milieu des marais

En aval, il comprend une réserve naturelle nationale (celle de Moëze) créée en 1981 et qui s’étend jusqu’à l’île d’Oléron. Le Conservatoire du littoral a acquis plus de 750 ha qui sont en majorité loués à des éleveurs ; le CREN a acquis plus de 100 ha autour de la citadelle de Broue. Des conventions avec les organisme3135|titre=ACCA> permettent de réglementer la pratique de la chasse. Des travaux de restauration hydraulique y ont été menés afin de maintenir des espaces en eau pour favoriser l’avifaune mais aussi le frai du brochet et la quiétude de la cistude. Le marais a fait l’objet de nombreuses études et observations. Il est également associé au Réseau des Grands Sites de France (mais non labellisé encore).

Les marais d’Oléron

L’île comprend plusieurs marais disjoints totalisant environ 3 000 ha : marais d’Avail Saint Trojan, marais de la Rabaine, marais des Bris, marais du chenal d’Oume, marais de la brande, marais de la Perroche, marais du Chenal d’Arceau, marais de la Baudissière, marais du Douhet, marais des Huttes-Seulières.

Ces marais sont le plus souvent des marais salés avec toutefois certains secteurs en eau douce. Deux syndicats intercommunaux de gestion et d’entretien des marais existent : un au Nord avec une action plus particulière sur le marais du Douhet (remise en état de 7 écluses en 2002) ; un au Sud pour la remise en état du marais ostréicole. L’utilisation ostréicole des marais laisse encore de grands espaces inoccupés et non entretenus malgré le regain de l’affinage des huîtres en marais.

Quelques secteurs de marais ont été acquis au titre de la politique des Espaces Naturels Sensibles (soit par le Département, soit par le Conservatoire du littoral) et font l’objet d’une restauration et d’une ouverture au public : certains secteurs du marais des Huttes, restauré avec les chasseurs, le marais aux oiseaux aménagé en centre de soins pour oiseaux blessés et parc ornithologique ; la prise de la Rabaine sur Saint Trojan avec une saline réimplantée, un sentier de découverte et un espace culturel. Le marais du Douhet est un ensemble très intéressant tant sur le plan paysager qu’ écologique. Des pistes cyclables récemment aménagées permettent de découvrir plusieurs marais d’Oléron.

Marais d’Oléron
Marais d’Oléron

Les marais de la Seudre

Les marais d’une superficie d’environ 10 000 ha se répartissent, en aval de Saujon, de part et d’autre de l’estuaire. Ils forment un vaste complexe d’anciens marais salants aujourd’hui abandonnés : plus de la moitié des marais n’est plus le siège d’aucune activité professionnelle, laissant place à des friches. Les autres espaces ont été reconvertis. On retrouve ainsi aujourd’hui des secteurs ostréicoles (les prises), des claires de sartières, des fossés à poissons où se pratiquent une pisciculture extensive, des prairies pâturées, etc., le tout structuré par les chenaux, les digues et les ouvrages hydrauliques de prises d’eau de mer, vestiges des anciennes activités de saliculture (MNHN, 2009). La structure en mosaïque des marais de la Seudre contribue à la diversité de ses milieux naturels et à celle de la faune et de la flore. Ce sont des milieux très productifs et ils représentent des lieux privilégiés pour la nidification, l’alimentation, la halte migratoire et le stationnement de nombreux oiseaux. L’ entretien de ce réseau hydraulique est indispensable pour maintenir une bonne qualité globale de l’eau ; le colmatage entraînant, à court ou moyen terme, une régression de la zone humide. Les coûts d’entretien élevés et le fait que peu d’activités économiques viables subsistent sur ces marais, ont poussé les propriétaires, en 2012, à entamer des démarches pour constituer une Association Syndicale Autorisée (ASA), avec l’aide de la Communauté de communes du bassin de Marennes (CdC Bassin de Marennes, 2012).

Les marais des bordures de Gironde

Ces marais couvrent une superficie de près de 7 000 ha qui sont en lien avec l’ensemble de l’estuaire de la Gironde. De Royan à Saint Serin d’Uzet, il s’agit d’une série discontinue de poches de marais puis à partir de Saint Romain sur Gironde, la bande de marais est continue jusqu’à la citadelle de Blaye. Plusieurs syndicats de marais en assurent l’entretien avec l’ UNIMA.

Les marais de bordure de Gironde ont particulièrement été touchés par la tempête de décembre 1999 avec des submersions et ruptures de digues. Dans un ancien polder, à Mortagne, le Conservatoire du littoral a acquis d’anciennes parcelles de maïs situées aujourd’hui au delà de la digue de protection et donc soumises à la pénétration d’eau de mer à chaque grand coefficient : le milieu évolue vers un pré salé.


Les vallées alluviales

Les paysages de vallées de Poitou-Charentes
Les paysages de vallées de Poitou-Charentes
Atlas cartographique : Paysage

Les vallées alluviales correspondent à l’une des dernières étapes des cours d’eau. Plaines de faible pente caractérisées par un sol de sables ou de graviers limoneux où l’eau circule calmement, ce sont des systèmes complexes formés de méandres dont la courbure évolue au fil du temps. A la faveur de fortes crues, le lit majeur peut court-circuiter un méandre et créer un bras mort.

Lorsque l’eau ne circule plus, l’ancien lit se comble et se transforme en prairie. Le remodelage permanent du cours d’eau crée ainsi un équilibre dynamique qui maintient une grande diversité faunistique et floristique.

Outre leur rôle dans la gestion des inondations et de la ressource en eau, les vallées alluviales assurent ainsi une fonction de réservoir de biodiversité.

Les vallées alluviales et la biodiversité

Les formations végétales dominées par les arbres et situées en bord de cours d’eau, ou ripisylves, participent à la stabilisation des berges et à la régulation quantitative et qualitative de l’eau (limitation des crues, épuration des effluents). Elles constituent des habitats riches en espèces et de précieux corridors biologiques. Les essences, qui se rencontrent dans une ripisylve sont les saules, espèces pionnières de ces habitats, les peupliers, le frêne commun (Fraxinus excelsior), l’aulne glutineux (Alnus glutinosa)...

En Poitou-Charentes, les vallées alluviales sont couvertes par près de 31 000 ha de formations boisées. Sur l’ensemble de ces formations, environ 65 % sont dominées par des peupleraies (Centre Régional de la Propriété Forestière de Poitou-Charentes).

Peupleraie
Peupleraie

Les peupliers sont des essences utilisées pour la fabrication de pâte à papier et de panneaux, d’emballages alimentaires, etc. Depuis le début du XIXe siècle, la populiculture s’est développée en Poitou-Charentes, en quelques endroits de manière intensive sur de grandes parcelles, ailleurs extensivement, avec conservation d’un sous-étage de frênes comme en val de Charente, et sur des parcelles plus réduites.

Les autres essences telles que le frêne commun, l’aulne glutineux ou le chêne pédonculé sont aussi présents en masse dans ces vallées et peuvent également être valorisées. D’autres espèces comme l’érable sycomore ou le noyer noir sont également présentes.

Les vallées du fleuve Charente et l’un de ses principaux affluents, la Seugne (site Natura 2000 dans les Charentes, 7087 ha), présentent ainsi des habitats particuliers liés à un système de crues hivernales et printanières.

Natura 2000 – Moyenne vallée de la Charente, Seugnes et Coran

Ainsi, les frênaies alluviales abritent une très grande richesse floristique et faunistique inféodée à ce type de milieu :

> fritillaire pintade (Fritillaria meleagris),

Fritillaire
Fritillaire
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(Cochez : Patrimoine naturel > Connaissances naturalistes > Flore > Poitou-Charentes Nature >Fritillaire pintade)

> orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora),

Orchis à fleurs lâches
Orchis à fleurs lâches

> loutre (Lutra lutra),

Loutre
Loutre

> vison d’Europe (Mustela lutreola),
> cistude d’Europe (Emys orbicularis),

Cistude d’Europe
Cistude d’Europe

> divers poissons migrateurs (aloses, lamproies et saumons),
> plusieurs invertébrés dont la rosalie des Alpes (Rosalia alpina), ...

Rosalie des Alpes
Rosalie des Alpes

Les tourbières

Une tourbière est un écosystème particulier colonisé par des plantes adaptées à un milieu gorgé en eau (bryophytes et plantes supérieures) et dont les débris s’accumulent sur un sol peu perméable. La permanence d’eau stagnante appauvrie en oxygène limite l’activité des micro-organismes décomposeurs et recycleurs de matière organique. Le phénomène d’anaérobiose ralentit la dégradation des débris végétaux qui s’accumulent progressivement et forment un dépôt de matière organique partiellement décomposée : la tourbe.

La profondeur d’une tourbière varie de quelques décimètres à une dizaine de mètres et dépend de la vitesse d’accumulation des débris végétaux. Il existe différents types de tourbières en fonction de l’origine de l’eau (atmosphérique, de ruissellement, etc.), et différentes catégories de tourbes en fonction des caractéristiques botaniques et physico-chimiques.

Comme la plupart des zones humides, les tourbières étaient autrefois considérées comme des endroits insalubres qu’il fallait assécher pour assainir. De nombreuses tourbières ont ainsi été drainées et ont disparu (utilisation en tant que combustible et mise en culture). On comprend mieux aujourd’hui le rôle majeur de ces milieux et l’importance de leur conservation (Convention de RAMSAR).

Les tourbières et la biodiversité

Les tourbières constituent de formidables filtres naturels de l’eau et sont de véritables réservoirs de vie abritant des espèces adaptées. Les espèces végétales communes des tourbières sont les sphaignes.

Dans les tourbières acides du Confolentais (16), ainsi que dans la tourbière du lac Baron-Desqueyroux (ZNIEFF en 17), on rencontrera plus particulièrement des plantes carnivores du genre Drosera (D. intermedia et D. rotundifolia).

Drosera
Drosera

Une multitude d’invertébrés ne vivent qu’en milieu tourbeux : araignées, libellules et papillons dont le fadet des laîches (Coenonympha oedippus). Les tourbières constituent aussi des biotopes favorables à la reproduction de certains amphibiens, oiseaux (busards, courlis cendré - Numenius arquata), et mammifères (loutre d’Europe – Lutra lutra et vison d’Europe - Mustela lutreola).

En France, les tourbières occupent 0,1 % du territoire. La plupart des habitats tourbeux sont considérés comme habitats prioritaires au titre de la Directive habitat et de nombreuses espèces typiques de ces milieux sont protégées.

En Poitou-Charentes, les tourbières deviennent de plus en plus rares, une vingtaine de sites seulement sont recensés. Par exemple, le Sud Deux-Sèvres présente une petite tourbière alcaline de 3,6 ha : la tourbière du Bourdet. Ce site, protégé par APPB, abrite des espèces protégées telles le gaillet boréal (Galium boreale) et la couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus). Les espèces floristiques typiques qu’elle présente régressent peu à peu au profit de formations boisées car les niveaux d’eau sont insuffisants (drainage et irrigation).

Inventaire National du Patrimoine Naturel - Tourbière du Bourdet
Couleuvre verte et jaune
Couleuvre verte et jaune

La tourbière des Régeasses, près de Montmorillon, constitue l’exemple le plus riche de tourbière alcaline de tout le Poitou-Charentes, et la seule localité de grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris) et de linaigrette à feuilles larges (Eriophorum latifolium), espèce protégée à l’échelle régionale.

Grenouille verte
Grenouille verte
    •  Pour aller plus loin
  • Amphibiens : Classe de vertébrés tétrapodes (quatre pattes) poïkilothermes, à peau nue, généralement ovipares.
  • Anaérobiose : absence ou fort déficit en oxygène
  • APPB : L’APPB a été instauré par le décret n°77-1295 du 25 novembre 1977 pris en application de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 (art. R.211-12 et suivants du Code rural). Il permet au préfet de fixer par arrêté les mesures tendant à favoriser, sur tout ou partie du territoire d’un département, la conservation des biotopes nécessaires à l’alimentation, à la reproduction, au repos ou à la survie d’espèces protégées. Certains résultats incluent ou non le domaine public maritime.
  • Arthropodes : Embranchement d’animaux caractérisés par un tégument rigide, inextensible (le squelette externe), qui leur impose une croissance par mues et une structure articulée.
  • Avifaune : ensemble des espèces d’oiseaux d’un milieu, d’une localité, d’une région, etc.
  • Bassins versants, Bassin versant : En hydrologie de surface, c’est le domaine sur lequel tous les écoulements des eaux convergent vers un même point, nommé exutoire du bassin versant. La limite physique de ce domaine est la ligne des crêtes appelée ligne de partage des eaux. De la même manière pour les eaux souterraines, un bassin versant englobant les circulations des eaux dans le domaine souterrain est définissable.
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Biomasse : Masse de l’ensemble des organismes vivant dans un système délimité (biotope).
  • Biotopes : espace localisé où l’ensemble des facteurs physiques et chimiques (substrat et climat) de l’environnement reste constants et où se cantonnent une ou plusieurs espèces, ensemble des facteurs physiques et chimiques qui caractérisent un milieu.
  • Brande : landes particulières où prédomine la Bruyères à balai.
  • Chablis : Arbre renversé par les vents ou brisé sous le poids de la neige ou du verglas.
  • Claires : bassin aménagé dans d’anciens marais salants et alimenté en eau de mer au gré des marais, utilisé pour l’affinage des huîtres avant la vente.
  • Corridors biologiques : un corridor biologique est un ensemble de structures généralement végétales, en milieu terrestre ou humide permettant les dispersions animales et végétales entre différents habitats (massifs forestiers, zones humides, etc.). Les corridors biologiques jouent quatre rôles : couloir de dispersion pour certaines espèces, habitat où les espèces effectuent l’ensemble de leur cycle biologique, refuge, ou encore habitat-source, lequel constitue un réservoir d’individus colonisateurs. Dans tous les cas, ils sont indispensables à la survie des espèces.
  • Crustacés : Classe d’arthropodes antennates (2 paires d’antennes) possédant un céphalothorax et un abdomen, et dont le tégument est fortement minéralisé par des sels de calcium. Généralement aquatiques à respiration branchiale, ils sont ovipares. Ils sont divisés en malacostracés, ou crustacés supérieurs, et entomostracés, ou crustacés inférieurs).
  • Dulçaquicoles : d’eau douce.
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Espèces menacées : Les espèces menacées regroupent 3 catégories de la Liste Rouge de l’IUCN : les espèces en danger critique d’extinction, les espèces en danger et les espèces vulnérables.
  • étiages, étiage : Période de plus basses eaux des rivières et des nappes souterraines.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Habitats : Entité écologique correspondant au lieu où vit une espèce et à son environnement immédiat.
  • Habitats prioritaires : habitats en danger de disparition sur le territoire européen des Etats membres et pour la conservation desquels l’Union européenne porte une responsabilité particulière. Ils sont signalés par une astérisque aux annexes I et II de la Directive "Habitats".
  • Hydromorphes : Un sol hydromorphe présente un engorgement plus ou moins temporaire des horizons par une nappe d’eau.
  • Hygrophile : organisme ayant besoin d’un taux d’humidité très élevé pour se développer.
  • Invasives : se dit d’une espèce qui s’établie ou se développe dans un écosystème dont elle n’est pas originaire et pour lequel elle constitue un agent de perturbation nuisible à la biodiversité. Espèce envahissante allochtone (exotique).
  • Karstiques : se dit d’une formation géologique calcaire où prédomine l’érosion chimique. Le karst est une région dont la morphologie superficielle et souterraine est liée à la sensibilité de roches sédimentaires à la dissolution.
  • Landes : une lande est une formation arbustive occupant des terres assimilables à des podzols, c’est-à-dire des sols pauvres en nutriments et minéraux, souvent acides et secs, et avec une très forte prépondérance des sables. Ce sont des zones d’inculture.
  • Lit majeur : Lit maximum qu’occupe un cours d’eau dans lequel l’écoulement ne s’effectue que temporairement lors du débordement des eaux hors du lit mineur en période de très hautes eaux en particulier lors de la plus grande crue historique.
  • Lit mineur : Partie du lit compris entre des berges franches ou bien marquées dans laquelle l’intégralité de l’écoulement s’effectue la quasi totalité du temps en dehors des périodes de très hautes eaux et de crues débordantes.
  • Littorales, littorale, littoral : Relatif aux rivages marins. La largeur de ce domaine est variable : il englobe l’arrière côte dans la terre ferme (on parle de zone supra littorale, située au-dessus de la mer mais soumise cependant à l’influence marine), le rivage proprement dit et la zone de balancement des marées ou estran (zone médio littorale ou zone littorale s.str.), ainsi que l’avant côte submergée en permanence (zone infra littorale jusqu’à -50 m et zone circa littorale de -50 à -200 m). Chacune des zones présente des associations de faunes et flores caractéristiques.
  • Mammifères : Classe de vertébrés supérieurs homéothermes ("à température constante"), portant des mamelles.
  • Marais desséchés : marais protégés des inondations et des marées par un réseau de levées et de digues
  • Marais intermédiaires : marais partiellement protégés des inondations
  • Marais mouillés : zones inondables par crue ou par engorgement en période pluvieuse.
  • Secondaire : Ère géologique ayant duré de 230 à 65 millions d’années comprenant le Trias, le Jurassique et le Crétacé (voir stratigraphie).
  • Migrations : Déplacement d’une population sous l’influence de facteurs périodiques (climatiques, alimentaires et reproducteurs) ou accidentels, avec retour ultérieur sur les lieux de départ.
  • Milieux naturels : Un milieu naturel et caractérisé par un ensemble d’éléments qui agissent directement ou indirectement sur tout ou partie des organismes qui l’habitent. Les éléments constituants d’un milieu naturel sont principalement le sol, le relief, le climat et les êtres vivants qui le peuplent. Ainsi, biotopes et biocénoses forment des écosystèmes dont les multiples interactions conditionnent la stabilité ou l’évolution du milieu. Des perturbations naturelles ou anthropiques peuvent rompre cet équilibre et entraîner la régression ou la disparition du milieu.
  • Mollusques : Embranchement d’animaux au corps mou non segmenté souvent pourvu d’une coquille calcaire (interne ou externe).
  • Oiseaux : Classe des vertébrés au corps recouvert de plumes présentant des caractéristiques anatomiques, les ailes, qui leur permettent de voler.
  • Ostréiculture : Élevage traditionnel des huîtres.
  • Peuplements, communauté : ensemble des individus appartenant à plusieurs espèces qui coexiste dans un même milieu et qui forment des ensembles fonctionnels en interaction les uns avec les autres ; partie d’une biocénose.
  • Photosynthèse : phénomène biochimique au cours duquel les végétaux absorbent le gaz carbonique de l’air et le transforme en glucose, élément nutritif, grâce à l’énergie lumineuse, et à l’eau puisée dans le sol par les racines, tout en rejetant de l’oxygène. Cette énergie lumineuse est captée grâce aux pigments assimilateurs, les chlorophylles, situées dans des organites particuliers des cellules végétales, les chloroplastes.
  • Pionnières : se dit d’une espèce ou d’une végétation apte à coloniser les terrains nus et participant donc aux stades initiaux d’une série dynamique. Espèce pouvant s’implanter les premières sur un substrat vierge en milieu ouvert (lumière) et donner naissance à un nouveau cycle écologique.
  • Poissons : Vertébrés aquatiques qui respirent par des branchies et dont les membres pairs sont représentés par des nageoires (pectorales et pelviennes). Ils sont généralement ovipares.
  • Polder : terres au dessous du niveau de l’eau, créées en asséchant la mer, un lac ou des marais ; marais littoral endigué, asséché et mis en valeur.
  • Populations, population : ensemble d’êtres vivants d’une même espèce, occupant un territoire déterminé, présentant des caractéristiques propres et qui se perpétuent dans le temps.
  • Populiculture : culture du peuplier.
  • Ripisylves, Ripisylve : Formation végétale qui se développe sur les bords des cours d’eau ou des plans d’eau situés dans la zone frontière entre l’eau et la terre (écotones). Elle est constituée de peuplements particuliers du fait de la présence d’eau pendant des périodes plus ou moin longues (saules, aulnes, frênes en bordure, érables et ormes plus en hauteur, chênes pédonculés, charmes sur le haut des berges). On distingue : le boisement de berge (généralement géré dans le cadre des programmes d’entretien des rivières) situé à proximité immédiate du lit mineur, et la forêt alluviale qui s’étend plus largement dans le lit majeur. La nature de la ripisylve est étroitement liée aux écoulements superficiels et souterrains. Elle exerce une action sur la géométrie du lit, la stabilité des berges, la qualité de l’eau, la vie aquatique, la biodiversité animale et végétale.
  • Roselières : zone humide présentant des formations végétales constituées de roseaux.
  • Saliculture : récolte de sel à partir de l’eau de mer ou de saumures naturelles.
  • Salines, saline : dans un marais salant, ensemble des installations où se fait l’évaporation de l’eau de mer en vue de la production de sel.
  • Saumâtres, saumâtre : se dit d’une eau possédant une salinité de moins de 30g/litre. Les eaux saumâtres proviennent généralement d’un mélange entre des eaux douces et salées.
  • Sols : Formation superficielle en place (formation pédologique) résultant de l’altération des roches. On caractérise un sol par ses différents niveaux que l’on nomme horizons, avec de haut en bas tout ou partie des horizons suivants : A (ou éluvial, ou de lessivage), B (ou illuvial, ou d’accumulation, C (correspondant à la roche mère fragmentée et peu transformée, R (roche mère indemne).
  • Sylviculture : Ensemble des techniques permettant la création et l’exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur régénération.
  • Tourbe : résidus végétaux sous différents états de dégradation, accumulés sur de longues périodes (de l’ordre du siècle ou du millénaire) dans des conditions influencées par l’eau, le plus souvent en anaérobie et contenant au minimum 20 à 30 % de matière organique (jusqu’à 97%). La tourbe est considérée suivant les cas comme une roche, un sol, une litière ou un humus très épais.
  • Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, ZNIEFF : L’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, identifie, localise et décrit la plupart des sites d’intérêt patrimonial pour les espèces vivantes et les habitats. On distingue les ZNIEFF de type 1 qui correspondent à des sites précis d’intérêt biologique remarquable (présence d’espèces ou d’habitat(s) de grande valeur écologique) et les ZNIEFF de type 2, grands ensembles naturels riches. Les zones de type 2 peuvent inclure plusieurs zones de type 1. (EIDER-IFEN)
  • Argiles en suspension : L’argile en suspension est formée de molécules agglutinées chargées d’électricité de même signe. Elles s’agglomèrent lorsqu’elles sont neutralisées par les ions chargés d’électricité de signes contraires des sels dissous dans l’eau. C’est de cette façon que l’on peut expliquer la précipitation rapide très près des côtes et notamment dans les estuaires des fleuves, des vases argileuses transportées par ces derniers.
  • Hydrophytes : Une plante hydrophyte est un type de plante qui vit immergée dans l’eau (les bourgeons dormants et les feuilles sont dans l’eau) une bonne partie de l’année voire toute l’année.
  • Bryophytes : Les bryophytes, ou mousses, sont un embranchement du règne des végétaux. Les plantes de cet embranchement sont des végétaux terrestres caractérisés par l’absence de système vasculaire.
  • invertébrés : Tout animal dépourvu de colonne vertébrale. Les invertébrés constituent la majorité du règne animal et incluent toutes les espèces qui ne sont pas des vertébrés qui, eux, ont un squelette et des vertèbres.
  • Anthropiques : Qui résulte de l’action de l’homme.
  • Hélophytes : Une plante est hélophyte lorsqu’elle est enracinée sous l’eau, mais dont les tiges, les fleurs et feuilles sont aériennes. De tels végétaux prospèrent dans les zones humides.
  • Méandres, méandre : Sinuosité très prononcée du cours d’un fleuve ou rivière qui se produit naturellement lorsque le courant est suffisant pour éroder les berges.
  • Aquaculture : L’aquaculture est le terme générique qui désigne toutes les activités de production animale ou végétale en milieu aquatique. L’aquaculture se pratique en bord de mer (on parle dans ce cas de « cultures marines » ou mariculture), des rivières ou des étangs.
  • Sphaignes : Les sphaignes, organismes végétaux sans racines ni vrais tissus conducteurs, ont une croissance continue par leur extrémité apicale alors qu’elles meurent par leur base accumulant ainsi la matière organique peu décomposée dans un milieu humide acide et anaérobie.
  • Sédiments : Le sédiment de n’importe quelle matière peut être transporté par le mouvement d’un fluide (air, eau, glacier) et est éventuellement déposé, formant une couche de particules solides sur le lit ou le fond d’un cours d’eau ou d’un autre liquide.
  • Natura 2000 : Voir Réseau Natura 2000.
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