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10 - Les rochers continentaux et grottes

Thème Patrimoine naturel - Édition 2013
  • Ouvrage de 251 pages
  • au format A4
  • disponible en version papier ou téléchargeable en PDF.
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Les falaises picto-charentaises sont de deux sortes : les falaises calcaires, liées aux vallées de la Charente ou de l’Anglin par exemple, et les rochers siliceux (dans le Val de Gartempe). Il existe également de petites falaises maritimes associées à d’anciennes îles.

Les falaises calcaires du rivage et de l’intérieur

A la différence du talus à faible pente et qui présente un couvert de végétation développé, une falaise offre une forte pente où le sol érodé empêche quasiment le développement de la végétation. En effet, la pente a des influences sur l’érosion : elle accélère la vitesse des phénomènes de transport (coulées boueuses, torrents, etc.) et accroît leur rôle abrasif ; elle ralentit aussi l’érosion chimique en accélérant le passage de l’eau, et peut gêner l’installation de la végétation.

Plus spécifiquement, les falaises calcaires sont des affleurements constitués de couches parallèles et superposées de roches - ou strates -, plus ou moins épaisses. Elles sont généralement très fissurées (le calcaire est propice à la création de réseaux karstiques) et présentent, à leur pied, des éboulis constitués de blocs plus ou moins gros.

Les falaises calcaires et la biodiversité

Le dessin des falaises du rivage résulte souvent de la variation du niveau des océans au cours des périodes de glaciations et de la submersion du relief côtier.

On peut observer ce phénomène sur les microfalaises côtières de l’Ile d’Aix (comprises dans le site « Basse vallée de la Charente »). Ces falaises, de quelques mètres de haut, sont en permanence aspergées par les embruns, battues par le vent et asséchées par le soleil. Seules des plantes spécialisées peuvent survivre à ces conditions de vie difficiles. Ainsi l’île d’Aix constitue une des plus belle station de lavande de mer de Dodart (Limonium dodartii) et de lavande de mer à feuilles ovales (Limonium ovalifolium), espèce prioritaire figurant au Livre Rouge de la Flore menacée de France et déterminante en Charente-Maritime. Le goéland argenté (Larus argentatus) fait partie de l’avifaune reproductrice de ces milieux.

Lavande de mer
Lavande de mer

Les falaises de calcaire crayeux des coteaux de Gironde (site Natura 2000 en Charente-Maritime de 12820 ha dont domaine maritime) présentent également une grande richesse floristique avec de nombreuses associations végétales endémiques et la présence du chou sauvage ou chou maritime (Brassica oleracea), espèce protégée au niveau régional.

Chou marin
Chou marin

Des falaises calcaires se rencontrent également à l’intérieur des terres régionales. Le site des vallées périangoumoisines (site Natura 2000 en Charente, 1 551 ha), au sud d’Angoulême, comprend des falaises de calcaire dur du Crétacé creusées de grottes et carrières abandonnées qui abritent plusieurs espèces de chauves-souris déterminantes en région : vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), grand murin (Myotis myotis), petit rhinolophe et grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum, R. hipposideros).

Natura 2000 – Vallées calcaires péri-angoumoisines
Grand Rhinolophe
Grand Rhinolophe

Les plus hautes falaises du Poitou-Charentes, situées au sud d’Angles-sur-l’Anglin (86), sont issues du creusement du plateau calcaire corallien par la Vallée de l’Anglin (site Natura 2000 en Vienne, 500 ha). Selon l’importance de la pente, on rencontrera des formations stables à buis (Buxus sempervirens) ou une végétation chasmophytique plus éparse, composée de mousses, lichens et fougères.

Natura 2000 – Vallée de l’Anglin

Les rochers siliceux

En certains endroits du Poitou-Charentes, le socle primaire granitique affleure et apparaît sous la forme de rochers siliceux.

Les rochers siliceux et la biodiversité

Ces terrains offrent des conditions particulières, propices au développement de végétaux calcifuges. Ainsi, le site des rochers de la Vallée de l’Issoire (site Natura 2000 en Charente, 506 ha) en bordure occidentale du massif central, présente des associations végétales d’un grand intérêt avec un mélange d’espèces méridionales tel l’hélianthème en ombelle (Halimium umbellatum) et montagnardes comme la doradille du Forez (Asplenium foreziense) protégée en Poitou-Charentes.

Natura 2000 - Vallée de l’Issoire

Au Nord de la région, la Vallée de l’Argenton (site Natura 2000 en Deux-Sèvres, 817 ha) présente des escarpements rocheux occasionnés par l’affleurement du socle granitique, caractéristique de la bordure méridionale du massif armoricain. Ces milieux abritent une flore chasmophytique calcifuge au fort taux d’endémisme. Ainsi la Vallée de l’Argenton constitue une station unique en Poitou-Charentes pour de nombreuses espèces poussant sur sol siliceux telle la renoncule à fleurs nodales (Ranunculus nodiflorus) espèce protégée au niveau national (arrêté ministériel du 20 janvier 1982, modifié le 31 août 1995).

Natura 2000 - Vallée de l’Argenton
Arrêté du 20 janvier 1982 relatif à la liste des espèces végétales protégées sur l'ensemble du territoire national

Les grottes, mines et carrières

Les cavités souterraines peuvent avoir plusieurs origines. Lorsqu’elles sont naturelles, elles ont une origine karstique et se développent dans les coteaux calcaires creusés, par dissolution, par les eaux d’infiltration.

Il existe également des cavités artificielles constituées par d’anciennes carrières ou mines, autrefois fortement exploitées mais dont la plupart ont été abandonnées après avoir été parfois utilisées comme champignonnières.

La région Poitou-Charentes comptabilise un nombre important de carrières abandonnées : un inventaire du BRGM (1996) en recense 380. Plus des deux tiers sont situés dans le Nord de la Vienne ; la Charente et la Charente-Maritime n’ en comptent que quelques dizaines et elles sont très rares dans les Deux-Sèvres.

En 2008, 233 carrières étaient encore exploitées dans la région (79 en Charente, 68 en Charente-Maritime, 59 en Vienne et 27 dans les Deux-Sèvres) pour une production totale d’environ 29 millions de tonnes (DREAL Poitou-Charentes, 2010).

Les grottes et la biodiversité

A l’intérieur de ces cavités règnent des conditions très particulières : absence de lumière, forte humidité et température constante toute l’année. La végétation (algues et mousses) qui n’ est présente qu’à l’entrée des grottes induit une chaîne alimentaire bien spécifique composée de bactéries et d’espèces extrêmement spécialisées, souvent derniers représentants de groupes anciens éteints par ailleurs : arthropodes et mollusques. Ces cavités hébergent également un groupe de mammifères particulièrement sensibles et dont toutes les espèces sont protégées au niveau national : les chiroptères ou chauves-souris.

En effet, même si les espèces purement troglophiles sont rares, ces mammifères fréquentent la plupart des sites hypogés de la région à un moment de leur cycle de vie : hibernation, reproduction ou étape migratoire.

L’ essentiel des gîtes abrite quelques individus mais le Poitou-Charentes compte quelques sites des plus remarquables en France tels :
> les carrières de Saint-Savinien en Charente-Maritime (27 ha), site régional majeur pour l’hivernage de plusieurs centaines d’individus d’une douzaine d’espèces ;
> la grotte naturelle de Rancogne en Charente (plus de 2 Km de galeries), une des plus remarquables cavités à Chiroptères de France dont les effectifs hivernants dépassent les 20.000 individus. Des espèces comme la barbastelle (Barbastella barbastellus), le grand murin (Myotis myotis) et le rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale) habitent les cavités de la région.

Le caractère archaïque des invertébrés et le statut précaire des espèces de chiroptères qui peuplent ces milieux hypogés en font des sites d’un grand intérêt patrimonial à conserver.

La "cave aux loups" Nouaillé Maupertuis (86)
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