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3 - Introduction

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
  • disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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Une région avec un large éventail de milieux

Par la présence d’un double gradient d’influences climatiques Ouest-Est et Sud-Nord, la région Poitou- Charentes représente une aire de transition. Bien que globalement de caractère atlantique, le Poitou-Charentes subit des influences méridionales très nettes dans le sud avec un riche cortège d’espèces méditerranéennes en Charente et Charente-Maritime, tandis que des influences à la fois plus nordiques, orientales et montagnardes sont ressenties en Deux-Sèvres et en Vienne dans tous les groupes floristiques et faunistiques (DIREN, 2002.) Grâce à ces influences aussi riches que variées, le Poitou- Charentes offre un large éventail de milieux sur les 2,6 millions d’hectares de surface régionale.

Les côtes du littoral charentais (îles comprises) bordent l’océan Atlantique sur une façade de 440 km (soit 6 % du littoral français). La présence des îles, des estuaires et des détroits confère à l’espace littoral un caractère tout à fait emblématique et unique : ce sont les pertuis. L’ étendue des eaux marines de faible profondeur (moins de 20m) permet la présence de riches cortèges maritimes.
Fort de ces particularités, le littoral régional présente des habitats variés qui hébergent un grand nombre d’espèces marines de faune et de flore. Le Poitou-Charentes compte d’ailleurs environ 200 000 ha de surface maritime en sites Natura 2000.

Les paysages de Poitou-Charentes
Les paysages de Poitou-Charentes
Sigore - Les entités paysagères

Des milieux aux fonctionnalités variées

Les milieux naturels sont façonnés dans un premier temps par l’écosystème puis par l’intervention humaine. La présence de biodiversité est dépendante de la fonctionnalité des milieux.
La fonctionnalité d’un écosystème est sa capacité à assurer ses cycles biologiques et à fournir les services écologiques indispensables à tout être vivant.
Un réseau écologique est fonctionnel lorsqu’il existe des connexions entre les différents milieux colonisés par une espèce ou un groupe d’espèces et des échanges d’individus entre des populations de différentes espèces.

Par ailleurs, notre écosystème n’ est fonctionnel que s’il l’est pour toutes les communautés animales et végétales c’est-à-dire pour les espèces à forte et à faible exigences écologiques. Par exemple, le butor étoilé est une espèce qui ne vit que dans les marais et roselières (forte exigence), contrairement au merle qui lui s’adapte à tous les types de milieux (faible exigence).

Les différents éléments d’un réseau écologique

> Les réservoirs sont des éléments physiques hébergeant des communautés d’individus stables et présentant les sites de reproduction, d’alimentation et de refuge indispensables aux espèces qui les composent. Ces réservoirs peuvent être proches ou éloignés les uns des autres. Par exemple, les amphibiens pondent dans des mares qui peuvent être éloignées de plusieurs centaines de mètres de leur site d’hivernage.
> Les relais sont des éléments physiques qui remplissent une partie des fonctions jouées par les réservoirs (milieu refuge pour une partie seulement d’une communauté par exemple). Ces zones n’ abritent pas des communautés stables en raison de leur petite taille ou de leur qualité plus faible.
> Les corridors sont des éléments physiques reliant les réservoirs (sites de reproduction, sites de pontes, sites de nourrissage, sites de repos, sites de migration, etc.). Ces corridors peuvent être une haie, une lisière forestière, un fossé, une rivière, un chemin, une bande enherbée par exemple.
La situation privilégiée des corridors permet donc la coexistence, sur un espace restreint, de diverses populations animales provenant de différents milieux (forêt, friches, cultures, prairies).
Une haie représente une structure riche en ressources alimentaires variées, en abris permettant la reproduction, le repos et le refuge, l’hibernation qui favorisent le déplacement des individus. De plus, la faune et la flore présentes au niveau des haies, sont rarement des espèces spécialistes de cet habitat mais plutôt des espèces ubiquistes, souvent nombreuses et qui se répartissent selon leurs exigences écologiques.

Avantages et inconvénients des corridors biologiques
AvantagesInconvénients
Facilite les mouvements d’individus dans les paysages fragmentésAugmentent le taux d’immigration dans les habitats isolés et peuvent faciliter la dispersion d’espèces indésirable( parasites, etc.), de maladies, de gènes non souhaités
Augmente le taux d’immigration vers les habitats isolésAugmente l’exposition des animaux aux prédateurs, à la chasse ou au braconnage par les humains, ou à d’autre sources de mortalité (route par exemple)
Facilite la continuité des processus écologiquesJoue le rôle de "puits" pour certaines espèces régionales
Sert d’habitats à de nombreuses espèces animales et végétales et rend des services pour le fonctionnement des écosystèmesFacilite la propagation du feu ou d’autres perturbations abiotique
Source : Bennett, 1999

Une zone de transition, faisant office de « zone tampon » entre la haie (par exemple) et les milieux ouverts alentour est particulièrement intéressante.

Les zones de renforcement autour des réservoirs ou des relais augmentent leur qualité en réduisant les influences extérieures d’origine biologique (prédation ou compétition avec les espèces ubiquistes des milieux banaux par ex.) ou anthropique (fonction tampon réduisant les effets négatifs des polluants, engrais ou biocides par ex.).

Pour conserver efficacement la biodiversité, il faut améliorer la fonctionnalité des réseaux écologiques.
> en conservant des populations importantes dans un nombre suffisant de réservoirs
> et en restaurant des relais et des corridors suffisamment nombreux afin de renforcer les échanges entre les individus.

Depuis 2007, un des grands projets nationaux français issu du Grenelle de l’Environnement est la « Trame verte et bleue ».

« La trame verte et bleue a pour objectif d’enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, à la gestion et à la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques, tout en prenant en compte les activités humaines, et notamment agricoles, en milieu rural ». (Grenelle de l’Environnement, 2010)

Ce même article de la loi Grenelle décrit les éléments des trames qui peuvent se résumer ainsi :
> La Trame Verte comprend les espaces naturels importants, les corridors écologiques et les surfaces en couvert environnemental permanent le long de certains cours d’eau.
> La Trame Bleue comprend les cours d’eau, parties de cours d’eau, canaux et zones humides importants pour la préservation de la biodiversité (notamment : les cours d’eau en très bon état écologique ou identifiés dans les SDAGE comme réservoirs écologiques, les cours d’eau dans lesquels il est nécessaire d’assurer la circulation des poissons migrateurs, les zones humides dont la préservation ou la restauration contribue au bon état des masses d’eau défini dans les SDAGE).

La présentation des milieux qui va suivre est basée sur la typologie CORINE-biotope avec une adaptation aux spécificités de la région Poitou-Charentes.

  •  Pour aller plus loin
  • Amphibiens : Classe de vertébrés tétrapodes (quatre pattes) poïkilothermes, à peau nue, généralement ovipares.
  • Biocide : Les produits biocides sont des pesticides à usage non agricole tels que les insecticides ménagers, les désinfectants, les produits de traitement du bois ou de l’eau... Ils sont souvent indispensables, mais peuvent présenter des risques dans la mesure où ils contiennent des substances actives destinées à tuer ou rendre inoffensifs des organismes vivants. Ce sont, la plupart du temps, des produits chimiques. Mais les produits biocides peuvent également contenir des micro-organismes, y compris des champignons et des virus. Or seule la mise sur le marché d’un petit nombre de biocides est contrôlée en France (MATE 2001).
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Corridors biologiques : un corridor biologique est un ensemble de structures généralement végétales, en milieu terrestre ou humide permettant les dispersions animales et végétales entre différents habitats (massifs forestiers, zones humides, etc.). Les corridors biologiques jouent quatre rôles : couloir de dispersion pour certaines espèces, habitat où les espèces effectuent l’ensemble de leur cycle biologique, refuge, ou encore habitat-source, lequel constitue un réservoir d’individus colonisateurs. Dans tous les cas, ils sont indispensables à la survie des espèces.
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Habitats, habitat : Entité écologique correspondant au lieu où vit une espèce et à son environnement immédiat.
  • Littoral : Relatif aux rivages marins. La largeur de ce domaine est variable : il englobe l’arrière côte dans la terre ferme (on parle de zone supra littorale, située au-dessus de la mer mais soumise cependant à l’influence marine), le rivage proprement dit et la zone de balancement des marées ou estran (zone médio littorale ou zone littorale s.str.), ainsi que l’avant côte submergée en permanence (zone infra littorale jusqu’à -50 m et zone circa littorale de -50 à -200 m). Chacune des zones présente des associations de faunes et flores caractéristiques.
  • Migration : Déplacement d’une population sous l’influence de facteurs périodiques (climatiques, alimentaires et reproducteurs) ou accidentels, avec retour ultérieur sur les lieux de départ.
  • Milieux naturels : Un milieu naturel et caractérisé par un ensemble d’éléments qui agissent directement ou indirectement sur tout ou partie des organismes qui l’habitent. Les éléments constituants d’un milieu naturel sont principalement le sol, le relief, le climat et les êtres vivants qui le peuplent. Ainsi, biotopes et biocénoses forment des écosystèmes dont les multiples interactions conditionnent la stabilité ou l’évolution du milieu. Des perturbations naturelles ou anthropiques peuvent rompre cet équilibre et entraîner la régression ou la disparition du milieu.
  • Pertuis : Zones maritimes abritées, délimitées par les îles et par le continent, correspondant à des mers "intérieures".
  • Communauté : ensemble des individus appartenant à plusieurs espèces qui coexiste dans un même milieu et qui forment des ensembles fonctionnels en interaction les uns avec les autres ; partie d’une biocénose.
  • Poissons : Vertébrés aquatiques qui respirent par des branchies et dont les membres pairs sont représentés par des nageoires (pectorales et pelviennes). Ils sont généralement ovipares.
  • Populations : ensemble d’êtres vivants d’une même espèce, occupant un territoire déterminé, présentant des caractéristiques propres et qui se perpétuent dans le temps.
  • Roselières : zone humide présentant des formations végétales constituées de roseaux.
  • Ubiquiste : Se dit d’un organisme animal ou végétal que l’on rencontre partout.
  • Anthropique : Qui résulte de l’action de l’homme.
  • espèces :

    La discipline qui étudie et décrit la biodiversité des êtres vivants et leurs relations, et qui traduit les relations de parenté entre les taxons par une classification, s’appelle la systématique.

    Selon les "traditionnels" concepts morphologiques et mixiologique, une espèce est définie par l’ensemble des populations qui possèdent des caractéristiques anatomiques et physiologiques homogènes et dont les individus ne se reproduisent qu’entre eux. Actuellement, c’est le concept d’espèce évolutive qui est le plus largement répandu : une espèce est une lignée unique de populations formée d’une suite d’ancêtres et de descendants qui maintient son identité à l’égard des autres lignées (Wiley, 1978).

    Même si la notion d’espèce n’est pas exactement la même pour les animaux et les végétaux, on retiendra qu’une espèce est constituée d’un groupe de populations géographiquement isolées et qui présentent chacune un pool génétique propre. Cette diversité génétique est à l’origine des réponses évolutives et adaptatives des êtres vivants et de la création de nouvelles espèces (spéciation).

  • Natura 2000 : Voir Réseau Natura 2000.
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