L’ENVIRONNEMENT EN POITOU-CHARENTES (http://www.environnement-poitou-charentes.org) L'Etat - membre fondateur Région Nouvelle-Aquitaine
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Patrimoine naturel
Pression

2 - Action

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
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Les activités agricoles

Chiffres Clés

En 2009, la Surface Agricole Utilisée (SAU) de Poitou-Charentes était estimée à 1 735 695 ha pour une surface régionale totale de 2 594 554 ha, la SAU traduit l’importance de l’agriculture à l’échelle de la région picto-charentaise. Celle-ci couvre près de 67 % du territoire contre un peu plus de la moitié en moyenne en France. Forte de cette activité dominante, la région Poitou-Charentes se classe à de nombreuses reprises parmi les meilleures régions françaises que ce soit pour la production des oléagineux, la viticulture ou bien encore pour la production de fromage de chèvre. Elle a ainsi montré ces dernières années sa volonté d’être reconnue à l’échelle nationale mais également à l’échelle européenne pour certaines de ses productions. Parmi les produits phares de la région, on citera le Chabichou du Poitou, le Cognac, le Pineau des Charentes, ou bien encore le Melon du Haut-Poitou.

Quelques données de l’agriculture picto-charentaise :
> 3ème région céréalière de France en 2008 avec en moyenne 7 exploitations sur 10 consacrées aux cultures céréalières.
> 3ème producteur d’oléagineux français en 2009
> 1ère région caprine française et européenne en 2009 grâce à un cheptel de près de 280 000 têtes.
> 1ère région productrice de melon en 2008 sur près de 4000 ha (superficie nationale : 15 000 ha).

L’ agriculture est donc un secteur d’activité primordial en Poitou-Charentes. Son poids économique à l’échelle régionale est non négligeable comme le prouvent les données socio-économiques suivantes :
> Le secteur agricole dégage 4,4 % de la valeur ajoutée régionale en 2007 (3 % en moyenne dans les autres régions de province).
> Le secteur agricole et agroalimentaire représente plus de 50 % des exportations de la région.
> 2,8 % des emplois salariés régionaux en 2008 sont consacrés à l’agriculture.
> 27 440 exploitations agricoles sont recensées en 2007 dont environ 17 000 professionnelles.
> Environ 39 000 actifs ont été dénombrés dans les exploitations professionnelles dont 60 % sont chefs d’exploitation ou coexploitants.

Cependant, le secteur agricole est un secteur en mutation. Les exploitations sont toujours moins nombreuses et toujours plus grandes :
> De 56 162 à 27 440 exploitations entre 1988 et 2007.
> SAU moyenne des exploitations professionnelles de 50 ha en 2000 à 91 ha en 2007 (76 ha en Charente, 80 ha en Charente-Maritime, 92 ha en Deux-Sèvres et 125 ha en Vienne), contre 75 ha de moyenne nationale.
> 10 000 ha de surfaces agricoles cultivées en moinsentre 2006 et 2009, au profit des surfaces artificialisées.
> Les surfaces en cultures non alimentaires sont de plus en plus importantes et couvrent 30 % des surfaces oléagineuses. La moitié du tournesol national non alimentaire est produit en Poitou-Charentes.

En 2008, les exploitations professionnelles ont enregistré une chute de 34 % en valeur réelle de leur résultat courant avant impôts (hausse des charges, non évolution des subventions d’exploitation). On constate un vieillissement de la population agricole : en 2000, près de 40 % de la surface agricole était utilisée par des agriculteurs de moins de 40 ans pour près de 30 % aujourd’hui.

Les politiques de protection de l’environnement sont de plus en plus présentes et la contribution du monde agricole est aujourd’hui substantielle. Désormais, le marché des céréales ne dépend plus seulement de l’importance des récoltes mais aussi de la spéculation financière et du marché de l’énergie qui génèrent une forte volatilité des cours.

Sources :
- Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire, Agreste - Memento de la statistique agricole - 2010
- Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques – Comptes régionaux base 2000, Poitou-Charentes, 2007
- Région Poitou-Charentes, « Le poids des activités économiques agricoles et maritimes », 2009
Les petites régions agricoles de Poitou-Charentes
Les petites régions agricoles de Poitou-Charentes
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(Cocher : Occupation du sol > Terres agricoles).

1.1 Une homogénéisation des paysages agricoles

Afin de sortir d’un contexte de pénurie d’après-guerre, une mutation du secteur agricole était nécessaire et avait comme but premier d’augmenter les rendements afin de nourrir la population avec des produits plus abondants et moins chers tout en permettant aux agriculteurs d’avoir un revenu correct.

Une nouvelle distribution des parcelles agricoles a donc été favorisée dès le début des années 40 dans le but d’améliorer les conditions d’exploitation et de réduire les coûts de production. Il s’agissait de constituer, à l’intérieur d’un périmètre déterminé, des exploitations rurales d’un seul tenant ou à grandes parcelles bien groupées.

La loi du 9 mars 1941 réglait les conditions d’exécution de ce remembrement de la propriété rurale. C’est ainsi que la réorganisation foncière a concerné près d’1 million d’hectares en région de 1944 à 2004, avec une grande période de bouleversement entre 1958 et 1976.

Evolution du remembrement et de la réorganisation foncière en Poitou-Charentes entre 1944 et 2004
Evolution du remembrement et de la réorganisation foncière en Poitou-Charentes entre 1944 et 2004

Le remembrement agricole a entrainé la disparition importante des haies et des chemins ruraux et l’apparition de très grandes parcelles. De fait, l’augmentation des surfaces et la mécanisation ont été déterminantes pour la mise en place d’une agriculture intensive et spécialisée.

Aujourd’hui, les années à fort aménagement sont essentiellement le fait de la réalisation d’ouvrages linéaires (infrastructures routières et ferroviaires).

Les paysages agricoles et la biodiversité

Le remembrement a eu tendance à faire disparaître les paysages de bocages où les champs sont de tailles inégales, de formes différentes et sont entourés par des talus, des haies, des rangées d’arbres qui marquent les limites des parcelles. A la place, sont apparus des paysages de champs ouverts. Cela n’a pas été sans conséquences sur la biodiversité.

Arasement des talus, suppression des haies, tassement des sols, rectification des cours d’eau ont impliqué la destruction de nombreuses niches écologiques.

Leur disparition supprime également la continuité entre différents milieux. Le maillage bocager (prairies, haies, bosquets, arbres isolés, chemins, fossés...) est un système paysager qui offre une grande variété de milieux, des ressources alimentaires variées et une zone d’accueil pour les espèces migratoires.

Les multiples fonctions écologiques qu’assurent ces différents habitats ont également été fortement perturbées. Les haies, par exemple, fournissent une irrigation naturelle des champs, protègent des inondations et permettent une diminution de l’érosion des sols.

Source : Dossier de l’environnement « Utilisation du territoire et biodiversité », Observatoire Régional de l’Environnement Poitou-Charentes - Novembre 2009
La Chapelle des Pots (17)
La Chapelle des Pots (17)

Des modifications dans les pratiques culturales

La réorientation des cultures

L’usage de l’espace agricole s’est profondément transformé au cours des dernières décennies avec une tendance majeure à la régression des prairies et à la croissance des grandes cultures.

En effet, en grande partie sous l’influence de la Politique Agricole Commune (PAC), l’utilisation de la Surface Agricole Utile a fortement changé, induisant notamment la régression de la polyculture au profit des cultures comme le maïs, le blé dur, le tournesol ou le colza.

Entre 1970 et 2000, les surfaces en blé tendre et maïs ont été multipliées par 2 environ. Les surfaces en oléagineux ont été multipliées par 13. Dans le même temps, l’ensemble des Surfaces Toujours en Herbe a diminué de plus de moitié.

Dès 1960, afin d’insérer le secteur agricole dans l’économie marchande, la PAC a privilégié une agriculture intensive et spécialisée. Les critères d’attribution des soutiens aux revenus agricoles en sont la preuve.

Quelques soient les modalités de soutien : soutien des prix à la production (avec pour effet l’augmentation des surfaces cultivées et des rendements) ou soutien à la surface (réforme de 1992), certaines cultures ont été mieux « aidées » que d’autres : les surfaces cultivées en maïs, par exemple, sont passées de 91 000 ha en 1970 à 191 000 ha en 2000 et les rendements de 41 à 95 q/ha.

Evolution de l’occupation du sol entre 1979 et 2000
Evolution de l’occupation du sol entre 1979 et 2000

Par ailleurs, le souci d’augmenter les surfaces cultivées a accentué la disparition des haies (d’autant plus qu’elles sont décomptées des surfaces prises en compte pour calculer les aides PAC).

Cette évolution s’est traduite par une spécialisation sur un nombre réduit de cultures au niveau de l’exploitation et par l’abandon des pratiques agro-pastorales ancestrales (abandon du fauchage, retournement fréquent des prairies pour augmenter la surface des terres labourables...).

Ce sont donc essentiellement les cultures fourragères et les prairies qui ont disparu au profit des cultures annuelles, céréales et oléagineux, qui occupent respectivement, en 2010, 52 % et 20 % des terres arables (Agreste Poitou-Charentes, 2011a).

Superficies cultivées en milliers d’hectares en Poitou-Charentes de 1980 à 2008
Superficies cultivées en milliers d’hectares en Poitou-Charentes de 1980 à 2008
Les cultures et la biodiversité

La régression des paysages traditionnels, déjà amorcée par les remembrements agricoles, s’est accentuée sous l’influence de la Politique Agricole Commune. L’ ancienne mosaïque de cultures (système d’exploitation polyculture – élevage) a disparu progressivement au profit de la monoculture, majoritairement céréalière. Cette modification des pratiques agricoles a changé les conditions des milieux et a suscité des déséquilibres écologiques.

Outre le fait qu’elle a contribué à faire disparaître progressivement le maillage bocager, l’agriculture intensive figure aussi parmi les facteurs de dégradation des zones humides par exemple. Les surfaces drainées, pour augmenter les surfaces de cultures, ont considérablement augmenté entre 1970 et 2000 passant d’environ 10 000 hectares à près de 110 000 hectares (Agreste Poitou-Charentes, 2011a).

Cependant, elles ont un rôle déterminant dans la régulation des régimes hydrologiques. Les zones humides régulent les débits des cours d’eau en écrêtant les crues (ce qui diminue les risques d’inondation) et en soutenant les débits d’étiage (par la restitution de l’eau aux périodes de sécheresses). Certaines d’entre-elles participent à l’alimentation en eau des nappes phréatiques superficielles. Elles contribuent également au maintien et à l’amélioration de la qualité de l’eau en agissant comme un filtre épurateur.

Certaines zones comme les mares, étangs ou marécages ont même complètement disparu, ainsi que la grande variété d’espèces végétales et animales qui les côtoyaient.

Enfin, la diversité des cultures est favorable au maintien de la diversité biologique du sol. La spécialisation, au contraire, entraîne le retour fréquent de la même culture sur le même sol, source d’appauvrissement de celui-ci. On peut observer par exemple une diminution de 20 à 90 % de la biomasse lombricienne du sol en trois ans lors de la mise en culture d’une prairie (CESAB, 2011).

Champ de colza
Champ de colza
L’ utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires

Dans l’ancien système de polyculture élevage traditionnel, les déjections des animaux, mélangées à la paille et fermentées fournissaient, sous forme de fumier, l’essentiel de la fertilisation. Le souci d’accroissement de la productivité a conduit à l’utilisation de produits chimiques.

Afin d’apporter aux plantes des compléments d’éléments nutritifs, des substances plus connues sous le nom d’engrais sont employées pour satisfaire les besoins des plantes ; elles sont apportées en particulier pour les grandes cultures en situation de conduite intensive. Ces produits fertilisants, s’ils sont apportés en justes proportions, permettent ainsi d’améliorer la croissance des plantes et par conséquent d’augmenter le rendement et la qualité des cultures.

Ces apports comprennent des éléments de base ou macro-éléments (azote, phosphore, potassium), des éléments secondaires comme le calcium ou le magnésium et des oligo-éléments comme le fer ou le chlore.

Trois grands types d’engrais peuvent être distingués :

> Les engrais organiques qui sont généralement d’origine végétale (résidus verts, fumiers...) ou animale (déchets d’abattoirs par exemple), mais qui peuvent aussi être synthétisés comme l’urée.
> Les engrais minéraux sont des substances d’origine minérale qui sont le plus souvent produites par l’industrie chimique ou bien par l’exploitation de gisements naturels. Ces engrais peuvent être simple et contiennent alors un seul élément nutritif (azote (N), phosphore (P) ou potassium (K)) ; ils peuvent être par ailleurs combinés (NP, PK, NK, NPK).
> Les engrais organo-minéraux sont issus du mélange entre engrais organiques et engrais minéraux.

D’après les mesures effectuées par le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique), les activités agricoles sont les principaux émetteurs d’ammoniac ou NH3 (issus de la production et des effluents d’élevage, et dans une moindre mesure de la production des engrais minéraux) dans l’air. Elles sont aussi les principales sources de nitrates ou NO3 (effluents d’élevage notamment) présents dans l’eau. L’azote est entraîné en profondeur dans le sol en raison de la forte solubilité des nitrates dans l’eau.

Globalement, entre 2001 et 2006, les doses moyennes apportées en NPK semblent avoir diminué en Poitou-Charentes. Il apparaît en outre que les cultures telles que le maïs, le colza ou encore le tournesol ont des besoins plus importants en éléments NPK.

Pratiques culturales en 2001 et 2006 : dose moyenne apportée en NPK, en Poitou-Charentes
Pratiques culturales en 2001 et 2006 : dose moyenne apportée en NPK, en Poitou-Charentes

En effet, ces cultures intensives engendrent un appauvrissement des sols en azote, phosphore et potassium, alors qu’ elles ont besoin de quantités relativement importantes de ces éléments de base. Les apports supplémentaires effectués par le biais de la fertilisation améliorent ainsi la croissance et le rendement des cultures, cultures qui ne trouvent plus les ressources nécessaires à leur développement, en particulier lorsque les récoltes sont intensives et sans jachère.

Les produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides, molluscicides...) sont quant à eux destinés à protéger la plante en éliminant des espèces animales ou végétales jugées indésirables dans les cultures (prédateurs, adventices aux cultures, etc.) et à soigner ou prévenir les maladies des organismes végétaux. Là-encore, ils sont particulièrement utilisés en cultures intensives. Classés dans la famille des pesticides, les produits phytosanitaires sont composés d’une substance active ou de la combinaison de différentes substances chimiques.

Champ de mais
Champ de mais

D’après les enquêtes de la FREDON Poitou- Charentes et du GRAP (2007), sur les ventes de produits phytosanitaires en Poitou-Charentes, ce sont environ 2700 tonnes de substances actives qui ont été utilisées en 2005 ; environ 97 % est utilisé en agriculture et 3 % en zone non agricole (collectivités, particuliers...).

Les quantités de substances actives appliquées sur les parcelles agricoles sont relativement stables. Leur utilisation pour la culture des céréales à paille, du maïs et de la vigne apparaît de plus en plus raisonnée (diminution des quantités de substances employées à l’hectare entre 2000 et 2005). Par contre, la quantité de substances actives vendue pour la culture des oléagineux a augmenté de 27 % sur la même période, malgré une diminution des surfaces cultivées de 18 %.

Le produit le plus utilisé est le glyphosate, un herbicide, suivi de plusieurs fongicides (mancozebe, folpel, fosetylaluminium). La consommation du premier est en forte augmentation. L’ atrazine, la substance la plus utilisée en 1996, est maintenant interdite.

En ce qui concerne le secteur non agricole (SNCF, autoroutes, voirie, particuliers, DDT), les quantités de substances actives consommées sont en augmentation : environ 64 000 kg en 2000 et 65 200 kg en 2005 (FREDON Poitou-Charentes & GRAP, 2007). Les herbicides sont les produits les plus largement utilisés (67 %). Les plus appliqués sont le glyphosate et le diuron.

Quantités de substances actives les plus utilisées en Poitou-Charentes Comparaison 2000 - 2005 (en tonnes)
Quantités de substances actives les plus utilisées en Poitou-Charentes Comparaison 2000 - 2005 (en tonnes)

[(Les traitements agronomiques et la biodiversité

Les engrais et les pesticides sont sources de pollutions, notamment au niveau des sols et des cours d’eau. La qualité d’un sol ou d’une eau peut en effet être fortement altérée lors de la diffusion des éléments chimiques contenus dans ces produits. Plusieurs facteurs entrent en compte : la pédologie, le contexte hydrologique, la quantité utilisée et le type de produit.

Des conséquences directes peuvent alors être observées sur la flore et la faune entraînant bien souvent la régression, voire la disparition de certaines espèces comme les messicoles par exemple. Les animaux peuvent aussi être empoisonnés ou ne plus trouver de quoi se nourrir quand la flore sauvage n’est plus suffisamment variée.

La forte utilisation d’engrais et de produits phytosanitaires au cours de ces 50 dernières années a contribué à la dégradation de la biodiversité des milieux.

A noter que la région Poitou-Charentes est fortement touchée par la pollution de l’eau par les nitrates, de même que les autres régions de grandes cultures qui ont intensifié leurs productions et modifié les rotations. Les cours d’eau et les nappes superficielles sont les plus impactés : en 2009, les réseaux de contrôle de qualité des eaux de surface des agences de l’eau ont recensé une mauvaise qualité pour environ 60 % des points de mesure de la région. En lien avec cette pollution azotée, les risques d’eutrophisation sont également importants.

Sources : « L’eau et ses usages », Observatoire Régional de l’Environnement, 2008 « Agriculture et biodiversité » INRA Poitou-Charentes, 2008
L’irrigation
L’irrigation
L’irrigation

Les végétaux ont besoin d’eau pour leur croissance et leur reproduction. Ces apports en eau peuvent être naturels (eaux de pluie, de ruissellement, inondations, etc.) ou artificiels, c’est-à-dire amenés volontairement par l’Homme pour palier l’insuffisance des apports naturels : on parle alors d’irrigation.

Les besoins en irrigation varient selon les espèces et le stade de développement. Ils dépendent également du climat (précipitations, insolation, vent...), de la pédologie (nature et état d’humidité du sol, RFU ou réserve en eau facilement utilisable...), du choix des cultures plus ou moins adaptées au climat local, du rendement visé...

La croissance des plantes nécessite de mobiliser des quantités d’eau importantes : de l’ordre de 300 à 500 kg pour produire 1 kg de matière sèche (INRA Poitou-Charentes, 2011). Les besoins unitaires théoriques peuvent ainsi être de l’ordre de 800 m3/ha/an pour des prairies à 2 500 m3/ha/an pour du maïs (Source : ORE Poitou-Charentes, 2008).

Poitou-Charentes est justement une région agricole où le secteur des grandes cultures se démarque. Or, certaines de ces cultures impliquent un fort besoin en eau ; d’autant plus que l’irrigation permet d’atteindre des rendements plus élevés (pour le maïs grain par exemple : 80 à 135 quintaux/ha en surfaces irriguées contre 70 à 90 quintaux/ha en surfaces non-irriguées).

Evolution des grandes cultures
Evolution des grandes cultures

L’irrigation s’est beaucoup développée dans les années 1980-1990 et a été réservée principalement à la culture du maïs (encore aujourd’hui, 83 % environ des cultures irriguées concernent le maïs grain). Les surfaces irriguées ont fortement augmenté entre 1979 et 1993 (+ 80,5 %) (Source : Agreste Poitou-Charentes, 2011a).

Le développement de l’irrigation a été fortement encouragé par la Politique Agricole Commune. Le montant prévu pour les primes PAC aux grandes cultures était en effet placé sous le signe de l’avantage accordé aux cultures irriguées : en 2000, en Charente-Maritime, la prime était de l’ordre de 320,9 euros/ha pour le maïs sec et de 436,46 euros/ha pour le maïs irrigué. Ce fort besoin d’irrigation, couplé à l’augmentation des surfaces produites (les surfaces en maïs grain ont été multipliées par 5 entre 1962 et 2002) explique l’évolution ascendante des prélèvements en eau sur cette période.

Evolution des prélèvements agricoles de 1988 à 2008 (en millions de m3)

L’irrigation est la première utilisatrice des eaux prélevées dans les rivières ou dans les nappes (80 % des prélèvements estivaux). L’ agriculture consomme ainsi, sur l’année, plus de la moitié de l’eau (52 % des prélèvements bruts en 2008) contre 43 % pour les usages domestiques. L’eau utilisée provient, dans 80 % des cas, de prélèvements effectués en nappes d’eau souterraines et, dans 13 % des cas, de pompages dans les cours d’eau. Des réserves de substitutions peuvent également être utilisées dès lors que des restrictions sont mises en place sur les différentes ressources en eau, au cours de l’étiage (6 % des surfaces irriguées bénéficient de ces réserves).

La pression exercée par l’irrigation est d’autant plus marquée qu’elle intervient au moment où la ressource est à son plus bas niveau et qu’ elle s’étale sur une période de plus en plus longue. En effet, pendant longtemps, l’impact des pompages agricoles ne débutait qu’à la mi-juillet et s’estompait début septembre (selon le cycle biologique des plantes qui va de mai à septembre) ; mais aujourd’hui les premiers besoins ne sont plus automatiquement servis par l’hydrologie naturelle et les pluies (pour les mois de mai-juin). Les prélèvements d’eau pour l’agriculture s’étalent maintenant d’avril à septembre.

De plus, la restitution au milieu naturel de l’eau prélevée est très faible et différée dans le temps, la majeure partie de l’eau étant évaporée, retenue par les plantes, ou en transfert dans le sol vers les nappes. On estime ainsi que seulement la moitié du volume prélevé est restitué au milieu naturel (contre 76 % pour les usages domestiques, 78 % pour la production d’énergie et 94 % pour l’eau industrielle) (Source : Eau France, 2011).

On assiste cependant à un recul marqué des surfaces irriguées depuis 2004 : régression de 9 % des surfaces irriguées entre 2004 et 2005 et de 20 % entre 2005 et 2006. Les surfaces déclarées irriguées sont estimées pour 2008 à environ 122 000 hectares alors que, pour rappel, elles atteignaient près de 168 000 hectares en 2001 (Source : Agreste Poitou-Charentes, 2011a).

La police de l’eau impose en effet aujourd’hui des volumes d’eau prélevables pour l’irrigation. Ceux-ci ont été revus à la baisse ces dernières années. De plus, depuis la réforme de la PAC de 2003, le versement des aides devient indépendant des choix de production des agriculteurs, des quantités produites et de l’irrigation.

La région Poitou-Charentes reste malgré tout une région où l’irrigation est fortement présente. Elle est en 2007 la cinquième région française pour la surface allouée à l’irrigation (environ 8,5 % de la surface agricole utilisée) (Source : Agreste Poitou-Charentes, 2011a).

Assec, Fenioux (79)
Assec, Fenioux (79)
L’irrigation et la biodiversité

L’augmentation des prélèvements provoque des assecs (rivières qui se retrouvent sans eau) qui sont une réelle menace pour les écosystèmes aquatiques et la vie piscicole.

L’augmentation des prélèvements peut également provoquer localement des situations de surexploitation des nappes phréatiques, qui débouchent sur une dégradation progressive de la ressource en eau et donc indirectement des milieux associés et de la biodiversité.

Source : « L’eau et ses usages », Observatoire Régional de l’Environnement, 2008.

Les activités maritimes

Chiffres Clés

En Poitou-Charentes, l’essentiel des activités maritimes en terme de production est tourné vers la conchyliculture et la pêche.

La conchyliculture, activité traditionnelle forte symbole de l’économie littorale picto-charentaise :
> 2 principaux centres conchylicoles : bassin de Marennes d’Oléron et secteur Nord Charente-Maritime dont la Baie d’Anguillon.
> 1 des 3 pôles majeurs de production conchylicole nationale avec la Bretagne et la Basse-Normandie.
> 33 % de la production nationale ostréicole (huîtres).
> 50 % de la production nationale d’huîtres creuses.
> 20 % de la production nationale mytilicole (moules).
> 1ère région en nombre d’entreprises ostréicoles.
> Environ 8 000 emplois générés par ces activités.
> 1er lieu national pour l’affinage des huîtres.

Une pêche essentiellement côtière :
> 3 principaux ports : la Rochelle-Pallice, la Cotinière (île d’Oléron) et Marennes d’Oléron.
> 12 890 tonnes de produits de pêche vendus (pêche fraîche et pêche congelée hors algue et hors pêche en eau douce) en 2007, soit 56,8 millions d’euros.
> 7 832 tonnes de produits vendus sous criée en 2009 (186 785 tonnes pour la France).
> Environ 3 000 emplois liés à cette activité en région.

Principaux produits de pêche vendus au port de :
> La Rochelle : sole commune, seiche et merlu commun.
> Royan et Oléron : sole commune, bar commun et calmar.

Sources :
- Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire, Agreste - Memento de la statistique agricole, 2010 ; Recensement conchylicole, 2001.
- Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), Pêche aquaculture, 2008.
- Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture, Ventes des pêches maritimes métropolitaines par quartier maritime, 2008 .
- France AgriMer, Bilan annuel des ventes déclarées en halles à marée, 2009.
Activités maritimes sur le littoral de Charente-Maritime
Activités maritimes sur le littoral de Charente-Maritime
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(Cocher : Eau > Usages de l’eau)

La conchyliculture

La conchyliculture est l’élevage de mollusques conchifères ou coquillages (moule, huitre, palourde, coque...). La région Poitou-Charentes est essentiellement tournée vers l’élevage d’huîtres (ostréiculture) et de moules (mytiliculture) ; les espèces élevées sont surtout l’huître creuse (Crassostrea gigas) et la moule commune (Mytilus edulis).

L’évolution des pratiques traditionnelles conchylicoles

Mises en place depuis plus d’un siècle sur les côtes picto-charentaises, les méthodes utilisées pour la conchyliculture ont évolué au cours du temps s’adaptant aux nouvelles techniques développées et à la mécanisation en vue d’accroître le rendement et la qualité des diverses productions.

Semis à plat sur le sol, cultures en poches sur tables, cultures sur filières et élevage en semi-profond se sont alors succédés pour l’activité ostréicole. La mytiliculture a vu aussi ses pratiques évoluer avec notamment la mise en place d’élevage sur filières suspendues dans les années 1990 (Source : La conchyliculture des Pertuis Charentais – IFREMER).

Les contraintes environnementales et les conflits liés à la conchyliculture

La conchyliculture est l’activité la plus sensible aux variations de la qualité de l’eau de mer ou saumâtre. Elle est en effet dépendante des apports des eaux douces continentales, tant par leur qualité que par leur quantité. Cette qualité peut être altérée par les eaux usées, donc par les activités humaines. Elle est également fonction des quantités d’eau douce parvenant au littoral : ces eaux vont influer sur la salinité, un des éléments déterminants pour la reproduction des coquillages.

Certains apports polluants, chimiques et bactériens, peuvent altérer la qualité sanitaire des produits. Les bilans effectués sur les élevages conchylicoles montrent qu’ils ont un rôle significatif de fixation du carbone dans les zones littorales où ils sont présents.

La conchyliculture peut être considérée comme une pression dans le sens où cette activité nécessite des surfaces importantes. Elle peut ainsi générer de nombreux conflits d’usage avec les autres activités du littoral. Une augmentation de ces conflits depuis ces dernières années est d’ailleurs observée. Certains conflits trouvent leur origine dans les externalités négatives liées à la qualité de l’eau. D’autres trouvent leur source dans la concurrence entre des usages incompatibles en terme de quantité.

La conchyliculture et la biodiversité

La biodiversité marine est de manière générale peu impactée par les activités conchylicoles, la conchyliculture nécessitant en effet une eau de bonne qualité en vue notamment de la commercialisation.

Cependant, la place occupée par les installations ostréicoles ou mytilicoles peut parfois atteindre des surfaces importantes. C’est donc l’occupation de ces surfaces qui peut être responsable de la dégradation des habitats qui y sont liés, ceux-ci n’étant alors plus disponibles pour d’autres espèces.
En outre, une augmentation de la teneur de certaines particules dans l’eau, issues notamment des excréments des espèces élevées, peut engendrer un phénomène de biodéposition. Ce dernier peut être responsable de transformation de l’environnement local ; les espèces qui y sont liées pouvant alors être perturbées.

Enfin la biodiversité marine peut être menacée par des espèces invasives marines introduites de manière volontaire ou accidentelle. Sur les côtes charentaises, deux coquillages ont été introduits, la Crépidule et le Bigorneau perceur, et ont engendré des modifications dans les écosystèmes.

Sources : Les crépidules, IFREMER, 2006. L’environnement en France, Institut Français de l’Environnement, 2006

La pêche

En Poitou-Charentes

La pêche en Charente-Maritime a subi des évolutions au cours de ces dernières années privilégiant la pêche artisanale qui connaît une modernisation des techniques et une diversification des types de métiers, à une pêche industrielle.

Une baisse de la ressource est cependant observée en lien avec la surexploitation des espèces piscicoles marines qui se traduit par la baisse de la taille moyenne des prises et par l’augmentation du nombre de jours de pêche par an (Observatoire Régional de l’Environnement Poitou-Charentes, 2008).

La quasi totalité de la production maritime « tous poissons » de Poitou-Charentes provient des ports de La Rochelle et de La Cotinière. Une baisse des quantités débarquées est à mettre principalement au compte de la baisse enregistrée au port de La Rochelle.

La surexploitation

Bien que le nombre de pêcheurs et de bateaux de pêche semble avoir diminué au cours de ces dernières années, la pression exercée par cette activité reste constante sur les espèces piscicoles. Les quantités de poissons prélevés restent importantes en lien avec une consommation de produits issus de la mer en forte augmentation.

Conscient que la ressource ne sera pas illimitée dans le temps, des quotas de pêche ont été mis en place au cours de ces dernières années notamment au travers de la Politique Commune de la Pêche, politique de l’Union Européenne instaurée en 1983. L’objectif premier de cette politique étant de trouver un équilibre entre le volume pêché et les quantités de poissons pouvant être prélevées sans mettre en danger l’avenir des stocks ou des écosystèmes. (IFEN, 2006)

Des TAC (Totaux Admissibles de Captures) sont fixés chaque année par le Conseil des Ministres de la Communauté pour les espèces dont les stocks risquent d’être surexploités.

La surexploitation et la biodiversité

L’ exploitation massive et non adaptée des ressources biologiques, telles celles des poissons, à un rythme incompatible avec leur renouvellement, peut perturber les écosystèmes et causer le déclin des espèces prélevées et de celles qui leur sont liées (prédateurs, parasites, etc.). Elle peut également provoquer la prolifération d’autres espèces (proies, compétiteurs, etc.). Aujourd’hui, la majorité des activités de prélèvements de ressources naturelles est soumise à une gestion concertée et raisonnée mais certaines espèces restent cependant menacées.

Pour la pêche commerciale, certains prélèvements paraissent tout à fait inadaptés à l’état de la ressource : sur 34 stocks de population de poissons du Golfe de Gascogne, 22 sont dans un état préoccupant et 6 en très mauvais état. Environ trois quarts des débarquements sont ainsi effectués à partir de stocks en situation difficile (IFREMER, 2004).

La sole commune (Solea solea), espèce surexploitée dans le Golfe de Gascogne peut être citée en exemple. La biomasse des géniteurs est en baisse depuis 1993 et les captures portent de plus en plus sur les classes jeunes. Depuis 2003, une forte réduction de la mortalité est cependant observée permettant ainsi de respecter les critères de précaution mis en place pour l’exploitation de ce stock (IFEN, 2006).

Le problème est plus ancien pour les populations d’anguilles, victimes d’une surpêche importante en estuaire, d’un braconnage important des alevins (appelés « civelles ») dans les fleuves côtiers, des effets néfastes des aménagements sur les cours d’eau ainsi que du niveau de contamination chimique de ces derniers. Au niveau national, cette espèce est considérée « en danger critique d’extinction » par l’UICN (2010).

Sole commune
Sole commune

Les activités industrielles

Chiffres clés

Même si le Poitou-Charentes est une région peu industrialisée, certains secteurs sont bien représentés : les industries agroalimentaires (IAA) représentent 35 % de l’industrie de la région. La métallurgie et la transformation des métaux possèdent le plus grand nombre d’établissements. Historiquement, les industries du bois et du papier marquent aussi le paysage industriel.

Sur le plan de l’occupation de l’espace, les installations industrielles et les infrastructures associées sont comptabilisées dans les espaces artificialisés.

Quelques données phares de l’industrie pictocharentaise :
> Châtellerault : 1ère zone industrielle régionale avec 34 % des salariés de Poitou-Charentes.
> 8 630 établissements industriels en 2008 (hors filière construction).
> 35 % des exportations régionales proviennent des industries agro-alimentaire.
> 7ème région française exportatrice pour les IAA.

Une activité industrielle en déclin :
> 14 % de la valeur ajoutée régionale provient de l’industrie en 2009, contre 18 % en 2000.
> 92 739 emplois consacrés au secteur industriel en 2009, contre 103 000 en 2005.
> Baisse de 17,9 % des exportations industrielles entre 2008 et 2009.

Sources :
- L’industrie en Poitou-Charentes, Panorama régional – DRIRE
- L’industrie agro-alimentaire en Poitou-Charentes – DRIRE et DRAAF
- Chiffres clés Industrie – IAA – Construction, INSEE (2012)
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Les anciens sites industriels et activités de service en Poitou-Charentes
Les anciens sites industriels et activités de service en Poitou-Charentes
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(Cocher : Sol)

Quelques notions

D’une manière générale, les pressions exercées par le secteur industriel peuvent être soit directes ou indirectes.

Les pressions directes sont exercées sur les sites de production (consommation des ressources naturelles et matières entrant dans le processus de production (eau, combustibles fossiles, métaux...), sous-produits de fabrication (rejets dans l’eau, émissions dans l’air, déchets...), risques et nuisances locales (contamination des sols, odeurs, bruits et vibrations...).

La pression est dite indirecte dès lors qu’elle intervient avant (extraction des matières premières, culture et élevage pour les produits agro-alimentaires, transport de marchandises...) et/ou après (utilisation du produit, gestion des déchets (emballages...)) l’étape finale de production. Ce type de pression est généralement plus important en matière d’impact sur l’environnement.

L’industrie pictocharentaise

Marquée par de nombreuses évolutions au cours du temps, l’industrie picto-charentaise s’est toujours appuyée sur ses ressources naturelles (comme l’eau, le bois ou encore la pierre) pour se développer.

Certains territoires régionaux sont profondément marqués par le secteur industriel tel que Châtellerault par exemple. Accueillant successivement des usines d’armes blanches au Moyen Age puis des usines d’armement d’Europe pendant la seconde guerre mondiale, ce territoire s’est ensuite reconverti durant ces dernières années dans la mécanique et l’aéronautique.

Manufacture d’armes, Châtellerault (86)
Manufacture d’armes, Châtellerault (86)

En Charente-Maritime, la Rochelle est devenue très vite un important port d’activités regroupant la navigation de plaisance et l’industriel.

Bien que la région Poitou-Charentes soit principalement marquée par les secteurs agricoles et touristiques, l’industrie tient sa place dans le panorama des activités régionales en raison d’une multitude de filières développées (agroalimentaire, aéronautique, mécanique, bois, papier...) et de nombreux savoir-faire.

L’analyse des pressions occasionnées par le secteur industriel sur l’environnement est complexe étant donné que les industries sont très diversifiées et en perpétuelle reconversion. De nombreuses ressources naturelles (eau, sol, air...) sont alors soumises aux pressions engendrées par ces activités, les impacts pouvant alors être plus ou moins importants selon la filière et le mode de production.

Bon nombre de secteurs à risques sont présents en Poitou-Charentes avec notamment, des stockages d’hydrocarbures liquides et de gaz liquéfiés, des usines chimiques, des entrepôts, des dépôts d’explosifs, des chais de Cognac et des silos.

Chais cathédrale JG.Monnet à Cognac (1838-2004)
Chais cathédrale JG.Monnet à Cognac (1838-2004)

Rejets de produits chimiques et radioactifs

La nature et la quantité de substances produites par les activités industrielles et rejetées dans le milieu varient en fonction du type d’industrie. Certaines substances résiduelles sont émises dans l’air, alors que d’autres se retrouvent dans les milieux aquatiques et marins via les eaux usées industrielles.

En effet, même si les principaux établissements industriels se sont dotés de stations d’épuration spécifiques, une part importante des rejets correspond à des rejets directs dans le milieu. Certains composés peuvent également transiter dans les sols, par retombée des molécules présentes dans l’atmosphère et entraînées par la pluie.

Les industries à l’origine des rejets les plus importants entrent dans le cadre législatif des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Les seuils de rejet imposés aux industriels sont fixés par un arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter qui définit les prescriptions réglementaires à respecter afin de satisfaire aux objectifs de gestion équilibrée des ressources naturelles et de préservation des milieux.

La législation relative aux ICPE englobe une autre directive européenne relative à la préservation et à la réduction intégrées de la pollution dite IPPC (Integrated Pollution Prevention and Control). Le principe étant que les industries polluantes et à risque doivent obtenir un permis de fonctionner auprès des autorités nationales.

Enfin, la directive européenne dite Seveso peut être mentionnée ; elle impose aux Etats membres de l’Union européenne de clairement identifier et lister les sites présentant des risques d’accidents majeurs. En Poitou-Charentes, 18 établissements SEVESO « seuil haut » (stockages d’hydrocarbures, d’explosifs, d’engrais et chimie) et 38 établissements SEVESO « seuil bas » (en particulier 21 chais de cognac) ont été recensés.

Dans l’eau

Les industries à l’origine des rejets les plus importants dans les eaux résiduaires (cadmium, plomb, mercure, cuivre, zinc et azote) sont les industries de la chimie, les IAA, la papeterie, la fabrication de piles et accumulateurs, etc.). Les eaux usées des industries peuvent contenir des matières organiques, azotées ou phosphorées, des produits toxiques, des solvants, des métaux lourds, des micropolluants organiques et des hydrocarbures. Ces substances toxiques sont alors susceptibles de s’accumuler dans les nappes phréatiques et dans les sédiments des cours d’eau.

L’industrie a un impact potentiel sur la ressource en eau non seulement par ses rejets mais également par ses prélèvements dans les eaux de surface ou souterraines. En effet, pour fonctionner et produire, les industries ont des besoins en eau plus ou moins importants selon les filières. Ces besoins sont moindres comparativement à ceux du secteur agricole mais sont continus sur l’année.

Dans l’air

D’après ATMO Poitou-Charentes, les activités industrielles génèrent près de deux tiers des émissions de dioxyde de soufre dans l’air. Elles sont également responsables de nombreux rejets de dioxyde de carbone mais aussi d’oxyde d’azote, de COVNM (Composés organiques volatils non méthaniques) qui sont principalement occasionnés par les imprimeries et les industries du Cognac.

Dans les sols

Les sols peuvent eux aussi être fortement impactés par les rejets industriels. En effet, une fois véhiculées dans les sols par le biais des ressources en eau, les substances toxiques peuvent s’accumuler et perturber profondément leurs fonctions. Le sol est alors contaminé et peut nuire à la fois à la santé humaine mais aussi à la biodiversité locale.

Carte des sites industriels à risques en Poitou-Charentes
Carte des sites industriels à risques en Poitou-Charentes
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(Cocher : Risques > Installations Classées pour la Protection de l’Environnement).

La production de déchets industriels

Outre les rejets occasionnés, les industries produisent également des déchets, appelés Déchets des Activités Economiques (DAE). Ces derniers sont classés selon deux catégories (par l’ordonnance n° 2010-1579 du 17 décembre 2010 qui a abrogée l’article L. 541-24 du code de l’environnement) : les déchets dangereux des activités économiques (anciennement DIS = Déchets Industriels Spéciaux) et les déchets non-dangereux (anciennement DIB = Déchets Industriels Banals) (MEDDTL, 2012a). L’ AREC Poitou-Charentes (2010) a estimé que la production de DAE non-dangereux s’élevait à 302 221 tonnes en 2010 sur la région. La production de ces déchets, toutes activités confondues, a fortement diminué depuis 2000, année pour laquelle elle était d’environ 938 000 tonnes (ADEME, 2002).

Les industries constituent ainsi la principale source de production de ces déchets toxiques pouvant contenir du mercure, de l’ammoniac, du plomb, du cadmium, des solvants, des métaux lourds, des COV, etc. Leur traitement aboutit à leur transformation sous une forme moins nocive. Mais dans certains cas, le produit transformé ou l’activité de transformation peut aussi engendrer des rejets : fumées d’incinération, rejets liquides issus de la transformation des déchets, etc.

Notons qu’il existe une catégorie particulière de déchets dangereux : les déchets radioactifs. En effet, certaines industries utilisent des matières radioactives et constituent des producteurs de déchets radioactifs qui vont devoir être stockés ou enfouis. En Poitou-Charentes, la décharge du Port de la Pallice est le principal lieu de stockage de ces déchets. Les rejets liquides radioactifs de Civaux contiennent des gaz de fission dissous (xénon, krypton, iode), des produits de fission solides (césium, lanthane, strontium) et des produits d’activation (cobalt, manganèse, antimoine).

L’activité industrielle et la biodiversité

Le développement des industries ne peut maintenant plus se concevoir sans la prise en compte de l’environnement et des ressources naturelles. Cependant, cette prise en compte est récente ; le passé industriel de la région a laissé des traces sur les ressources, les préoccupations environnementales passées n’ étant pas les mêmes qu’à l’heure actuelle. Au fil du temps, les substances toxiques se sont donc accumulées dans les sols, les sédiments ou les nappes d’eau souterraines.

L’industrie pouvant potentiellement impacter de nombreuses ressources naturelles et de nombreux milieux, la biodiversité est donc fortement exposée à la pression des industries : occupation des surfaces, perturbation des écosystèmes, pollution des milieux naturels...


L’ urbanisation, les infrastructures et les transports

Chiffres clés

En Poitou-Charentes, les zones artificialisées (revêtues ou non : bâtiments, parkings, routes, jardin d’agrément, chantiers, décharges, cimetières, etc.) occupent environ 10 % de la surface régionale (source : INSEE, 2006).

Une population grandissante et une urbanisation croissante :
> 1 760 575 habitants recensés en 2006 contre 1 640 068 habitants en 1999.
> 3ème région française en termes d’attractivité résidentielle. Des infrastructures multiples répondant aux besoins des activités picto-charentaises :
> 592 km de routes nationales (6 % du réseau national).
> 300 km d’autoroute (3 % du réseau national).
> Placement stratégique vis-à-vis des transits est-ouest et nord-sud.
> 1 235 km de lignes ferroviaires exploitées au 1er janvier 2009.
> Le port autonome de la Rochelle : 8ème port français en termes de tonnages.
> 2 aéroports principaux : Poitiers et la Rochelle.

Source :
- Chiffres clés, INSEE 2009
Centre ville de Poitiers
Centre ville de Poitiers

L’urbanisation

Le Poitou-Charentes est une région où 39 % des habitants vivent dans un espace à dominante rurale (contre 18 % en France) (INSEE, 2006).

Cependant, la population des unités urbaines croît aux dépens de celle des communes rurales : l’espace rural a perdu une part importante de sa population entre 1960 et 1990, et actuellement, les régions dites "rurales isolées" continuent de perdre de la population au profit des communes sous influence urbaine, principalement autour des aires urbaines de Poitiers et La Rochelle. Les périphéries de ces deux dernières se sont donc développées et recueillent la plus forte évolution annuelle de population.

De plus, depuis 1990, on assiste à une expansion importante des agglomérations sur la façade maritime due à l’attraction touristique exercée par le littoral charentais.

Avec 616 607 habitants (INSEE, 2009a), la Charente- Maritime est le département le plus peuplé de la région. Il est caractérisé par une forte croissance démographique : il a gagné environ 30 000 habitants entre 1990 et 1999 et près de 60 000 entre 1999 et 2009, principalement du fait de migrations de personnes de plus de 45 ans (Source : INSEE - recensements de la population).

Le réseau de transport terrestre en Poitou-Charentes
Le réseau de transport terrestre en Poitou-Charentes
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(Cocher : Occupation du sol > Terres artificialisées).

Au cours des dernières années, l’urbanisation s’est essentiellement développée sur le littoral et à la périphérie des grandes villes engendrant une forte consommation d’espace. A titre d’exemple, entre 1990 et 2006, environ 25 000 hectares ont été consacrés à la construction neuve (DRE, 2008) diminuant ainsi les surfaces allouées aux terres agricoles et aux espaces naturels.

La population s’est donc accrue sur l’ensemble du territoire régional mais de manière hétérogène. La Charente-Maritime montre une attractivité deux fois supérieure à celle de la Vienne et des Deux-Sèvres, voire même trois fois plus élevée vis-à-vis de la Charente (INSEE, 2009b).

Aujourd’hui, la population tend à s’éloigner des grandes villes en direction de la périphérie et des espaces ruraux. Les lotissements sont souvent distribués en marge du bourg. Les demandes de plus en plus soutenues de terrains à bâtir amplifient souvent le mitage de l’espace.

Le développement des infrastructures et des réseaux de communication

Gare d’Angoulême
Gare d’Angoulême

En lien avec le développement des périphéries, les dernières années ont vu la multiplication des aménagements périurbains : équipements de type industriel, développement des voies de communication, des infrastructures, des services de proximité et de loisir, etc.

Globalement, le Poitou-Charentes compte assez peu d’autoroutes (3 % du réseau national) mais présente un maillage important de routes et de chemins de fer (INSEE, 2010). La région est également dotée de trois zones portuaires et de cinq aéroports. Les nouvelles lignes LGV impactent fortement le territoire (500 ha de boisements pour la ligne Tours-Bordeaux, quelques centaines pour la ligne Poitiers Limoges, en projet) et empêchent les échanges de populations animales, notamment.

Le trafic global a augmenté, le parc régional des automobiles et des camions ne cesse de s’accroître : 1 096 528 véhicules recensés en 2009 contre 894 336 en 1992 (soit une augmentation d’environ 23 %) (MEDDTL, 2012b). Par voie de conséquence, on constate une hausse constante de la consommation d’énergie ; la majeure partie de la consommation du « résidentiel-tertiaire » et des transports concerne des énergies fossiles non renouvelables : pétrole, gaz et charbon.

En Poitou-Charentes, le transport terrestre de marchandises se fait principalement par route. Les flux de marchandises ont peu évolué au cours des dix dernières années mais restent relativement importants pour la région comparativement au trafic routier national. Pour exemple, en 2009, le trafic routier interne (Poitou-Charentes), en termes de marchandises, était estimé a 50 369 milliers de tonnes ; il était de 35 012 milliers de tonnes pour l’interrégional (Poitou-Charentes – France) (ORT Poitou-Charentes, 2010).

Le trafic lié au transport de matières dangereuses au niveau régional est aussi en expansion, intensifiant ainsi le risque induit aux transports. Concernant le transport terrestre, les flux de matières dangereuses sont particulièrement importants au droit des agglomérations du Poitou-Charentes : la diminution des zones de stockage (principalement de carburants) est à l’origine de transports plus conséquents.

Notons que, d’après les données obtenues par ATMO Poitou-Charentes, environ 40 % du monoxyde de carbone émis dans l’air en région proviennent des transports routiers. En outre, le transport et la distribution de l’électricité nécessitent également d’importantes infrastructures du type lignes Haute Tension et lignes Très Haute Tension.

Le réseau hydrographique picto-charentais, qui couvre environ 17 000 km, a été largement aménagé au cours des siècles pour différents usages : barrages, canalisation, endiguement, etc., et ouvrages hydroélectriques et nucléaires (les cours d’eau sont utilisés comme vecteur de chaleur ou pour le refroidissement).

Enfin, le transport maritime, mode généralement le plus utilisé pour le transport des marchandises, peut également induire des risques de pollutions marines et côtières ainsi que des risques d’introduction d’espèces envahissantes. Les eaux côtières, le littoral charentais et leurs écosystèmes associés ont ainsi subi de graves dégâts liés à la marée noire provoquée par le naufrage du navire Erika le 12 décembre 1999.

Le territoire du Poitou-Charentes s’avère donc sensiblement morcelé par les infrastructures linéaires de transport, les réseaux d’assainissement et de drainage, et divers ouvrages.

L’urbanisation, les infrastructures et la biodiversité

Le morcellement des territoires engendré par les phénomènes d’urbanisation associés au développement des infrastructures a engendré la destruction et la régression de nombreux espaces naturels.

L’implantation d’une infrastructure routière fragmente et réduit la surface totale de milieux naturels, souvent alors éclatés en îlots séparés. L’émiettement des habitats provoque alors l’isolement des populations animales. C’est une des causes essentielles d’érosion de la biodiversité.

En outre, la pollution engendrée par les nombreux transports de marchandises recensés en Poitou-Charentes entraîne une dégradation de la qualité de l’air et par conséquent une dégradation de la qualité des milieux de manière générale (Source : Utilisation du territoire et biodiversité, Observatoire Régional de l’Environnement, 2009).


L ’activité domestique au quotidien

Chiffres clés

Quelques données socio-économiques clés relatives aux activités domestiques quotidiennes en Poitou-Charentes :
> 1,6 tep par an (tonnes équivalent pétrole) sont consommées en moyenne, par un ménage pictocharentais, dans son logement, pour ses besoins de chauffage (principal et appoint), eau chaude sanitaire, cuisson et électricité spécifique en 2010.
> 60 % des communes du Poitou-Charentes disposent d’un assainissement collectif desservant ainsi 90 % de la population picto-charentaise en 2008.
> 27,5 % des ordures ménagères sont recyclées, en 2009, en Poitou-Charentes.

Source :
- Agence Régionale d’Evaluation environnement et Climat, Énergie dans le logement en Poitou-Charentes et Gestion des Déchets, 2009.
- Agreste Poitou-Charentes, mai 2011

Au 1er janvier 2009, Poitou-Charentes compte 1 760 575 habitants sur son territoire (INSEE, 2009a). La région bénéficie aujourd’hui d’un solde migratoire positif et fait partie des principales régions attractives françaises, grâce notamment à ses côtes littorales.

Au même titre que les activités industrielles et agricoles, la population, par sa consommation et ses activités domestiques quotidiennes, constitue un producteur de déchets, d’eaux usées, de rejets atmosphériques, etc.

Les déchets

Ce que l’on appelle les « déchets ménagers et assimilés (DMA) » regroupent les ordures ménagères résiduelles (OMR), les ordures ménagères recyclables et les déchets de déchèteries et autres encombrants. Sur ces dix dernières années, la production moyenne de DMA de la région a sensiblement augmenté, passant de 615 kg/hab/ an en 2000 à 646 kg/hab/an en 2010. La tendance est cependant à la baisse depuis 2007 (AREC Poitou-Charentes, 2010).

En 2010, le tonnage total de DMA entrant sur les installations de traitement de la région est évalué à 1 124 097 tonnes. La part des ordures ménagères recyclables est en constante augmentation, elle représentait 27,7 % des DMA en 2010 contre seulement 15,3 % en 2000 (AREC Poitou-Charentes, 2010).

Les émissions de Gaz à Effet de Serre liées à la collecte des ordures ménagères de la région sont estimées à 13 967 tonnes équivalent CO2 (soit 23,2 kg équivalent CO2 par tonne de déchets collectés) (AREC Poitou-Charentes, 2010).

Les émissions de polluants liés au chauffage et au transport

Au niveau des activités quotidiennes, les transports et le chauffage des logements sont les premières sources d’émissions dans l’atmosphère de gaz à effet de serre (GES) et de substances toxiques (tels le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre). A noter que, le secteur résidentiel représente environ 50 % des émissions totales de monoxyde de carbone en Poitou-Charentes

Les déplacements de particuliers du type « domicile - lieu de travail » sont les plus nombreux et en constante hausse concernant le nombre de véhicules et la longueur des trajets (IAAT Poitou-Charentes, 2010).

Les eaux usées

Les pratiques quotidiennes concernent également la ressource en eau : d’un point de vue quantitatif, l’eau destinée à l’usage domestique en Poitou-Charentes est principalement prélevée dans les nappes d’eau souterraines. En 2009, 32 % des prélèvements globaux d’eau de la région sont destinés aux usages domestiques. Ce volume est en baisse depuis une dizaine d’années, du fait des économies d’eaux réalisées sur les équipements sanitaires notamment, mais peut-être aussi du fait de l’élévation du coût du mètre cube d’eau distribuée (Source : ORE - L’eau et ses usages, 2008).

Déversement d’eaux usées
Déversement d’eaux usées

Sur le plan qualitatif, l’utilisation domestique de l’eau génère des eaux usées, essentiellement porteuses de pollution organique (matières en suspension, matières organiques, matières azotées, phosphore, germes, etc.).

Outre les prélèvements en eau occasionnés par les arrosages, l’entretien des jardins particuliers peut occasionner, lors de traitements par des phytosanitaires ou de l’utilisation d’engrais, des diffusions de produits chimiques dans les sols et les eaux où ils se retrouvent en quantité non négligeable.

L’activité domestique et la biodiversité

L’influence des activités domestiques au quotidien sur la biodiversité est multiple et peu différente de celles liées aux activités agricoles et industrielles : pollution de l’eau, de l’air et des sols, production de déchets... Il en résulte ainsi une dégradation de la qualité des milieux naturels qui accueillent les espèces floristiques et faunistiques ainsi qu’une régression de ces espaces.


Les activités de tourisme et de loisirs

Chiffres clés

En 2010, Poitou-Charentes était classée 9ème au rang des régions les plus visitées de France, avec près de 8 millions de visiteurs.

Prépondérant, le tourisme picto-charentais a généré près de 24000 emplois en 2008 (4,6 % des emplois salariés de la région).

Quelques destinations phares du Poitou-Charentes :
> le Futuroscope, 1er site touristique de la région et 2ème parc de loisirs en France
> le Marais Poitevin, 2ème zone humide de France après la Camargue
> le littoral charentais qui représente plus de 400 km de côtes et plus de 100 km de plages.

Sources :
- Comité Régional du Tourisme Poitou-Charentes, dossier de presse, année 2011.
- Observatoire Régional du Tourisme, chiffres clés du tourisme, édition 2011.

Le tourisme littoral

Le littoral charentais est très peuplé : la densité de population de la Charente-Maritime, avec 81 hab/km2 dépasse largement celle des 3 autres département (57 hab/km2). L’ attrait de la côte et des îles en est une des raisons. C’est une zone très touristique, et la Charente-Maritime est l’un des 5 départements français les plus fréquentés au cours de la période estivale : certaines communes voient leur population multiplier par dix à cette saison.

Le taux de fonction touristique (rapport de la capacité d’accueil en lits touristiques et de la population permanente de la commune), qui caractérise l’importance du tourisme pour la population locale, est estimé à 239 sur le littoral de Poitou-Charentes tandis qu’il n’ est que de 125,8 pour l’ensemble du littoral français. Le potentiel d’accueil a plus que doublé en 25 ans sur le littoral charentais (MEDDTL – SoeS, 2011a).

Dûe en partie à la forte progression des résidences secondaires, l’artificialisation des sols a progressé de 5,4 % en Charente-Maritime entre 2000 et 2006, soit deux fois plus que dans les autres départements de la région (DREAL Poitou-Charentes, 2011).

Plage
Plage

Autres activités touristiques

Même si le tourisme balnéaire constitue le principal attrait du potentiel touristique, la région offre une variété de sites à visiter à l’intérieur des terres. Leur attraction s’appuie sur :
- la richesse naturelle : le tourisme vert est de plus en plus prisé : sites tels que le Marais Poitevin (ou « Venise verte »), toute une nature préservée au fil de l’eau qui débouche sur les marais salants jusqu’à l’anse de l’Aiguillon, et plus au large les îles de Ré, Aix et Oléron ;

- la richesse historique : le Poitou-Charentes est la deuxième région de France pour le nombre de ses édifices classés : abbaye de Saint-Savin (Vienne), abbaye royale de Saint-Jean-d’Angély (Charente-Maritime), le site préhistorique des Tumulus de Bougon (Deux-Sèvres)... L’ engouement de plus en plus grand pour le patrimoine régional, et en particulier pour l’art roman, sont de nouvelles formes de tourisme en expansion.

- les activités ludiques comme le Futuroscope par exemple, festives (nombreux festivals organisés dans la région) et sportives (activités pleine nature). Pour ces dernières, une fréquentation de plus en plus importante est observée et de nombreux sites sont aménagés pour la randonnée, l’escalade, le canoë-kayak (sur la Charente, la Gartempe), la voile ou l’aviron (sur la côte), la baignade (lac de Saint-Cyr par exemple), etc.

Le développement touristique peut agir sur les paysages, en particulier le paysage littoral. L’importance des flux touristiques génère en effet une pression accrue (urbanisation, création d’équipements et d’infrastructures, dégradations liées aux surfréquentations, augmentation des productions journalières d’eau potable...) (Source : Enjeux régionaux « Les paysages », Observatoire Régional de l’Environnement Poitou-Charentes, 2006).

L’activité touristique et la biodiversité

La surfréquentation de certains sites pousse à l’adaptation des ressources aux besoins. C’est par exemple le cas pour les ressources en eau. La pression des prélèvements contribue en effet à l’augmentation des assecs sur les fleuves côtiers et à la mise en péril des espèces floristiques et faunistiques.

En outre, l’urbanisation poussée du littoral au cours des dernières années a conduit à la dégradation voire à la disparition de certains écosystèmes et des habitats qui y sont liés.

La pollution engendrée en période estivale par le tourisme est également un facteur de pression néfaste pour les milieux littoraux et les espèces associées.

  •  Pour aller plus loin

Les activités agricoles

Les activités maritimes

Les activités industrielles

L’urbanisation, les infrastructures et les transports

L’activité domestique au quotidien

Les activités de tourisme et de loisirs

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