L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
La situation
Patrimoine naturel
Pression

3 - Effets

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
  • disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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Paysage
Paysage

Les connaissances sur la biodiversité, le fonctionnement des écosystèmes et les impacts des activités anthropiques sont encore fragmentaires et insuffisamment diffusées. Certaines pressions sont cependant clairement identifiées comme causes de raréfaction et de disparition d’espaces et d’espèces. Destruction, fragmentation et altération des habitats, contamination des chaînes alimentaires par des substances toxiques, introduction d’espèces allochtones et mauvaise exploitation des espèces sont les principales pressions qui s’exercent sur la biodiversité.


La consommation et l’appauvrissement des espaces naturels - uniformisation des paysages, rupture de territoires

L’occupation du sol, liée aux activités humaines, a pour conséquence directe l’altération des habitats. En effet, l’urbanisation, les divers aménagements, la mise en culture intensive, etc., sont consommateurs d’espace et changent les paramètres physiques des milieux. Les capacités d’accueil de ces derniers sont alors perturbées ; certaines espèces ne peuvent plus s’y développer, alors que d’autres y prolifèrent : la composition des peuplements est modifiée et l’équilibre écologique est rompu.

Actuellement, la destruction et la fragmentation des habitats sont les causes directes les plus importantes de déclin de la biodiversité, en Poitou-Charentes comme dans le reste du monde. Les divers aménagements « à base » de béton ou bitume (infrastructures routières, ferroviaires, remblais et déblais associés) et autres constructions, ont pour conséquences immédiates la consommation et la destruction des milieux naturels.

L’amenuisement des habitats s’accompagne souvent de leur morcellement, phénomène qui accroît les risques d’extinction des animaux et par conséquence de nombreux végétaux qui en dépendent pour leur reproduction (pollinisation et transport des graines).

En effet, pour assurer leur survie, les espèces doivent non seulement disposer de ressources naturelles (territoire, alimentation, etc.), mais doivent aussi être en capacité de :

> coloniser de nouveaux sites ,
> échanger entre populations (diversité et brassage génétique permettent aux espèces d’évoluer et de s’adapter aux changements du milieu),
> effectuer leur cycle annuel (développement et reproduction) ou leur migration.

Pollinisation par un bourdon
Pollinisation par un bourdon

Ainsi de nombreux animaux doivent pouvoir se déplacer via ce que l’on appelle des corridors biologiques et des couloirs de migrations, dont la rupture peut être catastrophique.

Si elles ne sont pas dotées de passages (tunnels ou ponts), les voies de communication (routes, voies ferrées, etc.) peuvent constituer des obstacles infranchissables pour certaines espèces :

> les reptiles et les petits mammifères (hérissons) se font écraser,
> les oiseaux et les grands mammifères (cervidés et sangliers) entrent en collision avec les véhicules,
> les amphibiens ne peuvent pas rejoindre leur site de reproduction (mortalité lors des déplacements pré et post-nuptiaux),
> etc.

Les lignes Haute Tension et Très Haute Tension, au-delà de l’occupation de l’espace et des coupes de bois qu’elles occasionnent, peuvent également être responsables de la mort d’oiseaux migrateurs et de mammifères par collision et électrocution.

Au niveau des cours d’eau, les aménagements de type barrage ou seuil, s’ils ne sont pas équipés de passes, ascenseurs ou rampes, entravent les migrations des poissons (saumon atlantique - Salmo salar, anguille - Anguilla anguilla, etc.) et les déplacements des mammifères aquatiques (loutre d’Europe - Lutra lutra, castor d’Eurasie - Castor fiber, etc.).

Globalement, les divers aménagements hydrauliques modifient de façon durable les cours d’eau (pente, profondeur, vitesse du courant, forme des berges), et ont des répercussions sur le fonctionnement des écosystèmes. Bien souvent cela engendre une tendance à l’uniformisation des milieux naturels, provoquant une baisse de la biodiversité. Le même phénomène est observé dans les zones de cultures intensives. En effet, la constitution de grandes parcelles agricoles a pour premier impact, autant visuel qu’écologique, l’uniformisation des paysages.

Maïs dans un ancien marais en Deux-Sèvres
Maïs dans un ancien marais en Deux-Sèvres

L’aménagement foncier et la généralisation de la mécanisation n’ont pas toujours épargné le milieu : destruction des haies, arasement des talus, tassement des sols, rectification des cours d’eau, etc. Le maillage bocager régional a ainsi connu d’importantes réductions. Lorsque les habitats bocagers disparaissent, leurs fonctions écologiques (tampon climatique, régulation des eaux, corridors biologiques, etc.) ne sont plus assurées : le ruissellement augmente, l’érosion des sols s’accélère, et tout un ensemble de niches écologiques est détruit.

D’autres milieux ont été transformés pour être mis en culture : une partie des zones humides picto-charentaises a été drainée, et des marais et prairies ont laissé place à des zones de monoculture.

Parfois, les aménagements effectués par l’Homme peuvent conduire à l’amplification des phénomènes naturels, au point de les rendre catastrophiques, aussi bien pour l’Homme que pour les milieux et les espèces :

> dans les zones artificialisées, le ruissellement est accru par l’imperméabilisation des sols, multipliant de ce fait les risques et l’envergure des inondations,
> les effets d’une sécheresse sont plus importants en fonction de la nature du sol ; si celui-ci est érodé, les risques de dessiccation d’horizons et d’incendie augmentent,
> la tempête que la région a connue en 1950 a causé des dégâts moindres que celles de 1999, principalement parce qu’il y avait moins d’infrastructures.

Hérisson d’Europe
Hérisson d’Europe

La dégradation des sols

Le sol est un milieu complexe et dynamique. Il est le produit d’altération du remaniement et de l’organisation des couches supérieures de la croûte terrestre sous l’action de la vie, de l’atmosphère et des échanges d’énergie qui s’y manifestent (il faut environ 600 ans sous nos latitudes pour constituer un sol à partir de la roche mère). Le sol acquiert ses propriétés progressivement, sous l’action combinée de l’atmosphère, de l’hydrosphère, de la lithosphère et de la biosphère.

Les fonctions du sol

Les fonctions d’un sol sont multiples et variées qu’elles soient agricoles ou environnementale, vis-à-vis de l’eau, de l’atmosphère ou bien de la biodiversité.

Fonction de production agricole

Le sol est capable, selon certaines conditions, d’assurer une fonction de production agricole. Celle-ci dépend de la fertilité physique (capacité du sol à fournir l’eau aux plantes en quantité raisonnable), de la fertilité chimique (capacité du sol à fournir les éléments nutritifs) et de la fertilité biologique (nature de la matière organique du sol).

Chaque sol sera différent et remplira plus ou moins bien, voire même pas du tout, cette fonction de production agricole, selon sa nature, donc selon sa localisation géographique.

Cette fonction est vitale pour l’Homme puisqu’elle permet de fournir une quantité de nourriture importante. Le sol est donc une ressource indispensable qu’il convient de protéger.

Fonctions environnementales

Le sol, étant à l’interface de l’atmosphère, de l’hydrosphère, de la lithosphère et de la biosphère, constitue un rôle clé de notre écosystème.

Le sol et l’eau

Le sol détermine la répartition des flux entre ruissellement et infiltration, il a donc un rôle important dans la genèse des crues et des inondations. Il a également un rôle épurateur par processus de filtration et de fixation voir de dégradation des éléments potentiellement polluants (éléments traces, pesticides...). D’autre part, il détermine la dynamique et la qualité des eaux y compris vis-à-vis de la santé humaine.

Le sol et l’atmosphère

Le sol exerce un rôle tampon vis-à-vis des polluants provenant de l’atmosphère (exemple des pluies acides), il permet en effet de réguler le pH des eaux. Il intervient de plus dans le cycle des éléments à composante gazeuse comme l’azote, le carbone ou le mercure. Le stockage du carbone dans l’humus aura, par exemple, des répercussions importantes sur les changements climatiques globaux, et inversement. Le sol peut également avoir un impact à plus ou moins grande échelle sur les gaz à effet de serre tels que le méthane ou le protoxyde d’azote.

Le sol et la biodiversité

Le sol, véritable milieu vivant, présente tout d’abord une importante réserve de gènes. Pour un gramme de sol, on trouvera par exemple 1 million de champignons et 10 millions de bactéries. Les organismes sont majoritairement présents dans les trente premiers centimètres du sol. La diversité des organismes et l’activité de ceux-ci sont des témoins essentiels de la bonne qualité ou non d’un sol. Les organismes et micro-organismes ont un rôle primordial dans la formation des sols et leur évolution (décomposition des résidus, minéralisation, recyclage des éléments comme le carbone par exemple...). Les espèces restent cependant peu étudiées, on estime en effet que seulement 10 % des organismes contenus dans un sol ne nous seraient pas connus.
La flore joue elle aussi un rôle primordial. Elle est notamment le témoin de l’évolution de la qualité phytosanitaire d’un sol.

Les constituants du sol et leur origine

Le sol est composé de multiples constituants dont la composition peut être solide (minéraux et matière organique), liquide ou gazeuse. La phase minérale est majoritaire mais la matière organique joue un rôle primordial dans le fonctionnement et dans les propriétés du sol.

TBE - Géographie Physique
La fraction minérale

Différents minéraux sont contenus dans un sol : les minéraux primaires et les minéraux secondaires. Cette fraction minérale correspond à l’ensemble des produits de la dégradation physique puis chimique de la roche mère (roche initialement en place). Ces éléments (sable, limon, argile...) constituent le squelette du sol. Les minéraux primaires sont généralement issus directement de la roche mère par des processus d’altération (chimique ou mécanique). Les minéraux secondaires sont quant à eux des minéraux remaniés, généralement issus des minéraux primaires, ou bien hérités des roches, ou encore recombinés suite à des dégradations chimiques. Les minéraux secondaires forment ce qu’on appelle le complexe d’altération du sol (argile, oxyhydroxyde...).

La fraction organique

La naissance d’un sol ne peut se faire qu’avec l’intervention du mélange matière organique-minéraux. C’est en effet à partir de cette base qu’un sol peut se développer et évoluer dans le temps. La matière organique correspond à un mélange de débris animaux et végétaux.

Elle a un rôle primordial permettant en effet d’assurer la rétention de l’eau des cations, du phosphore, de l’azote, des métaux lourds, des éléments traces, des pesticides... Elle a, de plus, un rôle majeur dans la stabilité de la structure du sol et une influence sur les processus d’érosion(ralentissement du phénomène). La teneur en matière organique est maximale dans les premiers centimètres puis décroît avec la profondeur.

La matière organique étant soumise à l’action des micro-organismes, elle est dégradée progressivement dans le temps selon différents processus (minéralisation et humification). Les agents responsables de cette transformation sont les bactéries, les champignons, les protozoaires, les lombrics...

De ces processus résulte l’humus, la couche superficielle du sol créée et entretenue par la décomposition de la matière organique. Différents types d’humus sont distingués en fonction de la nature de la matière organique et des conditions de son évolution : humus de type mull, moder et mor.

Les problèmes liés au sol

Le sol est une ressource naturelle très vulnérable. Il est en effet soumis à différents agents tels que le climat (la température et l’humidité jouant un rôle important, favorisant ou ralentissant la dégradation de la matière organique) ou les activités anthropiques (agriculture, urbanisation...). L’ensemble de ces problèmes conduit à une dégradation physique mais également à une dégradation de la qualité globale des sols.

La qualité d’un sol

Pour ce qui est de la qualité des sols, on sait que de nombreuses pollutions peuvent infiltrer et être diffusées dans les sols telles que les retombées atmosphériques, les pesticides, les métaux lourds apportés par les eaux d’infiltration, ou encore les micropolluants. Ces pollutions sont nombreuses et peuvent affecter les sols de manière plus ou moins grave, engendrant certaines conséquences notamment sur la biodiversité.

La dégradation d’un sol

Concernant la dégradation physique des sols, il apparaît que de nombreux processus peuvent les affecter. Ces processus sont généralement liés à une agriculture trop intensive ou à des mauvaises pratiques agricoles. Ces dégradations sont visibles à plusieurs niveaux et sont synonymes de déséquilibre.

Voici quelques exemples de dégradation des sols :

> Une modification de l’humus et de la formation du sol peut être induite lors du remplacement de la végétation primaire par une végétation secondaire.

> Une diminution des taux de matière organique peut être observée lors d’une exploitation trop importante du sol ou bien lors de l’usage de pesticides ou d’engrais chimiques. L’usage de produits chimiques pouvant entraîner des réactions d’acidification ou de salinisation, modifiant alors la fertilité chimique du sol.

> L’érosion est un processus naturel pouvant affecter tous les types de sol. Généralement les agents responsables sont l’eau, on parlera alors d’érosion hydrique, et le vent, on parlera dans ce cas de l’érosion éolienne. Il est responsable de la perte de sols en quantité plus ou moins importante. C’est en effet un phénomène qui peut être lent mais qui peut également être accéléré par les actions de l’Homme (labour, surpâturage...).

> L’utilisation intensive de certains engins agricoles et l’application de certaines pratiques comme le labour engendrent une destruction des couches superficielles du sol. Ces couches de surface sont pourtant primordiales pour le fonctionnement des sols jouant un rôle de protection pour les horizons sous-jacents. Cette mise à nu est susceptible d’accélérer le processus d’érosion.

> Le passage d’engins lourds tend à le compacter réduisant ainsi les espaces vides qui permettent, en temps normal, la circulation des eaux, le développement des végétaux ou le passage des espèces.

A l’échelle mondiale, la dégradation des sols notamment tropicaux, est observée depuis des décennies. On estime à 10 millions d’hectares, la surface de terres cultivables qui sont emportés par l’érosion tous les ans. A l’échelle européenne, le phénomène prend également de plus en plus d’ampleur, les dégradations étant majoritairement dues aux activités anthropiques. En France, on considère que près d’un quart des sols sont affectés par l’érosion.

La région Poitou-Charentes, avec sa Surface Agricole Utile d’environ 1,7 millions d’hectares, est véritablement tournée vers l’agriculture qui couvre près de 70 % du territoire picto-charentais (Agreste Poitou-Charentes, 2011b). Les sols sont donc soumis à de fortes pressions engendrant de nombreuses conséquences sur les milieux naturels.

Exemple d’érosion des sols
Exemple d’érosion des sols

Les conséquences de la dégradation des sols

Les conséquences de la dégradation conduisent majoritairement à une perte quantitative de sol, de nombreux problèmes y sont alors liés :

> Une baisse de la productivité

> Une diminution du stock de carbone par minéralisation de la matière organique et le manque de prairie dans la rotation. La composition et la structure du sol étant modifiées par l’agriculture, le stockage du CO2 en devient plus faible

> Des catastrophes induites par des évènements naturels exceptionnels comme les coulées de boues ou les inondations

> Une dégradation de la ressource en eau tant quantitativement que qualitativement notamment lorsque les particules des sols sont transportées par les eaux, augmentant ainsi leur turbidité et leur apport en phosphore et azote.

> Un plus faible stockage de l’eau en périodes pluvieuses liée à la diminution de la porosité du sol et au drainage qui accélèrent l’évacuation des eaux de ruissellement.

La perte de la biodiversité constitue également un problème majeur en lien avec la dégradation des sols. En effet, une disparition de la végétation et de nombreux habitats pour la faune est observée dès lors que le sol est déséquilibré.

L’utilisation de pesticides induit la disparition de la faune du sol qui est pourtant un des constituants majeurs jouant un rôle important dans sa structuration. Les vers de terres permettent par exemple l’aération et l’enracinement des plantes. Or, si le sol n’ est plus aéré, le ruissellement est accéléré pouvant alors entraîner des inondations ou des coulées boueuses. Il est à noter que la mise en culture d’une prairie peut entraîner une diminution de 20 à 90 % de la biomasse de lombrics en trois ans (CESAB, 2011).

L’utilisation importante d’engrais minéraux tend, quant à elle, à favoriser la minéralisation organique donc à appauvrir le sol.

Certaines pratiques telles que le labour et la compaction lié au poids des engins déstructurent profondément l’organisation des sols. Ceux-ci sont alors moins aérés, l’oxygène devenant alors insuffisant pour les espèces.


Les rejets dans le milieu et leurs impacts

Avant toute chose, il est important de rappeler que les trois « compartiments écologiques » que sont l’air, l’eau et le sol, sont liés à la circulation des molécules et, par conséquent, des polluants. À titre d’exemple, une pollution de l’air peut aboutir à une pollution du sol et de l’eau parretombée des polluants atmosphériques entraînés par la pluie ; d’autre part, les substances présentes dans le sol peuvent polluer les eaux, soit par infiltration dans les nappes phréatiques soit par écoulement vers les cours d’eau.

Dans l’air

Un polluant est "toute substance introduite directement ou indirectement par l’homme dans l’air ambiant et susceptible d’avoir des effets nocifs sur la santé humaine et/ou l’environnement dans son ensemble (directive n°96/62/CE concernant l’évaluation et la gestion de la qualité de l’air ambiant). Les activités humaines, les transports, l’habitat, l’industrie, les productions d’énergie électrique, le traitement des déchets, l’agriculture, sont toutes sources de pollution de l’air. De plus, les polluants atmosphériques sont très nombreux, pas toujours parfaitement connus et leurs impacts sur l’environnement parfois difficilement quantifiables.

Girafe échelle ATMO
Girafe échelle ATMO

L’ ozone (O3) atmosphérique est un gaz polluant secondaire, c’est à dire qu’il n’ est pas rejeté directement dans l’air, mais qu’il résulte de la transformation par réaction chimique des gaz précurseurs tels l’oxyde d’azote, et le monoxyde de carbone, principalement d’origine automobile et industrielle.

En région, des mesures régulières de ce polluant sont faites par ATMO Poitou-Charentes, permettant de suivre et d’évaluer la qualité de l’air. Celle-ci peut, en effet, se trouver fortement dégradée dès lors que la concentration en ozone augmente de manière significative. Ce fût par exemple le cas en 2003 ou en 2006, années pour lesquelles le seuil d’information et de recommandations pour l’ozone a été dépassé plusieurs fois. La qualité de l’air pouvant alors être qualifiée de « médiocre » ou de « très mauvaise ».

Site ATMO Poitou-Charentes

L’ozone a des effets néfastes sur les végétaux : cet élément altère leur photosynthèse ainsi que leur respiration et ralentit leur croissance. De fortes concentrations d’ozone peuvent réduire significativement la croissance des forêts. Toutefois, les espèces végétales n’ont pas toutes la même sensibilité : le Mélèze y est sensible, alors que le Pin sylvestre l’est moyennement et l’Épicéa commun et les chênes le sont peu.

Dans l’eau

La pollution des eaux (nappes phréatiques, rivières, étangs ou mers) résulte principalement des rejets d’origine urbaine, agricole ou industrielle. L’ eau est considérée comme polluée lorsque la concentration d’un ou plusieurs des minéraux qu’elle contient dépasse le seuil d’autoépuration du milieu.

Site du RPDE - Les pollutions et les menaces

Les nombreuses substances pouvant occasionner des pollutions (courantes, stagnantes, douces ou marines) ont des origines diverses :

> eaux de drainage lessivant les excès d’engrais ainsi qu’une gamme variée de produits phytosanitaires.

> eaux résiduaires des agglomérations enrichies en azote, détergents libérant du phosphore, matières organiques, et micro-organismes dont certains sont pathogènes,

> eaux pluviales en zones urbanisées qui se chargent en impuretés au contact de l’air (fumées industrielles) et ruissellent sur les toits et les chaussées (carburants, résidus de pneus, etc.),

> eaux résiduaires industrielles contenant une variété de produits toxiques, solvants, métaux lourds, micro polluants organiques, hydrocarbures, etc. qui agissent comme polluants de façon plus directe.

Généralement, les pesticides sont répandus volontairement pour éliminer des espèces animales ou végétales jugées indésirables dans les cultures, les espaces urbains, les voies de communication, les maisons, les jardins. Dans les eaux continentales, la présence des pesticides est quasi généralisée : 92 % des points de mesure en cours d’eau, près de trois quarts en plans d’eau et 70 % en eaux souterraines présentent au moins un pesticide quantifié de 2007 à 2009 (MEDDTLSOeS, 2011b). Les teneurs mesurées sont parfois très faibles et ont, dans ces cas, peu d’incidence sur la qualité des eaux.

Cela traduit néanmoins une dispersion importante des pesticides et une présence généralisée dans les milieux aquatiques. En 2009, 53 % des masses de surface françaises (cours d’eau, plans d’eau, eaux de transition, eaux côtières) sont dans un état jugé moyen à mauvais (Eaufrance, 2010).

A l’image des résultats nationaux, la totalité des cours d’eau suivis en région Poitou-Charentes présente une contamination aux produits phytosanitaires à des degrés divers.

La Seugne en forêt de Pons (17)
La Seugne en forêt de Pons (17)

Entre 1999-2005, et sur l’ensemble des 46 stations suivies, 84 substances actives ou métabolites ont été quantifiés au moins une fois dont la moitié d’entre-elles ont été retrouvées ponctuellement (FREDON Poitou-Charentes & GRAP, 2007). En Poitou-Charentes, comme dans de nombreuses autres régions, certaines portions de cours d’eau se trouvent polluées par les oxydes d’azote (NOx) (pollution routière ou industrielle) et les phosphates principalement apportés par les activités agricoles.

Site du GRAP (Groupe Régional d’Action pour la Réduction des Pesticides)

En 2008, concernant les nitrates, de nombreuses rivières de Poitou-Charentes sont de qualité médiocre à mauvaise. La contamination des eaux souterraines par les nitrates est également importante : sur la période 2001-2010, 70 % des points du réseau régional de suivi présentent des valeurs supérieures à 10 mg/l (BRGM,2011).

Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes (altération nitrates - 2008)
Qualité des eaux superficielles en Poitou-Charentes (altération nitrates - 2008)
Site du RPDE

(Rubrique : Connaître l’eau et ses usages en région > Sa qualité)

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(Cocher : Eau > Qualité > Eaux Superficielles)

Les récents progrès réalisés en matière de traitements pour l’alimentation en eau potable ont largement limité l’impact d’une telle contamination à l’état naturel. Au cours de l’année 2010, moins de 2 % de la population picto-charentaise était concernée par des dépassements occasionnels de seuils de qualité vis à vis des pesticides dans l’eau (contre 24 % en 2001) ; et moins d’1% des usagers concernant les nitrates (ARS Poitou-Charentes, 2011).

En parallèle, la pollution et l’eutrophisation du milieu aquatique entraînent une chute de la biodiversité.

L’ eutrophisation de l’écosystème a pour effet la prolifération anarchique de certaines espèces d’algues (phytoplancton et autres).
Les conséquences sont notamment :

> l’asphyxie du milieu par diminution de la teneur en oxygène dissous la nuit due à la respiration des nombreux végétaux et animaux présents ;

> la dégradation des habitats lors de la décomposition des algues. Les éléments décomposés vont colmater le fond des cours d’eau détruisant ainsi les milieux de vie des invertébrés et les zones de frai des poissons.

Le fonctionnement des centrales nucléaires n’est pas non plus sans effet sur le milieu naturel, et plus spécifiquement sur les milieux dulçaquicoles. Outre la pollution occasionnée par les rejets radioactifs d’une centrale, qu’ils soient atmosphériques ou liquides par exemple, les eaux rejetées par les centrales peuvent avoir une température différente de celle du cours d’eau, perturbant ainsi la vie des poissons et autres organismes : c’est la pollution thermique.

Le rejet d’une eau réchauffée peut également favoriser des conditions propices au développement d’amibes pathogènes pour l’Homme.

Notons que pour la centrale de Civaux, par arrêté préfectoral, si la température en amont de la centrale est égale ou supérieure à 25°C, la température en aval des rejets thermiques de la centrale doit être égale ou inférieur à celle de la Vienne en amont. En outre, l’écart entre la température des eaux en amont et celle en aval de la centrale ne doit pas dépasser 2°C. (Autorisation de Rejet et de Prélèvement d’Eau (ARPE) du 23 juin 2009).

Dans les sols

Les sols peuvent être pollués via les eaux qui s’y infiltrent, mais ils le sont aussi souvent directement. La qualité des sols peut ainsi être dégradée par l’emploi d’engrais et de produits phytosanitaires.

Du fait de la diversité des éléments qu’elles peuvent contenir (plomb, cuivre, cobalt, arsenic, chrome, mercure, etc.), l’épandage des boues des stations d’épuration suscite certaines interrogations.

Les grandes cultures étant d’importantes consommatrices d’engrais minéraux, les sols pictocharentais présentent des excédents élevés d’azote minéral qui se retrouvent dans les eaux superficielles par infiltration ou par écoulement. La flore et la faune sont directement touchées par la diffusion de ces éléments chimiques dans le sol.

En Poitou-Charentes, certaines messicoles (plantes exclusives des moissons, "messis" en latin, telles que coquelicot, bleuet, etc.), font les frais d’une utilisation intempestive d’herbicides. Les messicoles souffrent de leur appellation de "mauvaises herbes" et sont ainsi éliminées volontairement. La Nigelle des champs (Nigella arvensis) est un exemple dont les populations se raréfient (Baron, 1993). L’inventaire des plantes messicoles du Poitou-Charentes mené par les associations membres de Poitou-Charentes Nature entre 2005 et 2009 a permis de recenser 76 espèces messicoles sur les 111 recherchées dans notre région. Les espèces non revues dans le cadre de cet inventaire (près d’un tiers des espèces messicoles recherchées) sont pour la plupart considérées comme disparues, car non observées depuis plus de 30 ans (Poitou-Charentes Nature, 2010).

Poitou-Charentes-Nature (PCN)

(Rubrique : Actions > Messicoles du Poitou-Charentes.)

La portée toxique d’un produit vis-à-vis de la faune et la flore est appelée écotoxicité. Il est très compliqué de mesurer l’écotoxicité d’une substance et de ses sous-produits. Certains produits chimiques peuvent se recombiner entre eux, cette synergie donnant naissance à des polluants secondaires plus néfastes que les produits initiaux. Des résultats de recherche ont cependant montré que de nombreux produits phytosanitaires sont peu ciblés (OIEau, 2003) :

Site de l’OIeau

> même si la plupart des traitements est appliquée sur les parties aériennes des plantes, une partie du produit atteint le sol, où vit la microflore (bactéries, champignons et algues) et la pédofaune (vers de terre), essentielles au maintien de la fertilité et sur laquelle ces produits ont des effets nocifs ;

> les phytosanitaires se révèlent également dangereux pour les antagonistes des ravageurs ciblés (compétiteurs, prédateurs et parasites) et provoquent globalement une diminution des effectifs d’insectes et autres invertébrés. Cette diminution d’invertébrés n’est pas sans effet sur les insectivores qui s’en nourrissent telle l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax) fortement perturbée pendant l’élevage des jeunes ;

> lorsqu’ils ruissellent dans les milieux aquatiques, les produits phytosanitaires et leurs dégradés peuvent provoquer des dégâts importants sur l’ensemble de la faune aquatique, y compris sur les prédateurs (poissons, mammifères) qui accumulent les substances dans leur organisme via la chaîne alimentaire.

Une étude du CEMAGREF 2007 sur des poissons, a également mis en avant le fait que certains polluants (herbicides, plastifiants, produits de dégradation de détergents industriels, médicaments) perturbent le développement sexuel de certaines espèces : les mâles développent des caractères sexuels féminins et les femelles pondent moins d’œufs.

Par leurs mises en œuvre, les infrastructures routières et ferroviaires sont souvent responsables de pollutions. Leur utilisation est source d’émission de poussières, d’hydrocarbures, de plomb et de zinc par usure des pneus et des chaussées, et de monoxyde de carbone par les carburants. L’ entretien des voies ferrées et des routes conduit à l’utilisation de produits phytosanitaires, et le sel de salage des routes contient des traces de métaux lourds, cause de pollution saisonnière en hiver. Ces diverses substances polluent et dégradent les milieux et provoquent souvent la disparition d’espèces.

Bleuet des champs
Bleuet des champs

Les milieux peuvent également être contaminés lors d’accident de transports de substances dangereuses. En Poitou-Charentes, la hausse du transport routier de matières dangereuses (produits chimiques, explosifs, hydrocarbures, engrais, etc.) a entraîné une augmentation du risque d’accident et donc de pollution par ces substances. Le trafic maritime peut aussi constituer une source de rejets d’éléments polluants des espaces littoral et marin.

Même si le trafic de matières dangereuses dans les ports charentais est faible, il existe des risques liés aux opérations de chargement / déchargement ou au dégazage des navires. Le naufrage de l’Erika (1999), et dans une moindre mesure celui du Prestige (2002), ont provoqué des marées noires, sources de graves pollutions du littoral charentais.

Certains sites de la région, en particulier sur la côte atlantique, peuvent aussi être dégradés par les impacts du tourisme de masse qui accroît considérablement la production de déchets et de rejets de tous types dans le milieu naturel, et qui peut aussi augmenter le risque d’incendie. Ailleurs, la fréquentation par des utilisateurs de la nature est plus diffuse mais n’ est pas sans impact sur les milieux naturels.

Notons enfin, que certaines molécules, utilisées comme médicaments pour les Hommes ou les animaux, sont rejetées dans le milieu et peuvent constituer des substances toxiques.


La détérioration des ressources naturelles

Une des motivations, quant à la préservation des milieux naturels, est d’y maintenir la pratique des activités traditionnelles que sont la chasse, la pêche, l’exploitation du bois, la cueillette, la constitution de collections (herbier, collection d’insectes, etc.), etc.

Pour assurer une gestion optimale des stocks et établir une réglementation appropriée, une bonne connaissance de l’écologie des espèces est nécessaire. Ainsi, la définition et le respect de règles d’utilisation adaptées aux ressources biologiques sont indispensables pour en assurer une exploitation véritablement durable.

Des prélèvements non adaptés, effectués au sein des populations ou concernant les éléments physiques du milieu, comme le sol ou l’eau, peuvent briser l’équilibre naturel des écosystèmes. Par exemple, les espèces aquatiques dépendent de la qualité du milieu mais aussi de la quantité de la ressource en eau. L’augmentation des assecs, principalement due à l’augmentation des prélèvements d’eau met ainsi en péril l’ensemble de la vie aquatique et augmente plus particulièrement la mortalité piscicole, voire la disparition de populations locales d’espèces, comme l’écrevisse à pattes blanches, disparue de certains ruisseaux en Vienne et Deux-Sèvres, ces dernières années.

Ecrevisse à pattes blanches
Ecrevisse à pattes blanches

De plus, la baisse des débits de cours d’eau engendre une diminution des apports d’eau douce en zone littorale et une modification des paramètres physiques des milieux estuariens. Le développement et la reproduction des espèces qui y vivent sont alors perturbés. Un tel phénomène peut avoir de graves répercutions, écologiques et économiques. L’activité conchylicole est ainsi dépendante des quantités d’eau douce qui parviennent au littoral tant pour les éléments fertilisants et nutritifs qu’elles véhiculent que pour les variations thermiques et de salinité qu’elles induisent et qui sont essentielles pour le déclenchement des pontes d’huîtres.

Lorsque les prélèvements sont supérieurs aux capacités de renouvellement du milieu ou des espèces, on parle de surexploitation. Les prélèvements excessifs perturbent les écosystèmes et peuvent causer le déclin de l’espèce prélevée et des espèces qui y sont liées (prédateurs, parasites, pollinisateurs, etc.), et la prolifération d’autres espèces (proies, compétiteurs, etc.).

L’anguille (Anguilla anguilla) est le seul poisson qui se trouve exploité à tous les stades de son cycle biologique :

> jeunes migrant depuis la mer des Sargasses qui remonte les fleuves (civelles),

> anguillette ( jeune anguille sombre) et anguille sédentaire ( jaune) en eau douce,

> anguille d’avalaison qui descend vers la mer pour rejoindre la mer des sargasses, son lieu de reproduction.

Par son poids économique, l’anguille, et plus spécifiquement la civelle, est victime d’une surpêche importante en estuaire, qui peut parfois être assimilée à du braconnage. La surexploitation des jeunes est particulièrement préjudiciable à l’espèce, ne lui laissant pas un potentiel reproducteur suffisant pour assurer sa survie. De plus, une telle gestion des stocks des civelles se fait au détriment de l’exploitation en fin de cycle.

Actuellement, les populations d’anguilles s’épuisent et sans une réduction de la pêche sur l’ensemble du territoire européen, la survie de l’espèce est sérieusement remise en cause.

Canot équipé de filets pour la pêche à la civelle
Canot équipé de filets pour la pêche à la civelle

L’ Esturgeon commun (Acipenser sturio), est le plus grand poisson migrateur de France et était présent autrefois sur la plupart des côtes et rivières de l’Europe de l’Ouest. Depuis le début du 20ème siècle, l’intensification de sa pêche en mer et en estuaire, notamment pour la fabrication de caviar, a entraîné sa quasi-disparition (à cela se sont ajoutés la dégradation de la qualité des eaux, la destruction des frayères et la construction de barrages). Aujourd’hui, il ne subsiste en France qu’une seule population, présente dans l’estuaire de la Gironde malgré la protection nationale dont elle fait l’objet depuis 1982 en France (pêche et vente interdites par l’arrêté du 25/01/1982). Depuis 1998, à l’échelle européenne, cette population continue de régresser principalement à cause du braconnage en estuaire de la Gironde et de la pêche accidentelle au chalut sur le plateau continental.

Certaines des mesures mises en œuvre pour compenser la baisse des stocks naturels en cas de surexploitation peuvent avoir des effets négatifs sur le milieu ou la biodiversité. Une mauvaise régulation des populations peut ainsi devenir une pollution comme c’est le cas de certains estuaires avec les élevages de saumons.

Le déversement annuel en rivière de poissons d’élevage, telle la truite, est aussi nuisible aux espèces autochtones : les individus d’élevage envahissent les niches écologiques et propagent des maladies. De plus, des souches sauvages peuvent disparaître petit à petit à cause des multiples hybridations avec les souches d’élevage.

La chasse est un loisir qui engendre également des prélèvements dans le milieu naturel, prélèvements qui sont précédés d’une évaluation de la ressource. Bien que la chasse soit une activité réglementée, quelques problématiques apparaissent et des procès-verbaux sont dressés chaque année par les agents de l’ONCFS à l’encontre de personnes outrepassant la réglementation en vigueur. Les infractions relevées sont soit relatives aux espèces soit aux espaces, il s’agit par exemple de l’utilisation d’espèces protégées, du dépôt d’ordures dans les milieux naturels, de la circulation dans les espaces naturels... Notons enfin que la cueillette abusive et le pillage de stations rares pour les collections (cas notamment des orchidées) constituent également un facteur de raréfaction des espèces.

ONCFS - Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

Le dérangement de la faune et le piétinement de zones sensibles

La fréquentation du milieu naturel, par exemple dans le cadre de sports ou de loisirs, peut conduire à sa dégradation (non négligeable dans le cadre des sports mécaniques). Elle peut aussi induire un dérangement des espèces animales (pouvant être critique au moment de la reproduction), ainsi que le piétinement des espèces végétales. Les dégradations occasionnées par des actions répétées de ce type peuvent avoir des conséquences irrémédiables sur la biocénose des milieux sensibles.

Le substrat sableux des dunes littorales est un biotope présentant des contraintes majeures, auxquelles les végétaux doivent s’adapter, comme la salinité, le vent, ou la mobilité du sable, instable par essence, qui menace en permanence la plante d’être déchaussée ou d’être ensevelie.

Les plantes qui poussent dans ces conditions extrêmes et précaires, ont donc développé des adaptations bien spécifiques pour survivre. Les espaces dunaires présentent ainsi des taux d’endémismes importants, d’où le caractère indispensable de leur respect et de leur protection.

Hormis les effets de l’érosion marine, la dégradation importante des dunes est principalement due à des passages massifs et trop souvent anarchiques sur les sites.

Par exemple, sur les îles de Ré et d’Oléron, les populations d’oeillet de France (Dianthus gallicus) ou de gaillet des sables (Galium arenarium), espèces endémiques des dunes atlantiques franco-espagnoles et protégées à l’échelle nationale, sont menacées par la fréquentation du littoral particulièrement importante en période estivale. Plus généralement, c’est l’ensemble des écosystèmes qui peut être dégradé ou détruit.

Oeillet de France
Oeillet de France

L’ introduction volontaire ou non d’espèces

L’introduction d’espèces étrangères, dites allochtones, est aujourd’hui considérée au niveau mondial comme la deuxième cause directe de perte de biodiversité. L’installation d’une espèce nouvelle dans un milieu, ou colonisation, est un évènement naturel, et de tout temps, l’Homme, par ses déplacements, a contribué au déplacement des espèces. Cependant depuis le développement et la multiplication des voies de communication (routières, ferroviaires, aériennes et maritimes) les introductions d’origine humaine, volontaires ou accidentelles, s’avèrent de plus en plus fréquentes et s’opèrent sur des distances de plus en plus grandes.

La plupart des espèces introduites disparaissent faute de pouvoir s’adapter rapidement. D’autres parviennent à se développer. Dans certains cas, ce phénomène peut induire un enrichissement des communautés écologiques présentes. Cependant, si les espèces n’ont ni prédateurs ni parasites susceptibles de réguler leurs populations dans le milieu où elles ont été introduites, elles peuvent alors proliférer aux dépens des écosystèmes et des espèces autochtones. On parle alors d’espèces invasives.

Parfois, il arrive qu’après une période de prolifération et d’invasion, l’espèce introduite trouve sa place dans un milieu en équilibre et limite son expansion, comme les scientifiques l’envisagent pour la sargasse (Sargassum muticum).

Les raisons des introductions volontaires d’espèces exotiques sont diverses : économique, de loisirs, ou pour compenser la raréfaction ou la disparition d’espèces indigènes sauvages. Il peut arriver qu’elles prennent des proportions catastrophiques, comme c’est le cas en Poitou-Charentes pour certaines d’entre elles.

Ainsi, la prolifération du ragondin (Myocastor coypus), et plus particulièrement dans le Marais Poitevin est très préoccupante. Cette espèce, initialement introduite pour l’élevage lié à la fourrure engendre toutes sortes de dégâts. En effet, les ragondins creusent des terriers qui fragilisent les berges, les digues, les petits ouvrages d’art et parfois les routes. De plus, la terre évacuée des galeries est systématiquement repoussée dans l’eau, ce qui accélère le comblement des petites voies d’eau et peut gêner le bon fonctionnement hydraulique. Le Ragondin véhicule également des maladies pouvant atteindre les autres espèces et même l’Homme (leptospirose). Les méthodes de lutte le concernant ne sont pas toujours ciblée : l’intoxication des ragondins par des aliments empoisonnés à la bromadiolone, peut provoquer la mort d’individus d’autres espèces par ingestion et la concentration des substances toxiques dans les chaînes alimentaires. Le vison d’Europe(Mustela lutreola) ou la loutre d’Europe (Lutra lutra) sont régulièrement victimes de ces procédés, de même que le renard, le putois ou certains rapaces (milans).

Ragondin
Ragondin

Le xénope lisse (Xenopus laevis) est également une espèce qui envahit le département des Deux-Sèvres. Il s’agit d’un amphibien originaire d’Afrique qui a été utilisé à grande échelle dans les années 50 comme « test de grossesse » et plus récemment comme animal de laboratoire notamment dans la recherche en biologie. Un ancien centre d’élevage d’animaux pour le CNRS, situé dans les Deux-Sèvres, est à l’origine de son introduction involontaire dans le Nord de ce département dans les années 1980. Des études récentes ont montré que l’espèce progressait de 0,5 à 1 km par an et que parallèlement les espèces d’amphibiens autochtones disparaissaient (Grosselet et al., 2005) . Un programme de lutte contre cette espèce envahissante est en cours de réalisation dans les Deux-Sèvres.

Concernant les invertébrés, le Poitou-Charentes est marqué par le développement d’espèces d’écrevisses exotiques (l’écrevisse américaine - Orconectes limosus et l’écrevisse de Louisiane - Procambarus clarkii) qui provoquent, entre autre, une diminution des populations des écrevisses indigènes (dont l’écrevisse à pattes blanches - Austropotamobius pallipes). Les espèces américaines perturbent les milieux et les chaînes alimentaires, et sont des porteurs sains de la peste de l’écrevisse, qui se révèle mortelle pour les espèces françaises. Les écrevisses exotiques sont aussi plus robustes et plus compétitrices (« suradaptées ») que les écrevisses indigènes et peuvent même en devenir les prédateurs.

Le frelon asiatique Vespa velutina est une espèce envahissante qui vient de Chine. Ce frelon n’ a été signalé que très récemment en France. Il est facilement distinguable du frelon européen par sa taille et sa couleur. Le frelon asiatique est un prédateur des abeilles domestiques plus important que le frelon européen. Il provoque de gros dégâts dans les ruches. En Poitou-Charentes, les premières données datent de 2007. Il est présent dans les 4 départements de la région mais la Charente et la Charente-Maritime sont les plus touchés.

Nid de Frelon asiatique
Nid de Frelon asiatique
Vienne Nature-Frelon asiatique

La propagation d’espèces végétales exogènes peut également être problématique. La jussie (Ludwigia sp.) introduite pour ses qualités ornementales (aquariums, bassins), et le seneçon en arbre ou baccharis (Baccharis hamifolia), importé pour sa résistance au vent et au sel, envahissent les marais charentais dont ils perturbent le fonctionnement en empêchant la circulation de l’eau, la pénétration de la lumière, etc.

Observatoire Régional des Plantes exotiques Envahissantes des écosytèmes Aquatiques de Poitou-Charentes (ORENVA)

Une autre espèce « l’ambroisie » (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante invasive, originaire d’Amérique du Nord, qui progresse en Poitou-Charentes depuis quelques décennies. Cette plante pose des problèmes de santé importants comme des allergies très fortes. Elle aggrave la perte de biodiversité en colonisant toujours plus de surface, et envahit certaines cultures à un tel point que certaines parcelles agricoles deviennent inutilisables.

Ambroisie dans un champ de sorgho
Ambroisie dans un champ de sorgho
Sigore - Plantes invasives - ambroisie

C’est vers la fin du mois d’août et jusqu’au début octobre que la pollinisation intervient et que le pollen devient hautement allergisant. Elle est présente dans toute la région Poitou-Charentes mais deux foyers de contamination plus importants ont été recensés en Charente et dans les Deux-Sèvres (voir carte ci-dessous).

Infestation de l’ambroisie en Poitou-Charentes
Infestation de l’ambroisie en Poitou-Charentes
Sigore - Plantes invasives - ambroisie

Depuis quelques dizaines d’années, on assiste sur le bord des routes et des voies ferrées ou dans les ripisylves au développement incontrôlé de nouvelles venues telles que le faux-vernis du Japon (Ailanthus altissima), la renouée du Japon (Fallopia japonica) ou bien la berce du Caucase (Hercleum mantegazzianum)

Renouée du Japon
Renouée du Japon

Le milieu marin est aussi particulièrement sensible aux menaces des espèces invasives, notamment du fait des pratiques associées aux opérations de transports maritimes (ballastages/déballastages) qui conduisent à transporter sur de grandes distances des quantités d’eau importantes contenant des milliers d’organismes.

Ainsi, les introductions sur les côtes charentaises de la crépidule (Crepidula fornicata) et de la sargasse (Sargassum muticum) ont engendré des modifications dans les écosystèmes que ces espèces de mollusque et d’algue brune ont colonisés.

Globalement, ces phénomènes d’introduction portent atteinte au milieu naturel ou aux ouvrages, et engendrent surtout la raréfaction, voire l’élimination, d’espèces indigènes par prédation ou compétition.


Les changements climatiques et les perturbations écologiques associées

L’ augmentation de la température moyenne de la planète et du niveau moyen des mers ainsi que d’autres changements globaux tels que : l’augmentation de l’acidité des océans, la diminution de la couverture neigeuse de la banquise, les fortes précipitations et vagues de chaleur plus fréquentes, les cyclones tropicaux plus intenses et le ralentissement des courants océaniques touchent et toucheront de nombreux systèmes naturels. Le GIEC 2007 a ainsi estimé que 20 à 30 % des espèces animales et végétales vont disparaître d’ici à 2050.

Site du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)

Les effets du changement climatique sur la biodiversité sont évoqués depuis une dizaine d’années dans le cadre de conventions internationales et sont, pour certains, d’ores et déjà perceptibles. On peut citer les changements dans la physiologie et le comportement des individus : dates de floraison et de fructification des plantes, dates, voies et altitudes de migration, de reproduction et de stationnement d’oiseaux ou de papillons. Des changements sont également observés dans la distribution géographique des espèces. On peut citer par exemple l’extension de l’aire de répartition d’un ravageur : la chenille urticante de la Processionnaire du pin qui s’étend depuis trente ans en métropole, induisant des problèmes sanitaires et économiques.

L’ ensemble des modifications générées par le changement climatique constitue à long terme une menace pour l’équilibre des écosystèmes, notamment pour les milieux naturels sensibles tels que les zones humides. Face à ces perturbations, la conservation de corridors écologiques apparaît comme essentielle, permettant de faciliter les déplacements des espèces pour une meilleure adaptation (CGDD, 2010).

Commissariat général du développement durable
  •  Pour aller plus loin
  • Gaz à effet de serre : Gaz présent dans l’atmosphère, d’origine naturelle ou anthropique, qui absorbe et renvoie les rayons infrarouges en provenance de la surface terrestre. La concentration accrue des gaz à effet de serre dans l’atmosphère contribue au réchauffement climatique. La vapeur d’eau (H2O), le dioxyde de carbonne (CO2), l’oxyde nitreux (N2O), le méthane (CH4) et l’ozone (O3) sont les principaux gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère terrestre. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Oxydes d’azote : Monoxyde d’azote (NO), dioxyde d’azote (NO2), protoxyde d’azote (N2O). Certains de ces composés sont formés à haute température dans des réactions entre l’azote et l’oxygène de l’air, qui sont favorisées par les hautes températures atteintes au cours de la combustion des combustibles fossiles. Ils sont principalement émis par les véhicules automobiles, les installations de combustion et certains types d’industries. L’émission de ces gaz constitue une pollution importante, à l’origine, notamment, des pluies acides (via l’acide nitrique). Ils contribuent à la formation d’ozone dans la troposphère. Au niveau de la stratosphère, en revanche, leur présence participe à la destruction de la couche d’ozone. La plupart des oxydes d’azote sont gazeux à température ordinaire. Les sources naturelles sont, à l’échelle planétaire, les orages, les éruptions volcaniques et les activités bactériennes qui produisent de très grandes quantités d’oxydes d’azote. Toutefois, en raison de la répartition de ces émissions sur la surface terrestre, les concentrations atmosphériques naturelles d’oxydes d’azote demeurent très faibles par comparaison aux sources relatives à l’industrie humaine.
  • Aire de répartition : correspond à l’ensemble de la distribution géographique d’un taxon
  • Amphibiens : Classe de vertébrés tétrapodes (quatre pattes) poïkilothermes, à peau nue, généralement ovipares.
  • Autoépuration : Ensemble des processus biologiques (dégradation, consommation de la matière organique, photosynthèse, respiration animale et végétale...), chimiques (oxydoréduction...), physiques (dilution, dispersion, adsorption...) permettant à un écosystème aquatique équilibré de transformer ou d’éliminer les substances (essentiellement organiques) qui lui sont apportées (pollution). On doit distinguer l’autoépuration vraie (élimination de la pollution) de l’autoépuration apparente (transformation, transfert dans l’espace ou dans le temps de la pollution). Les organismes vivants (bactéries, champignons, algues...) jouent un rôle essentiel dans ce processus. L’efficacité augmente avec la température et le temps de séjour. La capacité d’autoépuration d’un écosystème est limitée et peut être inhibée (toxique notamment).
  • Biocénose : communauté d’êtres vivants interdépendants occupant un même biotope (une communauté végétale est une Phytocénose ; une communauté animale est une Zoocénose ; une communauté d’Insectes est une Entomocénose, etc.)
  • Biodiversité : Variété du vivant à tous ses niveaux : les gènes, les espèces et les populations, les écosystèmes et les processus naturels qui assurent la perpétuation de la vie sous toutes ses formes.
  • Biomasse : Masse de l’ensemble des organismes vivant dans un système délimité (biotope).
  • Biotope : espace localisé où l’ensemble des facteurs physiques et chimiques (substrat et climat) de l’environnement reste constants et où se cantonnent une ou plusieurs espèces, ensemble des facteurs physiques et chimiques qui caractérisent un milieu.
  • Conchylicole : relatif à la conchyliculture, c’est-à-dire l’élevage de coquillages.
  • Corridors biologiques : un corridor biologique est un ensemble de structures généralement végétales, en milieu terrestre ou humide permettant les dispersions animales et végétales entre différents habitats (massifs forestiers, zones humides, etc.). Les corridors biologiques jouent quatre rôles : couloir de dispersion pour certaines espèces, habitat où les espèces effectuent l’ensemble de leur cycle biologique, refuge, ou encore habitat-source, lequel constitue un réservoir d’individus colonisateurs. Dans tous les cas, ils sont indispensables à la survie des espèces.
  • Dulçaquicoles : d’eau douce.
  • écosystèmes, écosystème : Ensemble écologique constitué par les éléments inertes d’un milieu (sol, eau, etc.) et des êtres vivants, entre lesquels existent des relations énergétiques, trophiques, etc.
  • Endémique : se dit d’un organisme ou d’un taxon à répartition géographique restreinte et bien définie.
  • Eutrophisation : Phénomène qui affecte les milieux aquatiques (doux et hyalin), essentiellement les lacs, mais aussi les étangs, et les rivières. Il peut être soit naturel soit provoqué par des apports dus aux activités humaines. L’eutrophisation se traduit pour certaines espèces de la flore aquatique (algues) par une prolifération sous l’influence de la photosynthèse, due à un accroissement important de la teneur des eaux en matières nutritives. Les eaux passent de l’état oligotrophe à l’état eutrophe. Un déséquilibre se produit entre les eaux de surface qui s’oxygènent par aération et photosynthèse et les eaux profondes où les matières organiques sont décomposées ce qui consomme de l’oxygène.
  • Grandes cultures : Elles regroupent les céréales, les oléagineux et les protéagineux (ou COP).
  • Habitats : Entité écologique correspondant au lieu où vit une espèce et à son environnement immédiat.
  • Horizon : Couche de sol plus ou moin parallèle à la surface, et qui se distingue des couches voisines, qui lui sont généralement liées, par ses caractères morphologiques, physiques, chimiques ou biologiques (par ex. : couleur, nombre et nature des organismes présents, structure, texture, consistance, etc). (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Insectes : Arthropodes dont le corps, en trois parties (tête, thorax, abdomen), porte trois paires de pattes, deux paires d’ailes et une paire d’antennes. Leur respiration est trachéenne (par la trachée) et ils peuvent subir une ou plusieurs mues et/ou métamorphoses.
  • Insectivores : Qui se nourrit d’insectes. (Ce mot s’emploie surtout pour les vertébrés ; les invertébrés insectivores sont dits entomophages ; les plantes insectivores sont dites carnivores).
  • Invasives, invasive : se dit d’une espèce qui s’établie ou se développe dans un écosystème dont elle n’est pas originaire et pour lequel elle constitue un agent de perturbation nuisible à la biodiversité. Espèce envahissante allochtone (exotique).
  • Littorales, littorale, littoral : Relatif aux rivages marins. La largeur de ce domaine est variable : il englobe l’arrière côte dans la terre ferme (on parle de zone supra littorale, située au-dessus de la mer mais soumise cependant à l’influence marine), le rivage proprement dit et la zone de balancement des marées ou estran (zone médio littorale ou zone littorale s.str.), ainsi que l’avant côte submergée en permanence (zone infra littorale jusqu’à -50 m et zone circa littorale de -50 à -200 m). Chacune des zones présente des associations de faunes et flores caractéristiques.
  • Mammifères : Classe de vertébrés supérieurs homéothermes ("à température constante"), portant des mamelles.
  • Secondaire : Ère géologique ayant duré de 230 à 65 millions d’années comprenant le Trias, le Jurassique et le Crétacé (voir stratigraphie).
  • Métaux lourds : On désigne par le terme "métaux lourds", les métaux qui ont une masse volumique supérieure à 4,5 g/cm3 (protocole relatif aux métaux lourds de la convention de Genève). Sont donc qualifiés de métaux lourds les métaux présentant un caractère toxique pour la santé et l’environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn),... Ils proviennent de la combustion des charbons, pétroles, ordures ménagères... et de certains procédés industriels particuliers. Ils se retrouvent généralement au niveau des particules (sauf le mercure qui est principalement gazeux). Les métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court et/ou à long terme. Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ...Les effets engendrés par ces polluants sont variés et dépendent également de l’état chimique sous lequel on les rencontre (métal, oxyde, sel, organométallique). Ils contaminent également les sols et les aliments et s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.
  • Migrations, migration : Déplacement d’une population sous l’influence de facteurs périodiques (climatiques, alimentaires et reproducteurs) ou accidentels, avec retour ultérieur sur les lieux de départ.
  • Milieux naturels, milieu naturel : Un milieu naturel et caractérisé par un ensemble d’éléments qui agissent directement ou indirectement sur tout ou partie des organismes qui l’habitent. Les éléments constituants d’un milieu naturel sont principalement le sol, le relief, le climat et les êtres vivants qui le peuplent. Ainsi, biotopes et biocénoses forment des écosystèmes dont les multiples interactions conditionnent la stabilité ou l’évolution du milieu. Des perturbations naturelles ou anthropiques peuvent rompre cet équilibre et entraîner la régression ou la disparition du milieu.
  • Monoxyde de carbone : Gaz incolore et inodore, peu soluble dans l’eau, très toxique (il bloque le site de l’oxygène dans l’hémoglobine provoquant ainsi l’asphyxie). Il provient de la combustion incomplète des combustibles et carburants. Il constitue un bon indicateur d’exposition à la circulation automobile.
  • Nuisible : se dit d’une espèce qui met en danger la santé et la sécurité publique, qui provoque des dommages importants aux activités agricoles, forestières ou aquacoles, ou qui représente une menace pour la protection de la faune et de la flore (art. R227-6 du Code rural). La liste nationale des espèces susceptibles d’être classées nuisibles est déterminée par le Ministre chargé de l’environnement, mais c’est le Préfet qui détermine chaque année quelles espèces, figurant dans la liste nationale, sont classées nuisibles dans chaque département.
  • Oiseaux : Classe des vertébrés au corps recouvert de plumes présentant des caractéristiques anatomiques, les ailes, qui leur permettent de voler.
  • Ozone :

    Gaz bleu, odorant et toxique. Polluant secondaire, c’est à dire qu’il n’est pas rejeté directement dans l’air, mais qu’il résulte de la transformation par réaction chimique des gaz précurseurs d’origine automobile et industrielle (NOx, hydrocarbures et CO) initiés par les rayons ultraviolets émis par le soleil. Polluant de la troposphère. Sa concentration a crû de manière significative dans les cinquante dernières années. Dans la stratosphère, l’ozone est formé par dissociation de l’oxygène sous l’effet des rayons ultraviolets du rayonnement solaire. La destruction de la couche d’ozone stratosphérique est liée à la pollution atmosphérique.

    NO2 + O2 → NO + O3

  • Pédofaune : faune du sol.
  • Peuplements, communauté : ensemble des individus appartenant à plusieurs espèces qui coexiste dans un même milieu et qui forment des ensembles fonctionnels en interaction les uns avec les autres ; partie d’une biocénose.
  • Photosynthèse : phénomène biochimique au cours duquel les végétaux absorbent le gaz carbonique de l’air et le transforme en glucose, élément nutritif, grâce à l’énergie lumineuse, et à l’eau puisée dans le sol par les racines, tout en rejetant de l’oxygène. Cette énergie lumineuse est captée grâce aux pigments assimilateurs, les chlorophylles, situées dans des organites particuliers des cellules végétales, les chloroplastes.
  • phytoplancton : Ensemble des algues microscopiques qui flottent dans les eaux. C’est le premier maillon de la chaîne alimentaire dans l’écosystème marin. Il existe environ 4 000 espèces phytoplanctoniques au niveau mondial : certaines d’entre elles (environ 250) peuvent proliférer de façon importante en formant des eaux rouges, brunes ou vertes. D’autres espèces (environ 70) sont toxiques, mais la plupart d’entres elles sont totalement inoffensives. Les phytoplanctons recherchés en priorité sont les genres Dinophysis, Alexandrium et Pseudo-nitzschia.
  • Poissons : Vertébrés aquatiques qui respirent par des branchies et dont les membres pairs sont représentés par des nageoires (pectorales et pelviennes). Ils sont généralement ovipares.
  • Populations, population : ensemble d’êtres vivants d’une même espèce, occupant un territoire déterminé, présentant des caractéristiques propres et qui se perpétuent dans le temps.
  • Ravageur : se dit d’un animal qui consomme de la matière végétale vivante (racines, fleurs, fruits, bois, feuilles) au point tel qu’il peut en causer la mort.
  • Reptiles : De la classe des vertébrés tétrapodes (quatre pattes), les reptiles ont une peau recouverte d’écailles et ils respirent à l’aide de poumons (contrairement aux poissons qui respirent grâce à des branchies). Ce sont des animaux poïkilothermes et généralement ovipares.
  • Chaîne alimentaire : ensemble des relations qui lient les organismes consommés à ceux qui les consomment.
  • Ripisylves : Formation végétale qui se développe sur les bords des cours d’eau ou des plans d’eau situés dans la zone frontière entre l’eau et la terre (écotones). Elle est constituée de peuplements particuliers du fait de la présence d’eau pendant des périodes plus ou moin longues (saules, aulnes, frênes en bordure, érables et ormes plus en hauteur, chênes pédonculés, charmes sur le haut des berges). On distingue : le boisement de berge (généralement géré dans le cadre des programmes d’entretien des rivières) situé à proximité immédiate du lit mineur, et la forêt alluviale qui s’étend plus largement dans le lit majeur. La nature de la ripisylve est étroitement liée aux écoulements superficiels et souterrains. Elle exerce une action sur la géométrie du lit, la stabilité des berges, la qualité de l’eau, la vie aquatique, la biodiversité animale et végétale.
  • Sols, sol : Formation superficielle en place (formation pédologique) résultant de l’altération des roches. On caractérise un sol par ses différents niveaux que l’on nomme horizons, avec de haut en bas tout ou partie des horizons suivants : A (ou éluvial, ou de lessivage), B (ou illuvial, ou d’accumulation, C (correspondant à la roche mère fragmentée et peu transformée, R (roche mère indemne).
  • Surface Agricole Utile : Elle comprend les grandes cultures, les superficies toujours en herbe, les cultures permanentes (vignes, vergers…), les jachères, les jardins et vergers familiaux. Elle ne comprend pas les sols des bâtiments et cours, les landes non productives et les friches, les peupleraies en plein, les taillis, bois et forêts de l’exploitation, ainsi que les territoires non agricoles.
  • Turbidité : Caractéristique d’une eau dont la transparence est atténuée en raison de la présence de fines particules en suspension d’origine naturelle ou dues à des agents polluants. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Algues, algue : Les algues sont des êtres vivants capables de photosynthèse dont le cycle de vie se déroule généralement en milieu aquatique. Elles constituent une part très importante de la biodiversité, et une des bases des réseaux trophiques des milieux aquatiques d’eaux douces, saumâtres et marines. Elles sont aussi utilisées dans l’alimentation humaine, par l’agriculture et par l’industrie.
  • Champignons : Champignon est un terme ambigu qui désigne en français divers organismes biologiques sans chlorophylle et sans plastes (donc hétérotrophes), pas ou peu mobiles, constitués de cellules pourvues de noyaux et qui font donc partie des Eucaryotes.
  • Anthropiques : Qui résulte de l’action de l’homme.
  • Allochtones : En écologie, le qualificatif allochtone est utilisé pour désigner des espèces d’origine étrangère au biome local. Il s’agit le plus souvent d’organismes introduits par l’homme, soit volontairement, dans une perspective économique ou esthétique, soit accidentellement.
  • Biosphère : La biosphère résulte pour l’essentiel de l’action ancienne, présente et conjointe d’une très grande variété de phénomènes, d’organismes et d’espèces vivantes en relation et en interdépendance plus ou moins grande. C’est ce qui constituent l’évolution et la diversité biologique des écosystèmes.
  • espèces :

    La discipline qui étudie et décrit la biodiversité des êtres vivants et leurs relations, et qui traduit les relations de parenté entre les taxons par une classification, s’appelle la systématique.

    Selon les "traditionnels" concepts morphologiques et mixiologique, une espèce est définie par l’ensemble des populations qui possèdent des caractéristiques anatomiques et physiologiques homogènes et dont les individus ne se reproduisent qu’entre eux. Actuellement, c’est le concept d’espèce évolutive qui est le plus largement répandu : une espèce est une lignée unique de populations formée d’une suite d’ancêtres et de descendants qui maintient son identité à l’égard des autres lignées (Wiley, 1978).

    Même si la notion d’espèce n’est pas exactement la même pour les animaux et les végétaux, on retiendra qu’une espèce est constituée d’un groupe de populations géographiquement isolées et qui présentent chacune un pool génétique propre. Cette diversité génétique est à l’origine des réponses évolutives et adaptatives des êtres vivants et de la création de nouvelles espèces (spéciation).

  • Limon : Matériau détritique meuble, argileux et silteux, à grain très fin (granulométrie comprise entre 2um et 20um), transporté et déposé par l’eau ou le vent.
  • Amibes : Famille des amébidés (Euamoebida, Amoebidae) et des entamébidés (Eukaryota, Entamoebidae). Eucaryotes protozoaires des eaux douces et salées, sans membrane rigide, qui changent de forme en pouvant envoyer et rétracter des pseudopodes autour de lui. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Atmosphère : Enveloppe gazeuse qui entoure la Terre. Essentiellement composée d’azote (78%) et d’oxygène (21%) qui constituent 99 % du volume d’air sec, de gaz rares (0,9%), de gaz carbonique (0,03%) et de vapeur d’eau. L’atmosphère comprend diverses couches telles la troposphère, la stratosphère, la mésosphère, la thermosphère, l’ionosphère, etc. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Endémisme : Propriété d’une espèce animale, végétale ou d’un autre groupe taxinomique, à occuper une niche écologique caractéristique bien délimitée géographiquement. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Humification : Transformation en humus, puis en substances minérales, de la matière organique du sol, sous l’effet de processus microbiens et chimiques (oxydations, condensations, polymérisations). (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Humus : Terre brune noirâtre provenant de la décomposition de la matière organique fraîche (débris de végétaux et d’animaux) dans le sol, par l’action de bactéries ou d’autres organismes vivants. L’ humus participe à de nombreux cycles écologiques, son évolution dépend beaucoup de l’oxygénation du milieu.
  • Hybridation : Croisement naturel ou artificiel de deux individus (plantes ou animaux) d’espèces, de races ou de variétés différentes. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Hydrocarbures : Composés chimiques dont les éléments constitutifs sont exclusivement l’hydrogène et le carbone. On les trouve dans la nature sous forme de pétrole brut ou de gaz naturel et l’on peut les synthétiser à partir du charbon ou des déchets biologiques. Les hydrocarbures sont gazeux, liquides ou solides à la température ordianire suivant la grosseur de leurs molécules, les plus petites étant celles du gaz naturel, les moyennes celles des carburants, des combustibles liquides, des huiles de graissage et les plus grosses celles du bitume. Ils se subdivisent en quatre grandes séries (alcanes, alcènes, naphtènes et aromatiques), chacune ayant ses caractéristiques pour ce qui est de l’agencement des atomes de carbone et l’hydrogène dans leurs molécules et leurs propriétés physico-chimiques. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Hydrosphère : Ensemble des eaux du globe terrestre que l’on trouve sous les trois formes, liquide, solide et gazeuse. Elle comprend ainsi les océans, mers, lacs, fleuves, rivières, eaux souterraines, glaciers et vapeurs d’eau en suspension dans l’atmosphère. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Lithosphère : Désigne l’enveloppe solide de la Terre constituée par la croûte et le manteau supérieur et divisée en plusieurs plaques qui se déplacent les unes par rapport aux autres. Surmontant l’asthénosphère, son épaisseur varie de 70km (sous les océans) à 150 km (sous les continents). (source : dictionnaire Larousse)
  • Métabolite : Produit résiduel issu de la transformation organique d’un composé (expl. l’AMPA est un métabolite du glyphosate).
  • Minéralisation : Ensemble des réactions physiques, chimiques et biologiques provoquant le passage de la matière organique à l’état de sels minéraux. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Moder : Type d’humus intermédiaire entre le mull et le mor. De couleur noire ou grise, de strucure lâche et fibreuse, acide et souvent acidifiant, il est fomé en milieux peu favorables à l’humidification. Ses caractères essentiels sont les suivants : litière assez abondante surmontant une couche peu épaisse de débris végétaux en cours de décomposition et non mélangés à la matière minérale ; au-dessous de cette dernière couche, la matière organique est mélangée à la fraction minérale mais ce mélange n’est pas aussi intime que dans le mull. Il y a seulement juxtaposition de particules minérales et de granules de matière organique en majorité constituées de déjections d’arthropodes. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Mor : Type d’humus que l’on rencontre généralement sous les forêts de conifères ou certaines formations végétales acidiphiles. Ses caractères essentiels sont les suivants : litière épaisse, qui surmonte des couches de débris végétaux dont la décompositions, très lente, est plus ou moins avancée ; matière organique non mélangée à la fraction minérale du sol ; mycélium de champignions abondant ; la faune ne comporte pas de vers de terre. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Mull : Type d’humus qui se constitue en sol aéré, bien drainé, biologiquement actif (souvent sous des peuplements feuillus). Ce type d’humus est essentiellement caractérisé par les éléments suivants : litière absente ou de faible épaisseur ; matière organique intimement mélangée à la matière minérale ; structure grumeleuse ou motteuse ; la teneur en matière organique décroît régulièrement avec la profondeur ; corrélativement la couleur devient plus claire, faune variée, les vers de terre sont nombreux (leur action est déterminante, dans la formation de ce type d’humus). (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Phytosanitaire : Un produit phytosanitaire se dit d’un produit utilisé pour traiter les végétaux, par exemple contre des maladies ou des insectes. Il peut prendre la forme d’antiseptiques, herbicides, insecticides, certains engrais, etc. Les produits phytosanitaires font partie de la famille des pesticides, elle-même englobée dans la famille des biocides. (source : Aquaportail)
  • Protozoaires :

    Embranchement d’animaux unicellulaires eucaryotes allant de simples organismes mononuclées à des colonies de cellules ou des stuctures hautement organisées et présentant une diversité considérable en ce qui concerne leur forme et leur nutrition. (source : le grand dictionnaire terminologique).

    Voir Forêt Privée.

  • Roche mère : Roche qui, par altération physique et chimique, a fourni les éléments d’un sol qui la surmonte. (source : le grand dictionnaire terminologique)
  • Zones de frai : Zone d’un milieu aquatique où ont lieu la ponte et la fécondation des oeufs d’une espèce animale.
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